Une jeune femme se fait embaucher comme infirmière dans l usine chimique où son père est représentant syndical. Rapidement elle va se rendre compte que l’usine n’est pas aussi propre que ses dirigeants le prétendent et que pour conserver les emplois tout le monde s’arrange avec sa morale. Rouge est l’occasion d’une formidable opposition entre Zita Hanrot et Sami Bouajila tout deux d’une justesse et d’une sincérité remarquable (les seconds rôles sont aussi excellents). Le film se pose constamment la question de ce qui est acceptable ou non, d’ou est la limite de l’engagement ou du renoncement. Alors oui on devine rapidement par quels chemins Rouge va passer et comment il va se terminer mais c’est tellement bien tenu que cela reste une réussite.
On reste convaincu que Rouge est un film nécessaire, même si l'on ne peut s'empêcher de penser à Erin Brokovich, Dark Waters ou au prochain Minamata en voyant l'histoire de la jeune trublionne qui veut sauver des vies en enquêtant sur les déchets hautement toxiques produits par une usine de métallurgie, et se confronte à une magouille plus grande que prévue. Employés soudoyés, blessures graves passées sous silence, problèmes de santé soignés avec le chéquier... On est d'autant plus choqué et à fleur de peau devant ces pratiques (que le film n'aurait même pas eu besoin de préciser au générique de fin comme étant tirées de faits réels que l'on s'en est douté de suite) que cela continue, avec à présent des couvertures éhontées (ici : Les Verts !). Un comble, on croit à un début de blague de bar, mais non, la plaisanterie est bien triste et réelle : les pollueurs se rachètent une conduite, un logo "propre", une image populaire, en glissant de généreux pots de vins et poignées de mains intéressées - et intéressantes - aux candidats écolos (ripoux, évidemment non représentatifs des "vrais" Verts qui luttent pour démasquer ces beaux-parleurs). Dans leur rôle père-fille entre dualité et complicité fusionnelle, Zita Hanrot et Sami Bouajila étonnent dans le très bon sens du terme, on ne peut que s'attacher à eux, comprendre leurs motivations (même mauvaises, dues à un aveuglement, une auto-persuasion volontaire qui dure depuis des dizaines d'années) et vivre leur calvaire qu'on devine être celui de milliers d'autres travailleurs prenant trop de risques, cachant une vérité qui dérange, contribuant malgré eux à une catastrophe écologique irréversible. Malgré ses airs de déjà-vu, ses ressorts narratifs que l'on devine "un brin" exagérés pour les besoins du scénario (la fin), Rouge se place parfaitement comme un Erin Brokovich à la française, servi par son duo en tête d'affiche excellent, et une intrigue qu'il nous tarde de considérer comme obsolète, et non plus le reflet d'une triste réalité. Employés exploités, Nature piétinée, mensonges éhontés : c'est carton Rouge.
" Rouge" inspirée de fait réels est un thriller social de bonne facture . En effet même si il manque un petit quelque chose à ce film, l'histoire est captivante décrivant une société ou la profitabilité et la richesse des entreprises ont pris le pas sur la santé des salariés quitte à mettre leurs vies en danger dans un scénario qui joue avec nos nerfs au fil du temps avec la bonne composition de Zita Hanrot, Sami Bouajila et Céline Sallette.
Nul besoin de faire dans le sensationnel pour dénoncer le rejet de matières polluantes dans la nature par l’industrie chimique. Au-delà de l’aspect économique, l’intérêt de « Rouge » passe avant tout par le facteur émotionnel qui lie un père, employé émérite de l’entreprise, et sa fille, infirmière fraîchement engagée en quête de vérité. Farid Bentoumi a fait confiance à Zita Hanrot et à Sami Bouajila pour illustrer ce dilemme et il a franchement bien fait. Cependant, marqué par l’évidence, son film reste en deçà des attentes que l’on peut espérer d’un tel sujet.
Au milieu de tous les films américains très moyens et sans enjeu sortis cet été, cela fait du bien d’avoir un bon film français engagé, basé sur des faits réels, qui vient remonter le niveau. J’avais vu le premier film de Farid Bentoumi en 2016 (« Good Luck Algeria », déjà avec Sami Bouajila) qui avait déjà un contenu intéressant mais, en termes de mise en scène et de scénario, le résultat avec « Rouge » est plus abouti. La double culture du réalisateur n’est pas utilisée ici car le sujet, écologique et de santé publique, concerne tout le monde. Il est traité sur plusieurs plans, politique, professionnel et privé et tout le talent du film est de montrer que tous les plans s’entremêlent, et les conflits d’intérêt, sans manichéisme, montrent toute la difficulté de prendre parti, de faire des choix. Sur un sujet similaire et avec bien des points communs, j’ai trouvé le film mieux bâti, plus facile d’accès et plus rythmé que « Dark Waters » que j’avais vu l’année dernière. Céline Sallette, après les excellents « De Rouille et d’Os », sorti en 2012, « La French », sorti en 2014, et « Corporate », sorti en 2017, se constitue une filmographie de choix sur des sujets forts. Il en est de même pour Zita Hanrot avec « Fatima » (2015), « La Vie Scolaire » (2019) et « Les Hirondelles de Kaboul » (2019). Des actrices qui comptent dans notre Cinéma national.
"Ramenez moi dans ma belle enfance,rendez moi un peu d'innocence", ces paroles de la "Chanson de Margaret" signée Mac Orlan viennent à l'esprit quand on voit Noura confrontée au monde des adultes, à ses responsabilités. Zita Hanrot engage dans ce film fort politiquement toute son humanité. C'est une actrice qui a choisi ce métier pour bouleverser les spectateurs. Eh bien l'objectif était atteint dans "Fatima". Avec Rouge, elle récidive et nous touche au cœur.
