The Manor
Note moyenne
1,8
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20 critiques spectateurs

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Fêtons le cinéma

849 abonnés 3 658 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 14 octobre 2021
On attendait le film qui, tel le Messie, investirait la maison de retraite par le prisme de l’épouvante pour en faire le conservatoire des angoisses, des fictions et de la lente mais certaine dégradation du corps et de l’esprit des personnes qui y sont envoyées ; dans un genre différent, rappelons le fameux I Care a lot (J Blakeson, 2021) et sa dénonciation de la course au profit dans les Ehpad américains, ou le tout aussi récent The Father (Florian Zeller, 2021) qui s’achevait dans une chambre médicalisée. The Manor n’a certes pas la maîtrise et l’inventivité des deux œuvres précédemment citées mais demeure une réflexion pertinente sur la fin de vie assistée que l’on « offre » à ses parents, suivant un double souci de les savoir en sécurité et de ne plus en être responsables – reflet de nos sociétés modernes occidentales, au sein desquelles l’individu se définit par son utilité et sa compétitivité.

La caméra d’Axelle Carolyn sait jouer avec le manoir qui sert d’asile à Judith, et qui donne son titre au long métrage : elle le présente tantôt comme un petit coin de paradis situé à l’abri des tumultes du monde, tantôt tel un bagne gothique qui retient les pensionnaires prisonniers contre leur volonté. Ce traitement double du lieu peut correspondre à la différence de perception qu’en ont les personnages : la famille juge l’endroit hospitalier et agréable, Judith le regarde avec inquiétude ; ses visions, qui n’en sont pas, font apparaître à l’écran une allégorie de cette peur panique devant la disparition, le monstre incarnant la faucheuse croisée avec des rites celtiques que l’on pratique non loin de là. Que l’irruption de la magie noire s’avère plutôt grossière, voire ridicule, n’empêche pas le film de viser juste lorsqu’il orchestre un ultime retournement de situation, traduction parfaite de la lâcheté de l’humain devant sa condition de mortel.

Nous regretterons que la mise en scène soit aussi opportuniste et ne cultive guère le mystère : les plans, charcutés par le montage, sont là pour signifier immédiatement ; la réalisatrice aurait gagné à disperser des indices, à faire naître la folie petit à petit et dans l’esprit de Judith et dans celui du spectateur. The Manor manque de subtilité, fonce dans l’épouvante comme un éléphant dans un magasin de porcelaines et perd aussitôt en puissance immersive. Il n’en reste pas moins une déclinaison digne d’intérêt du thème de la vieillesse, dans la continuité d’œuvres comme Relic (Natalie Erika James, 2020).
Gentilbordelais

402 abonnés 3 540 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 14 octobre 2021
Un canevas de départ guère original sur une mise en scène quelque peu empruntée et à facilités. mais la tournure proposée, bien qu'invraisemblable, surprend, jusqu'au final en contre-pied. Un drame fantastique toutefois dispensable.
2985

316 abonnés 1 257 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 11 octobre 2021
Une petit film à tendance surnaturelle sans prétention qui se laisse relativement bien suivre. L'ambiance est l'atout numéro 1 de ce long métrage, se déroulant dans une maison de retraite, on y suit Judith tout juste arrivé après des problèmes de santé, et bien vite l'endroit et le personnel vont s'avérer suspect. Le côté anxiogène est convaincant, mais le principal défaut du film est son coté fantastique, mal amené, pas très subtile et à la réalisation très monotone, et ce final bien que moins conventionnel que d'ordinaire est très abrupte, correcte pour un film dont on n'attendait pas grand-chose.
Muertomega
Muertomega

9 abonnés 182 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 11 octobre 2021
Barbara Hershey joue franchement bien et le reste du casting est vraiment bon. Personnages bons même si le film a quelques clichés par-ci par-là . Histoire plutôt bonne et intéressantes avec des sujets originaux mais vraiment bien amené. Le scénario est très bon et tient en haleine d'un manière tellement efficace. L'ambiance marche horriblement bien et combiné avec les affreuses vérités qu'Axelle Carolyn mets en place c'est WAHOO! Effets spéciaux assez moyen mais suffisant. Le film a un penchant incroyablement glauque mais pas non plus anxiogène à fond , jumpscares assez décevants . Mais bon , quelques scènes sont rondement bien menés en plus d'être anxiogènes.
Sachez qu'à la base je voulais mettre la note de 3/5 à "The Manor" mais la fin en plus de lui donner 3.5/5 l'a placer devant "Bingo Hell" ! Voici mon top "Welcome to the Blumhouse" cuvée 2021 :
1- The Manor
2- Bingo Hell
3- Madres
4- Black as Night
RedArrow

1 871 abonnés 1 676 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 8 octobre 2021
Ouf ! Après les très oubliables "Black as Night" et "Bingo Hell", l'anthologie "Welcome to the Blumhouse" de 2021 se ressaisit plutôt de belle manière en deuxième semaine avec ce nouveau long-métrage signée Axelle Carolyn et consacrée de manière plus frontale au triste sort de nos aînés délaissés au crépuscule de leur vie...

