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CH1218
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4,0
Publiée le 8 décembre 2023
La grande complexité du sujet, la question du consentement et la justesse des interprétations (Ben Attal, Suzanne Jouannet, Charlotte Gainsbourg, Pierre Arditi, Matthieu Kassovitz) consolident le film d’Yvan Attal. Divisée en trois parties par un habile montage, cette adaptation du roman éponyme de Karin Tuil (pas lu) explore les "zones grises" d’une agression sexuelle et demande au spectateur de se positionner du côté de la plaignante ou de celui de l’accusé. Délicat, pertinent, cru, le scénario évoque également les dommages collatéraux d’une telle affaire.
Les Choses humaines est une adaptation réussie portée par une mise en scène épurée d'Yvan Attal qui se concentre sur le procès et les émotions des personnages. Le casting est très bon, avec des performances marquantes de Suzanne Jouannet et Ben Attal, mais aussi de Charlotte Gainsbourg et Pierre Arditi. Les scènes de procès sont filmées de manière immersive, rendant chaque mot et chaque silence touchants sans tomber dans le mélodrame. Le résultat est un film puissant qui laisse le spectateur face à ses propres questionnements.
J'ai bien aimé ce film d'Yvan Attal d'après le livre de Karine Tuill servi par une très belle interprétation à part Pierre Arditi qui joue un rôle détestable et trop caricaturale...! ce qui porte la note a bien 3.5
Encore une fois Yvan Attal réalise un très bon film, servi par de très bons acteurs (notamment son fils Ben, une révélation) et une intrigue passionnante issue du roman de Karine Tuil. J'ai bien aimé le personnage d'Alexandre avec son aspect très policé au dehors et ses côtés sombres. J'ai aussi apprécié la façon dont la question très délicate du consentement est abordée, et j'ose espérer que ce genre de film aidera certains hommes à se poser cette question dans leurs rapports avec les femmes. Il est très intéresssant de voir la manière radicalement opposée dont les 2 protagonistes voient la même scène...L'intrigue secondaire avec le couple recomposé qui se brise suite à l'affaire apporte un petit plus.
Tiré du roman éponyme de Karine Tuil, "Les choses humaines" relate un fait divers en suivant ce qui ressemble à une agression sexuelle sous l'angle de Lui tout d'abord (Ben Attal/ Alexandre) , puis celui de Elle (Suzanne Jouannet/Milla). Yvan Attal retranscrit bien sur grand écran le suspense du livre et surtout arrive à interroger le spectateur. Jusqu'où peut-on parler de consentement? Faut-il se ranger derrière la version d'Alexandre ou celle de Milla? On pourra reprocher le côté "famille" du film (le fils, la femme...le chien?) ainsi que la longueur des débats lors du procès final, mais l'ensemble donne lieu à une oeuvre qui a le mérite d'ouvrir le débat sur les violences sexuelles faites aux femmes.
Pour son nouveau film tourné “en famille”, après l’inoffensif ‘Mon chien stupide’, Yvan Attal déplace en France les affaires de viol qui ont secoué certains campus américains ces dernières années, soit celle d’un étudiant brillant de la haute-bourgeoisie parisienne qui, après une sortie arrosée, est accusé de viol par la fille du nouveau compagnon de sa mère. Attal reprend la fameuse formule popularisée par le Rashômon de Kurosawa, en proposant successivement les deux visions de la journée du drame et des suivantes, celle de cet étudiant privilégié qui ne comprend sincèrement pas ce qui lui tombe dessus, et celle de la jeune fille, choquée mais déterminée à ce que justice soit faite, le reste du film étant consacré aux plaidoiries contradictoires de leurs avocats. ‘Les choses humaines’ s’avère très Instructif dans ce qu’il dévoile des réactions de la victime et de l’agresseur mais aussi de leurs entourages respectifs, chacun ayant une réaction et un ressenti différent d’un acte objectivé en fonction de son âge et de son statut social, économique et culturel. Il n’y a en effet rapidement plus guère de doutes sur la matérialité des faits mais le film déplace son propos sur la notion délicate du consentement, sur le fait que ne pas dire explicitement “non” ne signifie pas pour autant dire “oui”. Durant les scènes de plaidoirie, on verra d’ailleurs les avocats débattre de la perception de cette norme, de la persistance de stéréotypes qui contaminent sa bonne compréhension et aussi, en bons avocats, traquer les zones d’ombre et le passé des parties en présence pour tenter d’emporter la décision. On sera surtout gré à Attal d’avoir d’avoir su maintenir une certaine ambiguïté dans son traitement du sujet, comme s’il avait refusé le droit de l’auteur/réalisateur à faire transparaître ses convictions personnelles dans un film. Sur un sujet qui touche à l’intime, dans une affaire où de nombreuses variables entrent en jeu, appuyer la norme aurait été paresseux, la combattre aurait été malvenu : Il aurait pourtant été facile de nager dans le sens du courant, de donner aux ‘Choses humaines’ les contours d’une oeuvre aux visées morales, mais Attal a laissé les pistes de réflexion, les éléments à charge comme les circonstances atténuantes, à disposition du spectateur et s’est contenté de donner à l’affaire une conclusion simplement en accord avec la jurisprudence en la matière. Qu’on la trouve adéquate ou pas, c’est un autre problème.
Tout comme le très bon livre de Karine Tuil dont il est l'adaptation fidèle, le film d'Yvan Attal nous présente avec précision et subtilité les tournures dramatiques que peuvent prendre nos vies, notamment au prisme des rapports de domination, de séduction et de sexe. Entre sociologie et droit, la littérature et le cinéma légitiment leur place.
