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Gérard Delteil
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2,0
Publiée le 23 octobre 2022
Aucune idée un peu originale et une fin très mauvaise. Certes, Melany Doutey et Benoît Poelvoorde jouent très juste, sauf dans quelques scènes finales, mais Galatéa Bellugi n'a pas la présence et la subtilité qui pourrait donner de la crédibilité à son personnage. Résultat médiocre, avec en prime quelques longueurs ennuyeuses.
Même si l'on comprend assez rapidement ce qu'il va se passer et pourquoi, "inexorable" reste un bon thriller à huit-clos, doté d'une photographie et d'une bande son (autant au niveau du pur travail sur l'ambiance sonore vivante qu'à celui de la composition de la musique originale) qui s'unissent remarquablement bien au scénario et n'ont rien à envier, en terme de qualité, au brillant jeu des acteurs.
Finalement, pour parvenir à 4/5, il ne manquait finalement que davantage de subtilité dans le scénario. Peut-être l'allonger un peu aurait suffi à densifier ce qu'il a d'inexorable, justement ? Peut-être le rendre moins prévisible, aussi, certainement.
En tout cas, on ne s'ennuie pas, et si le film ne révolutionne pas le genre et qu'il sera oublié assez rapidement, la réalisation est à saluer et ce genre de cinéma français à encourager.
S’il va chercher son inspiration dans un peu trop d’endroits familiers pour rester vraiment original, ‘Inexorable’ a d’autres arguments à faire valoir. C’est vrai, le concept de la jeune femme, en apparence bien sous tous rapports mais au passé inconnu, qui s’infiltre au sein d’une famille bourgeoise n’a rien d’inédit. Même s’il reste tout à fait fonctionnel, le scénario, au confluent de ‘Liaison fatale’, ‘La main sur le berceau’ ou même ‘Un homme parfait’ de Yann Gozlan, ne ménagera pas de grandes surprises à ceux qui ont déjà vu les films en question. Ce qui permet à ‘Inexorable’ de se hisser un peu au-dessus la masse des Thrillers francophones, c’est son exécution, elle aussi sous influence mais des influences suffisamment maîtrisées pour doter le film d’un authentique impact visuel, là où beaucoup de Thrillers hexagonaux restent encore engoncés dans les codes du cinéma “réaliste”, et établir une atmosphère qui porte, au point de faire d’un manoir chabrolien une sorte de maison hantée à la géographie incertaine. L’autre atout du film, ce sont ses acteurs et actrices, spécifiquement Alba Gaïa Bellugi, sorte de jeune Charlotte Gainsbourg psycho et Benoît Poelvoorde, dans un rôle notoirement à contre-courant de ses partitions habituelles, peut-être même le one-shot de toute une carrière. Et puis, il y a ces scènes qui, bien positionnées, marquent suffisamment pour empêcher le film de sombrer dans le flou mémoriel. Ici, c’est l’anniversaire de la petite fille, une vingtaine de minutes avant la fin : cette scène est courte, elle n’est pas indispensable, elle est même plus incongrue que vraiment dérangeante mais grâce à elle, ‘Inexorable’ sera toujours, au minimum, “Ah oui, ce film avec l’anniversaire de la gamine”. Bref, ‘Inexorable’, si vous êtes amateurs de Thrillers et même de Thrillers déguisés en dramas qualité française, vous l’avez certainement déjà vu par le passé…mais probablement pas de cette manière là.
Film qui met en scène un univers bourgeois et feutré, celui d'un château où habite un couple travaillant dans la littérature, avec leur fille... Mais bientôt l'intromission d'un chien, et surtout d'une jeune femme dont on ignore les intentions, va tout chambouler. Y a de quoi être intrigué un long moment, ce qui maintient pas mal le suspens, mais avant d'être assez déçu par le dénouement, qui selon moi ressemble à une sorte de film d'horreur mal monté et hystérique. Du reste tout n'est pas très clair, il manque des explications. On a un peu l'impression de rester sur sa faim.
Un film qui n'est pas mal au début mais on déchante très vite à suivre l' improbable évolution d'un ménage à trois formé par un écrivain dépressif, son épouse, riche héritière qui n'a pas reçu la finesse en partage et une inconnue plutôt glauque et accessoirement cannibale qui s'incruste sous un prétexte fallacieux dans le manoir familial. Le tout assorti d'une insupportable bande-son, qui, faute d'instiller quelque frisson d'horreur dans ce pur navet, détruit les trompes d'Eustache du spectateur!