Victime d'un accident vasculaire cérébral qui lui fait prendre conscience de son grand âge, Judith décide d'intégrer un "manoir de retraite" pour ne pas devenir un poids pour sa famille et, plus particulièrement, pour son petit-fils avec qui elle entretient une relation privilégiée.
Évidemment, vu la surpopulation de corbeaux qui entoure l'établissement, on devine très vite que des choses louches vont s'y dérouler, surtout lorsque Judith se met à voir une étrange silhouette rôder d'un peu trop près autour de sa partenaire de chambrée terrorisée...

En plus de créer un climat de mystère sur ses finalités, l'argument fantastique de "The Manor" est bien sûr avant tout un prétexte classique pour faire de son héroïne l'incarnation humaine du cri de désespoir d'une personne âgée captive de la solitude et de possibles signes de démence.
En effet, si, dans un premier temps, Judith choisit volontairement de s'éloigner de sa famille pour vivre ce qui est peut-être le dernier chapitre de son existence dans ce manoir, elle cherche malgré tout à y ressentir le souvenir de ses jeunes et meilleures années, ses premiers jours s'apparentent même à ceux d'une nouvelle élève dans un lycée ou d'une étudiante à l'université avec la découverte de sa chambre en coloc', ses hésitations à choisir une place à la cantine, les nouvelles rencontres et un possible béguin avec le séducteur des lieux. Mais, lorsque elle devient la principale témoin des apparitions d'une créature aux allures de racine vivante et cherche à alerter le personnel et sa famille, tout bascule ! Les événements se jouant contre elle amènent peu à peu cette femme au caractère déterminée à embrasser le rôle d'une "vieille folle" dont les divagations n'appellent plus guère d'attention, changeant le regard des autres sur elle jusqu'à la déconsidérer et la traiter via une infantilisation cette fois extrême et parfois même brutale. Pire encore, même son petit-fils, son pilier extérieur face à une fille dépourvue d'attention à son égard, se met à se détourner d'elle en ne la croyant pas et en cherchant à réduire leurs interactions.

Cette descente aux enfers de la vieillesse était attendue vu le sujet du film mais "The Manor" la capte brillamment, construisant étape par étape toute la détresse qui se met à aspirer son héroïne jusqu'à la faire douter de sa propre santé mentale, il faut dire que l'ensemble est superbement soutenue par la prestation très émouvante de Barbara Hershey, vétérante du cinéma de genre à laquelle Axelle Carolyn offre un rôle en or, parsemé de clins d'oeil à son amour du fantastique (son petit-fils et elle partagent le même passion pour l'horreur) et épaulé par d'autres têtes bien connues de ses spectateurs les plus fidèles (l'éternel Bruce Davison ou encore Jill Larson de "L'Étrange cas Deborah Logan").

Cependant, si "The Manor" touche très juste pour nous attacher aux appels au secours de son héroïne, il faut hélas reconnaître que l'intrigue surnaturelle chargée de les véhiculer se montre moins convaincante. Non pas qu'elle soit mauvaise en soi -elle offre même des rebondissements intéressants dans les révélation de son modus operandi- mais son exécution tout au long du film ne suscitera jamais les frissons espérés, la faute à une mise en scène beaucoup trop fade pour donner de l'ampleur, un véritable impact, à des séquences-clés (des manifestations de la créature aux scènes finales, "The Manor" donne le sentiment de passer à côté d'un gros potentiel visuel), et à une dernière partie expédiée, faisant appel à certaines facilités pour précipiter sa conclusion (pourtant bien mieux pensée que la moyenne).
Et on ne peut que le regretter car ce manque de folie esthétique et la trop courte durée de la proposition paraissent vraiment freiner la possibilité qu'avait "The Manor" pour être un très grand film fantastique sur la vieillesse comme a pu l'être dernièrement "Relic". Toutefois, ne boudons pas notre plaisir, face à la pauvreté des longs-métrages précédents, "The Manor" fait réellement figure de bonne surprise au sein du marasme général dans lequel ces productions Blumhouse/Amazon nous entraînaient.
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