Note moyenne
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Avec Sur mes lèvres, Audiard signait sans grande discussion possible son meilleur film jusque-là. Il séduisait par une caractérisation réussie, sans misérabilisme - allez si, juste un peu - en nouant une relation à laquelle le mystère et les contradictions donnent une forme d'éternité maladive. A chaque instant, le lien que tisse ce couple de réprouvés évolue sans se résoudre, visite de nouveaux chemins, seulement tracés par une constante sensualité et des douleurs à fleur de peau. Ainsi, le binôme est insaisissable, s'affranchit des calculs et des prévisions ordinaires. Tout comme il a connu le rejet de la société, il parait quelque part, sur un plan artistique (je ne dis pas, bien sûr, que les personnages font cela consciemment) trouver sa vengeance en traçant un chemin déviant, une voie faite de manipulation et de noirceur, vers une conclusion inévitable mais pourtant cent fois plus complexe qu'on pouvait se l'imaginer. Sur mes lèvres est un film trouble et fascinant, qui profite du talent d'Audiard pour capter les sensations, multiplier des gros plans sans voyeurisme, utiliser la surdité de son héroïne comme un fil rouge tragique et narratif évident. Un film qui jamais ne perd sa précision, et se dévoile petit à petit comme une oeuvre complexe. C'est aussi un écrin idéal pour une Emmanuelle Devos impressionnante, tout au long de l'évolution de son personnage, dans ses fragilités, dans ses espoirs, dans ses soupçons de perversion. Vincent Cassel en fait un peu trop, mais porte toujours sur lui l'intensité qu'il fallait à son personnage. De petits excès parcourent le scénario, sans jamais donner d'argument véritable dans le sens d'une outrance agaçante, participant au contraire d'une ambiance à l'expressionnisme morose qui renforce immédiatement chaque parcelle d'énergie et chaque recoin d'âme de ses personnages. Subtil, puissant et tout à fait fascinant.
Comme à son habitude, Jacques Audiard n'a pas son pareil pour raconter les histoires de personnages paumés, ici représentées en les personnes de Carla Bhem (sous les traits d'une Emmanuelle Devos toujours autant à l'ouest) et Paul Angéli (typiquement le genre de rôle qui sied à Vincent Cassel). Il est un ex-détenu cherchant à se réinsérer et elle est une secrétaire invisible aux yeux des autres. De leur rencontre va naître une relation ambiguë, faite de manipulations réciproques et d'amour passionnel, et celle-ci bouleversera la vie de l'entreprise. Très noir, désabusé, "Sur mes lèvres" est construit sous la forme de l'élaboration d'un braquage où les deux personnages, très subtilement interprétés, décident de se venger du monde qui les a maltraités. La mise en scène incisive et retorse d'Audiard se marie à merveille avec l'ambiance de polar/thriller installée dès la première demi-heure, et le suspense monte crescendo. Chaque scène est un régal, à l'image
spoiler:
des écoutes avec la prothèse auditive de Carla
, et pas une seule fois l'ennui ne vient embêter le spectateur. A voir de toute urgence si ce n'est pas déjà fait !
, et pas une seule fois l'ennui ne vient embêter le spectateur. A voir de toute urgence si ce n'est pas déjà fait !
Audiard réussit à merveille ce qu'il sait faire de mieux: jouer avec nos émotions. Partagés entre le sentiment de malaise et de gêne qui plane tout au long du film, on ne peut s'empêcher de s'attacher aux personnages, complexes, tellement humains et si bien interprétés. Audiard nous laisse toujours sur le fil du rasoir et maîtrise son travail à merveille. A voir, mais pas à revoir, car il laisse quand même un sentiment incertain et difficile à définir, il faut dire qu'il n'a pas la dimension poétique de "De battre mon cœur s'est arrêté", mais il vaut vraiment qu'on s'y attarde.
