Un film historique en plein dans les ruines de l'Allemagne d'après la Seconde Guerre. Les américains cherchent d'anciens nazis et reconstruisent l'Allemagne comme ils le peuvent. Les troupes font du marché noir et draguent les femmes allemandes. Dans un cabaret, une ancienne épouse d'un haut dignitaire nazi est protégée par un officier américain. Mais une membre du congrès américain vient éclaircir ce qu'il se passe à Berlin et faire un rapport en haut lieu. Une bonne interprétation des acteurs et de l'humour dans la façon de se courtiser et même dans l'après-guerre face à l'ancien régime nazi et à la jeunesse dont il faut défaire les liens avec le Führer et la croix gammée. Très intéressant et divertissant !
Tourné dans le décor incroyable d'un Berlin d'immédiate après-guerre totalement en ruine, La scandaleuse de Berlin prend la forme d'une comédie qui n'hésite pas à explorer les côtés les plus sombres d'une période troublée, au cours de laquelle tout s'achète et se vend au marché noir, et où chacun tente de se racheter une conscience à bas coût. D'une terrible lucidité, le film étrille autant le comportement des Américains, qui occupent la capitale après la défaite nazie, que celui des Allemands, notamment à travers le personnage de femme fatale incarnée par Marlene Dietrich, époustouflante dans le rôle d'une chanteuse de cabaret que fricote avec les gradés étasunien comme elle le faisait la veille avec les dignitaires SS. Tous les acteurs sont superbes, Jean Arthur et John Lund en tête. À la fois drôle et clairvoyant sur la nature humaine.
Certains filment vieillissent mal, d'autres pas. "La scandaleuse de Berlin" fait bien évidemment partie de la deuxième catégorie. Et comment en parler sans évoquer Marlene Dietrich ? Elle est parfaite, surtout quand on sait qu'elle avait fui l'Allemagne en 1939. Ce rôle a dû être un des plus difficile qu'elle ait eu à tenir, et elle le tient avec brio ! Les autres acteurs jouent également très bien. L'intrigue suit un bon rythme et est cohérente, sauf peut-être à une occasion spoiler: (comment le colonel découvre-t-il la liaison de Pringle ?) . Ce film, bien qu'engagé, arrive à ne pas être trop moralisateur et à faire rire malgré tout. Rire, et réfléchir. On en ressort avec beaucoup de questions en tête, notamment sur la condition de vie des jeunes Berlinoises après-guerre. En bref : à ne louper sous aucun prétexte.
B. Wilder, qui a fui le régime nazi, filme en décor réel le Berlin de la défaite, et nous propose un mélange de comédie et de satire. La troublante Marlène Dietrich illustre les ambiguïtés des « repositionnements » personnels nécessaires dans les périodes d’après-guerre. Face à elle, Jean Arthur endosse l’habit d’une prude députée, l’occasion de lancer quelques piques aux ligues de vertus, aux grandes idées américaines (déjà !) : on les a sauvés, offrons leur en plus la démocratie face aux méchants russes. Les deux femmes aux antipodes aiment le même homme, pourquoi pas ? Le sujet est rare, le film enjoué, mais de Wilder, Témoin à charge ( toujours avec Marlène !) reste mon film préféré, suivi de Sunset Boulevard et Fedora. Fev 17
Ce très bon film de Billy Wilder souffre de deux défauts assez étranges. Le premier c'est que Wilder entraîné par le côté dramatique du fond de son récit a du mal à rester sur les rails de la comédie (c'est notamment très flagrant à la fin), le second c'est que Marlene semble assez peu concernée par son rôle, elle est lointaine, absente, y compris quand elle chante comme si le rôle qu'on lui avait attribué l'écrasait. Sinon, le film nous offre un véritable festival des talents de Jean Arthur dont la beauté est magnifiquement photographiée et qui crève l'écran. Le film peut aussi se voir comme un documentaire sur les ruines de Berlin et l'état de l'Allemagne après la défaite (un peu comme Berlin express de Jacques Tourneur, tournée la même année et qui lui est supérieur. )Très bon film malgré les réserves.
