Mulholland Drive
Note moyenne
4,0
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1 177 critiques spectateurs

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JimBo Lebowski

447 abonnés 1 080 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 20 mars 2014
Certainement le meilleur film de David Lynch avec "Eraserhead", son long métrage le plus complet dans le traitement des thèmes abordés, le rêve, le dédoublement, la mise en abîmes et l'adultère. L'histoire, une femme (Laura Harring) est victime d'un accident sur une route perdue dans les hauteurs d'Hollywood, elle trouve refuge dans un appartement. Betty (Naomi Watts), elle, débarque émerveillée dans la cité des anges pour y passer une audition dans l'espoir de percer au cinéma. Le fameux appartement s'avère être celui de Betty, les deux femmes se lient d'amitié; en attendant de remonter la piste de l'accident, amnésique, cette inconnue prend temporairement le prénom de Rita. Dans le même temps, Adam (Justin Theroux) réalisateur en vogue, se retrouve contraint au chantage à recruter une actrice mystérieuse du nom de Camilla Rhodes. Diane fait forte impression à son audition et est invitée au casting du film de Adam, mais elle finie par prendre la fuite pour retrouver Rita. Les deux femmes deviennent amantes, mais au milieu de la nuit Rita se réveille avec une pulsion étrange, la découverte d'une mystérieuse boîte bleue dans son sac à main va alors bouleverser toute logique. Le film se divise clairement en deux parties, celle du rêve idéalisé du personnage de Naomi Watts et celle du réveil, amorcé par l'ouverture de la boîte bleue. La première partie laisse par intermittence place au mystère, comme cette scène extrêmement immersive du coffee-shop et de la première allusion au rêve éveillé et à la paranoïa. La vieille femme en noir venant frapper à la porte de l'appartement est annonciatrice de danger (comme l'homme mystérieux dans "Lost Highway" ou la voisine étrange dans "Inland Empire"), cela nous tient en haleine, ce qui rend le mystère encore plus captivant. Forcément la mise en scène est absolument fabuleuse et surréaliste (à l'image de la scène du café) et on a la parfaite illustration de la mise en abîmes lors de l'audition de Betty, des acteurs jouant des acteurs. A noter le petit clin d'œil 50's lors du cast de Adam, toujours ce côté rétro qui fait le charme de l'univers si particulier de Lynch. Le passage du théâtre Silencio est le point culminant de "Mulholland Drive", où tout n'est qu'illusion, la découverte de la boîte bleue dans la foulée va précipiter le retour à la réalité. On prend conscience du dédoublement entre les deux femmes, accentué par la perruque blonde de Rita, une fois la boîte ouverte la deuxième partie commence ... Les rôles s'en retrouvent inversés Betty/Diane n'est autre qu'une actrice ratée dans l'ombre de son ex-amante Rita/Camilla, tout les morceaux se recollent plus ou moins de manière cohérente, Lynch laissant un peu de place à l'interprétation du spectateur. Le thème de l'adultère devient omniprésent laissant le personnage de Watts dans la détresse la plus profonde, elle finira par se suicider sous la pression des démons de ses rêves de gloire, renvoyant à la découverte macabre du cadavre dans un appartement dans la première partie du film. Cette histoire est un tableau cruel et souvent idéalisé du destin hollywoodien, fait de fantasme et de désillusion. Le clochard à la boîte bleu, s'apparentant comme un Deus Ex Machina vient conclure le film, un dernier "Silencio" résonne comme un ultime soupir. Fin. Que faire d'autre que de crier au génie ? ... "Mulholland Drive" est un film juste exceptionnel, un très grand chef d'œuvre du cinéma, envoûtant, passionnel et inoubliable.
Le cinéphile

