Dans la grande tradition des nouveaux métrages d’épouvante psychologique, voici Men de Alex Garland, une bouillie philosophique qui prend un sujet important comme prétexte pour partir dans tous les sens et laisser libre cours à un scénario dérangé. Ça commence très classiquement avec une nana qui s’isole dans un lieu improbable après un drame, puis rapidement on y croise une tripotée de personnages chelous et le délire psychédélique prend forme. Ça ne fait pas grand sens, c’est trop grossier et facile en plus de tourner rapidement en rond. Enfin, arrive le final presque loufoque s’il n’était pas si gore, ça m’a bien amusé même si le but initial n’était probablement pas là et il faut reconnaître que les scènes sanglantes sont sympas. Pour le reste, je n’étais pas disposé à analyser le contenu lourdaud mais j’ai tout de même apprécié la partition du second rôle multiple intéressant. À voir éventuellement une fois pour le délire mais cette tripotée de métrages horrifiques plus psycho qu’autre chose commencent à me fatiguer …
Il est amusant de lire les critiques et de voir à quel point MEN divise les foules.
Pour ma part, l'expérience fut incroyable, tout à fait le genre de film d'horreur que je recherche. On termine le film comme après avoir traversé un long trip cauchemardesque. J'ai littéralement eu le souffle coupé devant certaines scènes (le tunnel, la scène de l'église...)
Côté scénario en revanche, je reconnais quelques faiblesses au niveau des explications mais celà contribue toutefois au mystere du film.
Très décevant de la part d'Alex Garland, qui nous a habitués à pas mal de profondeur et une sortie des sentiers battus lors de ses 2 précédents films, ici ça reste à la surface et ça ne prend pas trop de risques.
Je mets 0,5 car on ne peut pas mettre moins mais ce film à mon goût vaut 0. Que c'est long, ennuyeux et insupportable par son scénario tiré par les cheveux. On attend la fin avec impatience pour comprendre ce film et finalement à la fin nous ne sommes pas plus avancés tellement l'histoire ne tient pas de bout.
C'est très doux et beau A24 m'impressionne encore dans son esthétisme et sa froideur cependant je dois avouer que le film m'a bien moins emballé que Hérédité ou Midsommar. Le film est très lent et cela ne me dérange pas car cela pose l'ambiance mais la première demi-heure m'a à la fois subjugué mais aussi anesthésié pour la suite du film. La tension y est à certains moments...mais bien que très fan des fins rocambolesques et remplies de réflexions. Celle-ci m'a juste dégoûté et conforté dans l'idée d'un film qui s'y perd un peu.
Une curiosité habile dans le genre, consacrée à la culpabilité plus qu'au problème des rapports de sexe. Elle bénéficie de la présence de Jessie Buckley et d'une très jolie bande son. À voir.
Cela part comme un drame personnel pour glisser vers le thriller campagnard et finir en vrai film d’horreur déjanté. D’entrée le malaise s’installe et ne fera que monter crescendo. Tout est suspect, tout est angoissant. Alex Garland (Ex Machina, Annihilation) nous offre une fois de plus un film de genre aussi réussi sur la forme (les images sont magnifiques…) que sur le fond. Que dire de l’interprétation si ce n’est qu’elle transcende le tout. Jessie Buckley et Rory Kinnear (qui joue plusieurs rôles), sans doute les deux acteurs britanniques les plus talentueux du moment, chacun dans leur genre ils nous offrent des prestations de grande qualité. Mêlant de nombreux thèmes, Men est un film marquant, voir traumatisant, qui ne peut laisser indifférent mais à ne pas mettre devant tous les yeux. Splendide et effrayant.
Sur une base proche du chef d'œuvre de Sam Peckinpah "les chiens de paille " un nouveau film du studio A24, des très très surestimé Midsommar et Hérédité ! Comme à chaque fois avec ce studio, il s'agit d'un faux film d'horreur écrit par des gens qui se sentent très intelligent Mais qui ont un peu trop fumé la moquette !
