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Antoinem
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4,0
Publiée le 12 juillet 2023
Terribles et magnifiques paysages islandais tout au long du film. C'est le grand atout de ce film dont la photographie est quasi parfaite. La seconde partie se concentre plus sur les démons de ce jeune prêtre danois, dont on ne sait pas trop si même lui sait ce qu'il fait là. Très beau film, belle musique et encore une fois les paysages qui nous donnent envie de parcourir cette île sauvage.
Grande épopée à travers l'Islande dans un premier temps, puis immersion au coeur d'une famille et d'un village ensuite : voilà comment résumer brièvement ce "Godland". Peut-être trop influencé par l'enthousiasme autour de ce film, je suis resté un peu dubitatif devant ce prêtre photographe croquant chaque instant de son parcours. La barrière de la langue est un frein à la fluidité de l'oeuvre, mais on ne peut rester insensible à la beauté des paysages islandais. Parfois gagné par l'ennui, le film accouche d'une fin superbe et gomme de ce fait son côté austère à l'image de son héros qui ne dégage pas un charisme transcendant. Une légère déception.
Un film dur à tous les sens du terme, apreté des paysages, dureté des conditions de vie, froideur voire hostilité des personnages, lenteur du film qui fait qu'on doit vraiment s'accrocher... Mais quand on a fini le film, on se dit que c'était à la fois beau et puissant. Le prêtre agace par son aspect figé, son apparente absence d'émotions, son manque d'empathie et de coeur. Il donne en permanence l'impression de "porter sa croix", de subir un calvaire, et de fait il porte son matériel photographique qui est censé être une passion mais qu'il semble ressentir également comme un fardeau. La fin est assez elliptique, on ne comprend pas forcément très bien quels sont les ressorts des personnages mais ce n'est pas grave... Beaucoup de poésie dans ce film qui passe par l'image et par les changements de paysage au gré des changements de temps, d'heure, de saison...
Le film est sans aucun doute très intéressant mais il faut quand même s'accrocher car c'est très lent voir ennuyeux....je me suis arrêté en cours de route malgré les paysages et les personnages impressionnant
Un missionnaire protestant austère envoyé en mission en Islande dans des paysages tout aussi austères et magnifiques! Une rencontre entre ces deux mondes et a l'arrivée un film magnifique.
Le paysage sauvage et l'inhospitalité de la nature islandaise sont magnifiquement représentés. Les images des paysages sont à vous couper le souffle en tant que spectateur. Le prêtre veut faire tout ce calvaire pour apprendre à connaître le pays et ses habitants. Il aurait pu facilement se rendre directement en bateau au village où il doit construire une église. Il veut prendre des photos de la nature intacte, tout comme des milliers de touristes qui affluent en Islande ces jours-ci : probablement un clin d’œil du réalisateur. Je pense que le réalisateur a voulu aussi incorporer l'humour dans le film. L’incapacité du prêtre à maîtriser son cheval ou celui des autres est parfois amusante. Le symbolisme de la scène où il perd la croix destinée à sa nouvelle église quand ils traversent la rivière. Ce même moment, son interprète est tué par son entêtement et son comportement de je-sais-tout. Sa foi est testé et prends un bon coup. Vers la fin du film on voit comment sa foi s’effondre compètement. Le personnage de Lucas capture magnifiquement l'arrogance et le sentiment de supériorité du clergé européen qui s'est rendu dans le monde entier à cette époque pour convertir les indigènes. Il n'a absolument aucun respect pour la langue, la culture des Islandais ou les Islandais eux-mêmes. Il les méprise, ignore leurs conseils avec des conséquences dramatiques. Lucas prétend ne pas comprendre l'Islandais, le patois local. En fait très drôle car un Danois comprend parfaitement l'islandais comme un Français comprendra un Belge Francophone. Le film est solide comme un roc Islandais tant que dure son voyage à travers le paysage. Mais une fois arrivé dans le village, le scénario devient un peu brouillon. spoiler: Seule la scène finale dépeignant l'insignifiance de l'existence humaine dans ce désert redresse le film.
Je ne veux pas vous cacher une belle expression : « Soendagsdansk : Danois de dimanche". Allez voir le film. Il ne vous décevra certainement pas. Vous pouvez être extrêmement irrité par le personnage principal, mais il finira par obtenir ce qu'il mérite.
La photographie est sublime, la réalisation somptueuse et les acteurs convaincants. Je ne me suis pas ennuyé une seconde dans ce film pourtant aride dans son propos et son dispositif et qui dure 2h30. Entre la leçon de piano et Bergman, un film inspiré, mystique et ténébreux.
Un film à couper le souffle et qui sublime l'image et les personnages par un décor filmé à la perfection. On en redemande même après 2H30 de projection!
Difficile de raconter ce film : il n’est pas fait pour ça, mais pour l’œil et l’intuition poétique... L'histoire est en somme presque sans importance: des destins se croisent et se heurtent au cours d'un long voyage à travers l'Islande sauvage, c’est comme un prétexte pour mettre en scène la Nature et l’Humain, le Temps et l'Espace, l'Éphémère et l'Éternel.
« Godland » de l’islandais Hlynur Pálmason relate la belle histoire d’un prêtre danois qui, au XIXème siècle, entreprend de traverser l’Islande afin d’y construire une église - et d’y photographier la population locale. Le point de départ de ce récit fantasmé, c’est la découverte des plus vieux daguerréotypes islandais, dont le cinéaste va s’inspirer pour construire un film plastiquement composé - au risque même de trop l’être. Grâce au processus du collodion humide, le film montre comment un homme de foi finit par révéler la présence au monde d’une population qu’il ignore, par le bain chimique et les plaques de verre.
