Note moyenne
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ce film ne se livre pas facilement ! Le spectateur est baladé dan un monde étrange au milieu d'histoires qui se croisent parfois, mais pas toujours et il faut attendre la dernière demi-heure pour avoir la clé (c'est le cas de le dire) de décodage partiel, car même après que mot END, il reste beaucoup de mystères non résolus.. Avec ce film David Lynch s'adresse soit à des génies du décodage de scénario tordu, soit à des cinéphiles avertis, soit à des spectateurs ordinaires prêts à aller revoir le film au moins 2 fois pour tout comprendre; Qui est vraiment qui ? où est le rêve ? où est la réalité ?voilà les questions à résoudre.
il reste, quoi qu'il en soit des acteurs épatants, une mise en scène soignée et une frustration d'être passé à côté de quelque chose d'énorme qu'on n'a pas su saisir..
2ème vison dix ans après, toujours séduit par la mise en scène et la narration si particulière, le film se décante un peu et un embryon d'explication à défaut de logique s'en dégage. A revoir une troisième fois sans délai, en ayant la dernière partie en mémoire et avec l'idée qu'au fond, tout ce qui est étrange et non élucidé, y a quand même nécessairement sa place
3ème vison, 5 ans ont passé, j'avais un peu oublié la trame. Mais j'ai progressé dans la reconstruction du puzzle en comprenant certaines choses qui m'aveint échappées ( le rêve du visiteur du bar, l'action du tueur). Il me manque encore des morceaux ( le mec au chapeau la nuit dans le désert, le vieillard handicapé sur son fauteuil, la boite bleue..)
Décidément, ce film est un labyrinthe dans lequel on continue à se perdre, même quand on en est sorti !
Suite après la 4 ème projection ...
il reste, quoi qu'il en soit des acteurs épatants, une mise en scène soignée et une frustration d'être passé à côté de quelque chose d'énorme qu'on n'a pas su saisir..
2ème vison dix ans après, toujours séduit par la mise en scène et la narration si particulière, le film se décante un peu et un embryon d'explication à défaut de logique s'en dégage. A revoir une troisième fois sans délai, en ayant la dernière partie en mémoire et avec l'idée qu'au fond, tout ce qui est étrange et non élucidé, y a quand même nécessairement sa place
3ème vison, 5 ans ont passé, j'avais un peu oublié la trame. Mais j'ai progressé dans la reconstruction du puzzle en comprenant certaines choses qui m'aveint échappées ( le rêve du visiteur du bar, l'action du tueur). Il me manque encore des morceaux ( le mec au chapeau la nuit dans le désert, le vieillard handicapé sur son fauteuil, la boite bleue..)
Décidément, ce film est un labyrinthe dans lequel on continue à se perdre, même quand on en est sorti !
Suite après la 4 ème projection ...
Film encensé par la critique...d'une nullité sans nom !
Le réalisateur a filmé sans doute ses fantasmes, 2 femmes qui se mangent la bouche et se tripotent les seins en gros plan, la scène de la masturbation à quoi sert elle...pour l'époque on imagine la nouveauté, sans doute du jamais vu ? Mais quand même, voir 2 mini personnages, personnes âgés au final avec des sourires louches, ou coincés sous la porte !?!
Sans doute après avoir ingéré des substances illicites ce film devient un chef d'oeuvre...
Mais quel ennui, lenteur, des plans qui n'en finissent plus avec des femmes lèvres entre ouvertes , rouge à lèvres pimpants avec la larme à l'oeil ? Nanard de seconde zone, on a bien rigolé surtout les scènes de fin avec enchaînements bâclés et les 2 miniatures de personnages collés sur l'image ..cela a mal vieilli..
ne pas perdre plus de 2h30 pour cela, une sortie restaurant est beaucoup mieux :-)
Le réalisateur a filmé sans doute ses fantasmes, 2 femmes qui se mangent la bouche et se tripotent les seins en gros plan, la scène de la masturbation à quoi sert elle...pour l'époque on imagine la nouveauté, sans doute du jamais vu ? Mais quand même, voir 2 mini personnages, personnes âgés au final avec des sourires louches, ou coincés sous la porte !?!
