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Un visiteur
3,5
Publiée le 23 février 2023
Pour moi, Laure Calamy et Irène Drésel sont les deux personnages de ce film haletant. La musique d’Irène Drésel appuie intensément les courses de Laure Calamy. C’est la très bonne idée du metteur en scène, Eric Gravel, celle d’associer la musique à son personnage dans ses incessantes courses contre la montre. La musique monte en intensité selon le stress de Julie.
Selon moi, ça fonctionne bien ; je stresse autant que Julie piégée dans les embouteillages pendant ces interminables journées de grève répétitives ; je stresse à la lecture des trains annulés, à scruter l’ombre d’un tunnel pour y voir surgir enfin une rame de métro qui ne s’annonce toujours pas ; je stresse autant que Julie à inventer mille ruses pour se rendre à un entretien d’embauche, à se résigner de rentrer tard, très tard pour récupérer ses enfants. Pour qui se prend complètement au jeu du récit, « A plein temps » est un film épuisant, éprouvant pour les nerfs. Si j’osais : « A plein temps » est un film à suspens !
Il faut dire que Julie ne facilite pas les choses ; elle ne veut pas se rapprocher de son lieu de travail. Elle préfère se lever très tôt, prendre le train puis le métro plutôt que de quitter sa petite maison de campagne nichée dans un petit village de province limitrophe de la très très lointaine banlieue parisienne ! Se rapprocher c’est habiter dans des immeubles cages à poules, c’est renoncer à un certain cadre de vie dont elle profite le week-end. Cette tranquillité, ce cocon a un prix : l’éloignement. Eloignement qui crée du stress les jours de grève, qui ne permet pas de passer plus de temps avec ses enfants le soir. D’une certaine manière, elle n’échappe pas au métro boulot dodo des banlieusards.
En substance, le metteur en scène nous parle des contraintes du métier de Julie : Première femme de chambre dans un hôtel luxueux où l’on comprend que la clientèle est fortement exigeante, voire, selon moi, lamentablement capricieuse !
Julie est une combattante noyée dans la masse des travailleurs qui se lèvent tôt chaque jour. Une anonyme parmi tant d’autres. La mise en scène le montre bien et aussi à travers le jeu convaincant de Laure Calamy qui, de rôle en rôle, me séduit de plus en plus.
C’est un véritable thriller social que nous propose le réalisateur Eric Gravel avec une magnifique prestation de Laure Calamy dans une suite de scènes très immersives. La mise en scène rythmée par une musique électronique anxiogène soutien le rythme effréné de cette femme qui doit assurer un travail délicat et l’éducation de ses enfants sur fond de grève des transports. C’est très juste, plus le temps de la journée passe, plus la tension et la frustration montent et le spectateur attend l’explosion.
Gravel donne un portrait survitaminé, mais juste, d'une femme moderne, prête à tout assumer et qui continue de courir alors que tout s'écroule autour d'elle. Calamy est présente en permanence à l'écran, et assume les hauts et les bas, les espoirs et les baisses de moral de Julie avec une énergie qui semble inépuisable. En toile de fond, la galère quotidienne des transports en commun en région parisienne, mais le propos pourrait se généraliser à d'autres grandes villes. La petite limite est que si le scénario fait un état des lieux véridique, il se garde bien en revanche d'interroger sur le pourquoi d'avant et le comment du futur de Julie. Le film divisera probablement les opinions entre hommes et femmes, mais n'abordera jamais, parce que politiquement incorrect, le sujet de la multiplication des familles monoparentales. Qui met en surchauffe les parents - et les femmes plus que les hommes- au-delà du plein temps ! La chutespoiler: -faussement positive- m'a laissé interrogatif. Elle n'était pas facile à trouver et Gravel s'y est un peu cassé les dents. Pas Calamy, qui une nouvelle fois interprète à la perfection ce que l'on lui demande. Cinéma - mars 22
Super film dans lequel on peut s'y retrouver facilement. Il est très réussi pour plein de raisons : non seulement je salue le courage de cette femme qui essaie de composer entre son travail sa vie de famille et sa volonté de s'en sortir malgré le contexte parisien difficile. C'est un vrai film qui est bien réalisé : bien filmé scénario qui tient la route et la musique permet de pas décrocher une seule seconde. Pour toutes ces raison foncez le voir. J'ai passé un bon moment . On s'attache au personnages donc en ce sens on peut dire que ce film est une vrai réussite. Bravo.
