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Un film vraiment poignant dénonçant ces relation non consentie qui détruit la vie de nombreuses personnes sur de nombreux plan . Malheureusement comme nous pouvons le voir ce genre de relation à l'époque pouvait être normaliser sans que rien ne se passe . C'était vraiment puisant , voir ce réel traumatisme à devoir surmonter . Qu'elle surmontera peu à peu et par l'écriture pour enfermer ce prédateur dans ce livre comme il l'avait enfermer lui dans ces livres . Les compositions sont aussi très touchante par Audrey Ismael .
Vanessa Springora avait treize ans à peine quand elle rencontra Gabriel Matzneff en 1986. L’année d’après, alors qu’il avait plus du triple de son âge, il en fit sa maîtresse et l’héroïne impuissante de son Journal. Trente ans plus tard, pour exorciser ses vieux démons, la jeune femme, devenue éditrice, décida à son tour de raconter cette histoire.
En janvier 2020, précédé par un parfum de scandale, Le Consentement de Vanessa Springora eut le succès qu’on sait. Elle y racontait l’emprise dont elle fut la victime à un âge où le consentement ne saurait être donné librement, dans un état de faiblesse dont son amant joua et abusa, avec la complicité tacite de la mère de Vanessa et d’un milieu littéraire et bourgeois aveuglé par les idéaux libertaires de Mai 68.
Quand j’ai appris, il y a quelques semaines, que "Le Consentement" serait porté à l’écran, j’ai été surpris, choqué, intrigué. Surpris, je n’aurais pas dû l’être ; car hélas il est désormais peu de best-sellers qui ne connaissent, dans les mois ou les années qui suivent, leur adaptation à l’écran, pariant sur le succès qu’elle récoltera auprès d’une foule de lecteurs conquis par avance. Choqué, il y avait en revanche de quoi l’être tant le sujet du "Consentement" était sulfureux et sa mise en image malaisante : la commission de classification l’a d’ailleurs interdit aux moins de douze ans, assortissant son avis d’un avertissement bâclé – « La complexité du film et la brutalité de certaines scènes à caractère sexuel sont susceptibles de heurter la sensibilité d’une jeune public non averti et non accompagné » – ce qui témoigne de ses hésitations à une interdiction plus sévère, qui n’aurait pas été injustifiée : peut-on sérieusement envisager de montrer ce film à des adolescents entre douze et seize ans ? Intrigué enfin de la façon dont la réalisatrice et ses acteurs relèveraient ce défi impossible.
Fallait-il mettre "Le Consentement" en images ? Le témoignage autobiographique de Vanessa Springora ne se suffisait-il pas à lui-même ? Quel était l’effet recherché, sinon celui de faire de l’argent sur un sujet malaisant, ou un voyeurisme malsain ? La présence de Vanessa Springora elle-même à l’affiche, qui a collaboré au scénario, est rassurante. C’est le signe que son livre ne lui a pas échappé, qu’elle a eu son mot à dire sur son adaptation. Mais c’est surtout la qualité de la réalisation et de l’interprétation qui ont achevé de me convaincre.
J’ai mis pourtant cinq jours à aller le voir, au point d’être incapable pendant ces cinq jours-là de mettre les pieds dans une salle de cinéma. Je savais que "Le Consentement" serait le film de la semaine, sinon du mois ; je savais que j’irais le voir puisque je professe, à tort ou à raison, d’aller tout voir ; je savais que ce film, qu’il me plaise ou non, si tant est que ce verbe là soit le plus adapté, susciterait un débat. Mais, tel le cheval devant l’obstacle, je renâclais, perturbé d’avance par l’effet qu’il me ferait.
Tout compte fait, je suis content d’avoir franchi l’obstacle. J’ai aimé ce film. Et je le recommande.
Mais j’accompagnerai cette recommandation de nombreuses réserves.
La principale bien sûr est le sujet du film. La pédophilie est récemment devenue le mal absolu. Celle qui est décrite ici est la plus pernicieuse qui soit, qui se cherche, comme Matzneff l’a fait dans toute son oeuvre, sa justification dans la liberté de vivre sa vie à rebours de toute morale et dans la liberté de créer. Celle surtout qui abuse de la crédibilité d’une enfant qui vit avec une force inédite la toute-puissance d’un premier amour que tout emporte. La scène du film qui m’a le plus marqué n’est pas en effet celle que l’on pourrait penser, presqu’insoutenable, de la défloration de Vanessa, mais celle qui la précède, celle où la jeune fille, étouffant de timidité et du manque de confiance en elle, explose de bonheur en lisant les lettres d’amour enflammées qui lui sont adressées. Tout en elle s’ouvre et s’éveille, sinon son corps et sa sexualité encore trop timides : elle, si réservée, mais si sensible, se sent enfin regardée et élue et tombe follement amoureuse d’un homme dont la maturité, la renommée et la sensibilité la fascinent et l’enthousiasment.