Très intense les rapports entre ces deux êtres, interprétations impeccables, ce film m'a pris aux tripes
Un des rares bons films français de ces dix dernières années. Ton sobre, pas de musique, atmosphère réaliste, et deux acteurs principaux au sommet, sans surjeu, et incarnant complètement leurs personnages. La cohérence des faits rend l'intrigue passionnante. Pas d'héroïsme dans cette histoire, on se met bien à la place des personnages en pleine conscience des dangers qu'ils encourent, en sachant qu'ils ne seront pas sauvés par magie, comme dans la vraie vie.
Très bon film d'Audiard, Sur mes lèvres est la rencontre de deux êtres coupés du monde, antagonistes, qui vont se servir l'un l'autre pour finalement se rapprocher. Malgré une fin peu crédible pour justifier la fuite des deux amoureux, on ne peut qu'apprécier le brio de la mise en scène et certaines idées fulgurantes dans le scenario. J'ai aimé.
C'est un comble. Un fils à papa à réussi à me faire adoré un film avec l'impinable Romain Duris (De Battre...) et un film avec le supercabot Vincent Crochon. Et oui, dans "sur mes lèvres", Cassel joue juste et avec sobriété, Devos est épatante, et Audiard s'affranchit d'un héritage pesant, pour trouver un style personnel et se faire un prénom.
Ce film est un beau moment de cinéma.
On y retrouve V. Cassel, qui rappelle G. Depardieu dans ses rôles de voyous dans les années 70.
Et bien E. Devos, qui reçut un César pour son rôle.
Dire que ce film a déjà presque 20 ans. Il a bien vieilli.
Devos est une secrétaire efficace mais elle est moquée par certains de ses collègues, notamment car elle est sourde, en tout cas sans ses appareils.
Lorsque Cassel arrive dans sa vie professionnelle comme stagiaire, lui un ancien voyou, sa vie va basculer.
Cassel est à l'opposé d'elle, et on se demande comment il fait pour se faire accepter dans la boite, bien qu'il passe une bonne partie de son temps dans le local de la photocopieuse.
C'est la magie du cinéma.
Et elle fonctionne.
Petit à petit, les 2 là vont apprendre à se connaître et Devos va tomber sous le charme. Comme quoi les voyous ça marche toujours :)
Et ensuite la partie policière va commencer, quand Cassel, va se faire rattraper par d'anciennes affaires et amis.
Au début du film on pense pas forcément qu'on va avoir affaire à un film policier, car la première partie est plutôt sociale, avec une "peinture" de l'entreprise.
On voit arriver le "jeune" O. Gourmet dans le rôle du méchant.
La fin est pleine de tension et on a définitivement quitté le film dramatique.
On y retrouve V. Cassel, qui rappelle G. Depardieu dans ses rôles de voyous dans les années 70.
Et bien E. Devos, qui reçut un César pour son rôle.
Dire que ce film a déjà presque 20 ans. Il a bien vieilli.
Devos est une secrétaire efficace mais elle est moquée par certains de ses collègues, notamment car elle est sourde, en tout cas sans ses appareils.
Lorsque Cassel arrive dans sa vie professionnelle comme stagiaire, lui un ancien voyou, sa vie va basculer.
Cassel est à l'opposé d'elle, et on se demande comment il fait pour se faire accepter dans la boite, bien qu'il passe une bonne partie de son temps dans le local de la photocopieuse.
C'est la magie du cinéma.
Et elle fonctionne.
Petit à petit, les 2 là vont apprendre à se connaître et Devos va tomber sous le charme. Comme quoi les voyous ça marche toujours :)
Et ensuite la partie policière va commencer, quand Cassel, va se faire rattraper par d'anciennes affaires et amis.
Au début du film on pense pas forcément qu'on va avoir affaire à un film policier, car la première partie est plutôt sociale, avec une "peinture" de l'entreprise.
On voit arriver le "jeune" O. Gourmet dans le rôle du méchant.
La fin est pleine de tension et on a définitivement quitté le film dramatique.
Les deux personnages principaux sont bien dépeints, intéressants et attachants. Mais leur intrigue sentimentale ne génère pas d’émotion et le glissement progressif vers le thriller tend vers l’invraisemblable, et par conséquent le désintérêt. D’autant que le film se disperse, devenant presque confus. On devine les intentions du cinéaste (voir sa référence très appuyée à « Fenêtre sur cour ») et constate à regret qu’il n’atteint pas son but.