Laure Calamy habite le rôle de cette femme. Elle est prodigieuse ! Nous assistons à la vie, plutôt la survie de ces femmes seules avec enfants, qui courent, qui s'oublient et pour qui la vie n'est qu'une succession de grains de sable dans une machine qui dès le départ n'est pas bien huilée. Confrontée à un quotidien difficile, garde d'enfants difficile, travail ingrat et mal considéré, problème d'argent, malgré tout cette femme fait face et nous nous demandons comment elle tient.. les grêves de métro et de train à Paris mettent clairement en évidence l'impact désastreux qu'elles peuvent avoir sur les habitants des banlieues Penser que de nombreuses femmes ont une vie comme la sienne, ne se plaignent pas et luttent tous les jours pour garder la tête hors de l'eau, nous permet d'apprécier encore mieux notre quotidien et ses "petits" problèmes.
plongée dans la vie à 1000 à l'heure de cette mère de famille célibataire qui tente, tant bien que mal de joindre les deux bouts. un rythme, une musique qui vous tient en tension tout le long du film. on arrete de respirer pour être avec le personnage de Laure Calamy qui est impeccable comme souvent
Transformer le quotidien ordinaire d'une mère de famille célibataire en un film haletant et asphyxiant: c'est le défi technique de E.Gravel. En suivant la surprenante L. Calamy qui porte à la perfection son personnage comme le fardeau de celle qu'elle interprète, "A plein temps" virevolte entre une histoire aux accents sociaux bien mis en relief, et sa réalisation au rythme prenant et hypnotique. La redondance des situations, et la direction du scénario qu'on devine, affectent sur le long terme l'attention portée sur le film. Mais ne retirent en rien ses qualités de mise en scène et son énergie étouffante.
Après "une femme du monde" et Laure Calamy prostituée en galère, voila Laure Calamy parent isolé en galère en attendant Laure Calamy féministe en galère. c'est sympa à regarder, bien qu'on comprend vite ce qui va se passer et on a plaisir a retrouver Laure Calamy dont ce n'est rien de dire que c'est une actrice exceptionnelle qui sauve les fllms. On aimerait quand même la voir enfin dans des rôles plus exotiques, sans aller jusqu'a "Laure Calamy cosmonaute", un rôle à la Nikita lui irait bien. Il s'agit presque d'un genre cinématographique, le film féministe populaire et pratique.
La folle semaine d’une femme devant jonglée entre son travail dans un hôtel de luxe, ses enfants, sa recherche d’un nouvel emploi et ses multiples trajets entre son domicile dans un village reculé et la capitale alors qu’une grève paralyse les transports. Construit et mené comme un thriller, ce contre la montre effréné démontre explore la chronophagie d’une époque dans laquelle menée de front vie professionnelle et personnelle lorsqu’on est seule relève de l’exploit.