"La scandaleuse de Berlin" coincée entre deux réussites majeures ("Le poison" en 1945 et "Sunset Boulevard" en 1950) du duo d'écriture que formait à l'époque Billy Wilder avec Charles Brackett, est aujourd'hui considéré comme un film mineur de son auteur. Juste après la guerre, Wilder collabore pour la première fois avec son amie Marlène Dietrich pour une comédie romantique qui permettra à l'égérie de Von Sternberg de sortir d'un trou d'air prolongé alors qu'elle approche de la cinquantaine. Beaucoup de films de propagande avaient été réalisés avant que les Etats-Unis n'entrent en guerre et il fallait donc aux deux auteurs trouver un biais novateur pour intéresser un public en quête de nouveauté. C'est donc dans le Berlin occupé par les forces alliées qu'ils nous emmènent pour une tournée d'inspection chargée sans aucun doute de prouver que cette lourde dépense faisant suite à celle pharaonique du débarquement était à revoir à la baisse. La petite équipe au sein de laquelle se trouve une députée républicaine zélée (Jean Arthur) va tenter de prouver que les soldats sont occupés à bien d'autres choses que le maintien de l'ordre. C’est bien sûr vers le lucre et à la débauche que tous les esprits sont tournés. On devine tout de suite le parti comique que Wilder peut tirer d'une telle entrée en matière. Il n'en abusera pas outre mesure, se contentant de l'utiliser comme appât pour ensuite la reléguer en toile de fond au profit d'une romance mettant aux prises un classique trio amoureux pris dans la tourmente de la traque d'un nazi caché dans Berlin en ruines. La transition entre les deux atmosphères n'est pas particulièrement fluide et constitue sans aucun doute la faiblesse du film. Cet écueil passé, le duo s'y entend à merveille pour jouer l'opposition de style entre la chanteuse de cabaret mangeuse d'hommes et la politicienne coincée, venue du fin fond de l'Iowa qui va se révéler femme au contact de la dure réalité du terrain. Billy Wilder narre dans ses mémoires que les deux actrices ne s'étaient pas entendues, Jean Arthur connaissant la capacité de Dietrich à absorber l'œil de la caméra, craignait que la proximité entre le réalisateur et Marlène Dietrich ne lui soit défavorable. Le résultat est palpable dans les deux scènes qui voient les deux stars s'affronter au paroxysme de l'intrigue alors que leurs différences sont exploitées à fond par un Billy Wilder qui derrière sa caméra devait se lécher les babines. John Lund, le bellâtre de service un peu terne contribue par sa relative transparence à concentrer nos regards sur la joute féminine, argument central de cette comédie où Billy Wilder se permet quelques clins d'œil malicieux comme celui à "Assurance sur la mort" quand Jean Arthur tout de noir vêtue, transformée un court instant en vamp, descend un escalier à la manière de Phyllis Dietrichson, la mante religieuse interprétée par la grande Barbara Stanwyck. Réputée actrice d’un seul type de rôle, Marlène Dietrich montre une fois encore qu’elle savait varier son jeu à partir de ce canevas inspiré de son rôle de Lola-Lola dans « L’ange bleu ». Un film à redécouvrir pour ceux qui voudraient musarder dans la riche filmographie d'un des plus grands réalisateurs de l'âge d'or d'Hollywood.
Avec ce huitième film (en comptant son documentaire « Death Mills »), Billy Wilder nous envoie en 1946 à Berlin suivre Phoebe Frost, faisant partie d’une délégation américaine qui s’assure du bon agissement de l’armée américaine en Allemagne. Mais elle se rendre vite compte que la réalité et tout autre et se mettre notamment à enquêter sur une ancienne nazie qui semble protéger par un haut-gradé de l’armée américaine.
