Nommé dans une petite bourgade au fin fond de l’Anatolie centrale, un jeune procureur idéaliste se fait rapidement des inimitiés auprès des potentats locaux. Ces derniers sont bien décidés à en découdre pour conserver leurs privilèges et pratiques d’un autre âge. Erme se retrouve à son corps défendant mêlé à une affaire de viol. Murat, un intrigant journaliste le met en garde contre ces hommes corrompus. En pleine campagne électorale, une enquête est en cours autour de la mauvaise gestion de l’eau. La sècheresse et l’abaissement des nappes phréatiques créaient dans cette région des centaines de dolines. La terre s’ouvre sur de vastes cratères parfois d’une profondeur vertigineuse. La population est inquiète, entre recherche d’eau et limitation, pour ne pas aggraver le phénomène d’effondrement. Le film commence par un long travelling d’une chasse à courre d’un énorme sanglier au cœur de la cité. La scène nous happe par sa beauté et la brutalité extrême qui règne sur la ville. Elle annonce et fait échos à la dernière scène du film, spectrale et totalement hallucinante dans sa bestialité, qui longtemps après nous reste imprimée en mémoire. Entre les deux, un pamphlet métaphorique d’une Turquie au bord du gouffre, comme peuvent l’être les habitants au bord des dolines, inquiets et totalement impuissants. Le film a « chatouillé » les conservateurs du pays par les thèmes abordés ; corruption des élites, patriarcat, homosexualité, homophobie et populisme sur fond de clivages sociaux. Il a remporté un grand succès en Turquie, et tout à la fois l’ire du gouvernement. Le ministre de la Culture aurait réclamé le remboursement des aides financières allouées au film. Le réalisateur a tourné dans sa région natale, la province de Konya. La photographie du film rend un bel hommage aux paysages désertiques à couper le souffle. La chaleur étouffante est palpable à l’écran et accentue le malaise dans lequel le personnage principal s’enfonce durant plus de 2 heures. L’ambiance à l’image du titre est suffocante. Nous spectateurs sommes plongés en immersion aux côtés du jeune homme, dans sa quête de justice. Nous ressortons essorés de ce « Burning Days » où la violence des hommes, monte crescendo.
C’est une farce politique, qui devient criminelle. Un imbroglio psychologique pour le jeune procureur confronté à l’enquête dont tous les éléments peu à peu le ramènent à se présence sur les lieux du drame. Qu’aurait-il fait ? Des preuves ? Des témoins ? Kafka n’est pas mort. Et un jeune réalisateur turc, bien vivant, se charge d’en rappeler l’existence dans la description peu amène de l’administration régionale de son pays, où la corruption est inscrite en évidence au fronton de la mairie. Si on tente d’y mettre un frein, l’hystérie populaire se charge de ramener le bon apôtre à des fonctions plus discrètes. C’est tout le dilemme du représentant de l’Etat, embrigadé dans un système qu’il va complètement brouiller au cours d’une fête nocturne dont il n’a guère de souvenirs. C’est tout l’à-propos de ce film aux multiples échos qui vire très finement vers un thriller angoissant. Le malaise étrange qui s’empare du spectateur fonde une intrigue encore plus excitante. Pour en savoir plus : lheuredelasortie.com
Un jeune procureur urbain débarque dans une petite ville d’Anatolie pour exercer son métier. La tache va être plus que compliquée pour celui qui pense que faire appliquer le droit de partout uniformément est possible en Turquie. Très vite, il va se heurter aux notables du coin bien décidés à ne pas laisser un blanc bec de l’intelligentsia remettre en question des pratiques politiques, rites et corruption bien ancrés dans les usages locaux… voir même acceptés par la population. Ce film projeté à Cannes en 2022 dans la section « Un certain regard » à quelques mois de l’élection présidentiel turque est un brulot contre un régime corrompu dans lequel les oppositions et la presse sont muselés. En modèle réduit, dans ce bourg perdu au milieu des montagnes, la difficulté de faire appliquer l’ordre est bien pointée du doigt : la juge n’est pas prompt à faire appliquer la loi, le maire est une sorte de monarque local, le journaliste est en fait le leader de l’opposition,… Notre procureur est vraiment tombé dans un nid de crabe. Petit à petit, l’étau se resserre autour de lui et le film tourne au thriller politique. Pris dans un traquenard, lui qui se veut irréprochable n’est peut-être pas le chevalier blanc qu’il comptait être. Dans ce monde sans pitié, son intégrité physique est de plus en plus sur la sellette. La tension monte dans un crescendo impitoyable pour donner un film haletant ; c’est un cauchemar éveillé mais pas que… Le cauchemar a proprement parlé fait office aussi de fil rouge tout au long du film. Ce mécanisme narratif s’épuise même un peu dans la seconde moitié du film. Pour la dénonciation de la corruption des élites, de leur violence extrême via à vis de leurs opposants ; pour la paranoïa dénoncée dans ce pays autoritaire ; c’est un incontournable de l’année. Un film courageux bien entendu porté par une réflexion glaçante. TOUT-UN-CINEMA.BLOGSPOT.COM
Très bonne surprise. On n'arrive pas à savoir ce qu'il c'est réèllement passé, qui manipule qui dans cette Turquie profonde conservatrice. Beaux paysages, Acteurs et scénario au top, spoiler: meme si on aurait aimé avoir la confirmation de qui a violé Pekmez et ce qui se passe ensuite à la fin .
