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CH1218
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3,5
Publiée le 9 décembre 2021
Spécialiste du film choral («The Player», «Short Cuts», «Prêt-à-Porter»), Robert Altman se distingue à nouveau avec sa distribution pour un tableau acide de la bourgeoisie anglaise des années 30 en réunissant aristocrates et serviteurs dans une immense propriété pour une partie de chasse. C’est joliment dialogué mais on s’y perd avec tout ces personnages. Puis, une fois qu’on s’est familiarisé avec ce petit monde, la mort survient, transformant une traînante première partie en un "cluedo" grandeur nature dont la fin en surprendra plus d’un. A noter que le scénariste Julian Fellowes s’inspirera de son expérience sur « Gosford Park » pour créer quelques années plus tard une série dérivée : « Downtown Abbey ».
Les années 30 dans un domaine anglais. Lord McCordle reçoit quelques proches ou connaissances pour un week-end de chasse. Chacun est accompagné de son domestique. Le sujet, les personnages, ne sont pas inédits mais cette histoire de "maitres et valets" constitue une habile comédie de moeurs où s'exercent la sagacité et la discrète ironie de Robert Altman. "Gosford Park" est une comédie à deux étages. D'abord il y a les maitres dans les salons, dont la distinction et les manières à l'anglaise peinent à cacher les hypocrisies, les rancoeurs et les querelles. Et puis, en dessous, dans les cuisines et dépendances, il y a le petit monde de la domesticité, lui aussi astreint à ses codes, à une hiérarchie, et où il arrive qu'on devise sur son "patron" en des termes pas toujours aimables. Ces descriptions parallèles, ou superposées, établissent nettement le contraste entre les deux classes, y compris sur un plan formel -aux uns l'élégance et les salons dorés, aux autres la rigueur vestimentaire et les salles grises de service- et l'activité du personnel s'oppose au prélassement et divertissements des maitres. Pour autant, le cinéaste ne porte pas de jugement, ne prend pas parti ni n'appelle à la révolution. Les positions sont ainsi faites et sont dans l'ordre des choses. D'ailleurs, tout autant que leurs employeurs, les valets entendent garder leurs distances...à l'exception de quelques rapprochements nocturnes. Les ridicules affectations des uns, les petites histoires des autres forment toute une comédie humaine où se dévoilent les faux-semblants. Au dernier tiers du film, Altman ajoute au caractère ludique du sujet en intégrant une très british intrigue policière, façon Agatha Christie. Le film est une caustique galerie de portraits, comme sait les imaginer depuis toujours le cinéaste.
Ce film de R. Altman est très fréquentable, ce qui n'est pas toujours le cas, basé sur des expériences précédentes pas toujours réussies. C'est donc avec un peu d'appréhension que j'ai commencé à regarder Gosford Park et j'ai trouvé ça très bien. La mise en scène et le montage sont maîtrisés dans les moindres détails et donnent au film un rythme parfait qui ne faiblit pas. Mon reproche c'est la belle galerie de personnages, un peu complexe à maîtriser il faut le dire, à moins de le visionner une seconde fois, ayant chacun leurs histoires et déboires. Mais il reste au-delà des détails une intrigue moins complexe, qui repose sur le personnage joué par M. Gambon, celui qui reçoit dans son château pour une belle partie de chasse. C'est un film au charme british indéniable, un peu comme un roman d'A. Christie. Les aristocrates se mélangent avec les domestiques: ce sont deux mondes si différents mais pourtant si proches. C'est un meurtre et une enquête mais ils passent au second plan devant cette critique ouverte de ces années 30 chez les aristocrates.
"On ne peut pas être des deux côtés monsieur, il faut choisir son camp". Tout le mal vient de ceux qui transgressent les clivages sociaux et culturels. Qu'ils soient naïfs et veulent mélanger l'huile et l'eau, ou qu'ils soient cyniques et recherchent leur satisfaction, ils le paient et toute la société avec eux.