Sans doute après avoir ingéré des substances illicites ce film devient un chef d'oeuvre...
Mais quel ennui, lenteur, des plans qui n'en finissent plus avec des femmes lèvres entre ouvertes , rouge à lèvres pimpants avec la larme à l'oeil ? Nanard de seconde zone, on a bien rigolé surtout les scènes de fin avec enchaînements bâclés et les 2 miniatures de personnages collés sur l'image ..cela a mal vieilli..
ne pas perdre plus de 2h30 pour cela, une sortie restaurant est beaucoup mieux :-)
Un film pas terrible car vraiment très spécial.
L'histoire est particulière et Naomi Watts et Laura Harring sont par contre convaincantes.
Tous les autres acteurs sont corrects et les images sont satisfaisantes.
Les décors sont bien et l'ambiance est en revanche des plus mystérieuse et malheureusement vite lassante.
Les musiques sont par contre bien composées et le suspense est en revanche très intrigant avec des rebondissements difficilement compréhensibles.
Un film donc compliqué dans une atmosphère absolument très bizarre et même difficile à décrire, personnellement je ne suis pas convaincu.
L'histoire est particulière et Naomi Watts et Laura Harring sont par contre convaincantes.
Tous les autres acteurs sont corrects et les images sont satisfaisantes.
Les décors sont bien et l'ambiance est en revanche des plus mystérieuse et malheureusement vite lassante.
Les musiques sont par contre bien composées et le suspense est en revanche très intrigant avec des rebondissements difficilement compréhensibles.
Un film donc compliqué dans une atmosphère absolument très bizarre et même difficile à décrire, personnellement je ne suis pas convaincu.
Film prétentieux, assez mauvais à mon goût, reste le jeu des actrices, notamment Watts. Difficile de renouveler la qualité d’Elephant man, mon sentiment qui semble partagé reste que certains portent ce film aux nues par snobisme ou pour suivre le troupeau Lynch. Il fera bien bien pire après avec Dune, apogée de sa prétention et de son égocentrisme manifeste, qui, je l’avoue m’a fait mourrir de rires durant les 30 premières minutes puis d’ennui, l’apogée de la nullité de ce film restera la chevauchée des vers des sables. J’avoue rester dubitatif sur l’admiration portée à son œuvre cinématographique par certains, peut être la consommation commune de substances illicites.
Dieu que c'est long mais ça vaut le coup pour apprécier jusqu'au Lynch est capable de se moquer du spectateur avec ses délires - si au moins c'était drôle mais non, ça fouraille dans tous les méandres de la psychiatrie analytique - ennuyeux, prétentieux et fat !
Film sans intérêt sauf si vous aimez perdre votre temps. Ce film sans queue ni tête, est incompréhensible, sauf avec quelques grammes dans le sang. Même si les films n'ont pas forcément besoin de dénouement à la fin pour être bons, là c'est tout l'inverse d'un dénouement. Vide et creux, je ne comprends pas comment ce film a pu atteindre une si bonne note. Du même type que "a beautiful day", c'est juste un film qui est surcôté.
Long, pénible, inutile, insupportable. Je vais partie des personnes qui ont cru à l'arnaque de ce supposé chef d'œuvre de Lynch vendu comme un film à suspens prenant.
De longues scènes interminables mêlées à des actions de personnages indépendants, une fin incompréhensible malgré un jeu très bon des deux actrices.
Passez votre chemin et faites vous plutôt une bonne comédie française, vous ferez moins surchauffer vos neurones qu'avec cet acharnement psychologique de plus de deux heures.
De longues scènes interminables mêlées à des actions de personnages indépendants, une fin incompréhensible malgré un jeu très bon des deux actrices.
Passez votre chemin et faites vous plutôt une bonne comédie française, vous ferez moins surchauffer vos neurones qu'avec cet acharnement psychologique de plus de deux heures.
