Nobody 2 est réalisé par Timo Tjahjanto, icône du cinéma d’action "extrême" indonésien, qui réalise ici son premier film de studio en anglais (il remplace pour l'occasion Ilya Naishuller, à qui l'on doit le premier opus). Connu pour The Night Comes for Us et May the Devil Take You, il signe quasiment en même temps que Nobody 2 une autre suite d'un film d'action qui a bien marché : The Beekeeper 2.
Nobody 2 a été tourné en seulement 35 jours, principalement à Winnipeg et ses alentours, dans la province du Manitoba. Les conditions météo n’étaient pas idéales (l’hiver approchait), mais cela n’a pas empêché l’équipe de recréer une station balnéaire estivale crédible.
Les décors ont été conçus pour résister aux scènes d’action destructrices, avec une attention particulière portée aux couleurs et à la texture des matériaux — comme le parc d’attractions reconstitué Wild Bill’s Majestic Midway & Waterpark, construit puis volontairement démoli pour les besoins du film.
Timo Tjahjanto a cherché à injecter à Nobody 2 une esthétique plus viscérale et sanglante. Il a voulu s’éloigner du style lisse habituel d’Hollywood en misant sur une action brute, brouillonne et hyper physique, à l’image de son héros. Il s’est aussi appuyé sur des combats tournés en prises longues, où les imperfections sont assumées.
Sorti en mars 2021 aux États-Unis et le 2 juin de la même année en France, dans un contexte compliqué où le COVID a eu un fort impact sur les salles de cinéma, Nobody avait rapporté 57,5 millions de dollars dans le monde (pour un budget estimé à 16 millions).
Les scènes du parc aquatique ont été tournées au Lilac Resort, un parc aquatique réel ouvert en 1958 et toujours exploité par la même famille. Le chef décorateur Michael Dîner y a ajouté des manèges et une salle de jeux, tout en transformant le lieu en une version ringarde et déglinguée d’un paradis de vacances. L’équipe a transformé le site en un gigantesque plateau de tournage interactif, prévu pour accueillir fusillades, bagarres et cascades spectaculaires.
Pour ce second opus, Bob Odenkirk a intensifié sa préparation physique. Il s’est entraîné à Los Angeles deux fois par jour avec Daniel Bernhardt, acteur et cascadeur ayant travaillé sur John Wick et Atomic Blonde, et Mark Semos, ancien sniper des forces spéciales et consultant sur Jurassic World et SEAL Team.
Le programme comprenait : étirements, arts martiaux, musculation et un régime alimentaire strict. Odenkirk a aussi insisté pour que les combats reflètent la maladresse naturelle de son personnage Hutch, rendant les affrontements plus réalistes, désordonnés, et presque comiques.
Nobody 2 a mis un peu plus de temps que prévu pour se concrétiser, notamment à cause de soucis de santé de Bob Odenkirk, victime d'une crise cardiaque sur le tournage de la dernière saison de Better Call Saul le 27 juillet 2021.
Le chef opérateur Callan Green et Tjahjanto ont voulu créer un contraste fort avec le premier film : ici, place à l’été, aux couleurs saturées, aux lumières chaudes. Le look visuel s’inspire de films comme Paris, Texas (Wim Wenders) et The Big Lebowski, avec une touche de surréalisme coloré qui rend la violence encore plus déstabilisante.
Le compositeur Dominic Lewis a conçu une bande originale mélangeant jazz de La Nouvelle-Orléans, blues rock, synthés vintage et airs de fête foraine. Il y a deux chansons phares dans Nobody 2 : Ring of Fire (Johnny Cash), reprise de façon explosive par Des Rocs, et The Good Life (Tony Bennett), revisitée par José James, star du jazz/hip-hop.
Après la bagarre culte dans le bus du premier film, Nobody 2 mise sur une séquence encore plus déjantée... sur un duckboat (véhicule amphibie de type militaire). Cette scène fait partie des 13 séquences de combat chorégraphiées par l’équipe des cascades menée par Greg Rementer, avec le concours de Kirk Jenkins (déjà présent sur Bullet Train) et de Kyle Mclean.
Bob Odenkirk a demandé que les combats soient sales, brutaux et irréguliers. Pas de kung-fu élégant : Hutch balance des coups au hasard, trébuche, s’emporte. Cela ajoute de l’authenticité au personnage, qui est plus un homme dépassé qu’un super-héros. L'acteur et l'équipe qui l’entourait se sont beaucoup inspirés de Jackie Chan dans Police Story pour mélanger tendresse, humour et cascades violentes.