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Un visiteur
4,0
Publiée le 21 janvier 2013
Troisième film d'Almodovar, et troisième quatre étoiles. Autant dire que ce cinéaste est très convaincant. Parle avec elle, est une histoire d'amour un peu morbide, parlant de la mort et d'un certain côté de nécrophilie. On retrouve des personnages assez inhabituels par rapport à ses autres films. Ici, certes il y a deux femmes qui jouent les rôles principaux, mais aussi deux hommes, qui le film sous-entend un amour homosexuel, ont perdu leur amour dans un coma, et leur parle à longueur de journée. La chronologie inversée ou mélangée est aussi un nouvel élément. Et le court-métrage en noir et blanc, nous montre l'amour pour le cinéma et pour la femme. Par contre, on peut se sentir exclu de cette histoire car les protagonistes gardent un peu leur distance. Mais en oubliant ce détail, on tombe dans une belle histoire, espagnole et originale.
Un film très intéressant même si on ne se jette pas tout de suite dedans. La portée dramatique du sujet n’empêche pas d’apporter un peu d’humour parfois. On suit avec intérêt l’histoire de ces différents personnages, même s’il existe certains personnages auxquels on ne s’attache pas. Benigno joue parfaitement la perversion innocente, tandis que Marco préfère l’amitié cachée. Un film qui séduit par sa douceur et ses émotions qu’il libère.
Le film tarde un peu à démarrer. Au début, le temps d'apprendre les personnages, la lenteur prise et paraît lourde. Mais lors de la seconde partie du film ( lorsque Benigno est accusé ) tout prend vie et forme. L'information mortelle m'a tiré des larmes comme je n'avais plus autant pleurer depuis longtemps ( depuis "Collision" ). Cette émotion est dû au génie du réalisteur. "Parle avec elle" est le premier film que je vois d'Almodovar. Cet homme dévoile toute l'humanité de ses personnages : ce ne sont pas des machines capables d'exploits herculéens, ce ne sont que des êtres sensibles. Personne ne peut supporter plus qu'il en est capable. Almodovar tire sa force du réalisme de ses personnages et c'est ça qui est extraordinaire. Nous avons de plus en plus l'occasion de voir des situations abracadabrantesques au cinéma, ce film apparaît donc comme un grand bol d'air frais. Alomodovar ne prend pas la place de juge derrière sa caméra, il montre simplement les choses sans les accuser ( ex : le viol ). Tout est beau dans son film, pas beau dans le sens esthétique mais beau dans le sens empli d'humanité, doux et émouvant. Les acteurs, particuliérment Javier Camara et Dario Grandinetti, sont geniaux de naturel. Le cinéma hispanique, parfois languissant et morne, se dore sous Almodovar des couleurs de l'Espagne, couleurs pleine de chaleur et d'amour partagés. "Parle avec elle" est un film émouvant où le Féminin, qu'il soit en la femme ou en l'homme, est sujet aux plus belles choses que l'Humain soit capable.
Ce n'est que mon deuxième Almodovar , mais je peux déja dire que c'est un immense réalisateur . Parle avec elle est un très très beau film , riche en émotion . Les personnages de benigno et Marco sont terriblements attachants , et Almodovar arrive à dépeindre avec une richesse incroyable les sentiments et les émotions . Pour une fois , les personnages principaux de l'un de ces films sont masculins , mais cela ne diminue en rien l'intensité du récit . Car c'est une très belle histoire , racontée en jouant avec le temps , sur différentes époques , un peu comme Sergio Leone l'a fait pour "il était une fois en amérique " . Les acteurs sont tous exellents , en particulier Javier Camara et Dario Grandinetti . Almodovar arrive aussi à intégrer plusieurs arts qui viennent embellir sonf film (chanson , chorégraphie ,...). Un nouveau petit bijou signé du grand réalisateur espagnol !
Pedro Almodovar a une imagination fertile et originale .Au fil de ce film , il nous conte plusieurs histoires intriquées où l' incommunication règne naturellement. Comme un tisserand, Pedro Almodovar nous plonge dans deux niveaux de sensations émotionnelles. Le premier niveau est issu du scénario , particulièrement valorisé par le récit filmé . Le second niveau révèle notre degré de sérénité face aux péripéties, implicites et explicites, développées et qui posent quelques questions essentielles et fondamentales que je vous laisse deviner puis méditer .......... De nombreuses ellipses nous placent face à notre miroir mental , compte tenu des circonstances traitées dans cette œuvre cinématographique irréductible mais tellement humaniste. Juger est si aisé. Comprendre est tellement plus ardu . Merci pour la lecture. Bien à vous. Gérard Michel
Inférieur à tout sur ma mère , il n'en reste pas moins un grand cru bichonné dans les vignes almodovariennes, aisément identifiable. Une nouvelle réussite .
