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Alexis
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3,5
Publiée le 16 mars 2022
La séquence d’ouverture de "Drive My Car" m’a rapidement attiré. Elle nous attire dans son imagerie poétique et riche, avec une structure sensuelle dès le début. La pièce Oncle Vanya, qui reproduit celle de Tchekhov, est tellement prenante, à la fois dans son ton réservé et son impact intellectuel et émotionnel profond. Le film est vraiment patient, peut-être trop. Le dialogue de la pièce a été progressivement exposé, laissant place à une cascade de révélations. La relation des personnages principaux n’a pas vraiment décollé jusqu’à la moitié du film, et tout d’un coup, celle-ci se manifeste pour laisser place à une intrigue mêlant le passer des deux personnages principaux. Il est fascinant d’observer comment chacun des personnages principaux peut apprendre les uns des autres à la suite de leurs expériences précédentes, et s’ils apprennent, alors nous aussi, les téléspectateurs apprenons. Le film n’aurait pas été si réussi si la mise en scène et le jeu d’acteur n’avaient pas été aussi bons. "Drive My Car" mérite tous les éloges critiques et je pense qu’il remportera le meilleur film en langue étrangère et je serais heureux que cela se produise. "Drive My Car" est un film riche avec des sous-courants tout au long et il y a tellement à digérer ici. C’est un aperçu honnête du conflit de soi, je le recommande fortement.
Drive My Car est bon dans le fond mais mauvais dans la forme. Bon dans le fond car l'histoire autour du personnage principal et la façon dont va être traité son deuil après la mort de sa femme est bien développer. À travers les différents dialogues et personnages secondaires qui ľentoure. Le film m'a d'ailleurs pris à contre-pied car je m'attendais à une romance entre le personnage principale et la chauffeuse sauf que pas du tout et çela prend tout son sens . Ils ont tout les deux perdus quelqu'un de chère et se complète à travers leur dramaturgie.
Mais dans la forme c'est plus compliqué car le film est d'une lenteur absolue. Et la mise en scène n'y aide pas avec beaucoup de plan fixe et une musicalité quasiment inexistante. Les nombreux monologue sont souvent pertinent mais renforce ce sentiment de longueur.
Un film qui ne conviendra pas à tous le monde, faut s'accrocher, je suis moi même perplexe.
Un film long et ennuyeux qui donne juste envie de se faire hara-kiri. Avec des personnages inexpressifs et des dialogues monocordes. Sa portée philosophique ( continuer à vivre malgré les drames de la vie) ne suffit pas à en faire un bon film. J’ai du mal a comprendre comment il peut avoir d’aussi bonnes critiques.
"Drive My Car" s'empare de vous, vous hypnotise de ses silences entrecoupés de dialogues aux pouvoirs thérapeutiques. Ryusuke Hamaguchi délivre un cinéma d'envergure, d'une beauté sourde, et vous invite à déconstruire sans armes ni violences votre schéma sur le fondement de l'existence. Reste une durée de près de trois heures, rendant de facto cette œuvre peu accessible au grand public.
On le sait depuis "Senses" ou "Asako", le cinéma de Hamaguchi se mérite. "Drive mu car" n'échappe pas à cette règle mais quel bonheur cinématographique pour celui qui rentre dans son univers. Trois heures pour exposer un scénario très écrit, parfois alambiqué, mais parfaitement construit et très riche pour suivre le parcours initiatique d'un metteur en scène et parallèlement de la jeune femme lui servant de chauffeur. Trois heures rythmées, après une longue et belle ouverture, de longues séquences sur la route et de longues séquences de répétitions théâtrales, basées sur le fameux "Oncle Vania", choix tout à fait judicieux, ce que l'on comprendra au fil du film. Cinéma très écrit donc, mais aussi une mise ne scène subtile et d'une grande élégance, principalement pendant les scènes de voiture, où la caméra n'est jamais placée au hasard et sait appuyer selon sa position les prises de conscience des 2 protagonistes. Une belle leçon de cinéma exigeante certes mais surtout fascinante.
La rencontre de deux êtres ou plutôt deux solitudes portant un lourd secret et qui vont apprendre à se connaître.Pas vraiment un road movie (sauf l'épilogue ) ,le film étire incroyablement les scènes de répétition de la pièce de Tchekhov.Le ton est sérieux,digne et on a pas vraiment l'autorisation de sourire pendant les 3 longues heures de ce beau mais encore une fois trop long film . L'émotion est contenue et le final m'a semblé décevant.A voir mais pas le chef d'oeuvre annoncé.