À plein temps relève de cette esthétique de l’urgence appliquée à un sujet social, reflet de notre société contemporaine où la précipitation a pris le pas sur la vitesse, où le bruit a remplacé la musique – en témoignent les nappes électroniques qui composent la bande originale, gonflant artificiellement le rythme déjà insoutenable de la mise en scène et du récit. Son intérêt réside alors davantage dans les espaces que la caméra, embarquée dans divers moyens de transport, sillonne et restitue dans leur grouillante solitude : ces barres d’immeubles, ces rues ou avenues parallèles à la voie ferrée dessinent l’esquisse de vies, là, sans que ni nous spectateurs ni Julie n’y ayons accès. Plongée dans une aurore ou sous un crépuscule que nous ne parvenons plus à distinguer, la ville de Paris est peinte sous les traits d’un monstre dévorant les individus qui n’y appartiennent pas : les véhicules ont pour fonction paradoxale de figurer l’arrêt, le rouge de l’alarme – vite, les portes se ferment ! – ou des feux arrière met en garde contre un danger partout présent mais invisible. La grève renvoie à ce temps d’inquiétude et de perturbation général, reflet d’un dérèglement que traverse et subit notre protagoniste sans jamais en devenir le héraut contestataire : les manifestations se font sans elle, les discours politiques ne l’intéressent pas, sinon les annonces à propos des horaires, des retards, des suppressions (de trains, d’emplois…). Julie échappe à toute angélisation d’une mère-courage en revendiquant spoiler: un opportunisme voire une cruauté inattendus , prédatrice sociale que campe une Laure Calamy puissante. Une réussite bien plus aboutie et intelligente que son remake espagnol de 2022 (En los márgenes, Juan Diego Botto).
Du stress, du stress, et encore du stress. A plein temps n'est pas le film que vous regarderez pour vous détendre, tant sa mise en scène est d'une puissance rare : bruits incessants, masses informes de gens qui se bousculent, montage rapide des plans de mains qui agrippent ce qu'elles peuvent, les transports qui s'enchaînent, s'annulent, se remplacent, les gens qui courent à perdre haleine, les enfants qui demandent de l'attention, la cuisine qui n'est pas faite, le travail, l'entretien pour une nouvelle embauche, la banque, la garderie... Fou, on devient fou, complètement fou, devant ce qui est le quotidien du personnage citadin de Laure Calamy, mais malheureusement aussi le quotidien de beaucoup d'autres, pris dans l'étau aliénant d'une vie chronométrée à la seconde, où la détente (un instant pour respirer ?) n'a pas sa place dans le planning. On subit les émotions violentes, contradictoires, incompatibles, de cette jeune femme à qui on ne souhaite qu'une chose : du repos. Tandis qu'on ne voit pas le film filer, happé par l'interprétation magistrale de Laure Calamy (un film, un rôle, un jeu stupéfiant à chaque fois... Y a-t-il quelque chose que Calamy ne sache pas jouer ?), on sent nos nerfs mis à rude épreuve, et on lâche un "Ah non !" qui vient du cœur, lorsque A plein temps, conscient de notre état lamentable de l'autre côté de l'écran, tente un coup de bluff sur son final, qui nous a plus que dupé (on a viscéralement cru que le spoiler: train allait être son échappatoire tragique à ce monde de fous... Le silence lourd qui s'en est ensuivit a prouvé qu'on n'était pas seuls à être figé, dans l'attente rassurante ou accablante de savoir si cette mère excédée a terminé spoiler: d'avancer devant le train ). A plein temps aura même la gentillesse, la prévenance extrême, de nous offrir une happy-end, pour changer notre palette d'émotions, et nous embuer les yeux de compassion. Ce film est au-delà de l'intelligence de son montage asphyxiant, au-delà de l'interprétation stupéfiante de Laure Calamy, au-delà du malêtre qu'il dénonce, il est une expérience émotionnelle forte, qui nécessite un petit RTT pour souffler après.
