SEULE LA VIE - Adrian Goiginger dirige Valerie Pachner dans un drame où la peine, les souvenirs et le processus du deuil cohabitent dans une vie brisée en l'instant de quelques secondes. Un drame violent et viscéral ! Valerie Pachner incarne et donne vie à un personnage quasi dédoublé entre son personnage de clown qu'elle compose au jour le jour, en le nourrissant du quotidien et de sa peine, mais également la mère esseulée, qui n'a plus personne.
Le film s'intéresse moins au choc initial qu'à ce qui survient lorsque l'existence doit malgré tout continuer. Les souvenirs s'entremêlent au présent sans prévenir et dessinent une mémoire qui refuse de disparaître. Cette construction narrative fait ressentir l'absence comme une présence permanente. Chaque instant du quotidien semble dialoguer avec une vie antérieure qui demeure intacte dans l'esprit du personnage principal.
L'une des grandes forces de Seule la vie réside dans l'utilisation du monde du clown. Loin des représentations caricaturales, cette figure devient un véritable langage émotionnel. Le personnage apprend à accueillir les autres avec douceur alors que son univers intérieur vacille. Cette opposition permanente entre le sourire offert au public et la souffrance silencieuse donne au récit une profondeur psychologique particulièrement marquante. Le film montre combien un rôle social peut parfois permettre de continuer à avancer lorsque les mots deviennent insuffisants.
Valerie Pachner porte cette histoire avec une remarquable justesse. Son interprétation repose sur les regards, les silences et les hésitations davantage que sur les démonstrations émotionnelles. Elle compose une femme qui ne cesse de naviguer entre plusieurs états psychiques, oscillant entre la mémoire, la culpabilité, le manque et la nécessité de retrouver une place dans un monde devenu étranger. Cette retenue renforce considérablement l'identification du spectateur qui projette naturellement ses propres émotions dans les espaces laissés par le personnage.
Le film interroge également la manière dont chacun traverse le deuil. Il ne propose ni réponse universelle ni reconstruction miraculeuse. Il observe simplement les mécanismes de la mémoire, les contradictions des émotions et la difficulté de redonner du sens à une existence profondément bouleversée. Cette approche réaliste donne naissance à un drame profondément humain où les souvenirs cessent d'être de simples réminiscences pour devenir une composante essentielle de l'identité.
Sans rechercher les effets mélodramatiques, Seule la vie construit une expérience émotionnelle intense qui interroge autant notre rapport à la perte que notre capacité à préserver un lien avec ceux qui continuent d'habiter nos souvenirs.
Ce film basé sur une histoire vraie d’après le livre autobiographique de Barbara Pachl-Eberhart est touchant et pathétique. On suit le parcours de cette femme qui, après avoir perdue son mari et ses deux enfants dans un terrible accident, va tenter de faire son deuil et reconstruire sa vie. La réalisation, avec des retours en arrière bien appropriés, décrit très bien tout cet itinéraire de vie avec beaucoup d’émotion grâce aussi au talent d’actrice de Valérie PACHNER qui restitue bien tout cela.
Bernard CORIC
(Film visionné en projection de presse le 11/06/2026 au Club Marbeuf à PARIS)
Très touchant, profondément humain, vivant malgré ce qu'on pourrait appeler le destin ! Car ce qui compte ici, c'est la vie, comment la retrouver quand elle a disparu tout autour de nous ? Comment la faire revivre ? En la faisant virevolter et jouer par une actrice formidable ! Intense !
Tirée d’une histoire vraie douloureuse, on assiste à travers les yeux de Barbara (qui exerce comme clown dans les hôpitaux) à la reconstruction d'une vie, ayant perdu ses deux enfants et son mari dans un accident imputant un train et un camion de clowns. C'est une bouleversante histoire de deuil avec tout le cheminement intérieur d’une femme confrontée à une tragédie suprême. Devant les scènes de souvenirs qui défilent, l'actrice principale dégage une force émotionnelle incroyable. On pense qu'à tout moment cette veuve va basculer dans la folie avec son désir de redevenir mère. Mais comment ne pas devenir fou après un tel drame ? Il y a un chouette moment hors du temps lors des funérailles clownesques. Un beau film mais éprouvant.
