Almodovar nous livre un très bon cru avec ce "Madres Paralelas" ! Précision : je l'ai vu en VO sous-titrée. Il offre un rôle bouleversant à Penelope Cruz, qui incarne avec intensité, justesse, ce rôle de femme décidant de faire un enfant la quarantaine venue. Enfant qu'elle élève seule. En tout cas sans le père... Car Janis (prénom donné par sa mère junkie en hommage à Janis Joplin) ne sera pas vraiment seule pour élever sa petite fille. La toute jeune Ana, rencontrée à la maternité et ayant accouché au même moment, deviendra une amie, une confidente, et y prendra sa part. Ana, "second" rôle féminin (second entre guillemet, vous verrez pourquoi...) d'une grande sensibilité, d'une profonde humanité, magnifiquement interprété lui aussi. Pendant que Janis essaie de mener de front sa vie de maman en parallèle de celle de photographe, Ana, elle, en rupture avec sa mère, découvre la magie d'être maman, alors qu'elle l'a eu à contre cœur. Les deux vont se soutenir, s'entre aider... Puis... Allez voir "Madres Paralelas" et vous serez emporté par cette magnifique histoire. Histoire de femmes (le seul rôle masculin est celui du père de l'enfant de Janis, archéologue qui met tout en œuvre pour exhumer les corps d'un groupe d'hommes, dont le grand-père de Janis, exécutés et enterrés dans une fosse commune sous Franco), mais aussi hommage aux victimes du Franquisme, "Madres Paralelas" m'a tenu en haleine deux heures durant. À noter la participation de Rossy De Palma dans le rôle de l'amie d'enfance de Janis, et très beau rôle de la mère de Ana.
Mais, bien sûr, c'est Penelope Cruz (qu'Almodovar filme sous toutes les coutures, souvent en gros plan) qui irradie ce film de sa beauté, sa classe, donnant au rôle de Janis une très belle intensité.