Derniers Avis : Vermiglio ou La Mariée des Montagnes - Page 3
Vermiglio ou La Mariée des Montagnes
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Pascal
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3,0
Publiée le 1 avril 2025
Grand prix du jury ( Venise 2024), " Vermiglio" s'inscrit au plan formel dans la tradition des réalisations classiques d'une grande maîtrise.
Il a malheureusement ( selon moi bien sûr) un défaut et il est de taille : le découpage de son scénario.
Il faut ainsi attendre la dernière demi-heure pour qu'il démarre véritablement et produise ce qu'il recèle de plus beau et de plus fort, sa portée émotionnelle.
Les premières 90 minutes connaissent ( à mon goût) trop de longueur, malgré la beauté de la photo. Le regard porté sur ce village de montagne italien, la famille de l'instituteur, finit tout de même par manquer un peu trop de ressort.
Même éloigné du brouhaha et des tourments du monde ( l'action se déroule pendant la seconde guerre mondiale), Vermiglio et ses habitants ne peuvent s'extraire des contingences historiques. L'Histoire est tragique ; elle bouscule évidemment les vies et s'il est besoin de le préciser, les vies de tous.
Ce film italien d'un réalisme intense m'a rappelé certaines oeuvres des années 70 et 80 : celles d'Ernano Olmi ou les premiers films des frères Taviani.
Nous sommes à la montagne, dans des conditions très rudes, et le propos du film est avant tout de faire ressentir l'importance des saisons, l'âpreté de la vie quotidienne et l'absence de perspectives enthousiasmantes, notamment pour les femmes.
Il réussit pleinement à remplir son cahier des charges : il est fort peu rieur, et pour tout dire souvent triste. Heureusement, l'intrigant visage de l'actrice principale Carlotta Gamba irradie la pellicule et nous sert de guide dans cette histoire sans grand éclat, mais d'une grande profondeur, servie par une troupe d'acteurs et d'actrices profondément attachants.
Vermiglio confirme le renouveau du cinéma italien, porté par une pléiade de réalisatrices de toutes générations, et qui présentent la caractéristique de nous donner à voir des destins de femmes à travers un large spectre temporel et spatial (Piccolo corpo, L'immensita, Il reste encore demain, Miele, etc). Après son très remarqué Maternal, Maura Delpero ajoute donc sa pierre à l'édifice.
Un film que je conseille aux amoureux du cinéma italien, des grands espaces ruraux et des immersions hyper réalistes.
Ce film a déjà comme premier atout de rendre compte de la vie quotidienne de beaucoup de villages du début du 20e siècle. Le ton posé et documenté permet de s'immerger dans ce monde ou chacun se connaît. Le malheur ne se reposait pas trop dans ce temps, et les famines, guerres et autres mortalité infantile étaient des réalités concrètes. Ces milieus difficiles influent sur ses habitants partagés entre résignation et espoir. Et beaucoup de sentiments étaient refoulés, chacun y fait quelque chose en cachette. Pour Julia, la promesse d'une vie meilleure passe par ce soldat dont elle s'éprend vite. La réalisatrice a peut-être édulcoré certains aspects de ces vies mais leur rend un bel hommage dans leurs sobriété et délivré un film assez maternel ou ladouceur des femmes comblent la rugosité des hommes. . Très touchant, beau, dans ces montagnes magnifiques et solennelles
Habituellement le cinéma italien me procure beaucoup de plaisir. Mon blog recense d’ailleurs quelques pépites , en dehors des grands classiques à jamais consacrés. Mais cette fois, sur une trame dramatico-familiale, j’ai peiné à suivre les allées et venues du professeur et de sa grande famille, confinés à la fin de la seconde guerre mondiale, dans un petit village du Trentin, où le monde s’est arrêté. Son isolement permet à un soldat sicilien de s’y réfugier, de faire de l’œil à la fille de l’instituteur et de l’épouser. De ce survol très rapide , et presque désintéressé, il faut retenir l’insistance quasi obsessionnelle de la réalisatrice pour la fratrie professorale et son quotidien Complaisante , elle s’épanche sur ses propres émotions, ses sentiments premiers pour donner à voir ( on est proche de la contemplation virginale ) une image douce et sereine d’un monde qui cherche à cacher ses malheurs et sa misère. Quand la faille apparait, il est bien tard Pour en savoir plus : lheuredelasortie.com
Le titre provient d'un village isolé du nord de l'Italie. On suit cette fresque familiale sur une année, au fil des saisons qui bercent la vie des villageois et de cette famille. Le récit commence par la rudesse de l'hiver pour progressivement s'ouvrir dans les beaux jours.
Le père est l'instituteur du village et en tant que seul érudit il détonne un peu. Le voilà à écouter de la musique classique et acheter des disques pendant que les autres peinent à joindre les deux bouts et vivent de leurs mains. L'arrivé d'un soldat déserteur bouleversé totalement l'équilibre de ce havre de paix et de cette famille.
