Bardo, fausse chronique de quelques vérités
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Kouto
Kouto

29 abonnés 4 749 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 1 novembre 2025
S’il s’agit du film le plus libre et le plus personnel du réalisateur Alejandro Gonzales Innaritu, c’est aussi une œuvre assommante par son nombrilisme. En effet, il conjugue dans un récit fleuve métaphysique, crise existentielle et symbolisme à l’écran. Le cinéaste évoque sa culpabilité d’avoir obtenu du succès aux Etats-Unis tout en rendant hommage à son pays natal ainsi que son rapport à la famille et la perte d’un enfant. La virtuosité technique du cinéaste ne devient ici qu’un emballage scintillant aux yeux mais ne pouvait masquer la vacuité finale de l’œuvre.
Lulufurtive
Lulufurtive

27 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 18 août 2025
Je suis étonnée qu'il n'y ait pas une seule note à cinq étoiles pour ce film. Serait-ce que nous n'avons plus le temps de nous recueillir pour accueillir une grande œuvre... longue certes, pourrait-on dire, lente, décousue et introspective ?
Lente, mais bien rythmée : je ne me suis pas ennuyée une seule seconde devant ce long métrage visuellement époustouflant, magnifiquement interprété, et qui convoque avec bonheur le souvenir de l'immense Fellini.
Quant au scénario, loin d'être décousu, il est extrêmement bien construit, et tout s'éclaire à la fin... si l'on va jusqu'à la fin bien sûr, mais peut-être que certains préfèrent zapper car un mec qui parle de lui, bah voyons, quel intérêt ?
Eh bien celui de visionner une œuvre qui, en se concentrant sur un individu (l'alter ego d'Inarritu sans doute), parle tout simplement de la condition humaine, de ses grandeurs et de ses défaillances.
Parle de nous tous, en somme.
Un beau film hanté, dont le scénario rappelle un autre chef-d'œuvre, "L'échelle de Jacob" d'Adrian Lyne (1990).
Mais peut-être qu'à l'époque nous étions prêts à nous embarquer dans une histoire folle sans forcément la comprendre...
Si Fellini tournait "Amarcord" ou "8 et demi" aujourd'hui, qu'en dirait-on sur Allociné ? Je n'ose y penser...
Cadreum
Cadreum

60 abonnés 778 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 8 mars 2025
Avec Bardo, Alejandro González Iñárritu orchestre un film de l’errance, où le réel se dérobe sous l’accumulation des visions. Dans ce poème en apesanteur, la mémoire s’effrite, l’identité se diffracte, la culpabilité s’infiltre dans chaque recoin de l’image. Tout devient mouvant, incertain, comme si le cinéma lui-même, ébranlé dans ses fondations narratives, ne pouvait plus contenir l’ampleur du doute qui ronge son protagoniste, son réalisateur.

Silverio Gama, (double du cinéaste?), évolue dans un entre-deux où les contours de son existence vacillent. Exilé aux États-Unis, adulé à l’étranger, mais étranger à son propre pays, il navigue dans un purgatoire où l’Histoire se confond avec l’intime, où le passé se vit au présent, où le tangible se désintègre dans l’imaginaire. Son errance épouse celle du "bardo" bouddhiste, cet état transitoire entre la mort et la renaissance. Mais que faire lorsque les illusions sont le seul refuge possible ?

Dès ses premiers plans, Bardo impose un pacte avec l’irrationnel. Les séquences se déploient comme des souvenirs enfiévrés, insaisissables et flottants, gouvernés par la logique du rêve. Iñárritu défie la gravité du récit : les corps changent d’échelle, les époques se télescopent, les perspectives s’étirent et se brisent. Une naissance absurde donne à voir un nouveau-né qui refuse le monde et revient dans le ventre maternel. Un talk-show se mue en tribunal existentiel où Silverio est jugé par ses pairs et ses propres contradictions. Un dialogue avec Hernán Cortés, figé sur une montagne de cadavres indigènes, interroge le legs empoisonné de la colonisation et la posture ambiguë de l’artiste déraciné.

