Les Linceuls est un Cronenberg moyen et c'est dommage car il y a quelques vraies qualités dans ce récit de deuil quasi biographique, où le cinéaste raconte l'amour par l'absence. De plus il introduit un concept accrocheur de rechnologie permettant de visualiser la dépouille de défunts, et comment cette dernière peut prendre de l'ampleur dans notre quotidien.
Cronenberg amène aussi de vraies belles scènes de vulnérabilité, impliquant Cassel (qui porte le film), Sandrine Holt (meilleur personnage) et Diane Kruger dans un rôle multiple.
La grosse faiblesse vient néanmoins d'une intrigue rapidement convenue, inutilement étirée et partant dans du complotisme digne de fausses pistes.
C'est bien regrettable, d'autant que même l'univers visuel ou technologique n'est pas assez exploité, malgré un chouette épilogue.
Il faudra donc se contenter d'une douce mélancholie funèbre, saupoudrée d'une BO d'Howard Shore efficace.
Sorti presque un an après sa première présentation au dernier Festival de Cannes qui avait d'ailleurs divisé la critique, ce dernier film de David Cronenberg fait certainement partie de ses plus mauvais. Voilà, j'y vais d'entrée de jeu, je n'ai pas du tout accroché à ce film que j'ai trouvé d'un ennui mortel. Nous y suivons Karsh, un homme d'affaire ressemblant étrangement au réalisateur, qui a eu une idée : créer des linceuls connectés permettant aux proches d'observer le corps du défunt se décomposer petit à petit. Pour le coup, c'est un concept vraiment très intéressant, sorte d'épisode de "Black Miror" mais avec, toujours, ce qui obsède le réalisateur, à savoir la corrélation des corps et de la technologie, le tout dans du body horror à l'atmosphère très étrange, voire pesante. D'autant plus que ce n'est pas pour rien que Cassel ressemble à Cronenberg puisque ce dernier y raconte, à travers ce film, son expérience de deuil, celui de sa femme. Mais le problème, c'est que le film ne se limite pas qu'à ce concept. Non, en même temps, nous avons une histoire de complot avec la Chine suite à la profanation des tombes connectées puis la Russie vient s'y greffer, on a aussi des histoires de complot avec le médecin de la femme décédée de Karsh mais aussi avec son ex beau-frère, celui qui était marié à la sœur jumelle de son ex-femme et avec qui il aimerait bien coucher pour se rappeler de bons souvenirs. Ah oui, on a aussi une IA un peu dérangeante qui pète quelques-fois les plombs en se changeant en koala et puis une femme aveugle dont le mari souhaite participer au déploiement de GraveTech (les tombes connectées) en Europe. Bon voilà, comme vous l'aurez compris, c'est un joyeux bordel qui ne fait de plus jamais vraiment sens. Enfin sûrement dans la tête du réalisateur mais en attendant, ça part dans absolument tous les sens, on n'a pas le temps de s'intéresser à une sous-intrigue que déboule une autre ; en fait on dirait une parodie de film d'auteur un peu bizarre. Car oui, le film a aussi tous les poncifs du film d'auteur bien ennuyant, c'est-à-dire, entre autres, les dialogues interminables et abstraits, la nudité omniprésente (ce qui, en soi, ne me dérange pas lorsque c'est justifié mais ça ne l'est ici pas toujours), le rythme linéaire ; manque plus que la clope au lit et on est dans une parodie de Godard. Surtout que la mise en scène est bien souvent très plate, ne se limitant qu'à simplement filmer tous ces dialogues. Alors on a quand même quelques bonnes idées, comme le corps de la femme de Karsh qui se démembre progressivement, comme si la décomposition avait déjà commencée, Karsh voyant sa femme partir littéralement petit à petit, ce qui reste une symbolique forte. Mais dans tout ce bordel, ça ne représente que cinq minutes de film. Le reste, c'est quand même deux bonnes heure d'ennui profond ! D'autant plus que les acteurs ne sont jamais dans le ton et en même temps, on ne peux pas trop leur en vouloir avec des personnages aussi bancals ! Seule Diane Kruger ne se débrouille pas trop mal avec pourtant deux rôles. Cronenberg nous aurait t-il alors sorti un nanar ? Le vrai, celui qui tache et qui est vraiment involontaire ? Il semblerait...
