Une plongée passionnante sur un moment historique rarement mis en lumière au cinéma (en dehors du Munich du Spielberg). On est dans une approche très technique de la télévision en directe du début des années 70 à travers cette première mondiale d'une prise d'otages diffusée en live. Les prises de risques, les décisions risquées, les situations qui changent toutes les minutes, les défis techniques. La photographie est parfaite et nous plonge totalement dans l'atmosphère de l'époque. Au-delà même de l'histoire qu'on connaît tous, cette mise en lumière des coulisses est merveilleuse.
Après l'excellent Munich de Spielberg qui détaillait la prise d'otages d'athlètes israéliens par l'organisation terroriste palestinienne Septembre noir lors des Jeux Olympiques de 1972 ce documentaire-fiction nous relate les faits en se mettant à la place des journalistes de CBS. Nous sommes un peu les (télé) spectateurs de cette tragédie qui marque encore aujourd'hui l'histoire des Jeux Olympiques et qui reste un sujet d'actualité brûlant. Film qui se passe à huit clos dans les studios de CBS et qui montre l'échec des autorités allemandes mais aussi des médias dans cette prise d'otages , 5 septembre est plus un documentaire qu'un divertissement. La tension est présente du début à la fin et nous sommes pris dans cette histoire vraie qui fait froid dans le dos. Ici pas d'effets spéciaux ni de scènes d'action mais une retranscription au cordeau de cet événement terrifiant qui marquait les débuts des directs télévisuels. Avec cette ambiance anxiogène ce thriller est d'une efficacité redoutable. Pouvoir des médias et course au scoop au risque de diffuser des Fake News,Tim Fehlbaum déroule son récit en mettant l'accent sur les angoisses des journalistes et les tensions entre les chaînes. Prenant et sans concession !! Essentiel pour ne pas oublier !!
Fait historique qui nous plonge dans les années 70 par un angle intéressant des médias américains a une époque où les moyens de communication étaient « lents ». Film rythmé avec un peu de tension,. Il s agit presque d’un huis clos en salle de réalisation TV.
Drame historique relatif à la prise d'otages qui a eu lieu le 5 septembre 1972, lors des Jeux Olympiques de Munich, où la délégation d'Israël a été prise en otage et victime de terrorisme. Le point de vue adopté est celui d'une regie télévisuelle où les évènements sont suivis plus ou moins en direct.
Avec son film, Tim Fehlbaum nous replonge dans l’effroyable journée du 5 septembre 1972, où la délégation israélienne a été prise en otage lors des jeux olympiques de Munich. Passer après Spielberg et son Munich n’était pas une tâche aisée, mais ce film fait le pari audacieux d’adopter un point de vue radical : celui des journalistes sportifs qui, bien malgré eux, se sont retrouvés à filmer en direct le premier acte terroriste retransmis à la télévision, suivi par près d’un milliard de spectateurs.
Ce choix narratif est la véritable force du film. Il plonge le spectateur au cœur de la salle de rédaction d’une chaîne de télévision, là où se décide en temps réel ce qui doit être montré ou non. Sans jamais mettre directement en scène la prise d’otages, le film nous place au même niveau que ces journalistes, confrontés à des dilemmes moraux : où s’arrête le devoir d’informer ? Jusqu’où peut-on aller sans basculer dans le voyeurisme ?
Loin d’un simple récit historique, le film est un véritable thriller suffocant. Même si l’issue de l’histoire est connue, la tension est omniprésente, amplifiée par une mise en scène nerveuse qui donne l’impression d’un documentaire en temps réel. La caméra épouse l’urgence de la situation, les plans serrés accentuent la sensation d’étouffement et les dialogues, qui débordent souvent de termes techniques, restent toujours accessibles. L’immersion est totale.
L’aspect artisanal de la production télévisuelle de l’époque est aussi l’un des éléments fascinants du film. On suit cette équipe de journalistes jonglant avec des défis techniques, improvisant sans cesse pour assurer la meilleure couverture possible, tout en commettant des erreurs qui finiront par les dépasser. Malgré leur volonté de rester en retrait, ils deviennent peu à peu des acteurs involontaires de la tragédie.
