Présenté à Cannes, "Vincent doit mourir" met Karim Leklou dans la peau d'un employé de bureau que tout le monde agresse sans raison apparente. Il se rend alors compte qu'un phénomène contamine chacun qui croise son regard et cherche alors à le tuer. Il est obligé de fuir. Entre thriller, film d'horreur et comédie, le long-métrage étonne par ses absurdités et parvient même à nous toucher par la profondeur des personnages principaux. Un premier film singulier tourné en partie en Loire-Atlantique qui nous plonge dans un univers complètement barré
Petite note dissonante face à l‘enthousiasme général suscité par Vincent doit mourir, un film qui sur le papier suscitait pas mal de curiosité mais qui au final ne m’a pas plus émoustillé que ça. Pourtant l’idée de départ est plutôt originale : un type (Karim Leklou, toujours à l’aise quand il s’agit de jouer des types borderline, comme dans Goutte d'Or) que tout le monde se met à vouloir tuer après l’avoir regardé dans les yeux, va devoir se couper du monde pour éviter la mort…
Vincent doit mourir est le premier long-métrage de Stéphan Castang,… un Vincent qui n'a rien à voir avec le Vincent qui n’a pas d’écaille de Thomas Salvador, farce absurde et minimaliste sortie en 2014. Ici l’histoire est tout aussi absurde mais pas très drôle, pour ne pas dire assez anxiogène, avec un film qui lorgne du coté du Survival à la française comme c’était le cas dernièrement avec Le Règne animal et Acide, dans des registres quelque peu différents.
Si l’idée est originale, le concept montre vite ses limites, et ne débouche sur rien de vraiment convaincant, la faute à un scénario qui manque un peu de densité et de surprise, au delà de la métaphore autour de l’idée cher à Jean-Paul Sartre que L'enfer c'est les autres… mais heureusement l’amour est là pour nous sauver.
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4,0
Publiée le 27 mars 2024
« Tu n'as pas l'impression, parfois, que le monde entier t'en veut ? » Pour Vincent, ce n'est pas qu'une impression... Victime de plusieurs agressions sans raison apparente, il comprend qu'il doit se mettre au vert, mais est-ce que ce sera suffisant pour le protéger ? Plus abstrait qu'un "The Crazies" puisque l'on ne sait rien de ce qui cause cette violence et spoiler: par la suite cet ensauvagement de la société , "Vincent doit mourir" peut être qualifié de film pré-apocalyptique et il est très réussi dans son registre. Les regards qui se croisent avec la crainte que cela déclenche quelque chose, la peur de l'autre, la vulnérabilité, la solitude, le sentiment d'impuissance, Stéphan Castang arrive à créer une ambiance à la fois paranoïaque et oppressante qui ne faiblit jamais. Une quête de survie nerveuse, intense, dérangeante, violente, mais aussi drôle et humaine. Un film complet donc et très divertissant. Bref, une vraie bonne surprise.
Vincent se retrouve du jour au lendemain agressé sans raison apparente par des inconnus. Il suffit d’un regard pour qu’il devienne la proie d’un déferlement de violence qui semble s'amplifier malgré toute sa bonne volonté pour que cela cesse…
Pour son premier long-métrage, Stephan Castang fait preuve d’originalité et nous entraîne dans un road movie haletant, qui jongle habilement entre le thriller, le film paranoïaque, le survival et parfois même le burlesque !
La force du film, c’est que l’on parvient en un clin d’oeil à s’identifier à Vincent, un "monsieur tout-le-monde" qui pourrait être vous ou moi. La folle descente aux enfers que va vivre Vincent est palpitante et ne relâchera jamais la tension pendant près de 120 minutes. Une plongée dans le chaos, dans un univers post-apocalyptique qui nous entraîne dans un survival oppressant où le mal vient ronger la société française et où le danger se trouve désormais à chaque coin de rue.