Vanessa n’a pas conscience d’être la proie d’un prédateur. L’interprétation glaçante qu’en fait Jean-Paul Rouve ne laisse place à aucune ambiguïté. C’est le principal reproche que je lui ferais après avoir salué le culot – je ne sais pas s’il faut parler de courage – d’accepter un tel rôle. Matzneff, joué par Rouve, est un être odieux, égocentrique, menteur, manipulateur. Les promesses mielleuses dont il couvre la jeune Vanessa sont les paravents transparents de la sexualité la plus brutale et la plus humiliante. On n’oubliera pas de sitôt sa calvitie, son torse épilé, ses mains couvertes de bagues et son élégance décalée.
La dernière scène, où apparaît Elodie Bouchez, clôt le film et lui donne tout son sens – comme celle, après trois mille pages, de "La Recherche". "Le Consentement" nous apparaît alors pour ce qu’il est : l’histoire d’un livre sur le point de s’écrire, d’un livre dont l’écriture prendra à son propre piège son héros écrivain autant qu’il libèrera trente ans après les faits sa victime innocente.
Il est difficile d’émettre une voix dissidente sur un sujet pareil. Je m’y essaierai néanmoins à mes risques et périls. J’adresserai au "Consentement" deux reproches. Le premier est de faire, à la place de la Justice, le procès d’un homme. On me répondra, à raison, deux choses. La première est que Matzneff est un être haïssable et indéfendable, qui s’est non seulement rendu coupable de crimes condamnables mais les a reconnus dans ses écrits et, pire, en a fait l’ignoble apologie. On me rétorquera aussi, même si ce point est moins incontestable que le premier, que, les faits étant prescrits, la Justice n’a pu faire son oeuvre et que la littérature et le cinéma sont en droit de réparer ce déni.
Le second reproche que j’adresserai au "Consentement" est d’être un film fermé. Je m’explique. Le Consentement décrit, avec une précision chirurgicale, l’emprise monstrueuse d’un homme mûr sur une adolescente. Il raconte cette manipulation et montre frontalement les actes sexuels commis par ce pédophile sur cette enfant. Gabriel Matzneff y est évidemment coupable ; Vanessa Springora en est l’évidente victime. On me rétorquera que les films sur la Shoah mettent eux aussi en présence des nazis évidemment coupables de la pire barbarie et des victimes juives évidemment innocentes. Sauf que "La Liste Schindler", par exemple, a pour héros un homme confronté à un choix : celui de se taire ou d’agir. Ici, c’est vrai, Vanessa Springora décide de ne plus se taire, prend la plume et dénonce son prédateur. Ce courage donne naissance à ce livre, permet à son auteure de se réapproprier son histoire, kidnappée par Matzneffe dans ses livres, et témoigne pour toutes les autres victimes muettes d’actes similaires. Mais, son sujet n’en reste pas moins fermé. Le Consentement ne soulève aucune question, aucun débat. Ni sur le « consentement », qui est pourtant le titre du film – comment une enfant de quatorze ans pourrait-elle consentir aux abus sexuels dont elle est la victime ? – ni sur la pédophilie unanimement odieuse et répréhensible.
En janvier 2020, précédé par un parfum de scandale, Le Consentement de Vanessa Springora eut le succès qu’on sait. Elle y racontait l’emprise dont elle fut la victime à un âge où le consentement ne saurait être donné librement, dans un état de faiblesse dont son amant joua et abusa, avec la complicité tacite de la mère de Vanessa et d’un milieu littéraire et bourgeois aveuglé par les idéaux libertaires de Mai 68.