C'est un récit qui prend le temps de poser les bases de l'histoire de cette grande famille de 7 enfants. Les paysages sont magnifiques : j'ai été captivée par les lumières et les couleurs.
J'ai été immergée avec délice dans la douceur du rythme apaisé du récit. Le temps s'écoule lentement mais on ne s'ennuie pas tant chaque plan est choisi et soigné. Ce village, bien que préservé par la guerre, n'en connait pas moins de lots d'épreuves et de souffrance. La dépression est traitée ici avec pudeur et justesse. La famille est le socle de solidarité nécessaire pour ouvrir la voie de la guérison.
Un film des temps anciens à la fois traditionnel par le traitement classique de l'histoire et moderne par les thèmes abordés comme la dépression ou les émois homosexuels.
Ce fut une belle surprise pour moi ! Je pourrais comparer ce film à Downtown Abbey par le déroulé du récit classique et le rythme plutôt contemplatif. C'est un film qui peut être clivant mais j'ai été embarquée par cette fresque familiale et par la beauté des plans soignés.
Cette immersion dans la vie quotidienne d'un village du nord de l'Italie à la fin de la première guerre mondiale et de ses montagnards peut séduire par sa belle photographie mais m'a laissé un peu circonspect, surtout parce que le scénario passe rapidement sur certains points que j'aurais souhaité plus explicites.
Un presque documentaire sur une communauté d'hommes et de femmes témoins de l'histoire occidentale. Sobre, beau et contemplatif tout en étant émouvant.
Les cinéphiles se souviendront sûrement du chef d’œuvre d’Ermanno Olmi, L’Arbre aux sabots ( Palme d’Or 1978). 47 ans après, la réalisatrice italienne Maura Delpero remet le couvert. Au cœur de l’hiver 1944. Dans un petit village de montagne du Trentin, au nord de l'Italie, la guerre est à la fois lointaine et omniprésente. Lorsqu'un jeune soldat arrive, cherchant refuge, la dynamique de la famille de l'instituteur local est changée à jamais. Le jeune homme et la fille aînée tombent amoureux, ce qui mène au mariage et à un destin inattendu… D’emblée, constatons que ce drame a reçu le Grand Prix du Jury à Venise. Oui ! Ce film est visuellement magnifique, mais aussi magnifiquement ennuyeux. Le fond et la forme encore une fois ne sont pas en adéquation. Il s’agit donc de l’histoire d’un amour naissant suivant les hauts et les bas de la vraie vie – la mort, la trahison… Le contexte de la fin de guerre dans un coin plus que reculé des montagnes du Trentin – Vermiglio est le nom du village natal de la réalisatrice -, reste très lointain et laisse à penser que ce film pourrait se passer à peu près n’importe où. C’est une histoire d’enfants et d’adultes, entre morts et naissances, déceptions et renaissances, de leur union dans les virages de la vie, de leur chemin de la collectivité à l’individualité, une sorte d’hommage à la mémoire collective. La photo, les lumières, les cadrages, les costumes, les paysages… tout est admirable. Chaque plan est digne d’une toile de maître. Mais, comme je le dis souvent, ça ne suffit pas à faire un film. Celui-ci est d’une lenteur inouïe et ne raconte, somme toute, pas grand-chose. Tous ces gens sont taiseux, accablés en permanence par je ne sais quel destin contraire. Et pourtant, les histoires et intrigues – et sous-intrigues -, quotidiennes d’un couple et de ses neuf enfants s’entremêlent, oscillant constamment entre documentaire et fiction. Hélas pour l’émotion, le naturalisme prend largement le pas sur le romanesque. Et dans ces conditions, le temps peut paraître long. Mais ne nous méprenons pas, c’est du très grand cinéma si on est amateur de contemplatif et d’infini lenteur. Tommaso Ragno, remarquable acteur italien, qui a déjà tourné avec les plus grands cinéastes de son pays, comme Morettiou Martone, est remarquable et donne le ton au film. Les autres, Giuseppe De Domenico, Roberta Rovelli, Martina Scrinzi, sont quasiment inconnus. Il semble que rien n’ait bougé depuis Olmi dans le cinéma, dans le rendu c’est le même rustique, le noueux rural, les mêmes beautés paysannes reprises aux tableaux d’un Le Nain, et donc un académisme séduisant mais qui manque d’émotion. J’aurais tant voulu adorer ce film.
gris, bleu gris, blanc gris.... la palette de couleur est plus que réduite pour ce film plombant sans un grand intérêt scénaristique, et où il est difficile de ressentir autre chose qu'un sentiment de longueur et de tristesse froide...
