Un excellent polar qui nous plonge dans une opposition hésitante entre un Japon tourmenté et réglementé, et une Amérique insouciante et sans limite. Outre l'action et le rythme, c'est l'aspect des interactions culturelles entre les protagonistes qui vont nous captiver, suivre l'évolution de leur relation, qui correspond à la fois au conflit intérieur et quotidien de chacun, mais aussi du sous-texte des deux pays sur les répercussions et conséquences de l'arme atomique, tout autant qu'une quête de dimension biblique, offrant à son titre toute sa saveur et sa valeur.
Il y a une forme de mélancolie qui se dégage du film, dans cette amitié forgée dans le drame et porteur d'espoir d'un monde que l'on aurait aimé voir, un effet parfaitement retranscrit, et résumé dans le thème musical Nick and Masa.
Néanmoins, malgré son efficacité, le film manque d'originalité, tant il repose sur tous les clichés de l'époque, et des films du genre, dont on connait l'évolution des personnages à l'avance. Il peut aussi y avoir une forme de longueur dans la seconde partie qui file en ligne droite vers un dernier duel un peu fouilli, et peu emblématique.
On peut également s'amuser à se demander ce qu'aurait pu être ce film, si Paul Verhoeven l'avait réalisé, comme il aurait dû le faire, ou bien se demander quel visage aurait eu le flic de Beverly Hills 2, si cette intrigue avait été conservée pour le film, ou bien encore ce qu'aurait donné de voir Jackie Chan en méchant, bien que celui-ci ait refusé le rôle de Sato. Sans oublier la dizaine d'acteurs connus de l'époque, envisagés pour le rôle principal.