791 abonnés 2 796 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 15 mars 2014
On sait tous d'où viennent les mauvaises notes de ce film! Des innombrables rageux n'ayant pas compris le long métrage et n'acceptant pas ça! L'incompréhension laissant beaucoup de gens derrière elle! Mais merde moi non plus je n'ai rien compris mais on ne peut fermer les yeux devant la technique incroyable de ce film juste brillant! Je n'ai qu'une chose a dire! Lynch revient putain!
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 5 mars 2014
Absolument exceptionnel. Je n'ai jamais rien vu de semblable, et je doute voir un jour quelque chose de semblable.
Il y'a cinéma... et Mulholland Drive, tout comme il y'a cinéma sur Terre... et Gravity.
Ce film, si vous êtes assez sensible, peut provoquer en vous des émotions, des sensations, que vous ne ressentirez peut-être pas ailleurs.
Si comme moi vous le regardez sans vous attendre à quelque chose de pareil, sans savoir qu'il est complètement "particulier", pour ne pas dire autre chose, ce sera une expérience qui vous marquera au moins quelques jours :) je n'ai pas compris grand chose à l'histoire, et me suis gâché la fin en éclatant de rire tellement ça partait dans tous les sens, mais ce n'est pas grave. Se laisser emporter.
Certaines scènes, tel que l'expresso, et l' "audition" de Naomi Watts avec le vieil homme, peuvent à mon sens être qualifiées de cultes, en terme de tension dramatique et de jeu d'acteur.
Si vous êtes en train de lire cette critique, que vous ne l'avez pas vu et que vous voulez le voir, trop tard. Essayez juste de ne pas le regarder en VF pour éviter de tout détruire, car après 20 minutes de visionnages, elle est absolument dégueulasse. C'est le genre de film qui ne se regarde qu'en VO.
Merci, Monsieur Lynch. Je dois maintenant revoir ma définition du mot "cinéma".
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 3 mars 2014
Mulholland drive est à mes yeux un véritable petit bijou cinématographique. Une réalisation dérangeante, un scénario chimérique, pour une oeuvre ambiguë et sensuelle que l'on ne se lasse pas de revisionner pour en saisir toutes les subtilités. Une satire féroce du métier d'acteur et du monde hollywoodien. Un film qui ne touchera pas toutes les sensibilités mais qui reste pour moi un véritable chef d'oeuvre. Merci Mr Lynch.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 2 mars 2014
J'ai adoré ce film, attention, il faut se mettre dans la peau de l'actrice, s'imaginer son état psychologique, et à partir de ce moment là, l'histoire est terrible.
antony Z.
antony Z.

83 abonnés 1 115 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 1 mars 2014
C'est un film très très spécial. Il est très lent, ennuie parfois mais nous tient en haleine. Il est très bien perçu par la presse et je peut le comprendre. Je n'ai pas été séduit par ce film mais il n'en reste pas moins un bon film je pense. Il a la particularité de laisser le spectateur se faire sa propre interprétation même si celle ci n'en demeure pas moins assez complexe. Il mérite un second visionnage pour vraiment le comprendre. Pour ma part, je passe à un autre le temps étant précieux et les œuvres nombreuses.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 1 mars 2014
Un film exceptionnel, original, esthétique et sensuelle.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 27 février 2014
Le film en trois mots : Étrange - Dérangeant - Sublime
lolohap
lolohap

7 abonnés 114 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 10 mai 2014
Un beau film intriguant, parfois très angoissant, parfois très drôle, parfois émouvant ... Bref, il y a tout, sauf le fil conducteur qui est très difficile à reconstituer .... Lynch sème des milliers d'indices et de pistes et il faut s'appeler Colombo, Poirot ou Sherlock pour reconstituer l'histoire.
"Si il y a quelque chose à comprendre ..." comme disent beaucoup de critiques, même les plus élogieuses car pour l'expert cinéphile, c'est avant tout beau et fort émotionnellement, le sens de l'histoire n'est que secondaire ... "Il faut le ressentir, ne pas essayer de comprendre".
Même si je concède que ce film est magnifique sur le plan artistique, l'absence de sens au final me déçoit fortement et donne l'impression d'une supercherie faite pour faire réfléchir "les cons".
Heureusement, Lynch et le film sont remontés dans mon estime grâce à un documentaire "retour à Mulholland drive" (à voir après le film) qui démontre qu'il y a une logique, que des passionnés ont réussi à décrypter (à voir sur Youtube).... L'image de David Lynch est donc passé, chez moi, "d'artiste taré et un peu escroc" à celui de "artiste original avec sûrement du génie".
anonyme
Un visiteur
1,0
Publiée le 24 février 2014
Je n'ai pas du tout aimé ce film.
Trop brouillon, je n'ai rien compris.
Ce n'est pas du tout mon style de film mais j'ai voulu faire un effort pour ne pas passer pour un idiot et élargir mes horizons.