Dans ce labyrinthe mental, la mise en scène épouse la dérive du personnage. Chaque scène devient une pièce d’un puzzle que le film ne cherche jamais à compléter, préférant l’ivresse de la déconstruction à la facilité du sens.

Bardo pose une question essentielle : peut-on encore parler d’un pays que l’on a quitté ? Silverio est pris dans un paradoxe insoluble. Mexicain devenu une voix reconnue à l’international, il est suspect dans son propre pays, accusé de l’avoir trahi. À l’étranger, il demeure un étranger, jamais tout à fait assimilé, jamais tout à fait chez lui. Cette fracture identitaire, Iñárritu la pousse à l’extrême, la transforme en une dissonance constante où le personnage semble à la fois acteur et spectateur de son propre récit.

Chaque retour au Mexique devient une confrontation douloureuse. La ville natale est un décor aux proportions irréelles, les proches des figures à la fois familières et distantes, et la terre natale un sol instable où les souvenirs se dissolvent. L’exil, ici, ne se mesure pas seulement en kilomètres, mais en strates de conscience superposées, que rien ne peut combler.

Tout au long du film, Iñárritu interroge la nature même du souvenir. Revivre une scène du passé, est-ce la retrouver ou la réinventer ? Silverio ne se remémore pas, il réécrit. Il dialogue avec des absents, refaçonne les événements, s’incruste dans des instants qu’il n’a jamais vécus autrement qu’à travers son prisme déformant.

Œuvre-monstre, Bardo n’échappe pas à l’accusation de démesure. Pour certains, le film flirte avec l’auto-célébration, confond l’introspection et l’auto-indulgence, s’enivre de sa propre virtuosité. Iñárritu s’y met en scène sans filtre, expose ses doutes mais aussi son ego, s’étire dans des séquences où la contemplation frôle parfois la complaisance. Mais dans cette ambition débridée, dans cette absence totale de compromis, réside aussi la beauté du film : celle d’un cinéaste qui refuse de s’excuser d’être trop, qui embrasse la démesure comme seule réponse possible.

Bardo est une plongée dans l’entre-deux, un rêve éveillé où l’identité, la mémoire et l’Histoire se heurtent dans un chaos sublime. En refusant toute linéarité, en embrassant l’instabilité comme principe fondamental, Iñárritu offre une expérience à la fois immersive et déroutante, une œuvre qui demande au spectateur de lâcher prise, d’accepter de dériver sans repères. Car si Bardo raconte l’exil d’un homme, il évoque aussi, en creux, celui qui nous guette tous. Un exil intérieur, une traversée du doute où, à force de scruter les contours incertains du passé, on finit par se perdre soi-même.
Arthus27
Arthus27

126 abonnés 642 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 2 novembre 2024
Oscillant entre une quête identitaire, un ancrage à son Mexique natal, et un combat pour surpasser un drame personnel, Bardo regroupe beaucoup de thématiques, toutes traitées avec beaucoup de justesse et de force. Mais la multiplication des arcs narratifs rend le film très dense, enchainant les scènes épiques et imagées qui nous emportent autant qu'elles nous perdent. On retrouve certains des tropes d'Iñárritu, notamment une photo très esthétisées ou l'utilisation systématique du fish eye. Mais on peut regretter le manque d'âme et d'émotions dans un film qui devrait normalement en déborder, mais qui l'anéantie pas ses effets et sa sur-esthétisation spoiler: (on pensera notamment à la scène de la plage)
. Le film n'en demeure pas moins une réussite, tout en confirmant l'adage qui veut que Netflix produit des films mineurs de réalisateurs majeurs.
NarnoNarno
NarnoNarno