“Drive my car” est l’adaptation du recueil “Des hommes sans femmes” de Haruki Murakami par le cinéaste japonais Ryūsuke Hamaguchi. Reconnu sur la Croisette, ce dernier nous avait fait vibrer avec la première série au cinéma “Senses” d’une durée totale de 317 minutes, puis avec la très jolie romance “Asako I&II”. Couronné du Prix du scénario à Cannes, “Drive my car” entre dans l’intimité d’un metteur en scène de théâtre. Marié à une scénariste, le couple s’aime autant qu’ils se cachent leurs incompréhensions, notamment des infidélités et la mort de leur enfant à l’âge de quatre ans. C’est dans sa voiture suédoise, la Saab 900 que l’homme se réfugie dans ses pensées et répète les dialogues d’une pièce de Tchekhov grâce à une cassette audio. Cette structure tracée dans la vie de Yūsuke va être chamboulée par un drame inconcevable. Deux ans plus tard, Yūsuke est invité à Hiroshima pour monter sa pièce. Pour des raisons d’assurance, il est contraint de laisser une jeune femme de 23 ans conduire sa voiture. Le duo va apprendre à s’apprivoiser et se confier peu à peu. D’une durée de trois heures, “Drive my car” s’impose avec fluidité et délicatesse autour de silences et de non-dits magnifiques. Dans une mise en scène subtile, Ryusuke Hamaguchi présente un drame initiatique sur le deuil et la relation poignante entre deux inconnus. La durée faramineuse de ce road trip poétique pourra déplaire à plus d’un, mais les âmes courageuses y découvriront une œuvre bouleversante. D'autres critiques sur notre page Facebook : Cinéphiles 44 et notre site cinephiles44.com
Ryusuke Hamaguchi aurait pu rogner, accélérer, dévier sur des ellipses …. Bref faire un autre film pour nous rappeler comment la mort s’entretenait avec les vivants et donnait encore un sens à la vie . Mais Ryusuke Hamaguchi a fait ce film-là , écrit avec beaucoup de sensibilité, prétextes et transferts ( de rôles, de personnalités, d’amants …) autour du deuil et de la création artistique, mêlés. Un metteur en scène obsessionnel ( on ne touche pas à sa voiture ) , une jeune fille qui ne sait que conduire, un comédien de la relève, et l’univers de Tchekhov en préparation dans ce film qui parle donc aussi de théâtre. Ryusuke Hamaguchi mêle ainsi plusieurs caractères pour ne fondre qu’un seul récit, une suite d’images très prenantes, souvent entêtantes où les mots de Tchekhov résonnent encore assez bien dans le quotidien de chaque protagoniste. Chacun pourrait y retrouver alors un peu de soi confie le réalisateur dans sa réalisation sobre et efficace. Le film est long, parfois traînant, jamais ennuyeux. Le temps ne nous est plus conté. Il défile simplement, joliment … Pour en savoir plus : lheuredelasortie.com
Une espèce de beauté mélancolique revient de manière récurrente dans les films de HAMAGUCHI Ryusuke. Les 3 éléments du film qui nous apparaissent les plus importants & attractifs : la Saab turbo 900 rouge, l’excellente conductrice Misaki Watari (MIURA Toko), et la sobriété apparente de KAFUKU Yusuke (NISHIJIMA Hidetoshi) dans le rôle du metteur en scène. Ils ont tous deux une élégance professionnelle. Et la pluralité des langues dont la langue des signes attire l'attention !
Il y a des films où, en le terminant, je me dis que j'ai raté un élément pour le comprendre dans son entièreté. Et en faisant quelques recherches, quelques analyses, Drive my car est rentré dans ces derniers. De prime abord, c'est un film sur Oncle Vania, pièce de théâtre de Tchekhov, mis en scène par un metteur en scène veuf dont il ne garde comme souvenir qu'un adultère et des cassettes audios. Mais c'est aussi, et surtout, un film sur le théâtre en lui-même. Le corps, les dialogues, les silences, les mots sont au cœur du film. Entre Oto, une voix sans corps, et la muette, un corps sans voix, s'opèrent un jeu de miroir. Miroir qui a aussi son importance car il est le reflet du protagoniste à son amant. spoiler: Et ce dernier sera justement arrêté pour meurtre, là où la mort d'Oto est restée mystérieuse jusqu'ici.
