Quiet Life
Note moyenne
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Fiers R.
Fiers R.

208 abonnés 911 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 13 mars 2026
Les plans sont fixes, cadrés au millimètre près et s’étirent plus que de raison. Les séquences sont soit taiseuses, soit extrêmement bavardes et particulièrement longues. La tonalité visuelle fait le choix de l’aseptisé et de la froideur clinique poussés à leur paroxysme. Le propos est intéressant mais abordé sous un angle étrange entre réalisme social et dystopie rationaliste. Les curseurs du minimalisme et du contemplatif sont poussés à leur maximum. Avec « Quiet life » on est en plein dans le film d’auteur généralement apprécié dans les festivals pointus. Il y a des airs du cinéma de Michael Heneke ou, plus actuel, du mexicain Michel Franco. Sauf qu’Alexandros Avranas n’a pas forcément leur talent et que son film ennuie plus qu’il ne choque, impacte ou fait réfléchir.

Et pourtant, Dieu sait que le sujet du film était passionnant. En plus d’être totalement méconnu par le commun des mortels. On parle ici du syndrome de résignation. C’est une pathologie psychique rare et sévère, récemment apparue et documentée dans certains pays européens, qui voit de jeunes enfants souffrir d’un état végétatif ou catatonique en réponse à un stress extrême. Et elle touche principalement les enfants de réfugiés notamment en Suède, là où se déroule l’intrigue avec une famille de russes cherchant l’asile dans le pays. Mais au lieu de traiter le sujet frontalement de manière sociale et proche de la réalité, avec du suspense et/ou un drame qui touche, le cinéaste grec s’embourbe dans une sorte d’allégorie qui vire à l’exercice de style laborieux, prétentieux et particulièrement long et fatigant.

Alors oui c’est bien filmé, tout est propre, bien cadré et rien ne dépasse, démontrant un côté maniaque de l’image. Mais à force de distance et de froideur, le spectateur n’a aucune clé pour s’accrocher aux personnages et à l’histoire. Aucune émotion ne nous traverse le cœur et l’empathie envers les protagonistes est très difficile malgré le tragique de leur sort. On sent bien un discours sur la déshumanisation des réfugiés et la lourdeur bureaucratique kafkaïenne des administrations mais « Quiet life » échoue totalement à nous passionner par un sujet qui méritait bien mieux que ce traitement étrange, lancinant, parfois proche de l’absurde. Tout s’éternise et le fait de prendre ce thème pour le conditionner à une sorte de parcours du combattant presque abstrait et absurde où les réfugiés sont des numéros est un choix radical et trop abscons pour nous satisfaire. Pénible et tristement beau mais vide.

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FaRem

10 608 abonnés 11 704 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 16 octobre 2025
Serghei et Natalia ont quitté la Russie avec leurs deux filles pour s'installer en Suède, mais pour obtenir l'asile, ils doivent passer par un processus d'immigration très strict qui les oblige à revivre leurs traumatismes. De souvenirs douloureux difficiles à se remémorer surtout pour les petites qui "échappent" à cette réalité à leur manière... "Quiet Life" a pour principal but de mettre en lumière le syndrome de résignation infantile que je ne connaissais absolument pas. Au début, je pensais regarder un film de science-fiction dystopique, car c'est quand même bien étrange. Évidemment, la forme choisie par Alexandros Avranas s'éloigne de la réalité avec quelque chose de très froid, statique et parfois inquiétant. Il n'y a aucune chaleur humaine et des gens traités comme des numéros, ce qui renforce le côté futuriste angoissant. La forme y est, mais l'histoire m'a laissé sur ma faim. Encore une fois, c'est important de parler de cette pathologie méconnue qui a depuis été reconnue en Suède, mais ça n'en fait pas un bon film pour autant. Les 2/3 sont pas mal et intrigants puis il y a une dernière partie aussi facile qu'expédiée qui est très décevante. Au final, un film intéressant, mais frustrant.
mat niro

