Ce film a beau avoir été récompensé à la Berlinade de 2023, je me demande vraiment ce qui a pu séduire le jury. L'écriture est d'une grande platitude, il ne se passe rien pendant la plupart du temps et le personnage central de Léon (Thomas Schubert) s'avère peu sympathique et peu inspirant. La fin ne sauve pas le film.
Durant le confinement, le metteur en scène Christian Petzold avait visionné l’intégrale des longs-métrages d’Éric Rohmer et avait été influencé pour la réalisation de ce film. Comme chez Rohmer, les personnages batifolent au milieu de leurs sentiments amoureux, sont bavards et portés sur l’introspection. Il faut être attentif aux détails et aux attitudes filmées pour décrypter les pensées des protagonistes, ce qui pourrait rendre le film ennuyeux, avec une mise en scène plate. Une bonne réalisation n’est cependant pas liée à des mouvements de caméra tapageurs ni de montage flashy. Dans ce marivaudage évanescent en quasi huit-clos, le réalisateur décortique les sentiments cachés de ce quatuor dans lequel Paula Beer, qui nous avait ravis dans « Frantz », est lumineuse et Thomas Schubert, qui se débat dans son égo d’écrivain surdimensionné, est écrasé par sa sensibilité.
Leon et Felix, deux amis dans la vingtaine, séjournent dans la maison des parents de Felix au bord de la mer Baltique pour travailler sur leur prochain projet artistique - respectivement un nouveau manuscrit et un dossier de photographies. Une fois arrivés, ils trouvent toutefois la maison occupée par Nadja, une belle jeune femme dont les ébats bruyants avec Devid, un sauveteur, gênent beaucoup Leon. Dans le même temps, des incendies ravagent les environs. Le Ciel rouge est un drôle de film dont le programme tarde à émerger. Il se resserre assez tôt sur Leon, personnage principal souvent antipathique qui passe son temps à s'isoler pour essayer de travailler, sans jamais y parvenir. Quand les autres jouissent de la vie avec légèreté, lui s'enfonce dans la misanthropie et le snobisme, ce que la caméra souligne en l'enfermant toujours plus. Le Ciel rouge se révèle alors comme un film d'apprentissage, dans lequel il s'agit pour Leon d'opérer un nécessaire décentrage qui lui permettra de s'intéresser aux autres, de leur laisser une place et de reconnaître leur valeur et leurs qualités - conditions essentielles pour devenir un meilleur écrivain et une meilleure personne. Si tout cela peut sembler vu et revu, c'est amené par des chemins suffisamment obliques pour donner quelque chose de nouveau et enthousiasmant, et les incendies qui constituent l'arrière-plan menaçant de toute l'histoire accentuent encore la gravité et l'urgence avec laquelle Leon doit agir.
“Le Ciel rouge”, réalisé par Christian Petzold, nous plonge dans les tensions émotionnelles de quatre jeunes adultes dans une maison au bord de la mer. Bien que le film ne soit pas totalement ennuyeux, il souffre d’un certain manque de dynamisme. L’histoire reste trop monotone et ne parvient pas à vraiment décoller, sauf peut-être lors des dernières minutes. Ce manque de relief témoigne d’une réalisation un peu moyenne, laissant le spectateur sur sa faim. 5/10
Le ciel rouge - des étudiants dans une maison mais arriveront-ils à se supporter ? L’ensemble est assez plat et répétitif...même si les personnages sont bien définis. Reste la fin spoiler: tragique pour relever et réveiller. 2,8/5
"Le ciel rouge" est loin du film catastrophe que pouvait laisser augurer l'affiche. Cela ressemble plutôt à une étude moeurs sur des jeunes qui vont s'aimer et se déchirer au cours d'un été en bord de mer. J'ai trouvé dommage que le personnage central, c'est à dire l'écrivain tourmenté, n'inspire pas plus de sympathie au contraire de l'incandescente Paula Beer, rayonnante. Heureusement que le récit monte quelque peu en puissance quand la nature s'embrase pour nous extirper des questions existentielles de cette troupe. Pas transcendant mais pas inintéressant non plus.