D'une complexité assez folle, ce film est pourtant magnifique. Un scénario originale, des acteurs excellents, des personnages bien imaginés, et une musique qui donne les larmes aux yeux. Moins bien que Volver, mais excellent quand même.
Pedro est dans une bonne veine. Et quand il est dans cet état, il ne craint rien, il prend des risques, retombe sur ses pieds, et nous séduit toujours. Film curieux, sensuel, poétique et mortifère à la fois, un peu mélo mais pas trop, avec un soupçon de perversité, on aime quand c’est aussi intelligemment mené, et original, toujours. Le talent de rester entre rêve éveillé et phantasme, sans être mou ou gnan gnan. Même quand il nous parle du coma d’une femme jeune et belle, il arrive à rester léger, et ne jamais perdre le rythme, soutenu, variation sur la belle au bois dormant version adultes. Et pourtant l’histoire est abracadabrantesque, et on marche quand même. Avec quelques apparitions de luxe, (Pina Bauch, Caetano Veloso, Géraldine Chaplin). Pedro, maître dans l’art de la séduction, sans aucun doute, sans se départir de son humour parfois grave mais jamais triste ou glauque. Pedro qui filme les actrices comme pas un. Tout est dit depuis la première scène avec ce trio qui joue et danse à la fois, et l’homme sert de pivot aux deux femmes, libres et sans entraves. Beau ce Pedro, et on peut le regarder sans qu’il perde ni son charme, ni sa poésie. Après ça on va dire pourquoi il ne donne pas 5. Je ne peux pas donner 5 à tous les films de Pedro quand même, on va m’accuser de favoritisme.
En attendant "Dolor y Gloria", le dernier Almodovar qui sera présenté ce vendredi au festival de cannes avec sortie simultanée en salles, ARTE a organisé la semaine dernière un cycle Almodovar. J'ai pu, pour mon plus grand bonheur, redécouvrir "Hable con ella", un de mes premiers coups de coeur almodovaresques. Ce bijou sorti en 2002, est une sorte de thriller sentimental et une fable moderne sur la complexité de l'attachement humain, bien représentative de l'univers poétique et esthétisé de Pedro. Le personnage de Benigno, l'infirmier amoureux joué par Javier Camara me bouleverse (à chaque fois). Mention spéciale aussi à la musique vertigineuse de Alberto Iglesias (qui a collaboré sur presque toute la filmographie de Almodovar). En somme, que de bonnes raisons pour (re)voir ce film si ce n'est déjà fait :)
"Parle avec elle", ou ce qui résulte du croisement hasardeux de quatre personnages différents, passionnés, fous, comme tous ces êtres qui nous fascinent tant chez le réalisateur espagnol. Almodovar nous transmet et partage ici son amour pour l'art en tout genre, qui ne fait que relever son propos fulgurant mais surtout universel, par les sujets qu'il touche que sont le désir, les sentiments, la convoitise ... Mais "Parle avec elle", en plus de parler de ces deux vastes histoires d'amour finit par se doubler d'une histoire d'amitié puissante et terrible à la fois, d'une puissance rarement égalée au cinéma. C'est avec ce type de destins croisés que ce film nous subjugue, là est tout la beauté et la complexité de ce merveilleux scénario de la main du Pedro Almodovar touchant que l'on connait depuis plusieurs années désormais. De manière plus évidente, ce film parle de l'isolement par le coma et d'une relation qui se transforme progressivement en un long soliloque. Néanmoins, on peut reprocher à Almodovar un certain manque de virulence et d'âpreté dans sa trame, parfois lente, sans être lassante ou soporifique ... Il n'en demeure pas moins que ce film demeure un formidable film, autre pièce maîtresse dans la carrière de ce grand bonhomme du cinéma.
Avec "Hable con ella", Almodovar met en oeuvre tout son immense talent pour offrir un métrage riche et intense. Le film dégage une intensité folle qui emporté le spectateur du début à la fin. Leréalisateur force le spectateur à assister à toute la perversion de l'Homme avec une finesse incroyable. Hable con elle est un immense film qui prend le spectateur aux tripes et ne peut laisser personne indifférent.