Au coeur des hauts plateaux tibétains, le photographe Vincent Munier entraîne l’écrivain Sylvain Tesson dans sa quête de la panthère des neiges. Il l’initie à l’art délicat de l’affût, à la lecture des traces et à la patience nécessaire pour entrevoir les bêtes. En parcourant les sommets habités par des présences invisibles, les deux hommes tissent un dialogue sur notre place parmi les êtres vivants et célèbrent la beauté du monde.
C’est une réalisation de Marie Amiguet et Vincent Munier. Ce dernier a eu l’idée de faire ce documentaire en rencontrant l’écrivant Sylvain Tesson. La Panthère des neiges a fait partie de la section éphémère "Le cinéma pour le climat" du Festival de Cannes 2021.
J’ai trouvé ce documentaire animalier vraiment très bien.
Il va donc se pencher sur la panthère des neiges. Cette espèce, braconnée pour sa fourrure, est répertoriée sur la liste rouge de l'UICN comme faisant partie des « espèces vulnérables ». Pour la rencontrer, il faut aller dans les vallées des hautes montagnes d'Asie centrale, de Sibérie centrale et de l'Altaï, jusqu'à une altitude de 5 500 m. Ce félin a une robe de couleur gris pâle à gris jaune constellée de taches pleines et de rosettes.
À l'image de cet animal majestueux, ce documentaire va être d’une grande beauté visuelle. Le voir est tout simplement sublime. Ses images se feront rare mais c’est ce qui fait sa force. On sut chaque plan où on peut la voir. Ce film s’admire aussi pour les paysages. Il a été tourné dans l’Est du Tibet, sur des plateaux situés en moyenne à 4500 m d’altitude avec des sommets à 6000 m. Pour vous montrer la difficulté de le faire, l’équipe a dû se confronter à des températures extrêmes allant jusqu’à -25°C. Pour accompagner ces images, on aura droit à une belle musique du compositeur Warren Ellis. Celles-ci se marient comme il se doit avec la nature.
On va aller au-delà de cet aspect purement animalier, où d’ailleurs on peut observer d’autre que la panthère des neiges. En effet, le photographe Vincent Munier et l’écrivain Sylvain Tesson vont être tous les deux la pister. Cela va permettre d’avoir un côté très humain. On apprécie leur échange. J’aime la chaleur que ça apporte. Le petit passage avec les villageois aussi apporte beaucoup. Ce sont ce genre de petite chose qui donne une autre dimension.
J’ai aussi savouré la narration de fond. La voix off va nous offrir des pensés qui nous transportent jusqu’au Tibet. Ce récit nous accompagne dans cette quête. J’ai même envie de dire que ça rajoute un côté presque philosophique. On peut atteindre une certaine plénitude devant La panthère des neiges. L’effet est d’autant plus fort avec ces paysages teintés de neige blanche.
Véritable chef d’œuvre! Un film magnifique, puissant, passionnant, envoûtant! Je recommande a tout le monde d’aller le voir!! Une grande leçon d’humilité aussi!
J'aimais le photographe et l'écrivain séparément alors réunir les images de Vincent Munier avec les mots de Sylvain Tesson, un vrai régal... Vincent Munier choisit volontairement de ne montrer que le "beaux" et pas "l'empreinte" humaine. Même si c'est présent en filigrane tout le long du film et que les paroles de Sylvain Tesson évoquent la déconnexion de totale de l'homme sur son environnement.
Un duo qui fonctionne très bien, très complémentaire et qui amène à des scènes amusantes. Le film est très fidèle au livre. Les images sont sublimes. Les mots que pose sylvain Tesson sur cette aventure sont beaux et amènent à réflexion. Merci pour cette quête.
J'avais été très touchée par le talent, la poésie et la portée du livre de Mr Tesson. Puis très admirative de l'oeuvre du photographe animalier et la beauté de ses photos. Aujourd'hui, tout est à là dans ce film. Minéral, animal, brutalité, fragilité, poésie. C'était très beau. Puissions nous faire tout notre possible pour préserver le monde animal qui ne trouve de nos jours son espace de vie plus que dans des zones éloignées et extrêmes loin de l'homme et de sa toute-puissance.