Ce film était pour sourd et muet, à la vitesse supérieure, ce n’est qu’une intrigue de demi sourde avec prothèse auditive.
Le salaire de misère bavarde rencontre une mauvaise fréquentation, un bad boy de service en réinsertion au sein de la même entreprise qui les emplois, la promotion de l’immobilière.
Un beau petit couple inespéré d’enfer marginal, la solitude au peu d’estime a la solution au banditisme, un super-sens inné sur le bout des lèvres faisant tourner les affaires crapuleuses, le jeu interposé de l’amour platonique.
Le réalisateur est accro aux boites de nuit, cocktail barman shaker sur fond de musique de fréquence FG, un film bof, le style de la mise en scène, du papier froissé, ça arrive et claque des doigts.
Ses spectateurs indifférents pour ces personnages insipides romantiques marginaux, enfin vient la nuit à l’hôtel épuisé du grabuge.
Le salaire de misère bavarde rencontre une mauvaise fréquentation, un bad boy de service en réinsertion au sein de la même entreprise qui les emplois, la promotion de l’immobilière.
Un beau petit couple inespéré d’enfer marginal, la solitude au peu d’estime a la solution au banditisme, un super-sens inné sur le bout des lèvres faisant tourner les affaires crapuleuses, le jeu interposé de l’amour platonique.
Le réalisateur est accro aux boites de nuit, cocktail barman shaker sur fond de musique de fréquence FG, un film bof, le style de la mise en scène, du papier froissé, ça arrive et claque des doigts.
Ses spectateurs indifférents pour ces personnages insipides romantiques marginaux, enfin vient la nuit à l’hôtel épuisé du grabuge.
Jacques Audiard est un des seuls réalisateurs français(avec Gaspar Noé,Kassovitz etc...) à harmoniser le cinéma de genre avec l'auteurisme franco-français.Et cela se ressent le mieux dans "Sur mes lèvres".Basé d'abord sur le quotidien du magnifique personnage joué par Emmanuelle Devos,une secrétaire souffrant de la solitude et d'une vie morose,le long tourne de plus en plus vers du thriller avec la venue dans sa vie de Vincent Cassel sans oublier cette base de film dramatique.Cette étonnante équilibre est la preuve de la grandeur de Jacques Audiard et de l'importance de cet œuvre révolutionnaire dans l'industrie parfois trop statique du cinéma français.
Excellent film ! Il y a tout ce quil faut : une histoire, du suspens, une réalisation irréprochable et une actrice en état de grâce (Emmanuelle Devos). A voir.
Un film très sympathique qui offre l'un des meilleurs rôles de Cassel (que je n'aime pas du tout), et Devos en femme troublée, son personnage allant évoluer durant tout le film. Si je ne met pas 4 étoiles, c'est à cause d'une baisse de rythme vers le milieux de l'histoire et on ne sait pas où le film veut en venir, ce qui semble assez troublant, mais une fois que l'intrigue est relancée on ne détourne plus l'écran des yeux.
La liaison de ces 2 personnages possédant chacun un handicap à surmonter permet de mettre en avant 2 très bons comédiens mais également un réalisateur maitrisant à merveille la relation imperceptible mais tellement touchante qu'il existe entre ces personnages.
Film difficilement pitchable tant les pistes sur lesquels nous lance Jacques Audiard sont nombreuses.
