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Un visiteur
3,0
Publiée le 28 mai 2023
Je ne connaissais pas ce funeste fait divers. Tout comme j’ignorais que l’Australie avait la même tare que les Etats-Unis d’Amérique en terme de possession d’armes à feu dans les foyers ; à en croire le film, on pouvait acheter des armes avec une déconcertante facilité dans les années 90.
Le film repose sur l’acteur Caleb Landry Jones qui endosse le rôle de Nitram avec brio. Son personnage est glaçant tant il est insaisissable.
Le récit est prenant de bout en bout, je n’ai jamais été tranquille à partir du moment où je comprenais la nature dangereuse de Nitram. Cela dit, ce serait malhonnête de ma part de croire que j’avais pressenti très tôt le caractère meurtrier de Nitram. spoiler: C’est seulement après la transaction immobilière manquée dont est victime son père que j’ai compris sa dimension dangereuse.
Jusque là, je plaignais les parents d’avoir un tel fardeau à gérer. Maintenant, son comportement avec Helen, sur la route, était de nature dangereuse. spoiler:
Je pressentais le drame mais le film s’emploie à me déstabiliser avec la parenthèse Helen tant Nitram semblait apaisé.
Si d’aucuns reprochent au réalisateur une certaine complaisance à suivre ce jeune homme désaxé, on ne peut l’accuser de complaisance pour filmer la violence ultime. Il filme l’horreur hors champs spoiler: et conclut brutalement son récit au moment où Nitram s’apprête à abattre plus de trente personnes à Port Arthur.
Comme je l’ai souvent écrit, je n’éprouve aucune empathie pour les « méchants » réels, c’est pourquoi, je suis resté à distance tout en étant curieux de savoir où ce Nitram allait me mener. J’ai considéré le film de Justin Kurzel comme un fait divers.
Palme d’interprétation méritée pour Caleb Landry Jones qui est pratiquement de tous les plans. Je salue le jeu tout en sobriété et tout en nuance de Judy Davis sous les traits de la mère.
Qu'est-ce qui est le plus dangereux : l'arme... ou celui qu'il la tient, même si on peut légitimement s'interroger sur le fait d'acheter cela comme une simple marchandise ? Ce film dépeint de manière remarquable l'ensemble des personnages, à commencer par le jeune Martin, son amie Helen, son père sans autorité et sa mère autoritaire et lucide. Lhistoire s'attache à vouloir démontrer la mécanique qui a amené ce jeune homme à commettre un tel massacre à Port-Arthur, que rien ne saura jamais excuser. Au-delà du portrait de celui qui a subi des vexations de la part de la société, on découvre surtout celui d'un benêt, reconnu handicapé mental depuis son enfance, à la fois violent et candide ; manipulateur et naïf, qui a évacué sa frustration et voulu qu'on se souvienne de lui par l'irréparable. Les plans séquences et le montage sont excellents, mais on pourra regretter une photographie un peu terne. Une oeuvre qui peut faire date.
En évoquant une tuerie de masse ayant eu lieu en Australie en 1996, le réalisateur Justin Kurzel décide de centrer son récit exclusivement sur son auteur en brossant ainsi un portrait sordide d’un marginal en manque d’amour. Le cinéaste en voulant dénoncer la facilité de se procurer des armes en feu dans son pays passe quelque peu au travers car trop complaisant dans son récit vis-à-vis de l’auteur de cette atrocité bien que ce dernier soit incarné avec brio par l’acteur Caleb Landry Jones regard vitreux et allure débonnaire demeurant ainsi le principal atout d’un long-métrage froid et malaisant dans son approche d’un tragique fait divers.
Martin (Caleb Landry Jones) est toqué. Une scolarité chaotique, vite interrompue, lui a valu un surnom en forme de palindrome : Nitram. À vingt ans passés, il vit encore chez ses parents qui semblent être les seuls capables de supporter ses sautes d’humeur. Contre toute attente, Nitram fera une étonnante rencontre qui lui permettra de quitter le cocon familial. Helen, une excentrique sexagénaire, riche à millions, l’accueille dans sa vaste demeure à l’abandon. Sa disparition brutale laissera Nitram orphelin.
"Nitram" repose sur un malentendu. Même si sa bande-annonce n’en dit rien, son affiche annonce la couleur : une date, le 28 avril 1996, un événement, dont on imagine qu’il ne fut pas joyeux. Toutes les critiques dévoilent le pot aux roses : Martin Bryant, un homme de vingt-huit ans, mentalement attardé, a assassiné le 28 avril 1996 à Port-Arthur en Tasmanie, trente-cinq personnes de sang froid.
Il y a deux façons de voir le film. La première aurait été de ne rien savoir de son dénouement. Aurait-on deviné son terme ? Aurait-on senti l’imminence de son issue fatale ? Comment aurait-on perçu la trajectoire de ce grand gamin un peu foutraque mais au fond si attachant ? Sa passion pour les armes à feu nous aurait-elle semblé une lubie anecdotique ou inquiétante ? Hélas, nous sommes condamnés à voir ce film de la seconde façon : en en connaissant l’issue. Tout devient plus lourd, plus inéluctable. On sait qu’Helen va mourir. On sait que Martin/Nitram va exploser comme son surnom le laissait hélas augurer.