Un film qui a des airs lointains de Cluedo (ou Agatha Christie) et Downton Abbey (les scénaristes sont ceux qui ont créé la série par la suite), mais qui se révèle moins passionnant que cette dernière... Un casting parfait, un scénario riche et copieux, des ressors narratifs inattendus et soignés, une mise en images très travaillée, Gosford Park ne manque pas de qualités ! Mais malheureusement, d'autres points noirs viennent assombrir ce somptueux tableau : une longueur infernale (le film dure 2h24, et l'action ne démarre qu'après 1h30 au bas mot...), une exposition des personnages qui est interminable et beaucoup trop dense (on perd rapidement les noms des personnages, et parfois l'on confond les serviteurs et les maîtres...) et le manque de rythme souligne un peu plus la longueur du film. Vraiment dommage, car autrement le film était impeccable et méritait amplement les récompenses pour lesquelles il a été nominé (mais l'Oscar du meilleur scénario n'est pas volé, vue la richesse de ce dernier !). Le rebondissement final est un peu plat en revanche, on s'attendait à moins prévisible (spoiler: la bonne qui demande l'âge des gens, un orphelin, un vieil homme qui n'a jamais caché courir les jupons.. . On avait deviné à mi-film.) Un film qui a pour atouts son scénario et sa mise en scène soignés, mais accuse une longueur infernale et un trop-plein de personnages parmi lesquels on se perd vite, avec une résolution assez peu brillante...
Une intrigue policière assez discrète qui laisse surtout place au thème de l'aristocratie et de ses domestiques. Et c'est d'ailleurs ça le plus intéressant dans le film. La photo est très soignée et la mise en scène assez fluide mais le souci c'est qu'il y a bien trop de personnages du coup on se perd parfois dans les intrigues et par moment alors le rythme s'essouffle.
L’ambiance les acteurs et l’histoire en elle même ( le monde des prolétaires versus le monde des servants ) est pas mal , agrémentées de ragots et d’un huit clos , mais on s’embrouille assez vite sur qui est qui et l’intrigue qui arrive très loin dans le film nous laisse en fait dans une impression de ah enfin , pour en fin de compte on s’en fiche un peu . même la révélation de la fin ne nous a même plus donné envie … très dommage
En premier lieu je soulignerai que je n'ai pas trouvé le côté "comédie" dans ce film. Il s'agit tout de même d'un vrai policier...même si la police ne sert à rien. Au début, il vous faudra être patient, et voir toute l'ignominie des gens de la haute bourgeoisie traité "leurs" gens comme quasiment des sous-hommes, les exploiter 24 heures sur 24, et en ne leur apportant aucune reconnaissance mais plutôt des remarques d'une désobligeance telle qu'une distribution de torgnoles dans leur face de grand bourgeois me réjouirait. Puis vient le coeur du film, le meurtre, puis l'enquête. Là, le film prend tout son piquant. Et vous verrez que l'enquête fait partie des curiosité de ce film et n'est pas des plus communes dans le monde du film policier. C'est croquignolesque comme dirait Emmanuel. A voir par tous les amateurs de film policier, qui n'aurait pas peur de se salir les yeux en regardant cette bourgeoisie des plus méprisables.
Durant l’entre 2 guerres, dans la campagne anglaise, un manoir ; en ce lieu, vont se réunir la fine fleur aristo du coin durant 24 heures pour une partie de chasse. Domestiques et nobles invités vont vivre sous le même toit des relations très convenues et très codifiées par l’étiquette, jusqu’à… ce qu’un double meurtre, sur une même personne ( !!!) démontrent toute l’hypocrisie de ces relations et du lien bien plus qu’étroit entre maîtres et valets. Ce film sonde avec justesse les rapports sociaux dans la bonne société anglaise ; une étude sociologique très juste. Au salon, dans les parties nobles, gesticulent gracieusement les patrons ; à l’office et dans les cuisines s’agite le peuple servile ; chacun ses couloirs, ses pièces ; ils vivent sous le même toit mais ne se croisent guère. Deux micro sociétés, régies par l’étiquette. Les domestiques sont soumis aux caprices de leur maîtres, jusqu’à être privés de leur identité dès qu’ils pénètrent dans la propriété (éloquent). Cependant on sent aussi poindre la fin d’une époque ; les rapports sociaux deviennent instables. Le problème majeur est que le film d’Altman fait cohabiter une multitude de personnages bien trop importante pour tenir en 2h30. On a du mal à s’y retrouver. A vouloir décrire avec précision tous les rouages et les courants de cette époque, le film est difficile à suivre. La série « Downton Abbey » décrit la même époque et la même ambigûté des rapports sociaux sentant la fin de règne ; mais dans une série, les personnages sont plus posés et on prend plus de plaisir dans l’étude de mœurs. Ensuite, concernant l’intrigue policière ; rien de neuf. Quoi de mieux de revisiter « les 10 petits nègres » dans un manoir anglais. Tous ont un mobile de meurtre. Sur la même thématique, le problème est qu’Altman se contente de bien faire ses gammes là où un Ozon dans « 8 femmes » osait au moins une version toute personnelle du huis clos « à la » Agatha Christie. Un bon casting, un sujet intéressant traité avec justesse… mais trop de faiblesses pour un film indispensable sur le sujet.