Emmanuelle Devos vit un enfer au bureau. Allure de vieille fille, elle peine sur son lieu de travail où, malgré ses compétences et son investissement, elle n’est que la boniche. Aussi tous ces collègues ne lui font aucun cadeau. Ses prothèses auditives signe son handicap, et la lecture sur les lèvres de son entourage en ajoute à son mal être. Vu les qualités et la force d’inventivité dans le jeu d’Emmanuelle Devos, çà pourrait faire un film à part entière. Mais non, bouc émissaire dans sa boite, elle voie une sortie par l’arrivée d’un stagiaire ex taulard comme compagnon d’infortune. Elle devient à son tour tyrannique et décide d’utiliser les compétences de Vincent Cassel pour se venger de l’injustice qu’elle subit. Tiens, c’est le sujet du film. Mais non, le film devient un polar avec braquage, règlement de comptes, coups montés,…
Le récit est dense, touffu ; presque trop. Le thème central est tout de même la rencontre insolite entre deux loosers de la vie qui se complètent à merveille. L’union de leurs compétences réciproques en fait des Bonnie and Clyde à la petite semaine. Faibles séparés mais forts ensemble. Amoureux, une énigme à laquelle chacun trouvera sa réponse. Certains qualifient ce film aussi de suspense amoureux, c’est aussi un thème. En fait c’est un film de genre qui en a plusieurs ; même si le polar prend sérieusement le relais sur le final. Pour entremêler toutes ces thématiques et perdre le spectateur dans le film ; Audiard donne une vraie leçon de cinéma. Rien de littéraire mais juste un récit cinématographique.
La description méticuleuse des effets pervers de la frustration et du manque de considération à travers une Emmanuelle Devos devenant elle-même cruelle et dominatrice est saisissante. Il en est de même pour la satire grandiose de la vie de bureau.
Bilan des opérations : du talent cinématographique, c’est certain ; une interprète fantastique, c’est acquis ; un récit intelligent, c’est sûr ; mais un manque de mystère, assurément ; un film pas assez épuré et condensé surtout. Pour terminer, un exemple flagrant du futile inutile : pourquoi venir alourdir son récit avec cette histoire de contrôleur judiciaire meurtrier ; aucun intérêt.
A voir pour le talent d’Audiard et de Devos
Emmanuelle Devos vit un enfer au bureau. Allure de vieille fille, elle peine sur son lieu de travail où, malgré ses compétences et son investissement, elle n’est que la boniche. Aussi tous ces collègues ne lui font aucun cadeau. Ses prothèses auditives signe son handicap, et la lecture sur les lèvres de son entourage en ajoute à son mal être. Vu les qualités et la force d’inventivité dans le jeu d’Emmanuelle Devos, çà pourrait faire un film à part entière. Mais non, bouc émissaire dans sa boite, elle voie une sortie par l’arrivée d’un stagiaire ex taulard comme compagnon d’infortune. Elle devient à son tour tyrannique et décide d’utiliser les compétences de Vincent Cassel pour se venger de l’injustice qu’elle subit. Tiens, c’est le sujet du film. Mais non, le film devient un polar avec braquage, règlement de comptes, coups montés,…
Le récit est dense, touffu ; presque trop. Le thème central est tout de même la rencontre insolite entre deux loosers de la vie qui se complètent à merveille. L’union de leurs compétences réciproques en fait des Bonnie and Clyde à la petite semaine. Faibles séparés mais forts ensemble. Amoureux, une énigme à laquelle chacun trouvera sa réponse. Certains qualifient ce film aussi de suspense amoureux, c’est aussi un thème. En fait c’est un film de genre qui en a plusieurs ; même si le polar prend sérieusement le relais sur le final. Pour entremêler toutes ces thématiques et perdre le spectateur dans le film ; Audiard donne une vraie leçon de cinéma. Rien de littéraire mais juste un récit cinématographique.
La description méticuleuse des effets pervers de la frustration et du manque de considération à travers une Emmanuelle Devos devenant elle-même cruelle et dominatrice est saisissante. Il en est de même pour la satire grandiose de la vie de bureau.
Bilan des opérations : du talent cinématographique, c’est certain ; une interprète fantastique, c’est acquis ; un récit intelligent, c’est sûr ; mais un manque de mystère, assurément ; un film pas assez épuré et condensé surtout. Pour terminer, un exemple flagrant du futile inutile : pourquoi venir alourdir son récit avec cette histoire de contrôleur judiciaire meurtrier ; aucun intérêt.
A voir pour le talent d’Audiard et de Devos
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