Mais le film ne se contente pas de nous faire revivre cette terrible journée tragique. Il porte aussi un regard sur notre monde actuel et ces chaînes d’information en continu qui cherchent constamment le scoop pour faire de plus en plus d’audience. On est assez stupéfait de voir que, malgré toutes les défaillances de cette journée de direct, on ne semble pas avoir appris de nos erreurs, tant les choses semblent se répéter…
Alors qu'ils sont présents au village olympique de Munich pour couvrir les vingtième Jeux Olympiques en 1971, l'équipe de la chaîne de télévision américaine ABC entend des coups de feu. Pendant deux jours, ils filment et commentent en direct les événements de la prise d'otages d'athlètes israéliens. En salle le 5 février.
spoiler: "5 septembre" est un thriller nous mettant dans l'ambiance d'une station de télévision du début des années 1970. On arrive à bien nous imprimer l'ambiance de l'époque avec notamment les outils à disposition des journalistes, bien loin des habitudes numériques d'aujourd'hui. J'ai trouvé le film un peu difficile à suivre par moment car on ne sait pas bien le rôle de chaque journaliste, ni qui est en train de parler au talkie walkie. Ça donne une ambiance intéressante mais brouillonne, peut-être à dessein. Le twist final est intéressant mais on nous montre assez peu les conséquences négatives auprès des téléspectateurs.
Le film 5 septembre est une œuvre poignante et magnifiquement réalisée qui plonge les spectateurs dans une atmosphère tendue et émotive, tout en explorant des thèmes universels de la mémoire, du deuil et de la réconciliation. La mise en scène est élégante, avec une direction artistique soignée qui sublime chaque scène, donnant une profondeur visuelle qui complète parfaitement l’intensité émotionnelle du récit.
Les performances des acteurs sont exceptionnelles, avec une mention spéciale pour le rôle principal, qui incarne la complexité des émotions humaines avec une justesse rare. Leur prestation permet de saisir les luttes intérieures de chaque personnage, offrant au public une immersion totale dans leur univers intime.
Le scénario, à la fois délicat et intense, parvient à toucher des cordes sensibles sans tomber dans le pathos. La construction du récit, entre passé et présent, dévoile peu à peu les mystères de cette date fatidique du 5 septembre, tout en maintenant un suspense captivant qui tient l'audience en haleine jusqu’à la dernière scène.
En somme, 5 septembre est un film profondément humain, qui fait réfléchir et émeut sans jamais chercher à manipuler les émotions de manière artificielle. C’est une réussite qui mérite d’être vue et qui marquera les esprits longtemps après le générique de fin.
Ce film retrace minute par minute les coulisses de la Chaîne ABC lors des évènements de Munich 1972. Faut-il diffuser ou pas ? Quelles sont les sources ? Sont- elles fiables ? Comment trouver ces sources ? Au passage on note le bond qu'ont fait les moyens technologiques: le numérique a remplacé les films argentiques ( qu'il fallait développer), les moyens de téléphonie idem.. On note aussi que le direct a été fabriqué avec des bouts de chandelle... Les interrogations du chef d'agence et de ses adjoints est toujours d'actualité : faut -t il devenir une caisse de résonnance aux terroristes ?
Un thriller façon docu avec un point de vue original et intéressant, raconter la prise d'otage des athlètes israéliens par le prise des médias. Pour le coup c'est assez instructif sur la méthode ABC et des chaînes en général : l'essentiel est avant tout d'avoir le scoop , d'être les premiers à avoir l'information, peu importe la méthode (faire passer des journalistes pour des athlètes, filmer une intervention policières en direct,...). La mise en place de la cellule de crise journalistique est intéressante à regarder mais cela finit par tourner en rond car on ne suit pas directement les protagonistes de cette prise d'otage et qu'en fin de compte le spectateur est peu impacté par le récit. D'ailleurs, le point de vue est essentiellement celui du soutien aux victimes israéliennes, la Shoah est mentionnée à plusieurs reprises étant donné que les Jeux se passent à Munich en 1972. La motivation des terroristes palestiniens n'est jamais abordée. Ce parti pris se traduit aussi par la façon dont les deux personnages qui dirigent ABC sport traite de l'information. On pourrait même faire un parallèle avec la médiatisation du conflit par les médias contemporains.
Huit clos d’une redoutable efficacité, mené à un rythme haletant, il ne faut pas attendre de 5 septembre une réflexion sur l’actuel conflit israélo-palestinien. En mêlant fiction et images d’archives avec minutie pour reconstituer la prise d’otages des JO de Munich de 1972, Tim Felhaum interroge plutôt l’évolution de la télévision et la fabrique de l’information en continu. Cette prise d’otages reste en effet à jamais le premier évènement tragique qui aura révélé les enjeux éthiques de la recherche du scoop par n’importe quel moyen, et montré les contradictions entre information et voyeurisme. Tim Felhaum réalise ainsi un thriller aussi instructif que captivant
Captivant de bout en bout. J’ai 75 ans et me souviens parfaitement de cet événement qui nous avait profondément choqué et tenu en haleine. Je me souviens des messages d’espoir diffusé par le gouvernement allemand incapable d’assumer à moins de 3 décennies de la catastrophe nazie. Nous n’avons pas vu le temps passer. On n’assiste à aucune exécution, on ne voit ni les otages ni leurs bourreaux mais on suit en live une équipe de journalistes et de techniciens comme si on y était. Une mention spéciale pour Leonie Benesch, jeune actrice allemande, pour sa sensibilité palpable, l’émotion naturelle sans surjouer qu’elle exprime et elle crève l’écran dès qu’elle paraît. Je comprends que ce film par sa réalisation originale soit nommé aux Oscars.