C’est avec une grande habilité, intelligence, finesse et avec humour (une fois de plus) que Billy Wilder va aborder les thèmes de l’après-guerre en Allemagne et surtout osciller entre légèreté, humour et drame. Il dépeint la noirceur d’un Berlin tombé en ruine, une population aux abois et la façon dont les américains en profitent (les soldats qui tentent d’aborder des femmes en leur proposant du chocolat…) mais n’est jamais manichéen dans les propos à l’image du personnage très bien campé par Marlene Dietrich, qui obtient la protection US après avoir été en compagnie des plus hautes personnalités nazis.
A l’image de cette nazie, la galerie de personnages dépeinte par Billy Wilder est bien écrite et intéressante, que ce soit Phoebe Frost une femme stricte qui va poser pied sur le sol allemand pour y vérifier la bonne moralité des américains ( !) et tomber de haut puis finir par enquêter sur celui qui protège la nazie avec l’aide d’un capitaine de l’armée américaine… qui est celui qui la protège et qui va tout faire pour la mettre sur des mauvaises pistes et user de divers stratagèmes pour l’éloigner.
C’est sans lourdeur qu’il arrive à nous faire rire en traitant de sujets qui n’y sont pas forcément propices, grâce notamment à la qualité d’écritures (notamment des dialogues, comprenant souvent des sous-entendus) ou encore à des situations bien trouvées. Certaines scènes révèlent tout le talent de Wilder, que ce soit lorsqu’il nous fait sentir l’atmosphère sombre, chantante et fumante des cabarets (très bonnes chansons aux passages et notamment « Black Market ») ou lors des scènes de face à face entre les différentes protagonistes.
La photo en noir et blanc est superbe et permet de mieux filmer (avec plusieurs plans naturels filmé juste après la fin de la guerre) un Berlin en ruine. La réalisation de Wilder est à la fois sobre et élégante. En plus de l’excellente Marlene Dietrich, les autres interprétations sont plutôt bonnes et notamment John Lund.
Une fois de plus, un très bonne œuvre signée Billy Wilder, à la fois grave et légère, intelligente, romantique et captivante.
Si Billy Wilder est reconnu pour ses comédies américaines des années 50-60, il a aussi traité des sujets plus sensibles comme l'après guerre. C'est en 1948, qu'il décide d'aller tourner La Scandaleuse de Berlin, non pas en studio mais directement sur les lieux, dans un Berlin en ruine, qui servira de décor à une remise en question du conflit. Dès le début du film les choses sont posés. On survole la ville en ruine où une commission parlementaire américaine doit se rendre pour surveiller la bonne gestion de la partie américaine et voir le moral des troupes. Celle-ci est dirigée par Phoebe Frost qui va découvrir l'envers du décor: marché noir, mœurs de très mauvais goût, nazisme encore vivace, où elle va plonger bien malgré elle. Billy Wilder va se livrer à une charge comique, à sa façon, contre les américains et les allemands, lui qui est dans un perpétuel aller-retour entre Europe et Etats-Unis. Cela aurait pu être sombre, triste, mais le réalisateur amène son humour dans le personnage de Phoebe et de Marlène Dietrich, qui devient ancienne nazie reconvertie en chanteuse de cabaret dont le charme opère avec sa chanson "Black Market" devant les GI. Chez Wilder, les bons mots fusent tout en fluidité, la mise en scène est très travaillée (la séquence de la salle des archives en est un exemple) et le triangle amoureux est bien en phase avec cette Allemagne divisée. Un film qui mérite d'être un peu plus connu, comptant dans la carrière de Wilder, et qui est un véritable document sur cette Allemagne d'après-guerre qui a beaucoup marqué la population.
Billy Wilder a longtemps été sous-estimé On le trouvait moins drôle que Lubitsch ou que Capra, moins audacieux que Welles ou Hitchcok. Pourtant, à y regarder de près, sa filmographie est impressionnante : "Boulevard du Crépuscule", "Témoin à charge", "Certains l'aiment chaud" sont, chacun dans leur registre, des chefs d'oeuvre.