Le titre, un peu bancal, annonce les tragédies estivales sur des régions entièrement dévastées par des incendies criminels. A l’origine, c'est la toile de fond du récit au sein d’une propriété de vacances près de la mer Baltique. Des jeunes gens vont vivre quelques jours ensemble, apprenant à se connaître et à se détester surtout de la part de Léon, un jeune écrivain qui ne supporte pas l’intrusion d’un couple. La femme visiblement le perturbe, et son copain en prend alors pour son grade. L’incendie se rapproche mais le romancier en herbe se renferme un peu plus sur lui-même , ne sachant pas comment dire je t’aime. C’est toute l’ambiguïté et la beauté de ce personnage hors norme qui devra malgré tout devant les circonstances participer à l’activité sociale du groupe. Toile de fond originelle, jusqu’alors prétexte, le fait-divers le confronte aux exigences véritables d’une activité littéraire, dont il sortira peut-être enfin triomphant. Petzold de bout en bout a dévié le fond de sa pensée. Le voici à la conclusion. Elle est grandiose ! Pour en savoir plus : lheuredelasortie.com
Un jeune écrivain, égocentrique, pataud, antipathique (Léon) s’installe avec son ami Felix dans la maison de ses parents, proche de la Baltique au cœur d’une vaste forêt. Ils y découvrent, déjà installés, Nadja (Paula Baer) et son amant David. Autour d’eux, les incendies progressent. Un film qui allie de délicieux jeux de séduction et des marivaudages à la Rohmer à des drames personnels et à la terrible menace que fait peser le réchauffement climatique et ses dérèglements. Le scénario est remarquablement ciselé, riche, jouant de toutes ces facettes avec finesse. Il surprend toujours le spectateur avec une grande habilité. La mise en scène est impeccable et les acteurs très bons, en particulier Paula Baer, toute en finesse, charme et intelligence. La bande-son (« In my mind » des Wallners, notamment) plaira à tous les amateurs d’électro. Excellent film.
Le "héros", qui cherche à terminer d'écrire son 2eme roman, passablement raté, passe le plus clair de son temps à être désagréable et à ne pas participer aux activités communes. Malgré son côté insupportable on s’attache à lui et on a envie qu’il réussisse, notamment à conclure avec la séduisante Nadja. L’actrice Paula Beer est splendide de sensualité et de naturel de séduction. Pourquoi Y Aller : Pour Paula Beer Pour l'analyse de caractère intéressante Parce que les images des animaux fuyant le feu dont l’un avec le feu au pelage font bien réaliser l’horreur d’être pris dans un feu de forêt Pour la belle allégorie des amants de Pompéi, même si on y croit moyen en l'occurrence La musique de fin est très sympa (In my mind de Wallners) Pourquoi Ne Pas Y Aller : Le film manque un peu de rythme On se demande comment la lumineuse Nadja peut être attirée par Léon le ronchon, pas très crédible La fin un peu cliché
Un film magnifique et touchant. Le personnage principal semble "à côté de la plaque" dans toutes les situations, très mal dans sa peau. Il est venu pour travailler sur un livre mais tout le détourne de ce but. Scénario passionnant et original. j'ai adoré !
Un film de Christian Petzold est toujours une grande surprise. Sa façon si particulière de filmer ses personnages peut tout autant aboutir à des films déroutants (Trafic) qu'à des petits bijoux cinématographiques (Phoenix). Cette nouvelle création observe le dit et le non-dit : un jeune écrivain contrarié dont l'univers se limite à son nombril et, autour de lui, des amis qui dépassent leurs difficultés personnelles par un excès d'empathie. Si l'approche du sujet est un peut trop manichéenne, on savoure la douceur de ses plans et le temps que le réalisateur accorde à chacune des scènes. Derrière l'histoire se cache une interprétation plus universelle sur le rapport des hommes au monde, sans explicite, cette facilité à laquelle que Christian Petzold se refuse. Rafraîchissant.
employé : c’est un peu comme un film d’Emmanuel Mouret mais en moins précieux et moins maniéré. Donc, ‘Ciel rouge’ est un film “Rohmerien” qui, après son entame un peu bizarre, presque fantastique, explore les hésitations, les volte-faces et replis stratégiques, les sentiments réfrénés ou exprimés de manière plus ou moins voilée, les interminables introspections et les blessures refoulées qui empêchent d’aller de l’avant,...enfin, bref, tout ce qui explique que les sentiments, chez les humains, passent par davantage d’étapes et de blocages que chez les singes. ‘Ciel rouge’, ce sont trois jours dans une maison au bord de la mer Baltique, alors que des feux de forêts menacent, et un récit qui se concentre sur la figure de Léon, hautain et renfermé, tellement autocentré sur son angoisse d’être reconnu et publié qu’il n’a ni le temps ni l’énergie de s’ouvrir aux autres ou de prendre en compte leurs sentiments, y compris quand certain(e)s, comme Nadja, lui tendent des perches. Ce déplacement du centre de gravité du quatuor, alors que le comportement de Léon va peu à peu reléguer ce dernier aux marges, se fait de façon très limpide et très naturelle, sans que les personnages aient besoin de discourir sans fin. Pour le coup, c’est tout de suite moins rohmérien mais si l’ensemble reste d’un esprit très français (mais qui parlerait en allemand), l’ angle de vue reste essentiel : même si c’est Paula Beer qui attire tous les regards, c’est le côté pesant, indécis et brutalement maladroit de Léon qui rend cette étude de moeurs sentimentales plus intéressante que la moyenne.