Dans les montagnes de l’Italie du Nord alors que la seconde guerre mondiale est sur le point de se terminer un amour est en train de naître. Une œuvre à la photographie superbe mais rude et austère comme le sont l’hiver et les hommes dans cette partie italienne du Tyrol. Seules l’intelligence et l’espièglerie d’une petite fille d’instituteur viennent donner un peu de lumière et de sourire à ce film sombre et plombant.
On pense à une version italienne moins "stricte" du chef d'oeuvre "Le Ruban Blanc" (2009) et on pense aussi beaucoup à "La Dernière Nuit de Lise Broholm" (2022). Le film est en mode docu-fiction, l'immersion est d'une authenticité remarquable, naturaliste et réaliste on est plongé dans un petit village de montagne plus vraie que nature, au sein d'une petite communauté forcément patriarcale où l'instituteur reste la référence intellectuelle et le notable qui fait autorité. On peut s'étonner par contre que dans l'Italie profonde des années 40 la religion et le prêtre soient si discrets. La famille nombreuse de l'instituteur est en soi un panel représentatif de la société italienne d'alors, les âges s'étalant sur plusieurs décennies, où chacun et chacune s'attend à rester au village, une seule aura la possibilité de quitter la région pour la ville, tandis que la guerre reste en filigrane une plaie qui va se rouvrir de façon inattendue. La réalisatrice-scénariste signe un drame maîtrisé et d'un réalisme qui émeut forcément. Un film aussi beau que tragique à conseiller. Site : Selenie.fr
Vermiglio est le nom d’un petit village du Trentin italien, perdu dans un vallon alpin. L’histoire racontée s’y déroule à l’hiver 1944 et pendant les quelques années qui suivent. Elle se focalise sur la famille de Cesare Graziadei, le maître d’école, père de dix enfants. Elle commence avec l’arrivée dans le village de Pietro, un Sicilien qui fuit la conscription. Lucia, l’aînée des Graziadei, a tôt fait d’en tomber amoureuse.
"Vermiglio" est un film taiseux habité par la grâce. Mauria Delpero, la réalisatrice de "Maternal", est allée le tourner dans le village natal de son père, après son décès. Chacun de ses plans constitue un tableau muet qui raconte une histoire. On y voit les saisons qui passent, les enfants qui naissent et qui meurent, les amours qui s’esquissent… La guerre, au loin, gronde, mais ne vient jamais troubler la vie routinière des paysans.
Les enfants de Cesare et d’Adele sont les personnages principaux de ce film. Ils représentent un échantillon représentatif de cette population paysanne à l’avenir bouché et sont les yeux à travers lesquels l’histoire est racontée : Dino, l’aîné paresseux et buté, qui fait le désespoir de son père, Ada, dont le mysticisme la destine à entrer dans les ordres, Flavia, la plus intelligente et la plus espiègle, en qui le père a placé tous ses espoirs, Pietrin dans lequel la réalisatrice a voulu filmer le double autobiographique de son propre père…
"Vermiglio" était menacé par le double risque de l’immobilisme et de l’esthétisme. La réalisatrice l’évite grâce à un scénario suffisamment rebondissant pour ménager quelques surprises. On pense aux "Quatre filles du docteur March" ou aux grands films italiens des frères Taviani ("Padre Padrone") ou d’Ermanno Olmi ("L’Arbre aux sabots", Palme d’or 1978).
Vermiglio est un petit village niché dans les montagnes où, pendant la deuxième Guerre Mondiale, un soldat sicilien va débarquer et trouver l'amour avec la fille aînée de l'instituteur du village, homme très respecté au demeurant. Maura Delpero signe un superbe film dans ces paysages enneigés où la famille est sacrée. La place de la femme sans les hommes au front est dépeinte de manière remarquable. On se laisse bercer par les tâches quotidiennes de cette vie rude mais heureuse, avec pour couronner le tout une belle histoire d'amour ponctuée par un mariage. Seulement la réalité va rattraper la douce Lucia, sans en dire trop. C'est un film contemplatif sans être ennuyeux (chose rarissime), où la quiétude apparente de la vie peut basculer dans le drame. Je ne connaissais pas la cinéaste italienne Maura Delpero, mais elle filme avec brio et une touche de mélancolie cette petite troupe de montagnards attachants Un très bon film.
Voilà une œuvre admirable. J’ai été stupéfait de voir évoqués tout ces sujets primordiaux traités avec tellement de sérénité, de calme et surtout de justesse. C’est avec une extraordinaire économie d’affèteries qu’est décrit ce monde paysan, alpestre, rude, de cette fin de guerre. Parmi tous les sujets évoqués, il faut signaler la place importante faite aux femmes, à leur sort empesé par la religion et le patriarcat. Et enfin, une mention spéciale à la photographie qui est en tout point admirable ! La fin du film est accompagnée de véritables « tableaux » illuminés de lumières en clair-obscur dignes de LeNain ou De la Tour …