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3,5
Publiée le 1 octobre 2023
Les contraste est flagrant entre la précision, la rigueur du film et le chaos de ce procès. L’image volontairement datée ajoute à l’impression documentaire que la réalisation et les interprètes apportent déjà. L’entrée dans le film se fait progressivement pour finir par une captivation intense.
Décidément, les procès inspirent les cinéastes français en ce moment. Après "Saint Omer" ou "Anatomie d'une chute", c'est au tour de Cédric Kahn de nous emmener dans une salle de procès, cette fois ci pendant la quasi totalité de la séance. Plongée dans le jargon juridique, plongée surtout dans la France des années 70 et dans un procès ultra politisé. L'intérêt du film de Cédric Kahn, outre de nous rappeler un procès ultra médiatique à l'époque, de nous montrer les motivations des avocats de politiser ou non ce procès. Cédric Kahn parvient par sa mise en scène précise et rigoureuse à nous intéresser pendant près de 2 heures aux différents arguments sans réellement prendre parti. Mais si le film nous accroche et ne nous lâche pas, outre le fait que le contenu est intéressant, vient de tous les comédiens, justes et impressionnants, qu'ils incarnent l'accusé (époustouflant Arieh Worthalter), les professionnels de justice (en tête l'imposant Nicolas Briançon) et même les témoins.
Le Procès Goldman est un très grand film de procès, indéniablement, et Cédric Kahn signe sans nul doute son film le plus abouti.
La précision de la mise en scène impressionne. Chaque cadrage, chaque arrière-plan, chaque contre-champ, chaque gros plan... rien ne semble avoir été laissé au hasard et c'est ce travail d'orfèvre dans la réalisation qui permet de rendre cette expérience immersive au coeur d'un procès passionnante, et de compenser toutes les limites que la situation impose pour transmettre des éléments de narration par d'autres moyens que la musique, une voix off...
Il est important de préciser que se déroulant quasiment exclusivement dans l'enceinte du tribunal et se reposant uniquement sur ses dialogues, le film reste exigeant et nécessite un degré de concentration assez élevé.
J'ai même craint un instant, durant la première demi-heure, que l'expérience finisse par être pénible mais le scénario est suffisamment bien écrit pour que les différents témoignages s'enchaînent de sorte à maintenir l'intérêt du spectateur de bout en bout, avec même une certaine montée en puissance au fur et à mesure que le procès avance.
Quelques craintes également sur le jeu d'Arieh Worthalter, sur ses premières répliques qui sonnaient un peu trop théâtrales à mon goût, mais très vite dissipées et finalement impressionné par ce que l'acteur arrive à insuffler à son personnage et par l'émotion qu'il parvient à porter sur ses seules épaules. Est-ce que l'on tient là le Cesar 2024 du Meilleur Acteur ?
En résumé, tout comme Anatomie d'une chute, ce film m'a bluffé par sa richesse, sa maîtrise, sa complexité et son interprétation sans pour autant totalement me faire chavirer ou vibrer. Je suis admiratif devant cette capacité à produire du cinéma d'une telle qualité mais je me rends compte que le film de procès n'est sans doute pas mon genre préféré
Un excellent film qui m'a captivé du début à la fin. Les acteurs sont excellents, les scénario et les dialogues sont très bien écrits. Aucune longueur, aucun temps mort. Par contre, c'est vraiment dommage, j'ai trouvé que dans ce film, il y a une absence de musique. Bref, un excellent film que je vous conseillerais d'aller voir !!! Il vaut trop le coup.
C'est une plongée dans les années 70 que nous propose le procès Goldman, au travers de ce thriller judiciaire dont l'action se déroule quasi exclusivement dans la salle de tribunal. Intense, bien écrit, et finalement très contemporain dans ses enjeux, il est sublimé par le jeu d'acteur fantastique de plusieurs de ses interprètes. Le spectateur se retrouve ainsi balloté d'un côté à l'autre devant les dénégations convaincantes de l'accusé, les exagérations évidentes de certains témoins, la solidité indéniable du dossier d'accusation... A ne pas manquer pour les amateurs du genre !
Un drame judiciaire d'une platitude déconcertante, qui évolue sur une mer d'huile sans jamais susciter un quelconque intérêt. Le genre est déjà compliqué à aborder, mais si en plus on insuffle si peu de progression narrative, cela en devient totalement barbant.
Retour à un des procés "politique" phares des années 70, qui met en scéne Pierre Goldman, militant d'extrême gauche, auteur de braquages et accusé du meurtre de 2 pharmaciennes pendant l'un d'entre eux. Encore un film procés donc (aprés le trés réussi "Anatomie d'une chute") qui se déroule presque exclusivement dans un prétoire. Au delà du travail remarquable du réalisateur pour reconstituer les méandres et rebondissements du procés, l'intérêt principal de cet opus est de nous replonger dans les débats politiques violents de l'époque. Mais le tout reste pourtant froid et chirurgical, et tient finalement le spectateur à distance. Un bon documentaire.