De cette énigmatique proposition de cinéma, le film refuse sa dimension théorique et sa réflexion sur l’image, bien que le format adopté dans le film serve d’outil pour rejouer, dans l’air d’un réalisme magique, le regard pénétré d’un adepte de Dieu confronté à la nature folle et extrême des terres d’Islande - coulées de lave, vase, sables profonds, vent élimé, à-pics tranchants. Chemin de croix oblige, la psyché du bigot protestant va être mis à rude épreuve : c’est que Pálmason n’y va pas avec le dos de la cuillère, fixant son objectif sur l’organicité et le vivant qui grouille dans le moindre recoin d’herbe, sous le moindre insecte, à l’affût du bruit du monde. La Terre, aurait pu s’intituler ce film à la fois raide et inspiré, captant par moment la force tellurique des éléments dans leur plus fantasque représentation (on croirait voir des vers de Michaux prendre vie), preuve de la créativité terrestre et des signes du vivant. Mais le récit s’engonce avec maladresse dans une confrontation attendue avec la foi, où la Nature fougueuse va gagner un combat perdu d’avance, et pénétrer l’homme de tous les péchés. A la faveur d’une fièvre, le prêtre se réveille abîmé, transformé, ne pouvant plus accueillir que les pulsions sales de la Bible, jusqu’au bien nommé crime de sang.
Même si le postulat pourrait faire croire à du Herzog, le film s’en détache - heureusement car rien n’est pire qu’une piètre imitation du maître allemand - pour aller chercher du côté de l’expérimental et de la déformation de l’image par la force naturelle. Film ambitieux mais barbant qui évoque le travail sorcier d’un Sokourov (la « Trilogie des dictateurs » en tête, ou « Faust ») sans en avoir le souffle long. L’hypnose générée par les trente premières minutes mène à une succession de séquences forcées, lors desquelles ne découle jamais le sentiment d’une supposée réalité : comme si le film, obnubilé par la composition des plans, tournait la tête à la fluidité de tout ce qui pourrait en suinter. En résulte la sensation de voir s’aligner une succession de rushes magnifiques dont l’auteur ne pouvait se séparer au montage.
Quelques-unes de ces images prisonnières subsistent, certes : mais plutôt que d’une éternité donnée à ces photographies historiques, Pálmason semble les confiner à une perpétuité, captives d’un procédé mécanique. Comme ces dernières vues, pourtant d’une grande beauté, où le cadavre du prêtre et de son cheval défilent dans les plans fixes d’un paysage à la présence inchangée malgré les saisons. Témoin du passage sur Terre, c’est la Nature dans toute sa puissance mémorielle qui contient les restes et le squelette, absorbé dans un retour au tréfonds qui atteste, s’il en était besoin, que Dieu est définitivement ailleurs.
Je m'étais dit qu'après l'interminable et indigeste Midsummer, je ne me referai pas avoir par le 7e art nordique...bon, eh bien, j'ai retenté le coup 樂. Certes les paysages sont époustouflants et grandioses mais pour le reste, je pense que le cinéma scandinave et moi , ce ne sera jamais une grande histoire d'amour ! Quel ennui .
Hlynur Pálmason s'est inspiré des premières photographies, prises aux XIXe siècle de la côte islandaise. Lucas enregistre, documente les couleurs de cette terre et son peuple étrangers. La photographie fige une culture barbare, attachée à l’époque au royaume du Danemark. L'histoire de ce film du début à la fin est aussi âpre et dure que le sont les éléments froids, humides de la météo islandaise associé au caractère entier et sans concession des islandais. La méchanceté et l'intolérance d'un peuple envers un autre est cinglante. Le format 4/3 à bords ronds de l’écran, en plus d’être un support d’incarnation et d’authenticité accompagne cette quête d’absolu. J'ai retenu la beauté des paysages mais ce film traîne en longueur sur des plans où il ne passe rien de rien. Le rythme est lent et pas pour autant contemplatif. Il n'est pas pour autant inintéressant puisqu'il permet de comprendre l'histoire et la vie en Islande à cette époque.
On ne peut nier au film sa beauté esthétique. Les paysages islandais sont à couper le souffle, et la direction artistique, la photo, leur rendent justice. Passé ce premier constat, Godland est un film extrêmement long qui peine à trouver son rythme. Sans compter la psychologie peu, voire pas compréhensible. Un sentiment global mitigé
Filmé à la manière du daguerréotype, le troisième long métrage du jeune cinéaste Hlynur Palmason, Godland, est une réussite éclatante.
Au XIXe siècle, un jeune prêtre danois est envoyé en Islande pour y construire une église. Avant d’arriver dans sa petite communauté, le luthérien traverse les mers et les fjords en prenant méticuleusement en photographie la nature et les hommes. C’est un western sans indien, sans shérif, sans trésor, mais qu’on ne s’y trompe pas, c’est un western quand même.
Un film d’aventure où il n’y a ni explosion ni cascade, où la violence physique ne se manifeste qu’à de rares mais intenses moments. Dans la paroisse, l’immensité des paysages renforce l’étouffante sensation de huis-clos. Terrible beauté, c’est le héros très imparfait de l’histoire qui trouve cette expression pour parler de l’Islande. Le travail de la directrice de la photographie Maria Von Hausswolff ne peut que lui donner raison.
Plus qu’une quête de dieu, Godland est un grand film sur l’humanité et sa condition misérable.