Quand j’ai appris, il y a quelques semaines, que "Le Consentement" serait porté à l’écran, j’ai été surpris, choqué, intrigué. Surpris, je n’aurais pas dû l’être ; car hélas il est désormais peu de best-sellers qui ne connaissent, dans les mois ou les années qui suivent, leur adaptation à l’écran, pariant sur le succès qu’elle récoltera auprès d’une foule de lecteurs conquis par avance. Choqué, il y avait en revanche de quoi l’être tant le sujet du "Consentement" était sulfureux et sa mise en image malaisante : la commission de classification l’a d’ailleurs interdit aux moins de douze ans, assortissant son avis d’un avertissement bâclé – « La complexité du film et la brutalité de certaines scènes à caractère sexuel sont susceptibles de heurter la sensibilité d’une jeune public non averti et non accompagné » – ce qui témoigne de ses hésitations à une interdiction plus sévère, qui n’aurait pas été injustifiée : peut-on sérieusement envisager de montrer ce film à des adolescents entre douze et seize ans ? Intrigué enfin de la façon dont la réalisatrice et ses acteurs relèveraient ce défi impossible.
Fallait-il mettre "Le Consentement" en images ? Le témoignage autobiographique de Vanessa Springora ne se suffisait-il pas à lui-même ? Quel était l’effet recherché, sinon celui de faire de l’argent sur un sujet malaisant, ou un voyeurisme malsain ? La présence de Vanessa Springora elle-même à l’affiche, qui a collaboré au scénario, est rassurante. C’est le signe que son livre ne lui a pas échappé, qu’elle a eu son mot à dire sur son adaptation. Mais c’est surtout la qualité de la réalisation et de l’interprétation qui ont achevé de me convaincre.
J’ai mis pourtant cinq jours à aller le voir, au point d’être incapable pendant ces cinq jours-là de mettre les pieds dans une salle de cinéma. Je savais que "Le Consentement" serait le film de la semaine, sinon du mois ; je savais que j’irais le voir puisque je professe, à tort ou à raison, d’aller tout voir ; je savais que ce film, qu’il me plaise ou non, si tant est que ce verbe là soit le plus adapté, susciterait un débat. Mais, tel le cheval devant l’obstacle, je renâclais, perturbé d’avance par l’effet qu’il me ferait.
Tout compte fait, je suis content d’avoir franchi l’obstacle. J’ai aimé ce film. Et je le recommande.
Mais j’accompagnerai cette recommandation de nombreuses réserves.
La principale bien sûr est le sujet du film. La pédophilie est récemment devenue le mal absolu. Celle qui est décrite ici est la plus pernicieuse qui soit, qui se cherche, comme Matzneff l’a fait dans toute son oeuvre, sa justification dans la liberté de vivre sa vie à rebours de toute morale et dans la liberté de créer. Celle surtout qui abuse de la crédibilité d’une enfant qui vit avec une force inédite la toute-puissance d’un premier amour que tout emporte. La scène du film qui m’a le plus marqué n’est pas en effet celle que l’on pourrait penser, presqu’insoutenable, de la défloration de Vanessa, mais celle qui la précède, celle où la jeune fille, étouffant de timidité et du manque de confiance en elle, explose de bonheur en lisant les lettres d’amour enflammées qui lui sont adressées. Tout en elle s’ouvre et s’éveille, sinon son corps et sa sexualité encore trop timides : elle, si réservée, mais si sensible, se sent enfin regardée et élue et tombe follement amoureuse d’un homme dont la maturité, la renommée et la sensibilité la fascinent et l’enthousiasment.
Vanessa n’a pas conscience d’être la proie d’un prédateur. L’interprétation glaçante qu’en fait Jean-Paul Rouve ne laisse place à aucune ambiguïté. C’est le principal reproche que je lui ferais après avoir salué le culot – je ne sais pas s’il faut parler de courage – d’accepter un tel rôle. Matzneff, joué par Rouve, est un être odieux, égocentrique, menteur, manipulateur. Les promesses mielleuses dont il couvre la jeune Vanessa sont les paravents transparents de la sexualité la plus brutale et la plus humiliante. On n’oubliera pas de sitôt sa calvitie, son torse épilé, ses mains couvertes de bagues et son élégance décalée.
La dernière scène, où apparaît Elodie Bouchez, clôt le film et lui donne tout son sens – comme celle, après trois mille pages, de "La Recherche". "Le Consentement" nous apparaît alors pour ce qu’il est : l’histoire d’un livre sur le point de s’écrire, d’un livre dont l’écriture prendra à son propre piège son héros écrivain autant qu’il libèrera trente ans après les faits sa victime innocente.
