Au bout d'à peine 2 minutes de film, une mélodie merveilleuse et ténébreuse débute, alors que se dessinent dans l'obscurité les phares d'une limousine sur la route sinueuse de Mulholland Drive, et moi je suis déjà hypnotisé. Des actrices à la fois sublimes et géniales (surtout Naomi Watts, simplement incroyable), et une mise en scène redoutable. J'ai honte de ne m'être jamais essayé au cinéma de David Lynch. Désormais je sais vers qui me pencher pour partir en voyage. 2h30 de film ? Balivernes, c'est totalement pas représentatif de ce que vaut cette oeuvre : Même si elle semble durer beaucoup moins longtemps que ça, elle fait partie de ces bijoux qui, des jours après le premier visionnage, persistent dans l'esprit. Ceci sans mentionner le cauchemar que j'ai fait la nuit qui a suivi cette fulgurante découverte. Je m'attendais à un film lyrique et poétique, mais je ne pensais pas être crispé de terreur aux deux tiers du film. C'est brillant, je suis passé par tous les états : La stupeur, l'angoisse, le rire, l'émerveillement, l'émotion, et l'incompréhension devant la dernière demi-heure de film, sans doute la clé de tout. Et en toute honnêteté, si je n'étais pas allé voir une explication détaillée sur le net, je serais ressorti du film avec un nœud dans la gorge, prêt à crier sur tous les toits que ce n'était qu'une bouse pour cinéphiles arrogants qui font semblant d'avoir compris ce qu'il n'y avait pas à comprendre. Mais pour moi maintenant, (presque) tout fait sens, et quand on réalise l'ampleur du truc et qu'on revoit le film, c'est encore difficile de se remettre de tous ces éléments brillants. En définitive, le choc le plus fort survient après la séance, quand on réalise le dessein de chaque détail, et qu'on prend pleinement conscience de l'histoire qu'on a sous les yeux mais qu'on a du mal à réaliser : Mulholland Drive est finalement l'un des drames les plus bouleversants qu'il m'ait été donné de voir.