Mais rien à faire, je n'aime pas David Lynch et j'ai vu tout de suite son style dans ce film.

Ce n'est que mon avis, mais je n'ai pas aimé, trop brouillon, trop flou, et beaucoup de lenteurs.
Florian Malnoe
Florian Malnoe

142 abonnés 557 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 18 mars 2016
Ah Mulholland Drive... l'un des films le plus incompris de l'histoire. Lynch nous a pondu ici une histoire à tiroirs non-linéaire, et semble prendre plaisir à brouiller les pistes en n'établissant aucun ordre chronologique dans la construction du récit, tout en prenant tout de même le soin de disséminer quelques indices. C'est pourquoi je dis bravo à ceux qui ont réussi à comprendre entièrement le film sans allé voir les explications sur internet. Pour ma part je n'avais rien compris mais en lisant les explications de la belle Naomi Watts tout est devenu très claire. spoiler: Il y a en fait deux personnages campés par Watts: un personnage fictif dans le film qui s'invente une utopie avec la fille dont elle est amoureuse (l'histoire de l'accident à Mulholland Drive), et son vrai personnage, qui la renvoit à la dure réalité de la chose et ou la fille qu'elle jalouse semble prendre un malin plaisir à la narguée, car sachant pertinemment que Betty a des sentiments pour elle. Mais cette amour ne semble pas réciproque donc la blonde finie par ce suicider.
En tout les cas il plane dans ce film une ambiance vraiment particulière et bien appuyée par cette bande-son vraiment envoutante et excellente. C'est un thriller qu'on adore ou qu'on déteste tant il a du charisme et de la personnalité.. On pourrait même presque dire qu'on adore détester MD.. Ou peut être l'inverse.. ^^ Enfin bref, les deux actrices sublimes (dans tous les sens du terme) arrivent à magnifier encore plus le film de par leur jeux respectifs. D'ailleurs, leur relation nous a offert l'une des plus belle scène d'amour entre fille de l'histoire. Bref, le film contreversé de Lynch avec ce délicieux suspens, est tout simplement l'un des films le plus enigmatique de l'histoire cinématographique.
pierrre s.

555 abonnés 3 427 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 23 février 2014
Magnifique et perturbant, le film de David Lynch nous emporte pendant presque deux heures, pour mieux nous perdre lors d'une dernière demi-heure complètement folle.
MC4815162342

449 abonnés 1 489 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 23 mai 2014
Même si j'ai jamais vu Twin Peaks je sais que c'est une série bien bien perché, et en voyant ce film je me dis que la réputation de cette série est totalement compréhensible.
Ce film vous tourneboule pendant 2h pour au final tout changer de se que vous avez vu, un vrai délire que nous livre le fou David Lynch, une fin à multiple interprétation, sacrement bien mis en scène, avec un casting grandiose et une bande son plus qu’appréciable.
Du très, très bon !
Kiwi98
Kiwi98

293 abonnés 238 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 2 janvier 2015
À l'occasion de ma centième critique et de mon premier anniversaire sur SensCritique je tenait à me confier sur ce film qui me hante, qui vit en moi, auquel je pense à chaque instant, plus qu'un film, une obsession, plus qu'une obsession, un désir, le désir de connaitre ce film, de le comprendre, de déjouer le piège, le jeu qu'il nous impose, un jeu complexe, dans les tréfonds de l'âme humaine, halluciné et hallucinant, une peinture aérienne et ultra contemplative, un jeu qui porte le nom d'une route sinueuse, dominant la cité des rêves, de la richesse, de la corruption et des anges.