J'ai vu "La scandaleuse de Berlin" au Reflet Médicis Cette innocente comédie est beaucoup plus corrosive qu'il n'y paraît. Car l'action se passe en 1948 à Berlin. On aurait pu imaginer que le réalisateur, qui avait fui le nazisme 15 ans plus tôt, revienne à Berlin régler ses comptes avec le régime honni. Son film est à mille lieues de pareil manichéisme. Sur le mode de la comédie, il décrit une ville occupée : d'un côté des soldats qui s'ennuient, de l'autre des Allemands qui survivent tant bien que mal. Marlene Dietrich, imperiale, joue le rôle d'une femme du demi-monde qui survivait hier grâce à la protection d'un dignitaire nazi et aujourd'hui grâce à celle d'un capitaine américain. Jean Arthur est une congressiste américaine venue traquer les dérives du régime d'occupation allié, suspecté d'une trop grande indulgence à l'égard de la population allemande. Comme Ninotchka à Paris, la prude américaine réalisera que les choses sont plus compliquées qu'elles ne semblent et que la pureté idéologique est mauvaise conseillère. Message étonnant quand on pense qu'il date de 1948 seulement.
On retrouve ici l'humour de Billy Wilder qui partant d'un sujet grave a su le tourner en dérision avec des personnages aux défauts exagérés. Du coup, ça donne quelque chose de très bon et on passe un véritable bon moment.
Superbe comédie dans un Berlin en ruines, où Wilder enchaîne les péripéties avec son sens du rythme et du quiproquo. L’interprétation est excellente, les dialogues pétillants. Le scénario, vivant et délicieux, se permet de tourner en dérision un certain puritanisme américain, d’égratigner l'armée américaine et de livrer un aspect quasi documentaire de la vie à Berlin dévasté dans l’immédiat après guerre (marché noir, cabarets…)
Billy Wilder se lance, pour l'époque, dans un sujet plutôt périlleux. Trois ans seulement après la victoire des Alliés sur l'Allemagne, il dépeint une Berlin telle qu'elle était, en ruines et en proie au marché noir, où tout pouvait s'acheter ou se troquer rien que par des barres de chocolat ou des cigarettes. D'où l'idée géniale de faire venir une membre du Congrès très puritaine sur place pour évaluer la moralité des soldats en garnison sur place et de la faire tomber sous le charme de l'homme qu'elle recherche activement sans le savoir, c'est à dire un officier qui protège une ancienne nazie qui est sa maîtresse. S'ensuit toute une série de complications et de péripéties que Wilder maîtrise parfaitement avec son style unique, très rythmé, souvent drôle mais toujours un peu amer et un peu cynique. Et entre une Jean Arthur qui se décoince au fur et à mesure et une Marlene Dietrich qui dévoile son désespoir, John Lund est excellent en officier empêtré dans une situation improbable.
Un Billy Wilder, plein de rouerie et de malice, avec un Berlin dévasté par les bombardements en toile de fond. L'intrigue part sur une intrigue banale, une bluette entre Marlène Dietrich, ex sympathisante du régime nazi, retournant sa robe de chanteuse de cabaret, enjôlant un Capitaine de l'armée américaine afin de bénéficier de sa protection. Mais ce petit train train va exploser avec l'arrivée dans le jeu d'une inénarrable commission du congrès qui vient enquêter sur les mœurs de l'armée américaine... Cerise sur le gâteau, un final à rebondissements!
Un film méconnu de Billy Wilder mais qui vaut vraiment le détour ne serait-ce que par sa description sans concession du Berlin de l'immédiat après-guerre. Des scénes parfaitement politiquement incorrectes et qui pourraient être cultes comme celle du gamin qui dessine des croix gammées partout ou encore Marlène Dietrich chantant les doux avantages du marché noir... Jean Arthur est extraordinaire.
Billy Wilder, Marlène Dietrich pour une fantaisie post seconde guerre mondiale, tout en finesse et en dérision pour une certaine amerique puritaine et pudibonde.