49 abonnés 718 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 13 juillet 2024
"Bardo" est un film magnifiquement filmé (images, cadrages, plan-séquences) , avec des moments de grâce sublimes et d'étonnantes scènes truculentes. Mais "Bardo" est aussi très long, bavard, abscons, énigmatique, et à défaut de susciter la curiosité, il sollicite surtout notre ennui. A.Gonzalez Inarritu a créé "Bardo" pour y transférer sa fatigue d'auteur et son déracinement coupable qui partage son coeur entre ses attaches mexicaines et son business à Hollywood. Ce film est trop auto-centré sur le trauma existentiel de son réalisateur, qui nous ouvre à son auto-questionnement sans susciter une once d'émotion du spectateur. Entre virtuosité et complaisance, "Bardo" a le mérite d'émerveiller nos mirettes à défaut de se vouloir pleinement accessible. On en sort séduit mais absolument pas charmé.
ffred

1 987 abonnés 4 257 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 31 mars 2024
Retour au pays pour Alejandro González Iñárritu après deux films américains. Pour la première fois il m’a complètement largué au bord de la route. Apparemment cela se veut autobiographique si j’ai bien compris. Sauf que je n’ai rien compris. Il y a de tout et n’importe quoi ici. C’est lourd, long, lent, inintéressant, les dialogues sonnent creux etc etc..J’ai voulu aller au bout, parfois quelques minutes sauvent le tout, mais là non rien vraiment à sauver. Les images (de Darius Khondji) sont belles, maigre bilan. Et puis 2h48, était-ce utile ? Étonnant pour celui qui jusqu’ici ne nous avait offert que des chef d’œuvres ou des très bons films (hormis Biutiful pour moi). Bref un vrai gâchis vide de sens. Espérons que cela ne soit qu’un incident de parcours pour le réalisateur mexicain. Une purge…
Acidus

872 abonnés 3 937 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 19 janvier 2024
Avec "Bardo", Inarritu signe son film le plus introspectif et le plus autobiographique. Le plus décalé aussi puisque le cinéaste joue constamment avec les frontières entre l'imaginaire et le réel, brouille les indices temporels, use fréquemment de métaphores,... Le tout pour nous parler de la vie au sens large, philosopher sur son sens, sur le temps qui passe, sur la quête d'identité, sur la situation actuelle du Mexique, sur les médias,....


Beaucoup de sujets abordés ici et pas toujours de manière cohérente. Cela donne souvent lieu à des dialogues/monologues inutilement longs ; presque des cours magistraux. Cela a donc tendance à plomber le rythme du film et faire redescendre l'intensité de l'atmosphère générale. Dommage car il se dégage de "Bardo" une réelle particularité et de vraies réflexions métaphysiques.


Gros point fort du long métrage : sa technique et son visuel. Une photographie splendide couplée avec une excellente mise en scène. On profite pleinement des nombreux plans séquences dont se compose "Bardo".


Bon dans l'ensemble mais Inarritu aurait pu en tirer quelque chose de bien mieux.
John Henry
John Henry

127 abonnés 731 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 24 novembre 2023
Le spectateur visionne Bardo comme on se promène dans un musée d'art contemporain, c'est immense, très vaste, on n'y comprend pas toujours grand chose, c'est vaguement ennuyant, on ne sait plus bien ce qu'on est venu faire là et parfois c'est beau à vous couper le soufffle. Au final, ça parait surtout un peu vain, trop désincarné, trop disparate.
Norbert Sautelles
Norbert Sautelles

19 abonnés 675 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 31 octobre 2023
Nous reconnaissons le travail de mise en scène phénoménal, incorporant un travail sur l'aspect visuel et l'originalité de ce qui est mis devant la caméra (que ce soit devant la caméra ou ajouté numériquement) : chaque séquence contient son lot d'éléments visuels excessifs, insensés, ou abolissant la réalité. Chaque séquence est construit sur un partie prix visuel original et qui imprime bien l’œil, mais assez peu la mémoire. Tout cela est très beau. Tout est parfait sur le plan technique : décors, costumes, photographie, distribution et interprétation.