Il est difficile d’émettre une voix dissidente sur un sujet pareil. Je m’y essaierai néanmoins à mes risques et périls. J’adresserai au "Consentement" deux reproches. Le premier est de faire, à la place de la Justice, le procès d’un homme. On me répondra, à raison, deux choses. La première est que Matzneff est un être haïssable et indéfendable, qui s’est non seulement rendu coupable de crimes condamnables mais les a reconnus dans ses écrits et, pire, en a fait l’ignoble apologie. On me rétorquera aussi, même si ce point est moins incontestable que le premier, que, les faits étant prescrits, la Justice n’a pu faire son oeuvre et que la littérature et le cinéma sont en droit de réparer ce déni.
Le second reproche que j’adresserai au "Consentement" est d’être un film fermé. Je m’explique. Le Consentement décrit, avec une précision chirurgicale, l’emprise monstrueuse d’un homme mûr sur une adolescente. Il raconte cette manipulation et montre frontalement les actes sexuels commis par ce pédophile sur cette enfant. Gabriel Matzneff y est évidemment coupable ; Vanessa Springora en est l’évidente victime. On me rétorquera que les films sur la Shoah mettent eux aussi en présence des nazis évidemment coupables de la pire barbarie et des victimes juives évidemment innocentes. Sauf que "La Liste Schindler", par exemple, a pour héros un homme confronté à un choix : celui de se taire ou d’agir. Ici, c’est vrai, Vanessa Springora décide de ne plus se taire, prend la plume et dénonce son prédateur. Ce courage donne naissance à ce livre, permet à son auteure de se réapproprier son histoire, kidnappée par Matzneffe dans ses livres, et témoigne pour toutes les autres victimes muettes d’actes similaires. Mais, son sujet n’en reste pas moins fermé. Le Consentement ne soulève aucune question, aucun débat. Ni sur le « consentement », qui est pourtant le titre du film – comment une enfant de quatorze ans pourrait-elle consentir aux abus sexuels dont elle est la victime ? – ni sur la pédophilie unanimement odieuse et répréhensible.
Film fort, avec une bonne interprétation des acteurs. Cependant, 2 scènes sexuelles tournées avec un manque de discernement, de respect vis-à-vis d'un public cinématographique, à la limite de l'inacceptable.
Dommage, cela enlève une certaine qualité au film...qui pourtant reste très bien filmé
Dommage, cela enlève une certaine qualité au film...qui pourtant reste très bien filmé
Je suis sortie sans voix de ce film. Incapable de dire ce que j'en ai concrètement pensé mais je n'ai pas aimé, autant au niveau des images que sonore. Le film n'est pas efficace, il n'est pas pertinent.
Un film froid, lent, sombre, et choc. s'avancant petit à petit dans l'innomable et le terrifiant. Avec des Comédiens ( mention spéciale à Jean Paul Rouve, méconnaissable) très bons.
Le consentement.
le livre de Vanessa Spingora était pour moi un livre choc. Il révèle un milieu intellectuel gangréné par des moeurs dissolues, au nom de la création littéraire. Des adultes démissionnaires, une institution hypocrite et des victimes qui pensent être sinon coupables, du moins complices.
Qu'a donc rajouté le film éponyme à cette oeuvre? quelques critiques de cinéma se sont demandés si c'était une erreur d'adapter le livre de Spingora, parlant pour certains d'impossible translation.
Il est vrai que le grand écran a rarement été fidèle aux livres qu’il adapte. c'est souvent source de déception. les mots sont subtils m et les traduire en scène peut se révéler périlleux.
Ce n'est pas le cas avec le consentement. le film comme le livre a réussi le pari d'enfermer Matzneff sous les traits du pédophile qu'il est. Jean-Paul Rouve a interprété le personnage d'une manière magistrale. Oui, même s'il endosse le mauvais rôle, même s'il s'agit d'un monstre, on ne peut pas ne pas saluer l'excellente performance de l'acteur.
J'insiste sur ce point car j'ai entendu un "spécialiste" dire vouloir s'abstenir de commenter le jeu de Rouve car "c'est compliqué"!!
avait-il été compliqué de saluer Anthony Hopkins dans le silence des agneaux en lui descernant l'oscar du meilleur acteur pour son rôle de serial killer?
Avait il ete tant compliqué de reconnaitre la maestria de Joaquin Phoenix dans le joker le plus fou et le plus malade de toute l'histoire du cinéma?