Tout commence ou se termine à bord d'une camionnette jaune de clown. Ses occupants n'ont pas survécu à un accident. Le titre originel du film d'Adrian Goiginger décrit abruptement l'histoire de Barbara, une jeune femme autrichienne endeuillée : Quatre moins trois. Il n'en reste de la petite famille qu'une mère, avec ses souvenirs heureux et son avenir incertain, entre larmes et bouffées optimistes. Le fait que le récit s'appuie sur un livre écrit par cette survivante participe à l'émotion qui nous étreint, mais permet aussi de comprendre et d'approfondir des sensations contrastées, sans surtout s'affaisser vers une affliction que le film traite avec délicatesse. Le métier de Barbara, clown, notamment dans les hôpitaux, remet en perspective la douleur et le chagrin. Ce serait trop facile de parler de leçon de vie, car qui sommes-nous, avec notre parcours et nos propres pertes pour juger ? Habilement construit entre flashbacks et présent en mutation, Seule la vie dessine une acceptation progressive de l'absence et une régénération possible. Il fallait une actrice d'exception pour exprimer toute la palette des sentiments et Valerie Pachner est incroyablement juste de bout en bout, Si les moments touchants sont innombrables, jamais la dignité ne perd ses droits dans un film qui n'attirera sans doute pas les foules, eu égard à son sujet difficile, mais qui mérite d'être vu pour sa sensibilité et pour ses formidables éclats de poésie.
A partir de l'histoire authentique et dramatique racontée par l'autrichienne Barbara Pachl-Eberhart dans son roman autobiographique "Vier minus drei" (Quatre moins trois), c'est à un véritable hymne à la vie que le scénariste Senad Halilbašić et le réalisateur Adrian Goiginger nous invitent dans "Seule la vie". Comment, pour Barbara, aborder le reste de sa vie quand, alors qu'on est quelque part entre 30 et 40 ans, on perd dans un accident de voiture son mari et ses deux enfants ? C'est en alternant scènes du passé et scènes de ce qui se passe dans la vie de Barbara après ce drame que le réalisateur nous peint avec beaucoup d'émotion et presque sans pathos la résilience d'une jeune femme dont le bonheur était presque sans tache et qui, petit à petit, arrive à faire front et à retrouver le goût de vivre. N'ayez crainte, on arrive à se retrouver facilement dans ce jeu entre le passé et le présent, ne serait-ce que grâce à une cicatrice au front qu'arbore Barbara suite à une chute occasionnée par une lubie de sa belle-mère qui, alors que Thimo et Fini, les 2 enfants, sont en train de mourir à l'hôpital, ne trouve rien de mieux que d'exiger qu'il et elle soient baptisé(e)s afin de leur éviter l'enfer ! Barbara et Heli, son mari, étant clowns, le film ne manque pas de montrer combien, chez les clowns, le comique et le tragique ne cessent de se côtoyer. Pour interpréter le rôle de Barbara il fallait une très grande comédienne. L'actrice autrichienne Valerie Pachner qu'on avait déjà appréciée il y a peu dans "Notre histoire - Chroniques du Caire" est encore plus que cela : elle est extraordinaire dans cette alternance de scènes de chagrin profond, de colère et de bonheur communicatif.
Film pas drôle sur le deuil avec des reactions qui laisse parfois perplexe. Film qui bizarrement malgre le sujet terrible nous laisse un peu a distance.
Ai vu « Seule, la vie » du réalisateur autrichien Adrian Goiginer d’après le roman autobiographique de Barbara Pachl-Eberhart. Avec un sujet très difficile et « casse gueule », le metteur en scène signe un film d’une grande délicatesse avec beaucoup de tact tout en mettant toujours à la bonne distance le mélo, les effusions outrancières et la morale. Barbara (Valerie Pachner) et Heli (Robert Stadlober) sont en couple. Ils exercent la profession de clown, elle en milieu hospitalier et lui dans la rue, et ils ont deux enfants en bas âge. Suite à un accident de voiture, Barbara se retrouve seule et doit faire le deuil de sa famille. Le film alterne les souvenirs, la vie présente et les ouvertures vers un avenir. Le fil rouge est le personnage de clown de Barbara avec son accent suisse-allemand avec lequel la jeune femme peut contenir soit libérer ses émotions. Valerie Pachner interprète avec sublime une partition extrêmement délicate et complexe. Elle qui était totalement sous-exploitée dans le film « Notre histoire » sorti la semaine dernière, trouve ici un rôle à la mesure de son immense talent. Elle est toujours crédible tant dans les numéros de clown, que dans les scènes dramatiques, mais aussi dans les agissements parfois surprenants de Barbara. Le film est une subtile expérience émotionnelle qui grâce à un montage très affiné et équilibré nous fait passer par de multiples affects savamment dosés. L’humour et le décalage étonnant ne sont jamais très loin. « Seule, la vie » permet de voir une des plus belles scènes d’enterrement de l’histoire du cinéma. Un film d’une belle humanité qui met toujours l’espoir, la vie et une certaine dérision en avant.
Avec Seule la vie, Adrian Goiginger livre un drame d'une rare sensibilité sur le deuil, la reconstruction et la résilience. Sans céder au mélodrame, le cinéaste choisit une approche profondément humaine pour raconter l'histoire d'une femme confrontée à une perte inimaginable.
