LE SON DES SOUVENIRS - Oliver Hermanus | ⭐ 4/10
Présenté en compétition au dernier Festival de Cannes, Le Son des Souvenirs aura été l'un des films ayant fait le moins de bruit sur la Croisette. Il fallait déjà éviter la confusion entre "The History of Sound" (titre original du film) et The Sound of Falling (devenu depuis "Les Échos du passé"), tous deux en compétition, tant les titres étaient proches. Mais à l’arrivée, la discrétion médiatique vis-à-vis du film est surtout en réponse à sa propre tiédeur.
Dès les premières minutes, une impression domine : la mise en scène est trop maniérée. Chaque plan est impeccablement cadré, chaque lumière savamment dosée, chaque geste calculé. Tout est trop propre, trop composé, à l'image de ce drap parfaitement replié à mi-hauteur des fesses d'un corps nu allongé. Cette sur-esthétisation et cette obsession de la perfection visuelle finissent par étouffer le film qui manque cruellement de fièvre, de chair, d’aspérité.
En effet, le film promet le récit d'une passion amoureuse intense, et malheureusement avortée. Mais à l’écran, cette histoire d’amour reste théorique, trop abstraite et ne brûle jamais vraiment. L’académisme domine, et l’ennui s’installe durablement.
Paul Mescal sauve l’ensemble. D’une grande justesse, il insuffle à son personnage une vulnérabilité touchante. À l’inverse, le personnage incarné par Josh O’Connor peine à susciter l’attachement et l'empathie, rendant bien compliquée toute émotion liée aux rebondissements de leur relation.
Les nombreuses séquences musicales, répétitives et interminables, donnent l’impression d’entendre la même chanson en boucle. Et comme si cela ne suffisait pas, le film s’achève sur un saut dans le présent, avec un héros vieillissant et nostalgique interviewé par un journaliste : un procédé déjà vu mille fois.
À force de vouloir démontrer à quel point il est délicat et subtil, Le Son des Souvenirs finit par s’auto-saboter tant les ficelles sont visibles. Trop propre, trop calculé, il ressemble à un sous Brokeback Mountain, aussi terne que le filtre qui recouvre ses images. Bien loin des propositions radicales que le reste du Festival de Cannes a pu proposer l'an passé.
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