Sans queue ni tête, un film ennuyeux dont l'histoire ne tient pas debout, et
pour le prix du scénario, franchement on repassera ! On retrouve tous les snobismes de ces films primés à Cannes ! Je me suis ennuyé pendant tout le film. Un désastre du film intelllectuello-snobinard cher à la gauche caviar.
pour le prix du scénario, franchement on repassera ! On retrouve tous les snobismes de ces films primés à Cannes ! Je me suis ennuyé pendant tout le film. Un désastre du film intelllectuello-snobinard cher à la gauche caviar.
J'imagine que c'est le genre de film qu'on peut détester ou adorer, pour les mêmes raisons : l'ambiance et l'histoire tellement perchées. D'habitude, je n'aime pas les excès. Là, j'adore. Sans doute à cause de la réalisation parfaite et de ce film qui est plus qu'un film, une expérience.
Une imposture que ce film, on se laisse embarquer dans une intrigue soi-disant policière mais que nenni, on perd son temps en vérité puisque Linch n'a pas le courage de trouver une issue cohérente à son propos initial, ce n'est que du vide, le néant. Par contre il se complait à nous montrer une homosexuelle qui fleurte avec une fille un peu pommée. C'est long, ennuyeux et finalement prétentieux et très sophistiqué. À fuir !
Eh bien j'arrête après 1h15. Cette succession de saynètes plus ou moins bizarres ne fait pas un film. Et il ne suffit pas que ce soit "complexe" pour que ce soit "intello". Ce film fait beaucoup de tort aux films intellos, justement. Rasoir au possible, simplement.
Nul, pas d'autres mots à rajouter! on commence par une enquête, et on fini par une marmelades de choses incompréhensibles.
Je vois ce soir un film de David Lynch, Mulholland Drive qui m’a beaucoup déçu ; assez long avec près de deux heures et demi, il y a comme deux parties dans le montage sans que cela soit réellement voulu ? Pendant une première heure, on croit assister à un thriller de bonne facture avec toute une série de personnages qui se mettent en place dans des situations qui maintiennent l’attention du spectateur comme moi, séduit par les mouvements de caméra si typiques, mouvements lents comme s’il y avait un narrateur qui suivrait l’histoire sur un tapis volant. Il faut dire que cette première partie est littéralement éclaboussée par le charme et le talent de Naomi Watts absolument époustouflante. Il y a même une sorte de mise en abyme lorsqu’elle passe une audition pour jouer dans un prochain film à Hollywood. C’est assez nerveux, c’est attirant, on a envie d’y croire. Mais ensuite, les choses dérapent complètement, ou justement pas complètement. Si au moins, nous versions dans le loufoque, ce serait le choix du réalisateur, mais même pas. L’histoire ne se noue à aucun moment, les scènes deviennent décousues avec des renvois à la première partie mais aucune explication. A nous de les trouver, sauf qu’elles n’existent pas. Les actrices deviennent d’ailleurs mauvaises ou insignifiantes, c’est affligeant comme si David Lynch avait décidé de saborder son film, de casser son jouer, d’arrêter de travailler. C’est à la limite de l’idiotie et laisse perplexe ; de nouveau il aurait pu faire tomber son film dans l’absurde, la loufoquerie ; cela aurait troublé le spectateur qui s’attendait à un thriller, mais cela aurait pu être un effet de style d’un enfant gâté. Même pas ! Deux heures et demi cela devient long surtout vers la fin !
Los Angeles, la nuit. Une voiture remonte Mulholland drive. La musique entêtante d’Angelo Badalamenti accompagne sa progression. Cette séquence sera reproduite à l’identique au cours du film, lors de deux périodes cruciales. La cité des anges est un lieu bien réel, mais c’est aussi un point de convergence de tous les fantasmes. En contre-pied des méthodes de narration traditionnelles, la première séquence sera celle du rêve pendant que la seconde apportera un correctif en dévoilant la vérité sur ce qu’il s’est réellement passé. « Mulholland Drive » est un puzzle qui invite à être reconstitué. Appliquons nous à cette tâche.