C’est brillamment mis en scène, aussi bien en huis clos, qu’en extérieur, c’est millimétré et particulièrement prenant spoiler: (la scène avec le facteur dans la fosse septique ou celle sur le parking du Super U) . Mention spéciale bien évidemment à Karim Leklou qui campe à merveille cette victime malgré-lui, aux côtés de l’excellente Vimala Pons.
Le générique de début annonce la couleur, celui d'un thriller très sombre et métaphysique. On se retrouve dans un univers très bureaucrate, très col blanc qui aurait pu vite être ennuyeux mais l'intrigue commence vite et efficacement. La violence est soudaine et donc d'autant plus effrayante.La première demi-heure est redoutable d'efficacité, l'incompréhension de Vincent/Leklou est complètement raccord avec l'énigme autour des agressions. Mais on s'aperçoit aussi très vite que le film tombe dans l'écueil récurrent de ces films de genre, à savoir qu'il est difficile de rester cohérent avec son concept de base. Ainsi il y a une condition à l'agression mais finalement la plupart des agressions ne sont pas logiques et ne suivent pas le concept ce qui rend forcément le récit incohérent... ATTENTION cliquez pour en savoir plus !... Et on est un peu déçu par le fait que le scénario ne reste pas sur un thriller énigmatique et métaphysique en virant un peu de genre. Stephan Castang signe un thriller fantastique intéressant mais bancal, qui surnage tout juste grâce à son climax et à son acteur principal. Site : Selenie.fr
Premier long métrage présenté à Cannes l’an passé pour Stephan Castang. Un peu dans la lignée des films fantastiques français récents que sont Le règne animal ou Acide. D’entrée un climat lourd et inquiétant s’installe et restera tout le long, montant même progressivement. Jamais on se sait ce qu’il se passe et jamais rien ne nous est expliqué. Et cela est tout aussi bien. On se concentre sur ce qui arrive à Vincent. Il est magnifiquement interprété par Karim Leklou qui confirme une fois de plus et continue de se faire une belle place dans le cinéma français, l’an passé déjà avec Pour la France et Goutte d’or. Voilà donc un excellent premier film, bien écrit (chronique plutôt effrayante sur la violence de notre époque de et l’indifférence qui en découle), bien mis en scène et bien interprété (la trop rare Vimala Pons est aussi très bien). Je crois même que j’ai préféré ce film aux deux précédemment nommés. Un autre réalisateur à suivre avec attention.
Un petit ovni qui instille intelligemment le suspense et le bizarre pour finir de manière un peu plus consensuelle. Dommage car la montée en puissance sur les trois premiers quarts du film était forte. La performance de Karim Leklou est magistrale.
Une parabole sur la violence étrange, originale, assumée et totalement réussie en grande partie grâce à Karim Leklou, idéal dans le personnage de Vincent, avec son air ahuri de chien battu. Les français réalisent de plus en plus des scénarios originaux, fascinants, comme " Le règne animal ", les films de Quentin Dupieux, ou encore ceux de Just Philippot. C'est une excellente chose de voir ce nouveau cinéma plein d'originalité émerger dans nos salles.