Mais nous restons tout le temps hermétique au schéma dramatique et au enjeux, que nous imaginons personnels pour le réalisation. Cela parle de la famille, du Mexique, de l'Histoire, de la relation du Mexique avec les USA, et bien sûr des USA. Il faut reconnaître que, au delà de la beauté plastique du film et de son originalité sur le plan visuel, nous restons froid devant les éléments dramatique, et que sur la durée cela devient un problème, même si l'originalité visuelle, plastique, est souvent au rendez vous.
anonyme
Un visiteur
3,0
Publiée le 19 mai 2023
Virevoltant : «BARDO» d’Alejandro Innaritur est une fête de tout les instants sur le sens de la vie doublée d’une réflexion honnête sur la création. Plus accessible à des cinéphiles, «BARDO» est un film plaisant mais pas immanquable non plus.
Francois Royet
Francois Royet

2 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 23 avril 2023
Magnifique ! Des images époustouflantes et un surréalisme bienvenu. Belle découverte, je ne connaissais pas ce film.
TUTUR29
TUTUR29

46 abonnés 1 336 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 12 avril 2023
Après avoir réalisé d'excellents films comme Revenant, Birdman ou Biutiful, j'étais curieux de découvrir ce nouveau film d'Inarritu. Malheureusement je n'ai pas été très séduit : il y a toujours une mise en scène avec des plans jolis et très larges, et il y a de nombreux passages complètement WTF qui nous font nous demander sur quoi on est tombé en lançant Bardo. Mais hormis ça, j'ai eu beaucoup de mal à suivre le fil conducteur de l'histoire. Certains dialogues sont intéressants mais il y a globalement beaucoup de longueurs qui font que j'ai du m'accrocher pour tenir devant Bardo. Je n'oserais pas dire que c'est un mauvais film mais clairement, je n'ai pas accroché.
Qmuzz15
Qmuzz15

7 abonnés 17 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 6 mars 2023
Que dire de ce film, c'est pas évident. Effectivement on ressent le travail assez méticuleux de Inarritu ( réalisateur de The Revenant) pour expliquer dans ce long métrage son histoire personnelle,sorte d'introspection. Cependant le film est trop long, avec des scènes parfois sans intérêt et d'une grande complexité. Encore une fois l'idée du scénario reste tout de même de qualité dans son ensemble et seuls certains réalisateurs sont capables de proposer ce type de film.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 3 février 2023
Un film comme ça, faut juste le voir, s'en imbiber, l'avaler, le digérer. On comprend vite - dès le début - que l'on pénètre dans une zone d'inconfort. Tout d'abord, cette ombre chaussée des bottes de sept lieux qui s'envole au-dessus du désert nous met très vite dans l'ambiance: ouh là là, je ne suis pas dans lé réel là, ou plutôt pas dans le réel du film auquel je m'attendais, connaissant Inarritu. Ensuite, ces images prises au (très) grand angle, du début à la fin. Surprenant, original, audacieux; mais ça fout la gerbe parfois (ne pas trop regarder les côtés de l'écran...); enfin, cette avalanche de personnages, de lieux, d'événements, d'idées, de problématiques, de passion, d'amour, de mélancolie, cet amalgame inextricable de scènes et de dialogues, par moments sans queue ni tête, mais pourtant faisant partie d'un tout cahotique sorti tout droit du cerveau saturé du personnage principal et de Inarritu lui-même (à 60 ans la coupe est en droit de déborder), nous malmène, nous épuise et nous oblige à rester concentré sur le sens de chaque scène: c'est vraiment dur!
Pourtant c'est esthétique, c'est poétique, c'est surréaliste, c'est onirique. J'aurais bien aimé le voir sur grand écran...
Last Action Zero
Last Action Zero

90 abonnés 278 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 31 janvier 2023
" C'est un exercice très prétentieux et inutilement onirique. L'onirisme ne sert qu'à masquer la médiocrité de l'écriture. C'est un méli-mélo de scènes sans intérêt. J'hésitais entre mourir d'ennui et exploser de rire. Tout n'est que métaphore. Mais sans inspiration poétique. Une forme d’usurpation, tu vois. C'est du plagiat mal dissimulé. " 3/5 de l'hallucination crépusculaire et poli de fin de parcours artistique.
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