J’ai beaucoup aimé l’atmosphère de ce film, mais ça part dans tous les sens. Et c’est vrai que c’est très difficile de comprendre. Je mets 3,5/5 car la moyenne est à 3,2. Je me suis pas embêté. Par contre, accrochez-vous, comme je vous l’ai dit l’intrigue est compliquée et c’est très lent …!
Sûrement très intéressant à étudier, Gosford Park, si on le regarde simplement, a quand même quelques défauts majeurs.
Même si j'ai apprécié avec plaisir le portrait de cette société hypocrite, Robert Altman nous perd parfois dans un lot trop important de personnages, des surenchères inutiles etc.
Peut être qu'il aurait été plus justifié de centrer l'intérêt sur des personnages clefs, car là c'est par moment assez confus.
Je retiendrai tout de même les comédiens qui sont tous très bons, mais dans le lot c'est l'excellente Maggie Smith qui se montre la plus brillante. L'ambiance, très inspirée d'Agatha Christie, est très bien retranscrite.
En sommes Gosford Park est probablement un film qui mériterait d'être vu plusieurs fois pour pouvoir apprécier plus facilement la critique acerbe que Robert Altman fait de cette société.
Porté par un casting très impressionnant – principalement des actrices et acteurs britanniques de tout premier rang – ce jeu de Cluedo se déroule dans l'Angleterre aristocratique du début des années 30. Le film dresse surtout le portrait caustique, cocasse et tragique des mœurs de la très grande bourgeoisie de cette époque, où les bonnes manières cachent des réalités intimes et collectives bien moins reluisantes. Et décrit aussi les rapports de classe entre les serviteurs et leurs maîtres, dont les relations apparaissent bien plus complexes que de prime abord. La mise en scène de Robert Altman est solide. Élégant et intelligent.
Sous la double référence à « La règle du jeu » de Renoir (la description du fonctionnement et des conventions d’une certaine aristocratie à l’occasion d’un weekend organisé pour une partie de chasse) et à Agatha Christie (le meurtre qui intervient dans un milieu fermé où presque chacun des personnages aurait une bonne raison de l’avoir commis), et sous un aspect conventionnel au premier abord, ce « Gosford Park » constitue en fait une vraie performance et un film profondément original. Il est en effet presque miraculeux de tenir le spectateur en haleine pendant la première heure alors qu’il ne se passe quasiment rien. Cela tient à la qualité et à l’intelligence des dialogues, et à la mise en scène de Robert Altman. Il fait se succéder des scènes courtes mais denses, passant d’un personnage à l’autre sans vouloir faire émerger une intrigue principale, ce qui éveille la curiosité ; ces personnages sont nombreux, il est presque impossible de tous les identifier et retenir, car il s’agit plus de la peinture d’une société que de celle d’individus, ce qui donne au film une dimension particulière (Altman retrouve ici l’une de spécialités, le portrait de groupe). Toutes ces scènes -tout le film d’ailleurs- sont filmées avec une caméra qui se déplace en permanence, parfois de façon à peine perceptible, ce qui produit une sensation de vie et de mouvement qui s’oppose aux conventions rigides et à l’immobilisme des deux mondes décrits, celui des maîtres et celui des domestiques (ceux d’en haut des escaliers et ceux d’en bas). Cette façon de filmer produit en même temps une vraie empathie avec les personnages, les mouvements de caméra les suivant dans leurs déplacements dans l’immense maison qui est le lieu unique du film, et semblant, dans les scènes statiques, de véritables caresses. Avec un tel projet, le réalisateur délaisse quelque peu, voire parodie l’intrigue criminelle, l’inspecteur qui la conduit étant présenté comme pataud et peu efficace (à l’opposé d’un Hercule Poirot) dont la solution ne sera que partiellement donnée. Son rôle est plutôt celle d’un révélateur d’un passé, ce qui donne lieu à des moments très émouvants, quand certains personnages laissent émerger leur humanité, dépassant leur condition de prisonniers des règles et des conventions, de leurs désirs, de leurs frustrations et de leurs secrets.
Une ambiance à la Agatha Christie qui n'a rien pour me déplaire, un cadre plutot plaisant, des acteurs excellents, Robert Altman nous livre une très bonne partition. Malheureusement, il y a trop de personnages, l'histoire en devient confuse. Si le film avait été un peu plus épuré, je pense que je l'aurais davantage apprécié. On regrettera tout de même le manque de scènes comiques, dans ce film policier qui se veut jouer sur deux tableaux : la partie enquête policière qui est réussie, et la partie comédie quasi inexistante. Mais ne boudons pas notre plaisir, Gosford Park est un bon film policier,