Bien que sans grand intérêt d'un strict point de vue cinématographique, ce huis clos est à voir. C'est excellemment interprété, les plaidoiries sont de haute volée et Pierre Goldman reste un homme énigmatique... sans le détester, il n'est pas non plus sympathique.... coupable ou non ? Allez voir le film !
Amiens, en avril 1976, suite à l'annulation pour vice de forme de son premier procès, Pierre Goldman est rejugé pour avoir effectué quatre braquages dont l'un ayant entraîné la mort de deux pharmaciennes. Goldman reconnaît les braquages sauf celui de la pharmacie. Lors du 1er procès, Pierre Goldman avait été condamné à la réclusion à perpétuité.
Plus que le procès lui même, c'est la personnalité de Pierre Goldman qui intéresse. Une impressionnante dialectique, une curieuse façon de se défendre qui renvoie à l'occasion la justice face à ses étrangetés, une forme d'instabilité psychologique que l'on perçoit chez ce fils de parents juifs polonais, engagés politiques, dont le père ayant fuit le nazisme pour trouver refuge en France, y sera résistant... Pierre Goldman, pétri d'admiration pour ses parents, militant d'extrême gauche, versant pourtant dans le banditisme, intrigue.
Cédric Kahn présente sa vision des moments forts du procès, traçant le portrait complexe de Goldman, l'ambiance électrique dans le prétoire mais aussi entre Goldman et son avocat Georges Kiejman. Son traitement met aussi en lumière l'antisémitisme, le racisme, une police défaillante de l'époque, autant de thèmes toujours d'actualité.
Trois caméras ont tourné simultanément ce huis clos bouclé en trois semaines et monté par Yann Dedet. La réalisation s'approche au plus près des visages, se joue de la disposition des lieux pour donner à voir simultanément les orateurs et les auditeurs, laisse entendre la présence du public pro ou anti Goldman, adopte un format carré qui favorise l'immersion. Le grain de l'image, encore plus que les looks vestimentaires des personnages, nous transporte d'emblée dans les années 70. La qualité du film repose aussi sur l'excellence de ses comédiens (Arieh Worthalter, Arthur Harari, Stéphane Guerin-Tillie, Nicolas Briançon, Jérémy Lewin...,), ingrédients essentiels dans la réussite d'un film de prétoire.
Difficile de mesurer la part du vrai, du subjectif et du fictif dans le film. On pourra toutefois avoir un autre éclairage en lisant l'interview donnée par Christiane Succab-Goldman l'épouse de Pierre Goldman, au Monde le 4 octobre 2023.
Le procès Goldman dans le prétoire. Le film reconstitue minutieusement les décors et le contexte des années 1970.On se surprend à suivre pendant près de 2 heures ce procès sans en savoir grand chose, dans mon cas. Les acteurs inconnus sont parfaits. On voit clairement le romantisme de la gauche concernant les rebelles, même quand ils attaquent de façon minable des pharmacies pour 3 sous. Pas de parti pris visible dans le film que cela soit sur la culpabilité ou non de Goldman. Un grand film de procès.
J ai adoré.je redoutais pourtant les scènes à lieu unique.Pas une seconde on ne s ennuie. Les acteurs sont très bons avec mention pour Arthur Hariri dans le rôle de Kiejman l avocat delà défense. On est dans le vrai cinéma !
Le cinéma-théâtre a ceci de participer qu'il peut lasser. Avec ce film, ce n’est pas le cas. Petit à petit, le procès savamment filmé offre une lecture des faits exposés qui dérange le spectateur, au point de lui imposer une prise de position vis-à-vis de l'homme inculpé : est-il coupable de ces meurtres iniques ?
Complétement "vierge" au sujet de ce personnage , j'ai suivi avec passion ce huis clos brillamment orchestré par Cédric Kahn. Arieh Worthalter incarne à merveille Pierre Goldam à travers ses convictions et parfois ses contradictions. C'est un film de procès dans la plus pure tradition du genre. Il permet de mieux cerner la complexité de Goldman. Ne connaissant pas l'issue de cette affaire, cela n'en a que décuplée ma curiosité quant à l'issue de ce procès. Par contre, j'ai un peu décroché devant le passage à la barre de certains témoinsspoiler: (notamment le policier) . Un beau portrait d'un écorché vif, révolutionnaire dans l'âme et dans les actes.
"Le Procès Goldman" est un film que j'ai bien apprécié. L'histoire est intéressante, les acteurs jouent plutôt bien et le fait que le long-métrage soit un huis clos rend le film intrigant. J'ai juste trouvé dommage qui est un peu de longueur à certains moments.