spoiler: Je suis littéralement tombé sous le charme de ce film, réalisé par Éric Gravel et sorti tout récemment. Au départ pourtant un peu sceptique, je m'attendais à un énième drame français primé un peu chiant (je sais qu'on a, à tort, vite fait de résumer le cinéma français avec ça et les comédies potaches). Mais finalement, je suis sorti de la salle complètement conquis. Julie, qui est première femme de chambre dans un palace, doit faire des pieds et des mains pour organiser sa vie, le tout dans un contexte de grèves de la SNCF. Pour être un usager régulier du transilien (plus particulièrement de la fameuse ligne R), ce film me parle particulièrement, surtout que je me souviens bien de ce mouvement de grève d'octobre 2019 où qu'un transilien sur cinq ne circulait. Bien que ma situation ne soit pour autant pas comparable avec celle de l'héroïne, je me suis toujours demandé comment les habitants de la grande banlieue parisienne pouvaient aller travailler sereinement avec tous les aléas de la SNCF (même en dehors des grèves pour le coup). Et c'est en partie pour cela que j'ai été autant touché par le film et que j'ai pu pleinement rentrer dans l'histoire car je me suis vraiment identifié à l'héroïne, notamment en partageant ses angoisses. Au-delà de ça, il y a aussi la mise en scène qui est excellente et qui permet au spectateur, même celui qui est complètement étranger à ce rythme de vie, de comprendre les problématiques de l’héroïne et partageant avec elle son rythme de vie incessant. Le film est en effet constamment en mouvement, il développe de plus une routine que l'on comprend facilement, routine qui est très vite perturbée par les nombreux problèmes de l’héroïne (grèves donc mais également la voisine un peu reloue, ses collègues, sa boss, sa recherche de boulot, le trampoline à trimballer puis à monter, la banque, l'ex-mari etc.). Cette routine, qui devient de plus en plus chronophage, est de plus rythmée par un thème musical très angoissant, semblable à un métronome devenant de plus en plus rapide au fil de l'intrigue. De plus, le film montre également l'absurdité des hôtels de luxe, ce qui est très intéressant. Alors on peut se dire que la fille accumule quand même les galères et qu'elle a vraiment pas de bol ! C'est effectivement un poil exagéré à ce niveau-là mais, le côté positif, c'est que le film en profite pour nous emmener constamment dans la mauvaise direction, comme lorsqu'elle rencontre son voisin militaire parfait. [spoiler]Tout commence comme une comédie romantique classique et on se dit qu'il va la sortir de toutes ses galères, mais finalement non ! Concernant les acteurs, nous retiendrons finalement surtout que Laure Calamy qui porte presque le film à elle toute seule et qui est tout à fait crédible dans le personnage ! "À plein temps" est donc un film pour le moins haletant qui retranscrit parfaitement les difficultés que peuvent rencontrer les personnes travaillant sur Paris et habitant la grande banlieue.[/spoiler]
Un film prenant et fort bien interprété, qui pèche malheureusement par son excès. La pauvre Julie se retrouve confrontée à tous les malheurs du monde. Rien ne va jamais, si bien que ça en devient plombant.
Haletant de bout en bout! Laure Calamy signe ici une performance exceptionnelle. Elle campe une maman solo avec deux enfants à charge tout en se démenant tous les jours pour faire le trajet jusqu'à Paris et son travail de femme de chambre. Chronique sociale représentant la vie de millions de citoyens lambda, le film touche par son rythme effréné et par l'épuisement progressif de son héroïne devant jongler avec une multitude de choses (grève des trains, manifestations ou absence du père). Bref, une oeuvre qui colle à la réalité dans une période où le "burn out" fait des ravages.
Je vais essayer de rester sobre.... J'appréciais beaucoup déjà Laure Calamy dans pratiquement tous ses rôles, déployant au fil de l'eau et des propositions, un talent et une douceur naturelle gagnant en sympathie. En toute simplicité, dans des compositions pas faciles, elle est battante et assure avec une certaine facilité, le déguisement tant physique que psychologique, et conduit la prestation sans retenue. A tel point, qu'elle est éblouissante en Maman débordée, de toute part. J'avoue que sa prestation m'a troublé, accompagnée de l'excellent montage et du son, tantôt glauque et artificiel, tantôt insoutenable. Le but recherché est atteint... C'est extrêmement dense. On est touché en plein cœur et jusqu' à l'avant-dernière minute, on a mal, on a peur pour elle, notamment par deux fois, on frise le drame ( ça existe). Pour ses enfants, elle sait "décrocher" la lune, et on respire plus librement lorsque les lumières s'activent..... Ouf..... !!**