Les événements du 5 septembre sont ici relatés sous l'angle d'une équipe de télévision américaine présente pour couvrir l'aspect sportif des JO. Le film nous montre donc comment ces journalistes ont dû improviser le côté opérationnel, la pêche aux infos, la prise d'images, de sons, tout en répondant à des questions morales : qu'a-t-on le droit de filmer ? Et de passer en direct ? Ne fait-on pas le jeu des terroristes en leur accordant une telle audience ? Cette prise d'otages a en effet été le premier acte terroriste retransmis en direct dans le monde entier. Mais au-delà, il nous invite à nous interroger sur notre rapport, notre demande de direct face à ce type d'événements. Et ainsi à notre responsabilité de spectateurs consommateurs à d'éventuelles dérives potentiellement malsaines de journalistes.
Un bon film pour toutes ces raisons mais qui souffre à la longue de ce seul angle de vue et qui manque à mon sens d'analyse sur la succession de choix ayant conduit au drame final.
« 5 septembre » propose une fiction saisissante inspirée de l’histoire vraie de la chaîne américaine ABC durant les événements de Munich 1972, aux Jeux Olympiques. Seule chaîne à avoir diffusé en temps réel les images de la prise d’otages, ABC a bouleversé le journalisme et ce film nous plonge au cœur de cette période historique.
Le film, bien que limité par une approche quasi-documentaire qui peut parfois freiner sa qualité cinématographique, parvient néanmoins à maintenir une tension palpable. On ressent intensément le stress et la détermination de l’équipe, incarnée notamment par Mark Strong, dans sa quête acharnée de vérité. Cette immersion permet au spectateur de comprendre l’ampleur de l’événement et d’appréhender l’impact de ces images en direct sur le paysage médiatique.
En complément du film de Spielberg qui se concentrait sur la traque des terroristes, “5 septembre” offre un regard différent en explorant les coulisses d’une diffusion qui a marqué l’histoire. Un film intelligent et humain, à voir absolument pour quiconque souhaite mieux saisir une facette essentielle de notre histoire récente.
Ce film apporte un éclairage original sur le drame des JO de Munich. Instructif sur le plan du fonctionnement d’un médium, il s’avère totalement captivant de bout en bout. Les détails techniques apportent de la crédibilité et contribuent à nous replonger dans l’époque tout comme l’image un peu sale.
Cinquante ans après le triste évènement, reste t-il encore quelque chose à raconter des attentats survenus aux JO de Munich en 1972 ? Kevin McDonald y a consacré un documentaire et Spielberg en a fait la base d'un de ses meilleurs films. Le réalisateur Tim Fehlbaum choisit de tout centrer sur l'équipe de ABC Sport et comment les membres vont improviser à mesure que la situation dégénère. Dans le village Olympique et les studios d'ABC eux-mêmes.
Monté au cordeau, 5 septembre projette son spectateur dans l'action sans préambule. Peu voire pas d'informations sur le parcours des protagonistes. Pas besoin, les places sont définies de manière limpide. Et chacun a un rôle à jouer dans ces 24 heures qui ont ébranlé le monde et écrit une page de l'histoire de la télévision. Positif ou négatif, ce sera à nous d'en juger. Car les personnages que l'on suit se révèlent en creux, hors des zones les plus faciles. Si les caractères se dévoilent face à l'adversité, la poussée d'adrénaline n'empêche pas les moments de questionnements (quel terme utiliser pour qualifier telle chose) ou de doutes lorsque les spectateurs dans la régie d'ABC Sport réalisent qu'ils participent au drame en cours. Plus encore, 5 septembre rappelle combien l'évènement et son traitement médiatique peuvent amener à deux comptes-rendus sensiblement différent.
Si Fehlbaum s'attache à ne jamais quitter les locaux de télévision, c'est justement pour capter des individualités réagir à chaque information et choisir laquelle exploiter. Le cinéma a cet avantage de pouvoir confronter les attitudes, décisions et sensibilité en rappelant combien l'attentat fut aussi une tragédie pour une population allemande désireuse d'être reconsidérée. En somme, un ajout très recommandable après le documentaire de McDonald et le chef-d'œuvre de Spielberg. Avec en prime, un casting international de haute volée. Je retiendrai particulièrement les prestations géniales de John Magaro et Leonie Benesch.