Après le succès surprise du premier volet, Nobody 2 reprend exactement là où on l’attendait : un mélange d’action brutale, d’humour noir et de père de famille apparemment banal qui redevient une machine à tuer dès que la situation dégénère. Le film ne cherche clairement pas à réinventer la formule, mais plutôt à l’assumer pleinement. Et dans cette logique, le résultat reste globalement efficace.
Le principal atout du film demeure Bob Odenkirk. Il conserve ce mélange assez particulier de banalité et de dangerosité qui faisait déjà le charme du premier film. Contrairement à beaucoup de héros d’action ultra charismatiques ou invincibles, son personnage garde quelque chose de plus fatigué, plus maladroit, presque ordinaire. Cela apporte une touche de fraîcheur et permet au film de conserver un certain second degré.
Le film fonctionne surtout lorsqu’il accepte son côté excessif. Les scènes d’action sont volontairement absurdes par moments, très chorégraphiées, parfois même proches du cartoon ultra violent. Mais contrairement à certains films qui cherchent uniquement la surenchère, Nobody 2 garde un ton assez léger et ne se prend jamais totalement au sérieux. C’est probablement ce qui le rend plus sympathique qu’impressionnant.
Évidemment, le scénario reste extrêmement mince. Le film recycle beaucoup d’éléments du premier opus : retraite impossible, famille en danger, montée progressive de la violence, affrontements toujours plus démesurés. On voit venir la plupart des rebondissements très tôt, et les personnages secondaires servent surtout à faire avancer mécaniquement le récit.
Mais honnêtement, ce n’est pas vraiment ce qu’on vient chercher ici. Comme beaucoup de suites du genre, le film repose davantage sur son rythme, son énergie et le plaisir immédiat des scènes d’action que sur sa profondeur narrative. Et sur ce point, il remplit plutôt bien le contrat.
Le film évite aussi un écueil fréquent des suites : vouloir absolument être “plus sérieux” ou “plus profond”. Nobody 2 reste au contraire dans une logique de pur divertissement assumé. Cela limite évidemment son ambition, mais évite aussi de créer des attentes qu’il ne pourrait pas satisfaire.
Visuellement, l’ensemble reste solide. Les scènes d’action sont lisibles, nerveuses, parfois inventives, même si certaines commencent à donner une impression de déjà-vu. Là encore, rien de révolutionnaire, mais un savoir-faire suffisant pour maintenir le plaisir de visionnage.