Sincèrement, j'ai du mal à suivre l'hypocrisie de ces soit-disant spécialistes du cinéma qui trouvent que le spectateur n'a pas besoin d'être choqué par les images glaçantes du film. ( le débat de midi France Culture merc 11/10/23).
Oui le consentement est choquant. Le sujet est déjà délicat lorsqu'il s'agit de viol d'enfants. il l'est peut-être encore plus aujourd'hui, à l'heure de me too, lorsqu'il est question de jeune fille. Mais est-ce une raison de cacher la poussière sous le tapis?!!
oui le film est Choquant par ses scènes dont la réalisatrice, avec un jeu d'ombre et de lumière, a pourtant essayé d'atténuer la charge. spoiler:
choquant aussi par la mise en image de séquences surréalistes comme celles des intellectuels complaisants ou enthousiastes, celle (et celle-ci est un extrait de la véritable émission Apostrophe) de Bernard Pivot s'amusant des "aventures" de cet écrivain adulé par les moins de 20 ans!
Choquant parce que tout simplement cela a bien existé! le filmer Messieurs et Mesdames les critiques donnera à toutes les Vanessa une nouvelle arme pour mettre à mort leur bourreau.
Rien que pour ça, le livre méritait d'être adapté.
Et même si l'on a eu recours à des clins d'oeil un peu lourds pour souligner le très jeune âge de Vanessa (l'actrice campant son rôle ayant 20 ans ), et même si certains cadrages manquaient de subtilité, il n'en demeure pas moins que la destruction physique et psychique de l'adolescente est parvenue au spectateur avec toute l'intensité qu'elle exigeait.
Un mot sur les rôles féminins:
Laetitia Casta, malgré sa maladresse lors de l'interview accordée à l'occasion de la sortie du film, a été parfaite dans le rôle de la mère dépassée par ses soucis, par son alcoolisme, par son rôle de génitrice.
Kim Higlain qui joue Vanessa: ses 20 ans l'ont desservie pour ce rôle. l'adolescence, ce n'est pas forcément ce sempiternel faciès de blanche colombe qu'elle nous a servi pendant tout le film. Du moins, ce n'est pas ainsi que j'ai imaginé la vraie Vanessa en lisant le livre. Ado oui, ahurie non.
Il est certes difficile d'incarner le rôle d'une fille se croyant amoureuse mais se trouvant sous emprise, désirée mais manipulée, enfant mais femme. Un rôle complexe pour lequel la jeune actrice n'était pas taillée.
Ce bémol à part, le film nécessite qu’on aille le voir.
le livre de Vanessa Spingora était pour moi un livre choc. Il révèle un milieu intellectuel gangréné par des moeurs dissolues, au nom de la création littéraire. Des adultes démissionnaires, une institution hypocrite et des victimes qui pensent être sinon coupables, du moins complices.
Qu'a donc rajouté le film éponyme à cette oeuvre? quelques critiques de cinéma se sont demandés si c'était une erreur d'adapter le livre de Spingora, parlant pour certains d'impossible translation.
Il est vrai que le grand écran a rarement été fidèle aux livres qu’il adapte. c'est souvent source de déception. les mots sont subtils m et les traduire en scène peut se révéler périlleux.
Ce n'est pas le cas avec le consentement. le film comme le livre a réussi le pari d'enfermer Matzneff sous les traits du pédophile qu'il est. Jean-Paul Rouve a interprété le personnage d'une manière magistrale. Oui, même s'il endosse le mauvais rôle, même s'il s'agit d'un monstre, on ne peut pas ne pas saluer l'excellente performance de l'acteur.
J'insiste sur ce point car j'ai entendu un "spécialiste" dire vouloir s'abstenir de commenter le jeu de Rouve car "c'est compliqué"!!
avait-il été compliqué de saluer Anthony Hopkins dans le silence des agneaux en lui descernant l'oscar du meilleur acteur pour son rôle de serial killer?
Avait il ete tant compliqué de reconnaitre la maestria de Joaquin Phoenix dans le joker le plus fou et le plus malade de toute l'histoire du cinéma?
Sincèrement, j'ai du mal à suivre l'hypocrisie de ces soit-disant spécialistes du cinéma qui trouvent que le spectateur n'a pas besoin d'être choqué par les images glaçantes du film. ( le débat de midi France Culture merc 11/10/23).
