La poésie légendaire de Jean Cocteau ne prend pas dans "Le testament d'Orphée". Non seulement trop abstrait, mais surtout très littéraire et extrêmement théâtral pour pouvoir ressembler à du cinéma, ce film d'adieu de celui qui réalisa le merveilleux "La Belle et la Bête" est long, décevant, et dont les bonnes scènes se font rares. En écoutant le message final de Cocteau à la fin du film (il serait "triste d'apprendre que l'on n'ai pas aimé son film"), j'éprouve beaucoup de peine à écrire cette critique. Vraiment dommage.
Beau mais étrange. Premier Cocteau que je vois, il m'a paru assez bizarre, incompréhensible même. Mais j'ai appréciée la beauté poétique du film. On voit Cocteau se promener à travers le temps. La fin m'a particulièrement surprise spoiler: Cocteau meurt, transpercer par une déesse, entouré des gitans, il ressuscite et croise dans son dernier chemin, le Sphinx ainsi qu'OEdipe et Antigone . Je le répète : beau mais étrange.
J’aurais aimé plus de film et moins de discours. L’écueil que Cocteau a évité lors de son précédent film, il plonge complaisamment dedans cette fois-ci. Autoréférence, auto déférence, autocitation, autosuggestion, la récitation de moi-même, le je parle de moi-je ; le film aurait dû s’appeler : Le testament de Jean. La poésie attendue est absente à l’écran, parce qu’il pense trop, et aboutit à un pensum, et ça devient rapidement assez pénible. Sans compter que les effets d’époque qu’il utilise à foison, (montage à l’envers, superposition d’images, effets d’apparitions, découpage avec faux raccords ), semblent trop artisanaux, sont trop récurrents, et ont très mal vieillis. Une non-histoire impossible à suivre, un jeu d’acteur approximatif ; Cocteau semble vouloir jouer avec les codes et s’approcher des du théâtre et de l’improvisation, mais faute de réelle narration on ne suis plus le fil d’Ariane, en tout cas moi, j’ai pas pût, j’y abandonné. Le pompon se sont les acteurs qui font des apparitions amicales sans réellement jouer, ils sont juste là comme caution artistique, le pompon. Si c’est une grosse farce, c’est mal exécuté. Allez plutôt voir Orphée, et restez-en là.
Ce film introspectif aurait dû s'appeler "Le testament de Narcisse" tant Jean Cocteau pousse loin son égotisme. Si "Le testament d'Orphée" contient ce qu'il faut de poésie (tant visuelle qu'orale) et de scènes imagées, le réalisateur part rapidement dans des délires intellectuels pas toujours facile (et rarement passionnant) à suivre. Beau dans la forme, soporifique dans le fond.
Vers la fin de sa vie, Cocteau décida de livrer une dernière fois un regard sur ce qu'est la vie, et se demande si la mort n'est pas une farce et qu'en fait nous sommes condamnés à vivre éternellement. Jean Cocteau s'éteindra en 1963, et c'est bien un testament qu'il nous a donné, en compagnie de ses amis dont Picasso, dans lequel il chante son amour pour la poésie au Cinéma et sa moquerie de la mort. Les quelques effets spéciaux font sourire, car ils semblent empruntés aux films de Méliès, quasiment uniquement basés sur le principe du montage à l'envers. Mais pour ce qui est des décors, Cocteau choisit de montrer délibérément des studios, pour marquer le fait qu'il s'agit d'un film, et que l'irréalité du film est préférable aux artifices du réel, et pour cela pas même besoin de raconter une histoire. Peut-être eût-il moins appuyé sur la fantaisie s'il avait eu un budget important, mais il préfère ne pas faire preuve de richesse de décors, de costumes ou de quoi que ce soit, mais donne un film pur, un film qui ne se veut pas autre chose que de se montrer comme tel, la construction de l'irréel.
Il y a cette phrase de Cocteau à la fin du film débordante de sensibilité, qui dit: "Si vous n'avez pas aimé mon film j'en serai triste"
Et bien je vais être franc je n'ai pas aimé parce que je n'ai pas compris grand-chose.