468 abonnés 2 176 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 26 mai 2025
Le syndrome de résignation. Ce film pourrait s'apparenter à de la science-fiction mais ces évènements sont bel et bien inspirés de faits réels. Une famille russe trouve refuge en Suède pour échapper aux menaces visant le père. Devant le refus des autorités d'accorder à ceux-ci l'asile politique, la plus jeune fille fait un malaise. On assiste à un OVNI cinématographique devant ce magnétisme ambiant voulu par le cinéaste, Alexandros Avranas. C'est à la fois glaçant et stressant à suivre, psychologiquement plus dur à encaisser que la plupart des films d'horreur. Une dénonciation salutaire d'un phénomène dont j'ignorais l'existence.
ancarlafernandes
ancarlafernandes

4 abonnés 57 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 22 février 2025
On découvre dans le film le syndrome de la résignation, l'état dissociatif et comateux récemment découvert dans les pays scandinaves et qui touche majoritairement les enfants des réfugiés qui ont vécu des traumatismes psychologiques et dont les parents risquent l'expulsion du pays.
L'exigence de la perfection de la part du corps médical et de l'office d'immigration suédois est surprenante.
michel C
michel C

45 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 31 janvier 2025
Glaçant. Une atmosphère de film d'anticipation, type La Servante Écarlate, dans le monde bien réel des demandeurs d'asile. Mais c'est justement de la froideur et de l'inhumanité de l'administration et des services hospitalier et de la torture morale qu'ils infligent à cette famille que nait l'émotion et le sentiment de révolte. L'actrice principale est bouleversante.
Jipéhel
Jipéhel

103 abonnés 637 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 30 janvier 2025
Plus glaçant, tu meurs…

Quand on découvre que ce drame est une coproduction partagée par la France, la Grèce, l’Estonie, la Suède, l’Allemagne et la Finlande, il y a déjà de quoi être un poil désorienté. Quand, en plus on apprend que le réalisateur, Alexandros Avranas, est grec… On se dit qu’il y a peut être tout à craindre de ces 100 minutes. Mais foin de ces idées préconçues et des a priori encombrants… Suède, 2018. Un syndrome mystérieux affecte les enfants réfugiés. Dans l’espoir d’une vie meilleure, Sergei, Natalia et leurs deux filles ont été contraints de fuir leur pays natal. Malgré tous leurs efforts pour s’intégrer et incarner la famille modèle, leur demande d’asile est rejetée. Soudainement, Katja, leur plus jeune fille, s’effondre et tombe dans le coma. Ils vont alors se battre, jusqu’à l’impensable, pour que leur fille puisse se réveiller… Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’un mois après sa sortie sur les écrans, la presse « officielle » ne s’est pas précipitée dans les salles obscures. 14 critiques seulement, c’est très peu. Une fois de plus, les absents ont eu tort. Certes, ce drame n’est pas très grand public – c’est une litote -, mais le scénario original et la mise en scène très stylisée valent à elles seules le déplacement. Mais, hélas, je crois que ma chronique arrive trop tard, la plupart des exploitants l’ont retiré de leur programmation.
Le cinéaste s’est inspiré d’un véritable mal appelé le « syndrome de résignation ». Des millions d’enfants victimes des guerres ou de répression politique sont envoyés loin de chez eux dans l’espoir d’une vie plus facile et sont en proie à un fort état de désespoir. Une centaine d’enfants seraient ainsi touchés en Suède par ce mal, reconnu seulement en 2014. Le scénario est une histoire universelle – les enfants frappés par ce syndrome auraient pu être afghans, iraniens ou palestiniens -, sur la fragilité de la vérité, sur l’amour inconditionnel des parents pour leurs enfants, et sur la situation d’un enfant en exil. Les enfants en question sont originaires de pays où ils ont été persécutés et, une fois réfugiés dans un pays, sont atteints de la peur irraisonnée de devoir repartir d’où ils viennent. Une sorte de d'état comateux, dont ils se réveillent en général une fois que leurs parents obtiennent le droit d’asile. Le film dresse une réalité factuelle, avec un style visuel très austère, avant de glisser vers la science-fiction. Le modèle suédois est souvent cité en exemple, mais le moins qu’on puisse dire c’est qu’il n’est pas exempt de problèmes – encore une litote -. On sent un profond désir de censurer toute émotion au point de mettre en place un système quasiment kafkaïen. Décor glacial, peu de dialogues, caméra le plus souvent fixe, l’aspect robotique de l'office d'immigration suédois, puis des praticiens médicaux, tout contribue au malaise qui gagne le spectateur qui aimerait croire que tout ceci ne reflète pas la vérité… et pourtant. Mais, je ne vous dévoilerai pas la fin de ce drame glaçant pas comme les autres.
Chulpan Khamatova, grande star du cinéma russe, n’a eu aucune difficulté à s’identifier à son personnage puisqu’elle était elle-même exilée et vit actuellement en Lettonie. Mais, on ne peut oublier les prestations de Grigoriy Dobrygin, Naomi Lamp et Miroslava Pashutina, tous au diapason de ce quasi documentaire dystopique qui a opté pour une voie diamétralement opposé au naturalisme de L’histoire de Souleymane. Les deux films présentent d’ailleurs une scène quasiment identique : celle d’un témoignage, fébrilement préparé mais que le spectateur sait mensonger, devant un fonctionnaire de l’immigration. Cette « vie tranquille » est un constat clinique déshumanisé et aseptisé qui fait froid dans le dos. Le tout ne donne pas forcément envie de visiter la Suède…
rvrichou
rvrichou

