Qui était donc Hilma af Klint , née le 26 octobre 1862 à Stockholm et morte le 21 octobre 1944 ? Une peintre suédoise, théosophe et pionnière dans l'art abstrait, dont les œuvres n'ont acquis une certaine renommée que de nombreuses années après sa mort. S-il est vrai que ses tableaux monumentaux sont impressionnants,son existence semble cocher toutes les cases de l'artiste incomprise de ses contemporains, dans une existence marquée par la volonté de capter l'invisible. Le biopic de Lasse Hallström, à la carrière inégale (Ma vie de chien, Le Chocolat, Gilbert Grape) tente de concilier réalisme et onirisme, mais se révèle très déséquilibré, au regard d'une vie qui offre assez peu d'éléments dramatiques et oblige le cinéaste à insister peu légèrement sur les échecs répétés de l'artiste à convaincre de son talent. Le réalisateur a choisi sa fille et son épouse (Lena Olin) pour incarner Hilma à différents âges mais il n'a surtout pas réussi à trouver les financements pour tourner son film en suédois. D'où une certaine frustration à voir son héroïne s'exprimer en anglais, élément qui disqualifie d'emblée l'authenticité d'un film plus à l'aise dans le factuel que dans un symbolisme qui semble factice et ne permet jamais de saisir la véritable personnalité de Hilma, laquelle, il est vrai, est restée énigmatique pour la plupart des gens qui l'ont côtoyée.
Un film sur un personnage aussi excentrique aurait mérité un peu plus d'audace... Il en ressort surtout de l'ennui. C'est dommage, parce que je pense qu'il y avait vraiment à faire. Mais l'actrice principale reste assez fade... J'ai eu du mal à aller jusqu'au bout. Dans le genre, j'ai préféré Tove.