Oui le consentement est choquant. Le sujet est déjà délicat lorsqu'il s'agit de viol d'enfants. il l'est peut-être encore plus aujourd'hui, à l'heure de me too, lorsqu'il est question de jeune fille. Mais est-ce une raison de cacher la poussière sous le tapis?!!
oui le film est Choquant par ses scènes dont la réalisatrice, avec un jeu d'ombre et de lumière, a pourtant essayé d'atténuer la charge. spoiler:
choquant aussi par la mise en image de séquences surréalistes comme celles des intellectuels complaisants ou enthousiastes, celle (et celle-ci est un extrait de la véritable émission Apostrophe) de Bernard Pivot s'amusant des "aventures" de cet écrivain adulé par les moins de 20 ans!
Choquant parce que tout simplement cela a bien existé! le filmer Messieurs et Mesdames les critiques donnera à toutes les Vanessa une nouvelle arme pour mettre à mort leur bourreau.
Rien que pour ça, le livre méritait d'être adapté.
Et même si l'on a eu recours à des clins d'oeil un peu lourds pour souligner le très jeune âge de Vanessa (l'actrice campant son rôle ayant 20 ans ), et même si certains cadrages manquaient de subtilité, il n'en demeure pas moins que la destruction physique et psychique de l'adolescente est parvenue au spectateur avec toute l'intensité qu'elle exigeait.
Un mot sur les rôles féminins:
Laetitia Casta, malgré sa maladresse lors de l'interview accordée à l'occasion de la sortie du film, a été parfaite dans le rôle de la mère dépassée par ses soucis, par son alcoolisme, par son rôle de génitrice.
Kim Higlain qui joue Vanessa: ses 20 ans l'ont desservie pour ce rôle. l'adolescence, ce n'est pas forcément ce sempiternel faciès de blanche colombe qu'elle nous a servi pendant tout le film. Du moins, ce n'est pas ainsi que j'ai imaginé la vraie Vanessa en lisant le livre. Ado oui, ahurie non.
Il est certes difficile d'incarner le rôle d'une fille se croyant amoureuse mais se trouvant sous emprise, désirée mais manipulée, enfant mais femme. Un rôle complexe pour lequel la jeune actrice n'était pas taillée.
Ce bémol à part, le film nécessite qu’on aille le voir.
Très bon film, de super acteurs (Kim Higelin incroyable, Jean-Paul Rouve en vicieux manipulateur à tripoter sa grosse bague, Laetitia Casta avec beaucoup de prestance en mère proche de sa fille mais trop fragile pour faire le poids face à la détermination de sa fille, Elodie Bouchez très touchante en incarnant Vanessa Springora des années après cet abus sexuel scandaleux datant de ses 14 ans).
Belle mise en scène.
On ne voit pas les 2 heures passer.
Dire qu'il s'agit d'une histoire vraie et que la sortie du livre de Vanessa Springora est assez récente (2020). On se demande comment les éditeurs ont pu accepter de publier un tel contenu, Matzneff ne se cachait pas de son goût pour les jeunes enfants, filles comme garçons, puisque ses livres sont remplis de descriptions d'actes sexuels réels sur mineurs, sans demander l'accord des concernés.
Le rôle de la mère fait question : on met en garde son enfant mais comment lui interdire complètement de vivre une histoire lorsque l'adolescente de 14 ans hausse le ton et semble sûre d'elle.
Malgré les descentes régulières de la brigade des mineurs chez Matzneff, il n'a jamais été condamné. Ses livres ont été retirés de la vente récemment suite à la parution de celui de Vanessa Springora, qui donne sa version des faits à elle.
Belle mise en scène.
On ne voit pas les 2 heures passer.
Dire qu'il s'agit d'une histoire vraie et que la sortie du livre de Vanessa Springora est assez récente (2020). On se demande comment les éditeurs ont pu accepter de publier un tel contenu, Matzneff ne se cachait pas de son goût pour les jeunes enfants, filles comme garçons, puisque ses livres sont remplis de descriptions d'actes sexuels réels sur mineurs, sans demander l'accord des concernés.
Le rôle de la mère fait question : on met en garde son enfant mais comment lui interdire complètement de vivre une histoire lorsque l'adolescente de 14 ans hausse le ton et semble sûre d'elle.
Malgré les descentes régulières de la brigade des mineurs chez Matzneff, il n'a jamais été condamné. Ses livres ont été retirés de la vente récemment suite à la parution de celui de Vanessa Springora, qui donne sa version des faits à elle.
J’espérais beaucoup de ce film et je ne suis pas déçue, très belle mise en scène et Kim Higelin est incroyable.