Depuis Erin Brokovitch, on en a vu, des films à thèse et « bien-pensants »; Dark waters, récemment mais le film est bien construit et crédible……si on admet que la jeune infirmière puisse être aussi libre de ses mouvements, à l’intérieur comme à l’extérieur de l’usine. L’image de l’usine, dans son environnement naturel, le refus de savoir pour mieux conserver son emploi, l’indépendance d’esprit de la jeune infirmière, la relation père- fille m’ont intéressés…. (Sami Bouajila, Zita Henrot) À tous ceux qui reprochent « invraisemblance » ou trop « documentaire »; ils me semblent au bord du procès d’intention….
Une chose est certaine, c’est souvent trop tard qu’on découvre la pollution d’une usine ou d’une industrie pour ses employés, comme pour l’environnement.
Pour son deuxième long-métrage, Farid Bentoumi livre une copie très propre à tous les niveaux, tant sur le fond que la forme. Il fait cohabiter, avec beaucoup d'habilité, plusieurs thématiques (environnementales, économiques, sociales) complémentaires qui forment un ensemble parfaitement cohérent. Seul bémol : une certaine prévisibilité de l'intrigue.
C'est un bon film qui ne fait pas dans la dénonciation écolo mais qui rappelle néanmoins de grandes affaires comme celle portée par E. Brokovich car ici aussi l'héroïne est une femme. D'ailleurs elle se met en équipe avec une seconde femme qui elel est journaliste. Lanceuse d'alerte, la première ne se revendique pas ce titre d'ailleurs, pourtant elle l'est. Le film ne s'intéresse que peu à l'aspect écologique, et pas du tout à l'aspect scientifique, mais se focalise surtout sur les rapports familiaux, les personnages principaux travaillant tous ou presque dans l'usine incriminée, et humains, et sur l'aspect économique et sociétal plutôt que sur les dégâts potentiels causés. Un joli film.
Inspiré de faits réels, le film traite de déchets toxiques rejetés dans les eaux ont toute impunité, les ouvriers immigrés ne disent rien par crainte de perdre leur emploi , jusqu’à ce que la fille du chef embaucher en tant qu’infirmière cesse de fermer les yeux.. Sami bouajila très fort comme dab , Zita Hanrot est convaincante, Farid bentoumi réussi son film.
Le film "fonctionne" bien, jeu des acteurs, tension, rythme... à une scène près, la "rédemption" bien trop facile et rapide du père dans un couloir d’hôpital... Le film décrit cependant de façon efficace la façon dont les employés de l'usine se cachent à eux-mêmes le risque environnemental et sanitaire lié à leur travail, leur compromission tacite.
Mais, notamment faute d'avoir précisé les risques(1) sanitaires et environnementaux, le film ne nous pousse pas à l'indignation, ni ne modifie pas notre façon de voir les choses... Grand dommage !
Tours juillet 21 (1) Trop de précisions risquaient peut-être d'exposer le réalisateur à des attaques en justice par les pollueurs... ?
Nour (Zita Hanrot) est infirmière aux Urgences mais après une soi-disant erreur de jugement, elle doit accepter la main tendue par son père, délégué du personnel, qui lui propose un poste dans une usine chimique Se rendant compte avec l'aide d'une journaliste locale (Céline Sallette) de la dangerosité du site sur les employés et l'environnement, elle va devoir faire face à un dilemme de taille : protéger les ouvriers ou se mettre sa propre famille à dos. Long-métrage oscillant entre thriller et film écologique, cette investigation est passionnante. Inspiré de faits réels, Sami Bouajila et Zita Hanrot montrent les ravages d'une relation père/fille quand il est question d'affronter la réalité d'une situation complexe. Très bon film porté par deux acteurs au top qui subliment un scénario assez simple.
Thriller surfant sur les thèmes d'actualité écologique. Basé sur des faits réels, en effet le scénario nous replonge dans des drames récents. Les acteurs, assez justes du reste, Sami Bouajila, bien sur, mais surtout Zita Hanrot et Celine Sallette ou Olivier Gourmet, dressent les antagonismes entre une Gestion d'entreprise et la défense des salariés, que ce soit pour la sauvegarde de leur emploi, ou pour garantir la Santé des collaborateurs. Vaste sujet. L'action est bien ficelée, car l'infirmière embauchée pour gérer la santé des ouvriers n'est autre que la fille du principal représentant syndical. Politique écologique et difficulté du maintien des emplois sont les ressorts de film, bien traités. Zita Hanrot dans un excellent rôle.. !!**
Rouge terre versus Eau noire. Cet excellent thriller écolo franco-français pourrait s'appeler le rouge et le noir ! C'est bien ce qui m'a sauté aux yeux tant il m'a fait penser à son pendant amerloque "Dark water", toutes proportions gardées. On n'est pas dans la charge contre un groupe industriel aussi connu que Tefal, on focalise ici sur une petite usine perdue dans un coin de montagne, en notre toute petite France (notre belle France pour combien de temps encore ?) mais c'est bien toujours le même cirque que rejoue notre espèce : après nous le déluge, il faut parer au plus pressé. C'est documenté, c'est bien ficelé, ça fonctionne et ça fait froid dans le dos. En plus, c'est inspiré de faits réels, nous dit le générique. Zita Hanrot, Sami Bouajilah, Céline Salette et même Olivier Gourmet, pour ne citer qu'eux, sont parfaits pour faire monter la pression et nous faire toucher du doigt, ou du coeur, notre inconséquence... Bravo à Farid Bentoumi et toute son équipe ! Un film à voir à la veille des élections, pour voter utile ...