122 abonnés 593 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 28 janvier 2025
Un film glaçant à la réalisation parfaite qui arrive à gommer toute émotion . L'objectif est donc atteint de montrer à quel point nos sociétés occidentales dites civilisées arrivent à être totalitairement déshumanisées.
Adelme D.Otrante
Adelme D.Otrante

234 abonnés 1 518 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 24 janvier 2025
Je n’avais jamais entendu parler du syndrome de résignation, c’est chose faite. Le parti pris de la mise en scène de Alexandros Avranas est radical, elle étouffe ses personnages et même ses spectateurs. Le film est immersif, la froideur des cadres, des situations et de l’administration suédoise crée la suffocation. C’est un bon film mais on n’est pas mécontent de sortir de la salle pour reprendre de l’air.
Myriam Zidi
Myriam Zidi

1 critique Suivre son activité

4,0
Publiée le 19 janvier 2025
D’une grande justesse sur un syndrome inconnu. J’ai été happée par le film! Interprétation fabuleuse autant des enfants que des adultes
Joce2012
Joce2012

267 abonnés 767 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 13 janvier 2025
Film effroyable et froid, à peine croyable tellement c'est indigne dans le monde d'aujourd'hui d'avoir de tels comportements, c'est apparemment pas de la science fiction, ça fait peur....
Corinne76100
Corinne76100

89 abonnés 659 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 13 janvier 2025
Film glaçant (la rigidité de l'administration, la suspicion des médecins, la robotisation des institutions) dans un monde aseptisé (réel?) qui en devient presque absurde
Cinememories

603 abonnés 1 677 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 9 janvier 2025
"C’est avec sobriété, mais surtout efficacité qu’Alexandros Avranas nous invite à découvrir les causes et conséquences d’une pathologie rarement abordée dans les œuvres de fiction. En s’inspirant de faits survenus au début des années 2000, Quiet Life explore en quoi le « syndrome de la résignation » constitue un enjeu majeur, en ces temps de guerre et de vagues d’immigration croissantes, pour une jeunesse traumatisée, en perte d’identité et surtout privée d’un foyer chaleureux, où l’amour d’une famille peut briller de mille feux."

"Les victimes plongent dans un état comateux que la science ne peut parfaitement expliquer ou accompagner. Rapidement intégrés dans une nouvelle vie sans peur ni persécution, les enfants de réfugiés dont la demande d’asile a été refusée en sont les cibles prioritaires. Ce concours de circonstances amène donc les parents à se reconnecter à leurs enfants, ainsi qu’à leur culture d’origine, chose qu’on leur ampute à la force d’une administration médicale et sociale kafkaïenne."