Elodie Bouchez m’a bouleversée également.
Elodie Bouchez m’a bouleversée également.
excellent
J P Rouve joue très bien dans ce film
rôle difficile
j'ai bcp aimé ce film
c'est un sujet important
J P Rouve joue très bien dans ce film
rôle difficile
j'ai bcp aimé ce film
c'est un sujet important
A voir absolument, pour la justesse de la réalisation et la performance des acteurs eu égard au sujet particulièrement difficile - et donc pour la qualité exceptionnelle de cette œuvre cinématographique - tout autant que pour les enseignements que l'on peut en tirer concernant les ombres et les fragilités de la nature humaine.
A écouter également, l'interview très intéressant de la réalisatrice Vanessa Filho (cf. le podcast "rencontre") sur :
https://www.allocine.fr/article/fichearticle_gen_carticle=1000046076.html
A écouter également, l'interview très intéressant de la réalisatrice Vanessa Filho (cf. le podcast "rencontre") sur :
https://www.allocine.fr/article/fichearticle_gen_carticle=1000046076.html
Interprétation absolument magistrale de JP ROUVE dans ce rôle monstrueux et manipulateur, et Kim HIGELIN, impressionnante, adolescente intelligente, fragile, sous emprise amoureuse destructrice.
Une histoire terrible, vécue par Vanessa qui laisse personne indifférent
Une histoire terrible, vécue par Vanessa qui laisse personne indifférent
Mieux vaut avoir lu le livre avant d'aller voir l'adaptation cinématographique, cela évitera à certains de quitter la salle pendant la diffusion sans avoir compris que c'était une histoire réelle mise en images, sans doute en dessous de la réalité. J'ai trouvé le film assez fidèle au livre, et l'interprétation de JP ROUVE impressionnante. Par contre je n'ai pas apprécié le jeu de Kim HIGELIN, trop âgée -23 ans- pour interpréter une pré-ado de 13-14 ans, et trop "ahurie" sur la plupart des plans. Bien sûr ça n'enlève rien à la qualité et à l'utilité de ce bon film qui dénonce la pédocriminalité.
Et si le phénomène d'emprise de quelque nature qu'elle soit ne supportait pas la mise en images ?
A l'instar de la formule connue "peut-on rire de tout", je serais tenté de dire "peut-on tout filmer" sans trahir la subtilité de la complexité de la chose et la singularité des sujets en présence.
“Depuis tant d’années, mes rêves sont peuplés de meurtres et de vengeance. Jusqu’au jour où la solution se présente enfin, là, sous mes yeux, comme une évidence: prendre le chasseur à son propre piège, l’enfermer dans un livre”, écrit Madame Springora en préambule de son livre le “Consentement”.
”Écrire, c’était redevenir le sujet de ma propre histoire. Une histoire qui m’avait été confisquée depuis trop longtemps”, poursuit elle...
Le grand écran ne reconfisque-t-il pas ce qui restera à jamais une histoire profondément singulière ?
...et tout cela indépendamment de la performance des artistes
A l'instar de la formule connue "peut-on rire de tout", je serais tenté de dire "peut-on tout filmer" sans trahir la subtilité de la complexité de la chose et la singularité des sujets en présence.
“Depuis tant d’années, mes rêves sont peuplés de meurtres et de vengeance. Jusqu’au jour où la solution se présente enfin, là, sous mes yeux, comme une évidence: prendre le chasseur à son propre piège, l’enfermer dans un livre”, écrit Madame Springora en préambule de son livre le “Consentement”.
”Écrire, c’était redevenir le sujet de ma propre histoire. Une histoire qui m’avait été confisquée depuis trop longtemps”, poursuit elle...
Le grand écran ne reconfisque-t-il pas ce qui restera à jamais une histoire profondément singulière ?
...et tout cela indépendamment de la performance des artistes
Pour quelqu'un qui n'a jamais lu un livre de Matzneff ni de Springora, l'impression donnée est étrange : cette adaptation écrite par une des très nombreuses victimes de l'écrivain p**ophile, ne juge pas l'époque (on est dans les années 70, celle de la libération sexuelle) et c'est heureux.
Cette adaptation juge à mots couverts, c'est vraiment très léger, à part l'extrait d'Apostrophe de 1990, les agissements criminels de Gabriel Matzneff. À décharge, la législation à l'époque n'était pas claire.