Conçu au départ pour être un pilote d'une nouvelle série faisant suite à "Twin Peaks", le résultat final qu'un certain David Lynch offre aux producteurs leur déplaisent fortement, Lynch l'aura lui même désapprouvé, cadrant des excréments de chiens, et trainant son film en longueur, trop complexe, trop déroutant, de plus que le cinéaste est souvent en conflit artistique avec ABC qui avait commandé ce pilote à sept millions de dollars. Lynch trimballe donc une oeuvre morte née, mais vient le miracle, un miracle qui porte le nom de Studio Canal qui réussit à convaincre le cinéaste de porter son pilote en film, le projet change radicalement de route, Lynch repart en tournage avec la même équipe, réécrit complètement son oeuvre. Le résultat lui vaut d'être récompensé par le prix de la mise en scène à Cannes, "Mulholland Drive" jaillit du rêve de son auteur en 2001 et se voit perçu comme le meilleur film des années 2000 par un grand nombre de critique. Mais malheureusement le résultat reste subjectif, personne ne peut nous souffler quel film est le meilleur des années 2000, mais dans toute sa subjectivité, "Mulholland Drive" reste une oeuvre d'exception qui est entrée dans la légende. Le film qui ne croisera pas un immense succès en salle par rapport à son engouement, mais cela ne fait rien, le box office ne définit pas le cinéma, mais la qualité de l'oeuvre peut le faire. "Mulholland Drive" fait aujourd'hui partie des grandes références du cinéma, un classique dont il faut se souvenir et qu'il faut conserver.

Mais qu'est ce que "Mulholland Drive" ? Le film a cette particularité de ne pas avoir pris une ride, aujourd'hui encore, plus de dix ans après sa sortie il fascine encore, continu à obséder, à laisser une empreinte indélébile, grâce à son mystère, son atmosphère. Sur une route obscure, la caméra suit une voiture sous le thème de Angelo Badalamenti, l'ombre plane, la mystère devient ambiant et ne nous quittera plus, quand d'un seul coup la voiture est violemment percutée et part dans le ravin. En sort une femme, une brune aux formes faisant penser à une Anita Ekberg, à la recherche d'un lieu, ne sachant définir ou elle se trouve, craintive même. Elle réussit à s'introduire dans un petit pavillon quand le jour se lève, totalement amnésique, elle rencontre une locataire, Betty, la blonde songeuse, par peur la brune lui dit qu'elle s'appelle Rita avant de se plier et lui avouer qu'elle ne sait pas qui elle est. Betty encouragée par le mystère, va vouloir aider à brune à connaitre son identité. En parallèle, le réalisateur Adam à l'allure avant gardiste, se voit tout perdre, son film, sa femme, sa maison, sa vie, tout ça avant de rencontrer un étrange cowboys. Et pendant ce temps un tueur à gage à la gesticulation minable demande à une jeune fille si elle n'a pas vu une femme brune dans la rue.