Certains de mes amis me disent qu’ils refusent de lire quoi que ce soit afin de découvrir un film libre de tout préjugé. Je ne suis en général pas d’accord avec eux : je lis tout ce que je trouve d’un film pour me préparer à sa rencontre, pour savoir ce à quoi je dois m’attendre, ce sur quoi je devrai réagir… Mais pour une fois, je leur donnerai raison : "Nitram" est un film qu’il faut aller découvrir vierge. Désolé de ne plus l’être après m’avoir lu
Un long métrage perturbant qui rappelle le "Elephant" de Gus van Sant, porté par un comédien transporté par son personnage et qui n'a pas volé son prix d'interprétation à Cannes.
Ce grand gaillard aux longs cheveux blonds mène la vie dure à ses parents. Nitram a des tendances schizoïdes et malgré la prise de son traitement, il est sujet à des accès de colère. Quand il rencontre une femme d'un certain âge qui lui témoigne de l'affection, il croit enfin à une vie meilleure. Le personnage de Nitram est formidablement interprété par Caleb Landry Jones comme peut en témoigner sa crise d'angoisse sur son lit d'hôpital. On sent chez le cinéaste la volonté de montrer un jeune homme inadapté aux codes des relations sociales et toujours sur un fil. Même si le final est attendu, la dénonciation de l'acquisition des armes à feu en Australie dans les années 90 est bien présente. Un portrait saisissant de ce jeune homme.
Ce film est captivant, dès le début on est aspiré par l'évolution mentale de cet homme qui est malade, très très bonne interprétation, on est avec lui dans son monde ça ne peut que mal finir ....
Impossible de voir ce film en entier. J'ai éprouvé un malaise profond à voir la tête du jeune fils et j'avoue de pas avoir supporté sa violence envers son père en m'épargnant la descente aux enfers que je pressentais. En cela le film fait très fort tant l'esprit dérangé du personnage affleure derrière tous ses gestes. Pas eu envie de voir ça.
"Nitram" aurait pu être un très bon film mais rate le coche sous couvert d'un réquisitoire contre les armes en Australie. Le long métrage narre l'histoire d'un jeune homme assez marginal, détaché en quelque sorte de ses parents qui n'ont aucune prise sur lui. Il rencontre alors Helen, une femme riche et un peu étrange vivant avec ses chiens. Lorsque celle-ci vient à mourir, c'est le début de la catastrophe. Nitram ne parvient plus à conserver ce cocon qu'ils avaient pu créer avec son amie et finit par tirer sur la foule d'un restaurant. Justin Kurzel parvient à dresser un portrait tant profond que saisissant du protagoniste et à esquisser d'autres personnages tant touchants que convainquants. Le jeu d'acteurs y est remarquable, notamment celui de Caleb Landry Jones. Le format d'image rectangulaire accentue la proximité des plans et des relations qui demeurent tantôt conflictuelles et tantôt apaisées. Ce même format permet de renforcer le rapport à soi-même qui dégénère chez Nitram, dans la dernière partie du film. De plus, les plans captés pour le long métrage sont souvent très bien choisis. On pourra par exemple se référer à la dernière scène du film, lourde de sens. Toutefois, l'aboutissement de l'intrigue et le désir moralisateur de Justin Kurzel vient gâcher tout le travail de qualité opéré dans son film. Bien que louable dans son éthique, sa visée moralisatrice brise toute authenticité et gratuité esthétique chez Nitram et les autres personnages. Le long métrage ne devient alors plus que le portrait d'un tueur en devenir et perd dès lors une grosse partie de son originalité et de son intérêt.
Décevant. Très bons interprètes, drame tiré d'un fait divers terrible mais le film ne tient que par le risque permanent que représente la personnalité schizoïde du personnage. Peut-être aussi sur une série un peu facile d'hypothèses sur les facteurs déclenchant les crises. (Que personne ne soit attachant n'est pas le problème, "Bruno Reidal" l'a montré en constituant un grand film).
Une prestation MAGISTRALE de Caleb Landry Jones. Je comprends pourquoi il a eu un prix d'interprétation à Cannes. Le film est terrifiant dans ses petits détails. On suit la longue dépression d'un futur responsable d'une tuerie de masse. C'est un film coup de poing. J'ai été vérifié sur intenet tellement l'histoire est incroyable....et tout est fidèle. Petit bémol, le réal prétend faire un film anti-armes à feu, je vois un peu une tentative d'explication d'un crime de masse.
C'est en Tasmanie qu'a eu lieu la plus grande tuerie de masse de l'histoire de l'Australie. Nitram raconte l'histoire de ce jeune homme, brûlé lors de sa jeunesse et qui continua à jouer avec le feu et la patience de ses parents le reste de sa vie. Un marginal qui ne trouva jamais sa place et qui finit par se consumer dans un carnage. Si l'interprétation est bonne, le tempo du film, le classicisme de sa mise en scène font qu'il n'est pas le Elephant australien.