C'est en lisant la très très longue page Wikipédia dédié à cet écrivain que j'ai vraiment réalisé la pression des critiques littéraires des grands journaux de l'époque.
La tentative littéraire, en 2004, de Vanessa Gee, une autre victime, de dénoncer les agissements de Gabriel Matzneff, qui fut empêchée par ces critiques littéraires tout-puissants dans les comités de remise de tous les grands prix est vraiment effrayante.
En 2019, paru donc le consentement de Vanessa Springora, et enfin les choses bougèrent.
Sur le plan cinématographique, je rejoins la critique d'autres avis que le film ne montre que la relation de Vanessa à Gabriel, alors qu'il aurait été vraiment nécessaire de démonter tout le système de séduction et d'emprise de l'écrivain.
Le film étant quelque peu difficile à regarder, quelques spectatrices sont parties en cours de route, il aurait été vraiment nécessaire de mettre au jour tous les mécanismes de domination.
Quant à l'interprétation de Gabriel Matznef, je savais que Jean-Paul Rouve serait parfait pour le rôle, suffisamment onctueux et maléfique (les comiques en vieillissant faisant d'excellents comédiens de personnages horribles).
Quant à Kim Higelin, dont ce n'est qu'un deuxième film, difficile de juger de sa performance de jeune comédienne de 24 ans.
Cette adaptation juge à mots couverts, c'est vraiment très léger, à part l'extrait d'Apostrophe de 1990, les agissements criminels de Gabriel Matzneff. À décharge, la législation à l'époque n'était pas claire.
C'est en lisant la très très longue page Wikipédia dédié à cet écrivain que j'ai vraiment réalisé la pression des critiques littéraires des grands journaux de l'époque.
La tentative littéraire, en 2004, de Vanessa Gee, une autre victime, de dénoncer les agissements de Gabriel Matzneff, qui fut empêchée par ces critiques littéraires tout-puissants dans les comités de remise de tous les grands prix est vraiment effrayante.
En 2019, paru donc le consentement de Vanessa Springora, et enfin les choses bougèrent.
Sur le plan cinématographique, je rejoins la critique d'autres avis que le film ne montre que la relation de Vanessa à Gabriel, alors qu'il aurait été vraiment nécessaire de démonter tout le système de séduction et d'emprise de l'écrivain.
Le film étant quelque peu difficile à regarder, quelques spectatrices sont parties en cours de route, il aurait été vraiment nécessaire de mettre au jour tous les mécanismes de domination.
Quant à l'interprétation de Gabriel Matznef, je savais que Jean-Paul Rouve serait parfait pour le rôle, suffisamment onctueux et maléfique (les comiques en vieillissant faisant d'excellents comédiens de personnages horribles).
Quant à Kim Higelin, dont ce n'est qu'un deuxième film, difficile de juger de sa performance de jeune comédienne de 24 ans.
Je comprends fort bien le malaise ressenti par Jean-Paul Roue durant le tournage de ce film sur la pédophilie...Malgré les mises en garde sur certaines scènes susceptibles de choquer le public et l'interdiction aux moins de 12 ans j'ai éprouvé un profond trouble tout au long de ce long métrage car traiter ce sujet est fort délicat.
Jean-Paul Rouve est très impressionnant avec le crâne rasé, effrayant; ça m'a déstabilisée au départ. Mais ça fait mieux ressortir le côté manipulateur de son personnage.
Kim Higelin qui a 23 ans parvient à donner le change de la pré-ado de 13 ans,amoureuse et naïve mais je l'ai trouvée un peu distante.
Après,j'ai beaucoup de mal à juger ce film car le sentiment qui domine tout au long de sa projection c'est le dégoût, l'écoeurement et n'ayant pas lu le livre de Vanessa Springora, je ne sais pas si le film en est fidèle et à sa hauteur.
Jean-Paul Rouve est très impressionnant avec le crâne rasé, effrayant; ça m'a déstabilisée au départ. Mais ça fait mieux ressortir le côté manipulateur de son personnage.
Kim Higelin qui a 23 ans parvient à donner le change de la pré-ado de 13 ans,amoureuse et naïve mais je l'ai trouvée un peu distante.
Après,j'ai beaucoup de mal à juger ce film car le sentiment qui domine tout au long de sa projection c'est le dégoût, l'écoeurement et n'ayant pas lu le livre de Vanessa Springora, je ne sais pas si le film en est fidèle et à sa hauteur.
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