Au cours de sa fructueuse carrière, David Lynch s’est échiné à dévoiler l’envers de « l’American way of life », à déterrer ce qui est dissimulé sous la conscience dans « Eraserhead », sous la béatitude morale dans « Blue Velvet », sous les strass et paillettes de l’industrie du rêve dans « Mulholland Drive ». Pour satisfaire à cette exigence, David Lynch utilise ici la figure de la provinciale rêveuse qui débarque à Los Angeles dans le but de devenir actrice. Forte d’un prix gagné lors d’un concours de danse (le tout premier plan du film) et de l’héritage d’une tante décédée, Diane, l’héroïne, découvre la cité de tous les possibles avec la candeur d’une enfant. Toutefois, les collines ensoleillées, les routes clairsemées de palmiers et les villas luxueuses masquent un réel bien moins reluisant. Les auditions de Diane ne sont pas concluantes. Pire, elle ne parvient à obtenir que des petits rôles par l’entremise de son amante Camilla. Cette dernière obtient en revanche un rôle phare que convoitait Diane. À Hollywood, la chance et le talent ne suffisent pas. Camilla obtient le rôle grâce à la pression des financeurs sur le réalisateur. Ce mécanisme reste inchangé dans le monde fantasmé, nous le verrons un peu plus tard. Au grand désespoir de Diane, son idylle avec Camilla est de courte durée. En effet, Camilla s’éprend du réalisateur au cours du tournage. Après la remontée de Mulholland drive en voiture, celle dite réelle, Camilla met en scène l’humiliation de Diane au cours d’une fastueuse réception. À Hollywood, la cruauté n’est pas étrangère au milieu des privilégiés de l’industrie du divertissement. Il y règne un entre-soi qui se ressent jusque dans les arcanes des procédures d’audition.
Dans la chronologie du film, cette humiliation intervient vers la fin, mais il s’agit de la scène fondamentale où chaque segment s’emboîte. Au sein de cette réception, les invités sont détournés pour alimenter le fantasme de Diane. Après ce cuisant affront, Diane mandate un tueur pour se venger de Camilla. Une mystérieuse clé bleue déposée par le tueur officialise la bonne exécution du crime. Cette clé est le MacGuffin du film, nous la trouvons posée sur la table du salon de Diane, preuve de la mort de Camilla, et sous une forme différente dans la séquence rêvée. Associée à la figure d’une mystérieuse sorcière, elle symbolise la culpabilité de Diane. Cette culpabilité pousse Diane vers l’autodestruction. La prise immodérée de médicaments guide Diane vers un suicide brutal. C’est la fin du film avec l’image de la ville superposées aux visages de Diane et Camilla, ses enfants sacrifiés.
Mais peu avant cela, Diane délire, s’enfonce dans ses draps pourpres et rêve d’une alternative. Ce rêve se déroule au cours des 110 premières minutes du film, soit la durée du pilote de la série que devait initialement être « Mulholland Drive ». L’alternative fantasmée est une réécriture du destin de Diane depuis son arrivée à Los Angeles. Désormais, elle s’identifie au nom de Betty, une serveuse rencontrée dans son quartier. Nous découvrons Betty/Diane à la sortie de l’aéroport. Il s’agit du rêve, mais cette arrivée ne doit pas différer foncièrement de la réalité. Comme dans « Blue Velvet », il y a toujours un élément qui détonne au sein de cette atmosphère radieuse. Un thème musical inquiétant accompagne les sourires excessivement forcés de deux personnes rencontrées. Plus qu’une bonne humeur communicatrice, ces sourires provoquent l’effroi. La découverte de l’appartement de la tante, bien vivante au sein de cette alternative, s’effectue avec cette même candeur d’enfant. La cité des anges ressemble à un monde merveilleux à l’instar de celui décrit dans le « Magicien d’Oz », un des films de chevet de Lynch.