Après un générique d’ouverture fascinant, alliant compositions de matière lumineuse et sonorités électroniques, après une première demi-heure originale empruntant à l’œuvre de John Carpenter, notamment à They Live (1988), le film de Stephan Castang retrouve hélas les chemins balisés de la survie apocalyptique doublée d’une romance forcée entre deux marginaux qui dépassent la malédiction qui pèse sur eux pour s’aimer malgré tout. La disparition du comique, tonalité qui se mariait à merveille avec le registre fantastique ancré dans un cadre urbain réaliste (le bureau, le poste de police, le petit appartement), constitue le point de bascule d’une œuvre rattrapée par l’aspect sérieux de son propos, alors même que son insolence initiale annonçait une liberté tonale et narrative. Le récit s’enlise comme Vincent et le facteur dans la fosse septique, incapable de tenir son heure trois-quarts – le format du moyen métrage eût été plus adapté –, répétant ad nauseam un schéma qui paraît néanmoins improvisé, dessiné à tâtons. Plus nous avançons et moins le film est maîtrisé, sinon lors de scènes voulues iconiques. Ne retiendrons néanmoins le charisme pataud et involontaire de Karim Leklou, homme lambda jeté du jour au lendemain dans l’arène de la marginalité, l’arrière-plan social qui interroge la montée de la violence dans nos société apparemment policées, ainsi que les portraits successifs que le réalisateur brosse desdits marginaux, du professeur des université contraint à l’exil – ce n’est pas pour rien que son pseudonyme est Joachim DB – à la serveuse d’un faux diner américain, rappelant que personne n’est à l’abri de l’ostracisation. Une belle mais inégale tentative de cinéma de genre français portée par la musique entêtante de John Kaced.
Regardé au pif parce qu'il y avait Vimala Pons et que le pitch était intrigant, Vincent doit mourir est sans rien en attendre malgré tout une petite déception. Disons que le film commence bien, le film s'ouvre et on se demande ce que l'on est en train de voir, des routes ? une gare vue d'en haut ? un immeuble ? et s'en suit des interactions très étranges entre Vincent et un autre mec qui parle de sa mère au boulot en disant : Maman. Vincent qui tente une blague pas drôle et la personne visée par la blague qui se met à s'en prendre brutalement à lui.
On accumule les éléments étranges surtout que Vincent est clairement une victime et personne ne semble jamais prendre son parti, ni la police, ni son chef, ni son père. Il y a clairement quelque chose de louche. Donc au départ on a une sorte de thriller où on sait pas trop où ça va nous mener et puis boum on a la solution qui sort de nulle part avec un clochard qui raconte tout. Et de manière générale le film ne sait pas comment faire avancer son récit. Paf Vincent rencontre Vimala Pons et paf Vincent est amoureux... et paf c'est réciproque... je... mais non ?
Et la relation est sous-exploitée. On a une relation masochiste où le mec peut se faire attaquer à n'importe quel moment par la femme qu'il aime et donc doit la menotter ou la cogner pour se défendre et rester en vie. Il y avait tellement un sous-texte de violences conjugales à explorer, où la fille qui se fait cogner est persuadée que c'est de sa faute et qu'il est bien gentil de rester avec elle malgré tout. Ou même sans rentrer là dedans, explorer vraiment une relation sado-maso, où finalement c'est comme ça qu'ils s'aiment comme dans Phantom Thread. Bref mille pistes s'ouvraient à eux et ils prennent le truc le plus sage et le plus gentillet. C'est dommage.
Même la fin qui aurait pu être un grand moment de chaos généralisé ressemblant à une sorte d'apocalypse zombie n'a finalement aucune espèce d'intensité que ça soit dans les enjeux ou dans la mise en scène. C'est du gâchis. Dès qu'on amorce quelque chose ça se retrouve être décevant, mal amené et pas terrible, alors que ça partait bien.
On a un film inabouti, qui aurait clairement mérité d'être plus réfléchi dans l'écriture et dans la mise en scène.
Film nerveux, Vincent doit mourir brille par une réalisation efficace et immersive. Karim Leklou est impérial dans son rôle et nous bouleverse dans son désarroi. Le film est particulièrement pertinent dans ce qu'il raconte de la violence dans notre société, et notre indifférence face à celle-ci. En revanche, la bascule opérée dans la 2e partie du film pose question : le rythme s'en trouve affecté, et les enjeux sont moins prenants. Vincent Doit Mourir comporte donc 2 films en 1, dont au moins l'un des deux ravira les spectateurs.
Comment peut on lutter contre la violence en montrant des scènes horribles dans un film ce qui ne permet pas aux gens sensibles d'aller le voir, le spectateur n'est il pas assez intelligent pour comprendre des choses sans les voir, il faut obligatoirement choquer ?