De plus, durant tout le film, Kafuku écoute en boucle sa femme. Et le film se termine de manière intelligente sur la muette. De la voix au corps. Savoir passer d'un point à un autre, savoir avancer, savoir laisser la place de conducteur. Car je ne comprenais pas le titre du film. Certes, Kafuku laisse sa voiture, mais je ne comprenais l'intérêt d'en faire le titre. Jusqu'à ce que ces deux personnages parlent de deuil. Ils finissent par se comprendre, à se mettre à la place de l'autre. A prendre la place du conducteur. Finalement, j'avais bien raison. Il fait partie des nombreux films qui cachent ce qu'il faut vraiment voir.
Un film désespérant ennuyeux très très long des dialogues insipides mélangés à ux répliques de Tchekov un scénario sans but et beaucoup de tristesse bref c'est insupportable. Une seule chose positive l'esthétique des images et la bonne photographie
Quatre chapitres de « Senses » ont posé le ton dramaturgique et émotionnel du cinéma de Ryusuke Hamaguchi. Deux chapitres sur « Asako » ont approfondi le témoignage d’un désir sur la scène du quotidien. À présent, sa narration, toujours aussi dense et généreuse, est compressée dans un unique ensemble, toujours en mouvement. Il a su tirer le meilleur parti de la nouvelle d’Haruki Murakami, « Des Hommes sans femmes », dont on aura déjà pu voir quelques-unes de ces œuvres adaptées à l’écran (Burning, Norwegian Wood). On y retrouve la même solitude qui hante ses héros, engouffrés dans les ténèbres, incapable de trouver la parole, ou ici la réplique, afin d’accepter de vivre dans le présent. C’est avec autant de subtilité que le cinéaste maîtrise les vertus de l’intrigue, tout en injectant à cette lente chute la possibilité de rédemption, tant attendue par des corps errants.
Pas étonnant dès lors d’ouvrir le film sur un décalage, significativement chargé en deuil, où la silhouette d’Oto (Reika Kirishima) ne trouve pas de couleur ou de mouvement, là où son époux Yûsuke Kafuku (Hidetoshi Nishijima) possède sans le savoir, les clés de ses propres chaînes. Le couple file dans une direction que l’on revisite avec une tendresse envoûtante, sans pour autant asphyxier le spectateur d’une rancœur ou d’une logique implacable. Les relations sont complexes et mêlent intimement le langage du corps et l’émotion, chose qui unira tous les personnages, sur une même scène, sous le même soleil et dans le même labyrinthe urbain, qui les persuade d’être au bon endroit. Le travail apporté au son justifiera donc bien plus les transitions, renouvelant par la même occasion des enjeux qui donneront un peu plus d’élan aux personnages mutilés. Yûsuke porte un chagrin et une incroyable retenu dans cette forme de testament qu’il se fait à lui-même, lorsqu’il s’aventure sur les routes, moment propice où il peut se confronter aux fantômes de son passé.
Il répète les mêmes trajets et les mêmes dialogues, mais pour nous seulement, il récite la pièce « Oncle Vania » d’Anton Tchekhov avec plusieurs niveaux de lecture, à ne plus savoir s’il est encore maître de ses répliques ou seulement le reflet de son personnage, avec qui il partage la tragédie. Dans cette démarche, c’est également un reflet qui l’a enfermé dans ce jeu de non-dit. Le metteur en scène qu’il est aura beau comprendre comment dépasser le jeu de la parole, comme en témoignent les nombreuses séances de lecture, consistant à s’écouter, se regarder et ressentir l’appel du texte, il ne parvient pas à se détacher de son épouse et saute sur la première occasion de lui refaire la conversation. C’est une empreinte bouleversante que Hamaguchi laisse là, alors que l’homme aliéné se voit associer à la conductrice aguerrie, Misaki Watari (Tôko Miura), qui porte également la cicatrice d’un deuil personnel. Ensemble, ils prennent la route, des allers-retours dans un circuit qui les forcera malgré eux à s’exprimer et à se libérer d’une charge émotionnelle, qu’ils tendent comme une cigarette vers le ciel, présage symbolique d’un encens qu’ils préfèrent consommer au lieu de le laisser s’embraser.
« Drive My Car » est une sublime expression des sentiments, où la voiture rouge constitue à la fois le fardeau et la délivrance des héros. Celui ou celle qui tient le volant du véhicule n’est-il pas identique à la personne qui se livre sur scène ? N’y a-t-il pas un écho poignant dans un discours qui trouve le mot de fin, entre Yûsuke et le reflet de sa jeunesse perdue ? Ce sont des questions qui guident le récit, mais qui n’orientent jamais la trajectoire des personnages, qui ne cessent de rouler vers l’inconnu, vers le passé ou des fantômes. Il ne restera donc plus que des gestes, rayonnant d’onirisme, pour donner un sens au corps et rendre la voix à celui qui n’en a plus besoin.