Cette réalisation de David Cronenberg est très difficile à classer ..... Le ton du film est donné dès les premières images, précises, sobres et intrigantes.... J' ai été conquis par ce scénario certes un peu froid mais soulevant tellement de techniques médicales et Cyber très captivantes. Réunir Vincent Cassel et Diane Kruger, elle-même s'offrant un double rôle. Interprétation magistrale de Vincent Cassel dans un rôle taillé sur mesure, tandis qu' on retiendra - enfin pas obligatoire - la superbe plastique de Diane Kruger, y compris atrocement "cicatrisée". Superbes effets spéciaux, et un mode mystérieux omniprésent bien vu. A l' époque de l' . mais aussi des interrogations post-mortem, je trouve assez osé d' avoir accouché de cette comédie originale. Dommage que certaines pistes d' espionnages restent floues, car l' ambiance, la mise en scène et ainsi que les 2 interprétations principales sont colossales..... Ne le ratez pas....!!**
Cronenberg est au dessus du lot, un scénario fascinant. Toujours cette obsession organique. Dans la même veine que "les crimes du futur" Un film d'une grande lisibilité au départ mais qui devient peu à peu nébuleux. Vincent Cassel est excellent.
Comme d'habitude chez ce réalisateur, beaucoup trop de BlaBla, des métaphores incompréhensibles, un univers totalement à part ... Pas fan du tout de ce genre de délire.
Déjà le film est plus captivant, interessant que son précédent. L'idée est original, les acteurs jouent bien. On ressent le malaise à la Cronenberg, sujet touchant la mort. Vincent Cassel est impeccable dans son role. Le film souleve des réflexions, nous laisse sur plusieurs questions. Je pense qu'il faut un second visionnage pour bien cerner cette histoire. Un plaisir également de revoir Guy Pearce, pas assez présent au cinéma.
À la suite de la perte de sa femme survenue en 2017, David Cronenberg a écrit un nouveau long-métrage Les Linceuls (titre original : The Shrouds) trois ans après Les Crimes du Futur. Le film a été présenté en Compétition au Festival de Cannes 2024, le réalisateur canadien étant un grand habitué de la croisette. Il marque également sa troisième collaboration avec Vincent Cassel, après Les Promesses de l’ombre (2007) et A Dangerous Method (2011).
Inscrit dans le registre de la science-fiction, Les Linceuls repose sur une mystérieuse et alléchante intrigue où la technologie rapproche les humains de leurs proches défunts. Là où le linceul enveloppe le cadavre pour le dissimuler aux yeux de tous, le système GraveTech permet au contraire de voir les corps se décomposer dans leurs tombes. Malgré un concept accrocheur et des thématiques fortes telles que le deuil, le scénario est décevant. Le récit est convenu, inutilement étiré et, par conséquent, terriblement ennuyant. De plus, les dialogues sont stériles et, donc, il est difficile de ressentir des émotions envers les personnages. En soit, le film est maîtrisé sur la forme avec un beau cadrage mais ce n’est pas suffisant. Enfin, côté distribution, Vincent Cassel n’est malheureusement pas convaincant dans le rôle du veuf riche là où Diane Kruger nous offre une magnifique interprétation.
Mon avis complet, sans spoilers sur : mediashowbydk[.]com
J'ai eu la chance d'assister à 25 projections l'an passé au Festival de Cannes. Le dernier film de David Cronenberg, qui ne sort qu'aujourd'hui dans les salles, est de très loin le pire film que j'ai pu voir, non seulement là-bas, mais plus globalement en 2024.
Les Linceuls est une purge sans nom qui cumule à peu près tout ce que l'on peut reprocher à un mauvais film : des dialogues qui sonnent toujours faux dans des conversations interminables se résumant à des lieux communs sur la mort et la mémoire, des acteurs tellement mal dirigés qu'ils en finissent par mal jouer, des effets spéciaux cheap, un manque de rythme, des revirements scénaristiques grotesques...
Bref, ce que je retiens le plus de cette séance cannoise, ce sont les rires de gêne et de moquerie des gens présents dans la salle, notamment sur toute la dernière partie du film, spoiler: sur fond de théorie du complot , tellement ridicule que l'on pourrait croire à un film parodique.
Il me sera difficile de rentrer davantage dans les détails puisque cela fait presque un an que j'ai découvert le film et qu'il est hors de question que je m'inflige un nouveau visionnage.
Le regard de boomer du réalisateur sur les dérives possibles de l'intelligence artificielle n'intéressera pas grand monde, et ce film est une nouvelle preuve que parfois les plus grands peuvent sombrer dans l’autoparodie.