Une question qui nous suit tout au long de ce splendide film. Vont-ils voir cette panthère si mystérieuse ? Je ne gâcherais pas le plaisir de le découvrir. Mais quelle que soit la réponse peu importe ! Nous sommes plongés dans le voyage dans lequel nous emmènent nos trois protagonistes, dont seuls les paysages auraient suffi à me contenter. La philosophie de l'affut que Vincent Munier enseigne à Sylvain Tesson se retrouve parfaitement dans le film. Nous sommes saisis d'émerveillement à chaque fois que nous avons la chance de contempler un animal qui se donne à notre regard et à celui des protagonistes. Un film contemplatif et plein de philosophie sur la nature et la relation que l'Homme entretient avec cette dernière. Un film qui émerveillera tous les amoureux de la nature sauvage.
Ce film, je l’ai passé à frissonner devant l’écran ! Au-delà de traiter de la panthère des neiges, c’est un film sur le regard et, plus précisément, sur la revanche du regard. En effet, le photographe Vincent Munier était déjà parti au Tibet pour prendre des clichés de la panthère des neiges. Il n’en aura pas la possibilité, du moins pas consciemment. De ce voyage, il prend un cliché d’un oiseau et ne remarque qu’après coup que la panthère est sur le cliché, derrière le piton rocheux, à le regarder, lui, le photographe. Quelle ironie ! Elle l’a vu, mais lui ne l’a pas vu. Il lui faut sa revanche, il lui faut voir de ses yeux vus la panthère des neiges.
Il repart donc pour une nouvelle expédition au Tibet accompagné de l’écrivain Sylvain Tesson et de la réalisatrice Marie Amiguet. Ce film est un film littéraire, ponctué des commentaires de Sylvain Tesson sur notre monde et sur cet ailleurs des animaux. Vincent Munier apprend à Sylvain à mieux regarder ce qui l’entoure, à se rendre compte qu’il est constamment observé par l’animal, l’« autre » comme le dit Sylvain, et que l’Homme a émoussé cette aptitude par manque d’usage. Mais au-delà de savoir regarder, il faut apprendre à lire les traces, les comprendre, savoir ce qu’elle signifie, on est là dans une démarche de sérendipité, celle d’un chasseur-cueilleur d’il y a des milliers et des milliers d’années, le « premier métier du monde ».
L’affût, c’est peut-être ça, c’est savoir voir le monde et savoir le lire. Enorme clin d’œil à la littérature, ici Sylvain a presque une présence symbolique, métaphorique, il est l’écrivain qui doit apprendre à lire le monde. L’affût, c’est un style de vie, c’est l’attente sans objet, l’attente sans réelle attente en fait, c’est s’offrir à tout ce qui viendra, que la chose soit grandiose ou triviale, car au final elle est toujours le symbole de quelque chose de disparu, mais qui a été et qui, peut-être, est toujours là. L’affût, c’est finalement le remède au « ‘tout, tout de suite’ de l’épilespsie moderne ».
Et j’ai été frappé surtout par deux séquences assez semblables au début du film et à la fin : le film vient de commencer et l’on voit Sylvain et Vincent à l’affût, peu à peu la neige s’amasse sur leur capuche ; à la fin, on voit la panthère des neiges, la neige elle aussi s’amasse sur son pelage, elle est à l’affût. Le parallèle est saisissant et construit et achève à la fin cette familiarité étrange qui lie l’Homme à l’animal.
La bande annonce donne des frissons....ces émotions seront sûrement plus intenses devant le film....un pur moment de beauté à l'état pur du phénomène....
L’écrivain Sylvain Tesson a accompagné le photographe animalier Vincent Munier sur les hauts plateaux tibétains pour y traquer la panthère des neiges. Il en a ramené un livre couronné en 2019 par le Prix Renaudot et un film éponyme.
Déjà, il y a quelques années, son journal de voyage "Dans les forêts de Sibérie" avait été transposé à l’écran. Le parti retenu était celui d’en faire une fiction et de confier son rôle à un acteur professionnel, Raphaël Personnaz. Ici, le parti est différent : il s’agit d’un documentaire où les deux explorateurs sont filmés de front (par une camerawoman, Marie Amiguet, silencieuse et invisible, dont l’identité n’apparaît guère qu’au générique). Le dispositif soulève d’ailleurs quelques interrogations : quelles sont les scènes qui ont été captées telles quelles ? Quelles sont celles que la réalisatrice a dû demander aux deux hommes de rejouer pour elle ?