Avant "Mulholland Drive" David Lynch était un auteur réputé, depuis la sortie de son oeuvre majeure il est l'incarnation de l'insolite cinématographique et du cinéma anti-conformiste. Regarder "Mulholland Drive" pour profiter de son atmosphère est une expérience envoutante, saisie par une atmosphère sombre, viscérale, mélancolique, glauque, mystique, intime et dense, mais du calme ! Tout en faisant abstraction du jugement intellectuel le cinéma est avant tout un refuge de mystère et de sensation, Lynch est probablement l'un de ses protagonistes qui l'a le mieux comprit. Rapidement on s'abandonne dans sa cité des rêves, comme hypnotisé par une atmosphère rêveuse, féminine, et de putréfaction dont il en fait le thème principal, le pourrissement est physique et psychologique symbolisé grâce au monstre noir derrière un fast food, représentation de la culpabilité pour la blonde, la culpabilité la poussant au suicide, son corps qui s'évanouit dans un lit, loin de cette réalité catastrophique ou son rêve à été volé, celui d'être une star, elle est une actrice de second plan qui dépend de celle qui est devenue sa pire ennemie : la brune qu'elle fera tuer avant de se réfugier dans un rêve ou tout va bien, le fantasme d'une réalité parallèle ou elle semble assister impuissante aux événements, une réalité parallèle ou s'incruste des éléments du réel, le cube, la clé, le téléphone sous un abat jour rouge annonçant que le meurtre a échoué. Au sommet de l'élégance et du suspens Lynch nous entraine dans cette intrigue à la foi ludique et vertigineuse, incrusté par des références allant de "Gilda" à "Vertigo" mais on ressent que sa principale inspiration reste "Persona" de Igmar Bergman tant au niveau de la mise en scène que de la narration. Il met en scène l'amour comme rarement vue, "I'm in love with you", une onde de choc sublime, les deux créatures se révèlent leur attachement sexuel, puis le film détruit tout ce qu'il a construit, et cela avec une élégance sidérante … mais "Silencio", le rêve est alimenté par la réalité, comme le film en général, comme si ce que voulait dire Lynch, c'est que le cinéma est un rêve, il n'y a rien de réel dans cet art subjectif. "Mulholland Drive" n'est qu'un film normal, noir avec des écarts purement burlesques bienvenus, comme disait Shakespeare "meilleure est une oeuvre si elle arrive à transmettre des émotions radicalement opposées", David Lynch à prit ces paroles à la lettre, "Mulholland Drive" est parfois à la limite de la comédie (la scène du tueur à gage ou ce dernier se retrouve de part sa bêtise obligé à tuer trois personnes), il fait intervenir le rire dans le propos le plus tragique qui soit mais le rire ne prend jamais le dessus sur le drame pour le rendre d'avantage sublime et faisant disparaitre les longueurs qu'il aurait pu subir.

Culpabilité, rêve, subconscient, désir, solitude, mort. "Mulholland Drive" survole tout avec un panache allégorique absolument sidérant, comme une brise, puis comme un cyclone qui ravage et prend aux tripes, on est émerveillé, intrigué, excité et meme amusé, là on peut déceler le tour de magie que Lynch à employé, son idée est infinie, elle nargue les codes du cinéma pour en repousser les limites, arrivant à faire l'alchimie entre une magnifique histoire d'amour et un puzzle ultra ludique et unique qui dispose de plusieurs clés qui peuvent le résoudre de multiple façon, l'identité du dormeur est en effet inconnue, peut être est ce une histoire totalement réelle coupée par des passages rêvés, les plus observateur remarquerons que chaque scène qui n'a à priori rien à voir avec l'histoire (la conversation dans le Winkies, le tueur à gage, l'arrivée de Betty à Los Angeles) intervient dès que Rita s'endort, peut être sont elles également ses rêves, ce qui rendrait la chose d'avantage complexe. Mais "Mulholland Drive", malgré sa forme déroutante, arrive à garder cette atmosphère romantique, une puissance mélancolique digne d'un grand mélodrame s'installe alors, renforcée par la musique composée par Angelo Badalamenti qui comme la voiture dans l'introduction prend des virages serrés dans l'obscurité, la composition variant ainsi en fonction du contexte de la scène, noire, presque mystique, insoutenable, pour passer au burlesque, puis à l'euphorie, la beauté dans son absolue, le romanesque et même le merveilleux à l'état pur. Badalamenti qui ne se prive pas de camper le rôle d'un mafieux exigeant en terme d'expresso (quand on sait que Lynch est un très grand fan de café, la séquence prête tout de même au rire) dans la scène ou Adam, le réalisateur, se voit reprendre son film, car "Mulholland Drive", dans tous ces jeux de rôle, exerce également une critique de Hollywood plutôt vive, en faisant le sens même du cauchemar que va vivre Betty dans la réalité, Hollywood qui va transformer sa vie en une décente aux enfers, dans cette thématique de rêve brisé on se rapproche quelque peut de "Boulevard du Crépuscule" de Billy Wilder que Lynch cite fréquemment comme une référence. Le film sonne comme une critique de tout ce qui porte atteinte à la création artistique, tromperie, manipulation, mauvais prétexte, assumant également un coté nostalgique ou il rend hommage au cinéma 'conventionnel' qui aura fait du paradis du rêve ce qu'il est.