C'est un film plutôt narcissique qui tente de nous faire plonger dans les rêveries de l'auteur or je ne suis pas arrivé à accrocher une seule seconde ce film, mais pourtant je lui reconnais des qualités comme par exemple la réalisation, la façon de filmé de Cocteau qui est très symbolique.
Les rêves et les cauchemars de Jean Cocteau! Questions philosophiques et métaphysique qui touchent à tous les domaines de l'artiste! La musique, la poésie, la peinture, le cinéma... Une oeuvre universelle, intemporelle où chaque plan regorge de trouvailles lyriques et ou visuelles!
Désolé M. Cocteau mais je préfère mes rêves au vôtre. Après un début plus ou moins accrocheur Cocteau s'égare dans un parcours d'une certaine poésie mais manquant de fantaisie. Reste le plaisir de découvrir les célébrités qui jalonnent Le Testament d'Orphée notamment celle de Yul Brynner parlant en français.
Prendre le titre au pied de la lettre. Plus qu’une fiction, c’est une variation et un manifeste poético-cinématographiques. C’est du coup au plus près des qualité et des défauts de l’art du réalisateur. Un peu complaisant et mondain (« un cocktail, des Cocteau »…), et décousu dans la forme, mais avec aussi une liberté magistrale, un talent enchanteur dans l’utilisation du pouvoir proprement magique du cinéma. Le propos, in fine, émeut dans sa volonté de tout mettre au clair et d’appréhender la mort…
"Le Testament d'Orphée" ou plutôt "Le Testament de Cocteau", titre qui correspondrait mieux à cette oeuvre. L'expérience que l'artiste nous propose est une plongée dans laquelle le créateur rencontre les personnages qu'il a crée. Oeuvre narcissique, sans aucun doute, mais pourquoi pas ? Après tout, tout oeuvre ambitieuse mérite d'être saluée. On peut déplorer une certaine pesanteur à l'ensemble duquel découle parfois un certain ennui. Mais le spectateur aura plaisir à reconnaître les différentes figures qui apparaîssent à travers le film à l'exemple de Jean Marais (évidemment!), Daniel Gélin, François Périer, Maria Casarès, Charles Aznavour, Yul Brynner ou même Pablo Picasso. Donc à voir sans hésiter.
Comme le dit l’auteur lui-même : ce film ne raconte pas d’histoire. Il se situe donc dans la lignée des productions plus centrées sur la forme que sur le fond. La forme est ici d’une grande beauté : images d’un somptueux noir et blanc, décors, de studio ou des baux de Provence combinant charme et mystère, mouvements de comédiens ou de caméra lents, hiératiques, apparitions mystérieuses de héros ou de déités antiques, belles prestations éphémères d’acteurs connus. Malheureusement tout ceci n’est au service que d’un verbiage pesant, certes poétisé, mais abscons, et d’un étalage narcissique de l’auteur et de son œuvre. « Pourquoi chercher toujours à comprendre ? » demande l’un des personnages : eh bien justement parce qu’un film n’est pas une symphonie, et nécessite un minimum d’intelligibilité. Cet opus ressemble au résultat d’un rêve éveillé mis en image. Il est peut-être utile pour la psychanalyse de Cocteau, mais sûrement d’un grand ennui pour le spectateur ordinaire. Au cinéma la forme peut être première par rapport au fond, mais celui-ci demeure indispensable.
LE TESTAMENT D'OPRHEE est comme un rêve. Tout devient possible, tout l'est. On suit, on aime, on ne sait pas forcément pourquoi, mais là n'est pas la question. On se plait à suivre le cheminement d'Orphée-Cocteau et ses aventures nébuleuses. Cocteau est d'ailleurs particulièrement touchant dans sa capacité à créer son propre personnage. Il est parfois dommage que les dialogues soient trop 'écrits', car cela alourdit un peu un film au premier abord flottant.