Pas très mordant
Les frères Ludovic et Zoran Boukherma en sont à leur 3ème film écrit et réalisé à 4 mains. 87 minutes d’un remake maladroit et franchouillard du célébrissime Sielberg de 1975. Maja, gendarme maritime dans les landes, voit se réaliser son pire cauchemar : prendre sa retraite anticipée ! Thierry, son mari, a déjà prévu la place de camping et le mobil home. Mais la disparition d’un vacancier met toute la côte en alerte : un requin rôde dans la baie ! Aidée de ses jeunes collègues Eugénie et Blaise, elle saute sur l’occasion pour s’offrir une dernière mission… Si le loup-garou du Teddy des frangins Boukherma était plutôt sympa, ces Dents de la mer version landaise ratent leur cible à ne pas avoir choisi entre comédie grinçante et vrai film de requin. Déception.
Humour féroce et squale vorace sont donc au programme. La comédie de mœurs sensée brocarder tout autant les autochtones pas toujours finauds que des touristes pas vraiment malins, tombe systématiquement à plat. Pourtant, a priori, quand on voit réunis à l’affiche Foïs, Mérad et Zadi, on se croit parti pour une bonne tranche de rigolade… Hélas ! Ça tombe à plat systématiquement. L’écriture est navrante et les dialogues du même métal. Ce qui revient à dire que le film de requin ne supporte pas la parodie surtout quand le drame violent survient et se répète. La mise en scène formelle, fait la part belle aux décadrages, au grand angle et aux gros plans qui déforment les visages… pourquoi pas ? Mais on ne voit pas l’intérêt d’en faire un procédé systématique, sans compter que ça ajoute à la laideur générale du film. Donc c’est moche, c’est mou du genou et le mélange des genres inabouti… ça fait beaucoup pour un seul film !
Alors on se dit, le casting va sauver l’entreprise du naufrage… Eh bien même pas ! Outre la voix off insupportable, les Marina Foïs, Kad Merad, Jean-Pascal Zadi et Christine Gauthier, ne sortent pas grandis de l’épreuve. Faut dire,- je me répète -, que l’écriture est désastreuse, sans compter les nombreux temps morts qui plombent le récit. Même le pamphlet politique et la satire de la beauferie anti-woke font pschitt ! Un film somme toute ambitieux qui passe pratiquement à côté de tous ses objectifs. A tout mélanger, tout s’annule, sauf l’ennui.