Inexorable assemble différents univers chers au cinéma de genre et au thriller, du trouble identitaire d’une jeune femme à l’invasion d’une famille par le remplacement des figures féminines qui la composent, tout en s’inscrivant dans une veine sociale qui ressemble au geste d’un Claude Chabrol avec La Cérémonie (1995) : on pense bien évidemment à L’Origine du mal (Sébastien Marnier), sorti la même année et présentant la même relation ambigüe entre père et fille, à Misery (Rob Reiner, 1990) avec la fascination d’une lectrice pour l’auteur de son roman de chevet, à Gone Girl (David Fincher, 2014) pour l’insaisissabilité de celle-ci, à Esther (Jaume Collet-Serra, 2009) pour l’idée d’un monstre tapi sous les traits d’un ange blessé. Le souci, c’est qu’il ne dépasse jamais ces références, n’ouvre pas son récit vers un ailleurs permettant aux genres de fusionner et de se réinventer. Scolaire, le film de Fabrice du Welz demeure très sage et trop lisible : sa mise en scène reproduit des plans déjà vus, à l’instar du cliché de la cage d’escalier captée d’un point de vue zénithal suivant un mouvement circulaire… Chaque figure n’existe pas en elle-même mais pour signifier à un moment donné : l’adoption du chien, aussi blanc que l’innocence, ne laisse aucun spectateur dans l’ignorance de ce qu’il adviendra. Les comédiens s’avèrent convaincants mais ne disposent pas d’un espace de jeu suffisant pour explorer et ainsi révéler la complexité nécessaire, quoiqu’ici simplifiée, de leurs personnages. La clausule en forme despoiler: châtiment général témoigne une fois encore de la fascination du réalisateur pour la déchéance humaine, qu’il regarde et représente depuis des hauteurs démiurgiques.
Une jeune fille qui semble mué par d'étranges desseins débarque dans une famille fortunée du milieu littéraire. Et les belles feuilles où le pouvoir de l'argent ne l'empêcheront pas d'imploser. Un thriller implacable, avec parfois une belle colorimétrie empruntant au Giallo et une scène d'anniversaire d'enfant très perturbante mais au service d'un film au déroulement plutôt convenu. C'est bien mais ça aurait pu être encore mieux.
J'ai mis 3 parce que je trouve les acteurs excellents, on leur demande de ces trucs dans ce scénario !! Donc chapeau bas en particulier à Benoît Poelvoorde...
Histoire plutôt intéressante mais scénario mal maîtrisé, à mon avis. La bande son est effroyable, bruyante et dissonante. C’est elle qui rythme le suspense, parce que les dialogues et l’ambiance malsaine peinent à le faire. C’est dommage car les acteurs, Mélanie Doutet, Benoït Poelevoorde et la jeune A.G. Bellugi, sont bons. Et cette AG Bellugi peut avoir bon espoir d’être retenue pour un prochain film de vampires, tant elle a les dents aiguisées. On se plaît à imaginer un scénario et une mise en scène à la Chabrol avec une telle histoire...
Navet au royaume des légumes, ce petit film n’a rien pour lui, qu’il s’agisse du scénario tellement prévisible et sans aucune surprise, du décors exubérant, outrancier, inutile. Ce couple si peu crédible qui s’entiche de cette fille qui débarque de nulle part et qui fait partie de la famille en deux temps trois mouvements, des postures invraisemblables et des scènes intimes totalement fécondes. Et dire que les critiques lui trouve une filiation Chabrolienne, je me gausse.
Quelques étoiles pour les cadrages, lumière, et un peu de mise en scène, mais franchement... Trame narrative archi revue, même si le scénario révèle sa petite surprise finale en demi-teinte. C'est maigre pour 1h40 de film. Bon, les acteurs jouent plutôt bien. Mais c'est cliché : l'éternelle scène de combat violent pour conclure l'histoire, et une scène de danse "choc", car oui, toute oeuvrette du cinéma contemporain possède une scène de danse et une scène d'amour. Cette dernière, dans la chambre du couple cherche le réalisme, on prend note. Mais on reste dans le connu et rabattu. De beaux décors, Poelvoorde et Mélanie Doutey, on va dire que c'est déjà ça.