"Alexandros Avranas est d’une précision clinique dans sa composition de l’image et sa mise en scène, constamment au service d’une atmosphère claustrophobique et artificielle, quand bien même la flore domine le territoire suédois. Il nous rend compte de cette société, à l’image des enfants atteints du syndrome de la résignation, qui cherche elle-même à protéger son microcosme par de faux espoirs."

Retrouvez ma critique complète sur Le Mag du Ciné.
selenie

7 468 abonnés 6 699 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 9 janvier 2025
Il semble que ce syndrome de résignation soit bel et bien avéré ; en effet ça reste très étonnant que ce syndrome n'existe qu'en Suède ?! Cette question plus les choix du réalisateurs font qu'on se détache d'autant plus émotionnellement de cette histoire qui paraît plus une idée de film d'anticipation. Les décors sont étonnamment épuré, impersonnels, et correspond à une mise en scène clinique et très sophistiqué digne de quelques films dystopique et/ou sur les films au thématique de deshumanisation. Le soucis c'est qu'on tente de nous relater des faits récents et actuels, donc censés être ancré dans notre réalité alors que le cinéaste choisit une style visuel surréaliste idéal pour film d'anticipation ce qui arase forcément la véracité ou l'authenticité des événements... SPOILERS cliquez pour en savoir plus !... Un tournant dans le film, improbable ou incohérent, mais qui permet soudain au film de s'humaniser en se focalisant désormais sur la cellule familiale et leur "reconstruction". La seconde partie du film s'avère plus touchante avec plusieurs jolies séquences qui ne manquent ni d'émotion ni d'une certaine poésie. Mais le propos du film se montre donc bien vain puisque regroupé surtout dans une première partie aseptisé et beaucoup trop hors cadre d'époque pour convaincre.
Site : Selenie.fr
Pierre Kuzor
Pierre Kuzor

185 abonnés 594 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 9 janvier 2025
Ai vu « Quiet Life » film gréco-suédois du réalisateur Alexandros Avranas présenté en Compétition à la Mostra de Venise 2024. Avranas cadre ses plans de façon spectaculaire et au millimètre près. Tout dans son cadre est rectiligne, tout est en droites, parallèles et perpendiculaires… les murs, les sols, les meubles, les tissus… et les personnages s’inscrivent dans ce monde strict et épuré à l’extrême, tels de petits objets fragiles. Cela donne une atmosphère anxiogène et extrêmement réfrigérante : ultra efficace. Inspiré de faits réels, depuis 1998, en Suède particulièrement, des enfants tombent subitement dans le coma, principalement des enfants de réfugiés russes. La pression d’être éventuellement re-expédiés en Russie est tellement insupportable pour ces enfants, dont les familles ont connues des oppressions et des tortures, qu’ils tombent dans ce syndrome de résignation encore très mystérieux pour la Médecine. Serguei (Grigoriy Dobrygin inquiétant) et Natalia (Chulpan Khamatova actrice russe) ont fuit la Russie et font une demande d’asile en Suède. L’attente de la réponse est si insoutenable que Katia, fille cadette du couple tombe dans le coma. Elle est prise en charge par une clinique dont les méthodes sont un très particulières. Les situations et le caractère du film sont si angoissants que le spectateur reste figé dans son fauteuil sous le poids de l’anxiété qui le gagne. La mise en scène très sobre et chirurgicale, la musique minimaliste, les couleurs écrues, grises, beiges donnent une sensation d’un régime totalitaire effrayant dans cette démocratie si avant gardiste qu’est la Suède. . Les acteurs qui jouent le couple et les 2 enfants présentent un performance puissante.
Joselito
Joselito

35 abonnés 137 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 8 janvier 2025
Thèse : un père immature fuyant un régime policier parmi tant d'autres.
Antithèse : lui et sa famille réfugiés dans un régime qui comme d'autres bunkerise le pays et impose des comportements de soumission.
spoiler:
Le père immature reproduit la violence coercitive qu'il fuyait, auprès de ses enfants. spoiler:

Synthèse :
spoiler:
les parents s'émancipent, mûrissent et pourraient peut-être commencer à sauver leurs enfants du syndrome de résignation. spoiler:
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