Barbara et Heli forment un couple épanoui. Clowns professionnels, ils partagent leur joie de vivre avec leurs deux enfants jusqu'au jour où un accident tragique bouleverse leur existence. Désormais seule, Barbara doit apprendre à survivre à l'absence, à reconstruire son quotidien et à redonner un sens à une vie que le destin a brutalement fait basculer.
Le scénario traite du deuil avec une grande délicatesse. Adrian Goiginger refuse les effets larmoyants et préfère montrer les étapes, parfois contradictoires, du processus de reconstruction. Les souvenirs deviennent autant de refuges que de blessures, tandis que le film rappelle que continuer à vivre n'est jamais synonyme d'oublier.
Valerie Pachner livre une performance remarquable de sobriété. Son interprétation de Barbara exprime avec une grande justesse la douleur, le vide, mais aussi la lente renaissance d'une femme qui refuse de renoncer à l'amour qui a façonné sa vie. À ses côtés, Robert Stadlober et Stefanie Reinsperger participent à cette galerie de personnages profondément humains.
La mise en scène privilégie les silences, les regards et les instants du quotidien. Adrian Goiginger filme la nature et les espaces avec une grande douceur, laissant respirer les émotions sans jamais les souligner artificiellement. Cette retenue confère au film une puissance émotionnelle d'autant plus forte qu'elle reste constamment sincère.
Au-delà de la tragédie, Seule la vie est un film sur la capacité de l'être humain à continuer d'aimer malgré l'absence. Il célèbre la mémoire, la famille et la force des liens qui survivent à la disparition des êtres chers, offrant un message d'espoir profondément touchant.
Un drame bouleversant, porté par une Valerie Pachner exceptionnelle. Adrian Goiginger signe une œuvre lumineuse sur le deuil et la résilience, qui émeut par sa pudeur autant que par sa sincérité.
Seule la vie est un film sincèrement émouvant, porté par une histoire qui touche par son humanité et ses personnages. Certaines séquences parviennent à provoquer une véritable émotion et donnent envie de s’investir dans le récit.
Malheureusement, le film finit par tourner en rond. À force de répéter les mêmes idées, le rythme s’essouffle et l’ensemble perd progressivement en intensité. Avec ses 2h01, le long métrage paraît trop long. Une durée d’environ 1h40 aurait largement suffi pour raconter cette histoire avec davantage d’efficacité.
Malgré ses qualités émotionnelles, Seule la vie souffre donc d’un manque de rythme qui l’empêche d’être pleinement convaincant.
Je ne sais pas si c'est la même chose pour vous, j'ai beau être hypersensible, je pleure rarement pour des choses qui me concernent.
Mais quand j'ai un trop plein émotionnel, je ressens le besoin d'aller au cinéma pour voir un film triste... Et pleurer au cinéma, dans le noir, à côté d'inconnus me fait un bien fou !!
Et c'est exactement ce qu'il s'est passé avec ce film ! J'ai été autant bouleversée : je pense que j'ai versé des larmes non stop !
Ce récit est poignant et d'autant plus qu'il est adapté d'un roman autobiographique !
On assiste au basculement de la vie d'une femme, à la tête d'une famille de quatre personnes, qui se retrouve seule du jour au lendemain suite à un accident.
Le montage est dynamique et permet de mieux vivre la situation pour les spectateurs. Même si le récit est centré sur le drame vécu, il est ponctué de flashs backs plus heureux qui illustrent les souvenirs qui traversent le personnage principal.
On remonte aux moments de joie qui ont jalonné sa famille qui vont lui permettre d'avancer pour essayer de reprendre goût à la vie ! Car oui, la vie est toujours plus forte et nous emporte quoi qu'il arrive !
On ne peut qu'être touché devant ce drame qui est à la fois terrible et inimaginable mais qui peut être rempli d'espoir et de foi en l'humanité.
Cette femme est clown de métier et ce sont des personnages avec lesquels je ne suis pas du tout à l'aise... Mais ici, le récit arrive à rendre ce métier poétique. Il lui permet de prendre conscience que la vie est un cadeau et que le rire est le remède à tous les maux. Elle a une force mentale incroyable tout en s'octroyant le droit d'être submergée et de vivre intensément sa douleur.
J'ai vécu une belle leçon de courage et d'humanité qui donne envie de chérir davantage les êtres aimés !
lorsqu on est clown et qu'on a l'habitude de vivre sa vie cachée derrière les rigolades, la souffrance et la perte n'en sont pas moins difficiles à accepter. l héroïne se retrouve seule après la perte de son mari et de ses deux enfants et le film va suivre tout le cheminement et les souvenirs qui ressurgissent en de nombreux flash back, dans un film fort et bouleversant.