Un film qui utilise l’horreur pour parler d’une relation toxique, de la culpabilité, du deuil d’une histoire et qui le fait plutôt bien. Si le film ne fait pas dans la subtilité dans son discours et son illustration, il est en revanche d’une grande réussite graphique, avec une mise en scène élaborée et une photo de très grande qualité. Porté par une actrice convaincante Men est un film atypique qui n’hésite pas à prendre des risques.
Après un excellent « Ex-Machina » et une mini série captivante (« Devs »), sans parler du controversé « Annihilation » pour Netflix (que j’avais personnellement adoré), Alex Garland propose avec « Men » un déconcertant cocktail dont la digestion pourrait s’avérer périlleuse pour certains. Bourré de symbolisme, avec une grande dose de post MeToo, une rasade d’elevated horror et toujours un sens du cadre, des ambiances sonores et de la mise en scène assez peu commun, Garland ne se refuse rien (personnages joués par le même acteur, longueur de scènes, incursion de l’onirisme, final grandiloquent, baroque et particulièrement organique). Il peut compter sur deux excellents interprètes pour illustrer son propos (toxicité masculine, poids du traumatisme et de la culpabilité) et, si tout n’est pas parfait, l’originalité et la beauté plastique de l’ensemble constituent des atouts certains.
Alex Garland a toujours su créer l’événement avec les trois longs-métrages qu’il a tournés jusqu’ici, qu’il s’agisse de la réflexion sur l'IA qu'était ‘Ex machina’ ou de l’intrigant trip tarkovskien qu’était ‘Annihilation’. Celui-ci arrive pile à l’heure pour apporter sa pierre au débat des violences commises à l’encontre des femmes, avec une radicalité qui ne fera sans doute pas que des heureux. En préambule, un panorama de la masculinité toxique, qui s’échelonne de la violence frontale (un mari violent, qui fait du chantage au suicide avant de passer à l’acte) aux petites remarques maladroites d’un hôtelier, pas forcément mal intentionnées mais qui démontrent la nature systémique du problème : s’ensuit la lente dérive de la protagoniste principale, Harper Marlowe, en proie à une angoisse diffuse qui se manifeste notamment par le fait que tous les personnages qu’elle croise, le propriétaire du B&B où elle loge, le flic, le pasteur ou l’exhibitionniste local, ont le même visage, sans que la raison en soit jamais clairement explicitée dans le scénario ou même que Harper s’en émeuve. Jusque là, on comprend assez facilement où Garland veut en venir, en dévoilant une sorte de masculinité protéiforme qui serait la cause de l'angoisse latente éprouvée par Harper. Ce jeu subtil qui joue sur la gestion de son propre équilibre psychique par la jeune femme, pour qui les événements clairement anxiogènes aux yeux du spectateur ne sont même pas un sujet, aboutit bien logiquement à l’explosion attendue, qui doit autant au Home-invasion qu’à la folk-horror paganiste d’un Ben Wheatley et livre une scène finale visuellement très dérangeante ancrée, elle, dans la Body-horror dans ce qu’elle peut avoir de plus démonstratif. Cette soudaine montée dans les tours horrifiques rend paradoxalement le message de Garland moins lisible, étant donné que ces scènes-choc peuvent donner lieu à de multiples interprétations. Il est alors plus simple de se dire que le réalisateur a privilégié une approche soudain brutalement viscérale, qui retient toute l’attention en raison de sa crudité, et a choisi d’obscurcir consciemment la clarté du point de vue qu’il expose, de manière à ne pas se montrer trop explicite dans un débat dont les avocats les plus “purs” de chaque camp ont tôt fait de distribuer les bons et les mauvais points à l’aune de cette unique variable.
Alex Garland , le réalisateur d'Ex Machina et Annihilation me déçoit beaucoup. Le coté horrifique ne marche très peu. On ne ressent pas tellement l'épouvante.