Les initiales de Vincent doit mourir sont donc VDM ! Un hasard ? Il semble bien que oui mais ce n'est pas pour déplaire à Stéphan Castang, pour son premier long-métrage, dont il n'a peut-être pas écrit le scénario mais qui y a trouvé matière à en faire quelque chose de très personnel, à partir d'une idée de départ très originale. Encore fallait-il éviter les redondances avec un tel concept et se renouveler, ce que le cinéaste réussit haut-la-main en faisant muter son film à jets continus. Il faudrait parler en l'occurrence d'un cinéma de genres, au pluriel, puisqu'il en agrège un certain nombre sans perdre un seul instant son imprévisibilité. Ainsi, de comédie sociale à film de zombies, Vincent doit mourir se plaît à nous surprendre en faisant par exemple se succéder tragique et burlesque dans la même scène. Les figures tutélaires du réalisateur sont identifiables : Carpenter, Romero et même Buñuel, mais Castang a son style propre, ne s'imposant aucune limite à son mauvais esprit et s'intéressant moins aux causes de la violence qu'à la façon dont elle s'exprime, commençant ici par le regard des autres. Selon ses propres termes le réalisateur n'a pas voulu tourner "un film post-apocalyptique mais pré-apocalyptique, en évoquant d'abord une apocalypse intime." Et dans ce terrible et jubilatoire capharnaüm, les excellents Karim Leklou et Vimala Pons ne pouvaient que briller. Ce qu'ils font sans rechigner.
Comme tout bon film à la lisière du fantastique, les raisons qui poussent à ce événements ne seront jamais expliqué. On subit et on suit avec Vincent, excellemment interprété par Karim Leklou, les diverses perepities qui lui tombent dessus. Métaphore d'une société ou la multiplication des relations humaines entraînent la violence ? Ou d'une paranoia de la société ? En tout cas, il faut essayer de survivre et on peut même trouver l'amour. Vimala Pons apporte de la fraîcheur et de l'espoir à une situation inconfortable. Un film audacieux surprenant,
Pour sa première réalisation, Stéphan Castang n'hésite pas, en effet, à prendre son sujet à bras le corps et ose tout : - une hyperviolence assumée - le mélange des genres (dystopie, gore, romance, action) - une relation sentimentale entre deux personnages marginaux construite sur des bases peu courantes au cinéma - des séquences assez hallucinantes comme cette bagarre dans une fosse sceptique (durant laquelle il faut avoir le foie bien accroché) ou celle entre le personnage principal et deux tout jeunes enfants. Du jamais vu !
Mais la plus grande force du film reste son imprévisibilité, tant l'on ne sait jamais où la scène suivante va nous amener. Une sensation d'insécurité constante qui installe un sentiment d'angoisse chez le spectateur, sans avoir besoin d'avoir recours à des effets spéciaux ou des artifices de mise en scène.
Mention spéciale également à la bande originale de John Kaced qui contribue efficacement à installer une atmosphère pesante et anxiogène.
Malheureusement, le film présente également les défauts d'une première oeuvre : - un scénario qui manque de consistance avec une histoire qui progresse peu et qui finit même par quelque peu s'essouffler, avant un sursaut lors d'une séquence de folie collective impressionnante dans la dernière partie. - quelques incohérences, en lien avec l'idée de départ du film (à savoir les difficultés rencontrées par le personnage principal, chaque fois que son regard croise celui d'un autre) : comme les très nombreux regards que s'échangent régulièrement sans conséquences les deux personnages interprétés par Karim Leklou et Vimala Pons, tous deux formidables, ou cette question qui revient en tête tout au long du film : pourquoi ne met-il pas tout simplement des lunettes de soleil ??
En revisitant le film de zombies, Vincent doit mourir propose une réflexion plus large sur l'aliénation et l'hyperviolence de nos sociétés et les difficultés du vivre ensemble.