Jusque là les films d’yvan Attal que j’avais vu, bien que plaisants à regarder, ne me démontraient, il est vrai, une spéciale finesse, que je soupçonais néanmoins au réalisateur . Son nouveau film qui s’inspire du livre (que je n’ai pas encore lu) du même nom, dessine un tournant certain dans sa carrièrre. Le film interpelle par toutes les questions qu’il permet au spectateur de se poser. Le thème du consentement (ou du non-consentement) qui devrait définir si il y eu viol (qui ne rime finalement pas, du moins obligatoirement avec violence physique) ou pas, se pose ici de façon qui à envisager la le viol dans toute sa complexité. Ce qui m’interpelle à l’heure actuelle (avec “me too” etc) et que le film touche du doigt, notamment avec le témoignage d’une jeune fille pendant le procès, c’est que, nous-même, les femmes, nous devons aussi changer de prisme. Ce n’est décidemment pas un combat entre femmes contre les hommes mais une evolution vers un dialogue explicite qui doit opérer afin que les choses changent! Ce film réalisé par Yvan Attal, un homme, doit aussi permettre aux femmes (qui ont trop souvent été et sont encore éduquées dans une sorte de solicitude face aux soit-disants besoins d’un homme qui bande) de penser leurs désirs.
Il y a cette prise de conscience de la société depuis le mouvement "mee too", relayée par de nombreux médias dont le cinéma. Ainsi beaucoup d'œuvres ont abordé ce thème. Je pense évidemment à d'autres films vus récemment "Le dernier duel", "Cigare au miel", "la terre des hommes", "Promising young woman",'Slalom ... qui évoquent cette notion du consentement dans la relation sexuelle, du refus clamé, entendu ou silencieux, l'abus sexuel, le viol par pressions psychologiques ou physiques, brutales. Alors je me suis dit "'encore un ! " Mais aucun n'avait fait le choix de l'aborder de manière aussi centrale ,frontale et contemporaine que dans "Les choses humaines". Aucun n'était inspiré d'un roman d'une auteur femme Karine Tuil, réalisé par un homme Yvan Attal, porté par un casting de qualité, comédiens aguerris pour certain, mais surtout hommes et femmes paraissant intégres à mes yeux ; ce drame judiciaire a alors tout pour m'attirer et en définitif me convaincre. La construction chronologique en deux espaces temps bien définis mêlés à des flash back sur les faits permet de maintenir le suspense . Les temps forts sont plus particulièrement durant le procès. Les plaidoiries des témoins et avocats sont de longs monologues extrêmement bien écrits d'une réelle authenticité. La vérité me direz vous ? C'est une "question de perception "...
Une histoire traumatisante, bien ficelée avec un suspense insoutenable. Des acteurs qui jouent bien. Un film qui restera dans ma mémoire pour longtemps.
Un chef d'œuvre époustouflant, cela faisait longtemps que je n'étais pas sortie du cinéma dans un tel état. Des émotions indescriptibles ressortent de ce film. Les plans séquences sont d'une justesse et d'une précision extrême. Traiter d'un tel sujet demande d'autant plus d'effort dans la réalisation et là, nous pouvons dire que le sujet à été pris avec perfection ce qui fait de ce film un réel chef d'œuvres. Cette histoire est prenante également par les acteurs qui sont considérablement impressionnants. Ben Attal est un véritable génie et concernant Suzanne Jouannet, pour un premier film, wow. Je l'attends aux cesars pour le prix du meilleur espoir féminin. Le choix du découpage technique est très précis et original mais il est parfait. Toute l'ambiance est extraordinaire car elle amène aux spectateurs des émotions tres fortes. Bravo infiniment à toute l'équipe technique et artistique fde ce film.
Un viol ? Dans les sphères bourgeoises ? Un procès suivis par tous, ce n est qu à compter du procès d ailleurs que le film prend un peu d envol et que les thématiques s épaississent et gagnent en intérêt. Un bon film, un casting, des dialogues et une intrigue bien menée qui amène à réfléchir sur la notion de perception respective du viol. C est intéressant, ce n est pas mal, mais ce n est pas non plus un chef d œuvre, parfois traité de manière un peu simpliste ou caricatural notamment pour certains personnages ... comme le fils ou Milla, dommage.
Un film poignant, puissant, sur le thème du viol. Les inconditionnels de Charlotte GAINSBOURG, sublime, apprécieront, la prestation des acteurs se révélant à la hauteur. Outre les quelques longueurs, l'ensemble ne devrait pas vous laisser indifférent car Yvan ATTAL, à défaut "d'un film-détente", vous propose ici "un Parole contre Parole" méticuleusement disséqué...
Ce film est remarquable en cela qu'il met bien en évidence l'exercice de la domination de la classe bourgeoise et son expression naturelle épisodique dans le domaine sexuel. Le viol. La domination est perçue comme naturelle, quasi de droit divin. Qu'on puisse porter plainte, se rebeller, passe pour un acte disproportionné, voire scandaleux. Les témoignages des parents, le réquisitoire du procureur sont édifiants. Il y a deux sortes de gens. Ceux dont la vie a une valeur, qu'on se doit de protéger dans un entre-soi de classe. Et ceux qui subissent, auprès de qui on s'excuse facilement (tout le monde fait des erreurs, n'est-ce pas ?) et qu'on tente de dédommager avec de l'argent. Ca ne donne pas un grand film d'auteur. On se rapproche plus du documentaire. C'est une oeuvre juste, sensible, utile, nécessaire.