En parallèle, nous assistons à l’autre remontée nocturne sur Mulholland Drive. La scène est identique, mais cette fois-ci, la voiture n’est pas occupée par Diane. Dans le rêve, Camilla échappe de peu à une tentative d’assassinat, puis trouve refuge chez Betty. David Lynch pose ainsi les bases du Néo-Noir. À un croisement, nous apercevons le panneau de Sunset boulevard. Plus qu’un simple hommage au film éponyme, nous pouvons établir une filiation avec l’œuvre de Billy Wilder dans la mesure où les deux films séparés de 50 années décrivent les mêmes destins brisés de l’industrie cinématographique. Un premier élément de suspicion accompagne la rencontre entre Betty et son amante. En effet, cette dernière apparaît quelques instants après que Betty s’est contemplée dans un miroir. Ce miroir renvoi aux thèmes de la double identité et de l’introspection. Amnésique, l’amante prend le nom de Rita en référence à la plus célèbre des femmes fatales Hollywoodiennes Rita Hayworth et plus généralement en hommage aux films noirs des années 40.
À Los Angeles, tout est radieux, mais le climat est lourd. C’est dans ce contexte que Betty détourne les échecs de Diane en une revanche. Au cœur du rêve, Betty est une actrice talentueuse qui épate son monde dès la première audition ; le meurtrier méthodique de Camilla éprouve toutes les peines à se sortir d’un engrenage burlesque ; le réalisateur n’a aucune prise sur son film et sur sa vie personnelle.
Toutefois, le fantasme n’est qu’une réécriture du réel. Certains mécanismes restent inchangés.
La pression des financeurs sur les créateurs est la même. Seuls les physionomies et les comportements changent (les maîtres de la villes sont un nain difforme et un cowboy philosophe). Le rêve n’a prise sur le réel que pendant un certain temps. La résolution de l’enquête sur l’amnésie de Rita met Betty face au propre cadavre de Diane.
Mais Betty rejette ce premier constat et prend la fuite. L’enquête menait à une impasse. Le seul recours de Betty pour exister est de fusionner avec Rita pour demeurer éternellement à ses côtés. Cette fusion est physique lors d’un acte sexuel, mais aussi mentale, car Rita prend les traits de Betty à l’aide d’une perruque blonde. Évoquant le « Persona » de Bergman, un plan rapproché sur les deux héroïnes en reflet d’un miroir met en perspective ce nouveau trouble identitaire.
Toutefois, cette illusion est rapidement démasquée par le réel.
Un magicien, c’est-à-dire celui qui habituellement transforme le réel en illusion fait l’exact inverse lors de la scène pivot du film, l’instant où Diane ne peut plus assumer les traits cumulés de Betty et de Rita. Dans la réalité, la boîte de Pandore symbolise une ouverture vers le monde des possibles. Inversement, dans le fantasme, ouvrir la boîte de Pandore équivaut à un dur retour à la réalité. C’est la fin de la séquence rêvée.
Ce n’est pas un hasard si le passage entre les mondes s’opère par l’intermédiaire de la clé bleue, l’objet de la culpabilité.
Betty, Rita et les autres ont complètement disparus. Diane doit composer avec ses propres actes. Désormais, seuls les monstres s’échappent de la boîte de Pandore. Un coup de feu met fin aux démons de Diane comme à ses espoirs.
Pourvoyeuse de rêves, la cité des anges ne peut rien quand le réel la rattrape. Pour arriver au sommet, il faut enjamber quelques cadavres.
Au cours de sa fructueuse carrière, David Lynch s’est échiné à dévoiler l’envers de « l’American way of life », à déterrer ce qui est dissimulé sous la conscience dans « Eraserhead », sous la béatitude morale dans « Blue Velvet », sous les strass et paillettes de l’industrie du rêve dans « Mulholland Drive ». Pour satisfaire à cette exigence, David Lynch utilise ici la figure de la provinciale rêveuse qui débarque à Los Angeles dans le but de devenir actrice. Forte d’un prix gagné lors d’un concours de danse (le tout premier plan du film) et de l’héritage d’une tante décédée, Diane, l’héroïne, découvre la cité de tous les possibles avec la candeur d’une enfant. Toutefois, les collines ensoleillées, les routes clairsemées de palmiers et les villas luxueuses masquent un réel bien moins reluisant. Les auditions de Diane ne sont pas concluantes. Pire, elle ne parvient à obtenir que des petits rôles par l’entremise de son amante Camilla. Cette dernière obtient en revanche un rôle phare que convoitait Diane. À Hollywood, la chance et le talent ne suffisent pas. Camilla obtient le rôle grâce à la pression des financeurs sur le réalisateur. Ce mécanisme reste inchangé dans le monde fantasmé, nous le verrons un peu plus tard. Au grand désespoir de Diane, son idylle avec Camilla est de courte durée. En effet, Camilla s’éprend du réalisateur au cours du tournage. Après la remontée de Mulholland drive en voiture, celle dite réelle, Camilla met en scène l’humiliation de Diane au cours d’une fastueuse réception. À Hollywood, la cruauté n’est pas étrangère au milieu des privilégiés de l’industrie du divertissement. Il y règne un entre-soi qui se ressent jusque dans les arcanes des procédures d’audition.