Un jeune procureur est envoyé en province pour régler mes affaires de son prédécesseur. Le film est un thriller psychologique et politique sur la vie en Turquie. La réalisation élégante permet de suivre avec grand intérêt les aventures de ce jeune procureur. La gestion des flashs back et l'imbrication des histoires est un modèle du genre. Les acteurs sont tous exceptionnels. A voir absolument.
J'ai vu au cinéma Le Scarron (Fontenay aux Roses) Burning days, très bon film turc, nerveux, effrayant, étouffant. Un jeune procureur, citadin, qui sort tout juste de ses études suivies à Ankara, croit à la Loi et à la justice, arrive dans une petite ville de la Turquie profonde, au milieu du désert d'Anatolie, où des gouffres s'ouvrent dans le sol sans crier gare, où la population, privée d'accès à l'eau, s'en remet aux "Pires" pour la sauver, et devient agressive, menaçante, homophobe à leur image....finalement le procureur ne doit son salut qu'à l'ouverture d'un nouveau gouffre entre lui et ses poursuivants....pas étonnante la victoire aux élections d'Erdogan qui a suivi
Magnifique film turc où l'on assiste aux manipulations des corrompus qui sont au pouvoir dans une région reculée du pays. C'est pour eux un efficace moyen de pression ou d'élimination de tous ceux qui se mettent en travers de leur route. Un jeune procureur tout juste nommé dans la ville va en faire le frais. Il va se faire piéger et plus il voudra se dégager plus le piège se refermera. Ce film est extrêmement puissant, la tension augmente au fil du déroulement de l'histoire jusqu’à atteindre une niveau extrême à la fin. Les acteurs sont excellents. A voir absolument.
Thriller haletant, Burning Day dépeint avec force une société turque divisée, au sein de laquelle se construisent des jeux de pouvoir et d'influence profonds. On y observe de multiples oppositions, entre ville et campagne, entre modernité et traditions, entre ordre et despotisme. L'ambiance installée au fil de l'œuvre masque parfois une écriture un peu approximative, notamment les personnages qui manquent de profondeur, et leurs enjeux parfois peu clairs. La conclusion peut laisser penser à un choix de facilité, ne prenant pas forcément la peine de clôturer tous les axes narratifs. Mais Burning Days n'en demeure pas moins un film intéressant qui vaut le coup d'être découvert.
Un film anxiogène, intelligent, surprenant. Qui charrie une certaine désillusion politique... Le personnage principal est un procureur idéaliste qui va se confronter au réel (et à la cupidité et à la bêtise). Dans une film qui a des accents de "Délivrance"... Une très belle surprise. Une de ces pépites de "Un certain regard"....
C'est un pur film de mise en scène, dans le sens où l'on perçoit une intention de réalisation derrière chaque plan. Tout est intelligemment filmé de façon à créer progressivement une tension, sans aucun artifice.
Grâce à un scénario très bien écrit, l'on assiste, impuissants, à l'arrivée de ce jeune procureur (excellent @selahattinpasali), un peu trop sûr de lui sans doute, au fin fond de l'Anatolie, et qui voit petit à petit le piège se refermer sur lui, dans un village où l'on va chercher à lui faire payer ses excès de zèle. Difficile de savoir à qui se fier dans ce panier de crabes où les personnages sont tous plus ambigus les uns que les autres.
Le procédé scénaristique du flashback qui vient, par petites touches, tout au long du film, apporter les clés, n'est certes pas le plus innovant mais il fonctionne ici, grâce à un montage très réussi qui brouille habilement les cartes entre passé et présent, souvenirs et réalité.
Tour à tour polar, thriller politique, le film ose même s'aventurer sur un terrain homo-érotique, en racontant avec beaucoup de subtilité, et sans jamais en faire un sujet central, la relation de deux personnages qui cherchent et qui se cherchent. La fin du film en devient alors encore plus vertigineuse, cette chasse à l'homme initialement politique prenant alors des airs de lynchage homophobe.
Les forces du film peuvent aussi en devenir ses limites. En abordant toutes ces thématiques et en construisant une narration sous tension, qui tient le spectateur en haleine et en attente d'un climax, le réalisateur nous fait peut-être perdre de vue le propos central du film, à savoir la corruption des élites.
Affiche, sélection cannoise (un certain regard) et critique laissaient présager un thriller intrigant de haute tenue. Il n’en est rien, ou presque, puisqu’on tombe sur un drame local assez lourd, où la jurisprudence, incarnée par un jeune procureur, se heurte aux sombres réalités d’un coin perdu d’Anatolie. Paresse de la mise en scène et pauvreté de la photographie ne créent pas vraiment le trouble attendu. Les turcs locaux ressemblent un peu trop à des caricatures pour être honnêtes. Question cauchemard eveillé, on est bien loin de Wake in Fright, chef-d’œuvre de Ted Kotcheff, auquel on pense inévitablement. Seuls les gouffres d’érosion brutale, liés à la surexploitation des nappes phréatiques, représentent une belle idée, puisqu’ils sont à l’image de la profonde corruption des notables locaux. Mais au final, tout ça sonne creux.
Un thriller audacieux, qui oppose un jeune fonctionnaire, soucieux de faire opérer la justice à tout prix, aux notables corrompus d'un village isolé. Le suspense est maîtrisé, on adhèrera ou pas à la construction du récit en flashbacks - pour moi c'est un oui, en tout cas.
Le sujet et les avis plutôt élogieux nous ont motivés à aller voir ce... C'est comme si j'avais voulu faire une recette avec tout ce qui me restait et que j'avais tout secoué ; Le résultat incohérent, insipide. N'attendez même pas la fin pour partir, c'est juste une blague.