L'idée de porter Le Baiser de la femme araignée sur grand écran a commencé à prendre forme en 2016. Bill Condon a alors rencontré le dramaturge Terrence McNally, qui avait précédemment adapté l'œuvre sur scène. McNally, impressionné par le talent de Condon, lui a confié : "J'écris pour la scène, je ne suis pas scénariste. Toi, tu es un formidable scénariste, alors, s'il te plaît, fais-le". Ce soutien s'avèrera être un catalyseur essentiel pour renouer les liens entre le théâtre et le cinéma et faire évoluer le projet.
La production du film n'a pas été un long fleuve tranquille. Après avoir démarré les discussions, les droits d'adaptation ont retardé l'avancement du projet. De plus, Bill Condon a été engagé pour réaliser La Belle et la Bête pour Disney, ajoutant une pause imprévue dans la production. La pandémie de Covid-19 et le décès de Terrence McNally en 2020 ont également affecté le calendrier du film.
Dès le début, Bill Condon savait que le succès de son projet reposait sur un casting. Il a insisté sur le fait que "tout reposait sur ces trois comédiens", à savoir Diego Luna, Tonatiuh et Jennifer Lopez. Les directeurs de casting, Bernie Telsey, Tiffany Little Canfield et Adam Caldwell, reconnus pour leur expertise à Broadway, ont travaillé méticuleusement pour trouver des acteurs capables de chanter, danser et interpréter avec profondeur.
Le défi était de capturer l'essence de l’œuvre tout en offrant une performance nouvelle et fraîche.
Pour ce projet, l'accent a été mis sur une représentation authentique et inclusive des personnages latinos. Historiquement, ces rôles étaient souvent interprétés par des acteurs blancs, ce que la production de Kiss Of The Spider Woman a voulu rectifier.
La création des costumes pour Kiss Of The Spider Woman a été un véritable défi technique. Comme l'a décrit la chef costumière Colleen Atwood, ils devaient être à la fois somptueux et fonctionnels, permettant des changements rapides pour les numéros musicaux. La combinaison verte d'Aurora a notamment nécessité une prouesse d’ingénierie pour assurer des transitions fluides.
Pour donner corps à l’univers fantastique de Molina, le chorégraphe Sergio Trujillo a fait appel à la troupe de 70 danseurs de Broadway. "Ils ont construit ces paysages oniriques kaléidoscopiques", confie-t-il, créant ainsi un univers visuel riche. Le choix du New Jersey a été stratégique, offrant un accès privilégié aux meilleurs talents du milieu de la danse. "L’un des grands avantages, c’est que nous avions accès à des danseurs incroyables", souligne le réalisateur Bill Condon. Ce choix a permis de créer un environnement de tournage dynamique et rempli de créativité.