Dans la chronologie du film, cette humiliation intervient vers la fin, mais il s’agit de la scène fondamentale où chaque segment s’emboîte. Au sein de cette réception, les invités sont détournés pour alimenter le fantasme de Diane. Après ce cuisant affront, Diane mandate un tueur pour se venger de Camilla. Une mystérieuse clé bleue déposée par le tueur officialise la bonne exécution du crime. Cette clé est le MacGuffin du film, nous la trouvons posée sur la table du salon de Diane, preuve de la mort de Camilla, et sous une forme différente dans la séquence rêvée. Associée à la figure d’une mystérieuse sorcière, elle symbolise la culpabilité de Diane. Cette culpabilité pousse Diane vers l’autodestruction. La prise immodérée de médicaments guide Diane vers un suicide brutal. C’est la fin du film avec l’image de la ville superposées aux visages de Diane et Camilla, ses enfants sacrifiés.
Mais peu avant cela, Diane délire, s’enfonce dans ses draps pourpres et rêve d’une alternative. Ce rêve se déroule au cours des 110 premières minutes du film, soit la durée du pilote de la série que devait initialement être « Mulholland Drive ». L’alternative fantasmée est une réécriture du destin de Diane depuis son arrivée à Los Angeles. Désormais, elle s’identifie au nom de Betty, une serveuse rencontrée dans son quartier. Nous découvrons Betty/Diane à la sortie de l’aéroport. Il s’agit du rêve, mais cette arrivée ne doit pas différer foncièrement de la réalité. Comme dans « Blue Velvet », il y a toujours un élément qui détonne au sein de cette atmosphère radieuse. Un thème musical inquiétant accompagne les sourires excessivement forcés de deux personnes rencontrées. Plus qu’une bonne humeur communicatrice, ces sourires provoquent l’effroi. La découverte de l’appartement de la tante, bien vivante au sein de cette alternative, s’effectue avec cette même candeur d’enfant. La cité des anges ressemble à un monde merveilleux à l’instar de celui décrit dans le « Magicien d’Oz », un des films de chevet de Lynch.
En parallèle, nous assistons à l’autre remontée nocturne sur Mulholland Drive. La scène est identique, mais cette fois-ci, la voiture n’est pas occupée par Diane. Dans le rêve, Camilla échappe de peu à une tentative d’assassinat, puis trouve refuge chez Betty. David Lynch pose ainsi les bases du Néo-Noir. À un croisement, nous apercevons le panneau de Sunset boulevard. Plus qu’un simple hommage au film éponyme, nous pouvons établir une filiation avec l’œuvre de Billy Wilder dans la mesure où les deux films séparés de 50 années décrivent les mêmes destins brisés de l’industrie cinématographique. Un premier élément de suspicion accompagne la rencontre entre Betty et son amante. En effet, cette dernière apparaît quelques instants après que Betty s’est contemplée dans un miroir. Ce miroir renvoi aux thèmes de la double identité et de l’introspection. Amnésique, l’amante prend le nom de Rita en référence à la plus célèbre des femmes fatales Hollywoodiennes Rita Hayworth et plus généralement en hommage aux films noirs des années 40.
À Los Angeles, tout est radieux, mais le climat est lourd. C’est dans ce contexte que Betty détourne les échecs de Diane en une revanche. Au cœur du rêve, Betty est une actrice talentueuse qui épate son monde dès la première audition ; le meurtrier méthodique de Camilla éprouve toutes les peines à se sortir d’un engrenage burlesque ; le réalisateur n’a aucune prise sur son film et sur sa vie personnelle.