Le livre de Sylvain Tesson a eu un grand succès. il ne fait guère de doute que ses lecteurs seront les premiers attirés et séduits par ce film qui, sans surprise, lui ressemble. Il donne d’abord à voir des paysages majestueux, que la seule lecture du livre laissait imaginer. Il montre ensuite deux hommes unis dans un même idéal sympathique : celui d’une communion intime avec la nature dont ils observent la vie sauvage grâce à de longs affûts silencieux. Il est enfin efficacement construit autour d’un suspense que, hélas, son affiche divulgâche : réussira-t-on ou pas à débusquer la mystérieuse panthère des neiges et à en ramener l’image ? Oui nous répond d’ores et déjà l’affiche
"La Panthère des neiges" est toutefois handicapée par deux défauts à mes yeux rédhibitoires. Le premier est le bavardage assourdissant et paradoxal de ses protagonistes pourtant censés nous faire partager le silence des hauts plateaux tibétains. On les aurait aimés plus réservés, d’autant que les aphorismes qu’ils enchaînent sont autant de perles qu’ils enfilent. Le second, plus inquiétant, est l’idéologie qui se devine derrière cette passion revendiquée pour la faune sauvage. Une idéologie volontiers conservatrice sinon rétrograde qui postule que tout était mieux avant, que la nature était parfaite et que l’intervention de l’homme en a perturbé l’équilibre et altéré la beauté. Une idéologie hors sol qui filme longuement les plateaux tibétains sans dire un mot de la région dans laquelle on se trouve ni de la répression coloniale que l’occupant chinois y mène.
A la vision du film, on oublie vite le côté forcément un peu artificiel de sa genèse : on voit deux hommes qui, malgré le froid extrême, doivent malgré tout s’abstenir de bouger et on oublie qu’à côté, forcément, il y a une femme et un homme qui sont là pour les filmer. On s’amuse en constatant combien Sylvain Tesson donne parfois l’impression de s’ennuyer lors des longues périodes d’affût. Comme, durant le film, il fait des commentaires, cela donne : « Il faut avoir une sacrée vie intérieure pour les supporter ». Toutefois, il apprend aussi et, de ces moments d’observation, il déduit : « J’ai beaucoup voyagé, j’ai été beaucoup observé et je ne le savais pas ». Et puis, il y a le reste, le plus important, la vision magnifique d’une nature grandiose et celle d’un certain nombre d’animaux à la beauté exceptionnelle : des yaks sauvages, des renards du Tibet, des chirus appelés également antilopes du Tibet, des ours du Tibet, des manuls, également appelés chats de Pallas, et puis, bien sûr, parce que Sylvain Tesson a eu de la chance, cette fameuse panthère des neiges qui vient lui faire un petit coucou. Une nature, des animaux, dont le film, discrètement, nous fait sentir combien leur préservation est essentielle pour nous autres, humains. Tout cela accompagné par la musique de Warren Ellis, ce musicien australien membre du groupe The Bad Seeds, groupe accompagnateur de Nick Cave, lequel, à la fin du film, intervient vocalement dans la chanson « We are not alone » qui reprend un texte de Sylvain Tesson qui arrive à bien résumer le sujet du film :
Ce monde a des oreilles et les rochers ont des yeux La nature aime se cacher Le monde est un buisson plein de regards de feu La nature aime se cacher J’ai beaucoup voyagé, j’ai été observé J’ai été observé et inconscient J’ai beaucoup voyagé sans me douter qu’on m’observait On n’est pas seuls (Bonne nouvelle pour la vie)
Un film fabuleux. Des images incroyables, de très beaux messages, et une amitié très touchante. Très très inspirant. Vu en avant-première, je le reverrai a sa sortie.
Des questionnements intérieurs qui résonnent fort dans ces paysages éblouissants, à perte de vue. Nous sommes amenés, en tant que spectateurs, à découvrir les vertus de la patience pour suivre la recherche de cette panthère. Mais aussi pour mieux comprendre ce qui se passe dans nos têtes quand "être à l'affût" devient une occupation à part entière. Les pouvoirs des sens et de l'esprit sont décuplés.