Puis vient ce final, ultime apogée mélancolique, la beauté du monde qui s'illustre dans deux fantômes, blonds tous les deux, heureux, contemplant la raison de leur mort : un rêve, le rêve de conquérir la cité des anges qui les aura réduit à néant. Puis vient le théâtre des pleures, celui ou les deux femmes sont allés et ont été bouleversées par une femme qui chantait du playback dans une valse émotionnelle, pour ce final il est vide, et une femme aux cheveux cyan, droite évoque ces paroles "silencio", hommage à Jean Luc Godard ou impact totale sur l'intrigue ? On ne saura peut être jamais.

...Un des visages du cinéma.
BURIDAN
BURIDAN

25 abonnés 201 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 20 février 2014
Film rébus d’une plastique exceptionnelle, « Mulholland drive » est une œuvre ardue et exigeante pour le spectateur…
- Je parle pour moi évidemment ! -
Car ce n’est qu’après plusieurs visions de « Mulholland drive » que j’ai pu enfin accrocher quelques fils de l’écheveau complexe de ce CHEF D’ŒUVRE.
Car Monsieur Lynch triture ses films et semble les monter dans le désordre…

Donc quelques repères (personnels…) sans déflorer la trame dramatique.

Ce n’est pas un thriller, bien que le film en prenne la forme.
Ce n’est pas seulement l’histoire d’une vengeance… Surtout pas !
Ce n’est pas un rêve et pourtant il s’agit d’une œuvre onirique.
C’est pour partie un film sur l’espoir et le désespoir qu’engendre le « rêve » holywoodien…
C’est une satire et, dans le même temps, une apologie de la puissance du cinéma.
C’est une critique des faux semblants et des règles imposées (en matière de sexualité par exemple)
C’est la prise de pouvoir de Galathée sur Pygmalion, du dominé sur le dominant, de l’œuvre sur le créateur …

Et puis…
Écoutez David Lynch parlant de la création (bonus accompagnant le CD), de son émerveillement sur le surgissement d’une idée, sur les modifications de celle-ci par le lieu même où celle-ci doit s’exprimer.
Écoutez les acteurs parlant de sa direction imagée et sans contrainte…
Le film lui-même relève de cette vue hédoniste de l’idée et de son rapport aux autres.
La vengeance, qui est l’axe du film, et qui dans sa forme est très marginalisée, elle-même, s’y soumet !

Lynch aime le retour sur soi, le questionnement sur l’être qu’il fragmente dans sa narration.
Ici la prémonition coïncide avec la réminiscence de la mort.

Parcourez le net… Les explications « définitives » du film ne manquent pas !
Ce qui n’est jamais dit c’est le lâcher-prise nécessaire pour l’apprécier…
Laissez-vous porter par le flot d’images…
Abandonnez les schèmes rationnels, le déjà entendu…
Ne cherchez pas de références…

Le montage, le choix des plans, le rythme volontairement lent (comme la voiture roulant la nuit sur Mulholland drive), la BO discrète sont fait pour vous embarquer vers un voyage qui diffère pour chacun d'entre nous (comme pour toute œuvre artistique !)…
Laissez-vous porter par les dialogues abscons, futiles, marqués de tant de temps de suspension…
Par le jeu sublime des acteur(e)s…

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