Ça commence par un terrible accident de voitures dont le paradoxe est de sauver la vie d'une jeune femme sur le point d''être assassinée par des tueurs. C'est le début d'une histoire étrange et énigmatique, sous la forme d'un récit éclaté, un puzzle dont on est bien incapable de recoller les morceaux. D'autant que la femme accidentée est amnésique...
A Los Angeles, on suit les investigations de Rita, pour recouvrer son passé, aux côtés d'une jeune actrice en quête d'auditions. Leur histoire cohabite et alterne avec celle d'un cinéaste dépossédé de son film.
On attend patiemment la jonction entre les deux intrigues, déconcertantes, certes, mais brillantes par leur suspense indéfini et l'extravagance de certains personnages, par la bizarrerie des situations et un humour subtil. On pense parfois au cinéma des frères Coen.
Cependant, David Lynch étant ce qu'il est, on subodore un dénouement peu commun. Et, en effet, à l'orée de la dernière partie de ce long film, le récit entre brutalement dans l'irrationnel qui, par conséquent, loin d'éclairer l'histoire, l'embrouille plus encore. On se perd en conjectures, se demandant s'il faut voir dans la nouvelle dimension que prennent les personnages un sens psychanalytique ou une continuation onirique.
Quoiqu'il en soit, cette non résolution m'a laissé sur ma faim, voire même constitue la conclusion décevante, par son opacité, d'un film dont j'ai aimé l'irréalité et la fantaisie légères et dont j'ai perdu subitement le fil.