Toutefois, le fantasme n’est qu’une réécriture du réel. Certains mécanismes restent inchangés.
La pression des financeurs sur les créateurs est la même. Seuls les physionomies et les comportements changent (les maîtres de la villes sont un nain difforme et un cowboy philosophe). Le rêve n’a prise sur le réel que pendant un certain temps. La résolution de l’enquête sur l’amnésie de Rita met Betty face au propre cadavre de Diane.
Mais Betty rejette ce premier constat et prend la fuite. L’enquête menait à une impasse. Le seul recours de Betty pour exister est de fusionner avec Rita pour demeurer éternellement à ses côtés. Cette fusion est physique lors d’un acte sexuel, mais aussi mentale, car Rita prend les traits de Betty à l’aide d’une perruque blonde. Évoquant le « Persona » de Bergman, un plan rapproché sur les deux héroïnes en reflet d’un miroir met en perspective ce nouveau trouble identitaire.
Toutefois, cette illusion est rapidement démasquée par le réel.
Un magicien, c’est-à-dire celui qui habituellement transforme le réel en illusion fait l’exact inverse lors de la scène pivot du film, l’instant où Diane ne peut plus assumer les traits cumulés de Betty et de Rita. Dans la réalité, la boîte de Pandore symbolise une ouverture vers le monde des possibles. Inversement, dans le fantasme, ouvrir la boîte de Pandore équivaut à un dur retour à la réalité. C’est la fin de la séquence rêvée.
Ce n’est pas un hasard si le passage entre les mondes s’opère par l’intermédiaire de la clé bleue, l’objet de la culpabilité.
Betty, Rita et les autres ont complètement disparus. Diane doit composer avec ses propres actes. Désormais, seuls les monstres s’échappent de la boîte de Pandore. Un coup de feu met fin aux démons de Diane comme à ses espoirs.
Pourvoyeuse de rêves, la cité des anges ne peut rien quand le réel la rattrape. Pour arriver au sommet, il faut enjamber quelques cadavres.
Jamais je n'ai vu un film parvenir à aussi bien illustrer le rêve, le cauchemar. C'est là que David Lynch trouve son génie, dans sa façon de capter l'invisible, de mettre en images l'indicible, ce qui ne relève pas du factuel. Il montre que pour représenter le rêve, il ne faut pas seulement montrer diverses choses irréalistes. Il le prouve de par le fait qu'il soit impossible de raconter en détail Mulholland Drive, car certaines choses nous échappent, nous n'avons pas tout compris, une fois le film terminé, on a oublié certains éléments qui ont mené à la fin du film, et c'est normal, tant de choses se mélangent entre elles qu'il est très complexe de tout remettre en ordre une fois le film fini. C'est en cela que ce film est selon moi infiniment supérieur à Lost Highway, car ce dernier, malgré sa bizarrerie, laissait trop de points d'accroche au spectateur, et trop d'éléments scénaristiques dont il se souviendra. Et Mulholland Drive amènera Twin Peaks - The Return, apogée de son idée du rêve. Le montage est lui aussi vraiment impressionnant, notamment vers la fin du film, quand tout se bouscule à l'image pour créer ce sentiment d'incompréhension, d'absence de contrôle, un sentiment de cauchemar donc. Les personnages ajoutent également à l'ambiance, comme celui joué par Michael J. Anderson, étrange et mystérieux. Naomi Watts incarne le spectateur, jetée dans ce monde étrange sans y être préparé, réellement perdue face à ce qui l'entoure. Enfin bref, à l'évidence le film est vraiment très, très beau, il n'a vraiment pas volé son prix de la mise en scène à Cannes, la musique est vraiment très bonne, laissant plus la place à la musique de Badalamenti, ce qui rend les chansons pré-existantes encore plus marquantes quand elles arrivent. C'est sans aucun doute le meilleur film de Lynch que j'ai vu à ce jour, tout simplement unique.
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