Que dire...son dernier film "Les crimes du futur" je l'avais trouvé trouvé mauvais, son délire du gros kiff du corps abîmé sur fond politique...malgré un bon casting et là rebelote avec un nouveau délire sur les cadavres sur fond de complot...là aussi un casting intéressant mais franchement...rien que l'idée de pouvoir suivre le corps en décomposition de son/sa bien aimé....faut être tordu et je l'invite grandement à se faire suivre...d'ailleurs ses films sont ses thérapies je pense. Mais avant de parler du film, nous avons 1 français, Cassel, pourquoi ne pas avoir fait son propre doublage en VF???? Car soit sa voix à mué (hum sceptique...) soit mon audition change (possible avec les marmots qui braillent toute la journée au taf)...reste un détail certes mais qui se rajoute au reste!!! Autre le côté tordu des liceuls, l'intrigue aurait été pas mal du tout car les suspicions de complot, de faire confiance à qui en vrai, cet IA qui devient plus qu'intrusive etc...ok mais franchement..spoiler: .il y a 2 femmes dans le film, hop je me les fait easy , on ne sait pas ce qu'il pense de tout ce qu'on lui dit et à chaque fois qu'on lui dis un truc, il adhère pour que 10mn après on lui dise le contraire et ok je fait la girouette! Et la fin...elle m'a fait sûrement cela ben voilà je boude et spoiler: je pars dans un avion et... FIN???? Franchement cela aurait pu être sauvé par cette histoire de complot mais à vouloir embrouiller toute les 2mn, ben cela gonfle. Alors si être Cronenberg = génie dès qu'il pond un film ben non, on peut dire que c'est mauvais désolé comme Coppola avec son "Megalopolis". NOTE : 1/10
Lorsqu’on veut masquer du creux par de la prétention, on obtient un sarcophage vide. Et le spectateur est censé s’intéresser à une improbable histoire de tombes connectées et de cadavres se décomposant sous Xray! 
Un film (testament ?), brillamment maîtrisé, au scénario original et parfois transgressif, qui traite du deuil (largement inspiré du vécu du réalisateur, ayant perdu sa femme Carolyn en 2017) auquel il a ajouté une ambiance paranoïaque et complotiste, liée aux usages du numérique et de l’intelligence artificielle, avec l’obsession constante de Cronenberg de la mutilation des corps [cf. « Vidéodrome » (1983), « La mouche » (1986), « Faux-semblants » (1988), « Crash » (1996)]. Sans oublier un clin d’œil à Alfred Hitchcock et son film « Rebecca » (1940) dont le rôle-titre est une épouse infidèle et mourant d’un cancer. La musique d’Howard Shore (78 ans, 17e collaboration avec le réalisateur) renforce l’intensité des images.
Ça part d une idée originale mais macabre, un casting et un réalisateur qui semblent prometteur, néanmoins après un décor bien dressé l intrigue se noie dans des échanges pas clairs et concepts assez fumeux qui nous font perdre l intérêt d un film typé polar … mais qui nous égare …
Morbide et provocateur, le prologue nous installe rapidement dans une sordide entreprise : permettre de visualiser et suivre en temps réel la décomposition des cadavres de ses proches. CASSEL survole son drame avec une apparente désinvolture (au lieu d’exprimer 6 ans de désarroi). KRUGER est contrainte à l’immoralité et à la lubricité malsaine. PEARCE surjoue le geek miteux bien embarrassé par la folie de son mentor. Et les séquences choquantes s’enchaînent : spoiler: corps amputé de KRUGER, imagerie numérique du corps de CASSEL revêtant un linceul surréaliste, longue scène de baise avec la sœur, avatar IA provocatrice,…
CRONENBERG exprime de plus en plus des perversités d’âme… Glaçant et troublant !
Vincent Cassel incarne à merveille le rôle d'un PDG de caveaux hightech dans un décor futuriste bourré de gadgets contrôlés par l'IA. Complètement à son insu, il se trouve pris dans une machination médico politique, sa technologie permettant en quelque sorte de faire le tri des cadavres contaminés ou pas par une entité artificielle dont aurait été victime sa femme.... Belle mise en scène et jeu des acteurs convaincant. Quant au scenario, on est dans du Cronenberg encore que des films précédents m'ont paru bien plus opaques.
On pourrait se croire dans un épisode de black mirror, mais lent, pauvre scénaristiquement et sans envie. J'ai presque été d'avantage diverti en lisant le synopsis qu'en voyant le film. Et malheureusement le casting pourtant prometteur ne sauve rien...