C’est avec un grand intérêt que l’on reçoit Kouté vwa, « écoutez les voix » en créole, le premier long métrage réalisé par Maxime Jean-Baptiste, né d’une mère originaire de la France métropolitaine et d’un père guyanais. Ce film, il en a écrit le scénario avec sa sœur Audrey et il a été particulièrement bien accueilli lors du dernier Festival de Locarno, en Août 2024. Considérant que la dimension tragique de l’histoire racontée serait plus facilement ressentie dans un registre narratif et que les personnages principaux seraient plus libres en étant conscients qu’ils jouaient un rôle, Maxime et Audrey Jean-Baptiste ont choisi d’orienter leur film vers la fiction, même si, très souvent, il s’apparente à un documentaire. Le personnage principal de l’histoire qu’il et elle racontent, on ne le verra qu’en photo et sur des fresques murales : il s’appelait Lucas Diomar et il est mort à 18 ans, poignardé dans la nuit du 10 au 11 mars 2012 en marge d’une fête d’anniversaire qui se déroulait dans la cité Mortin à Cayenne. Ce meurtre de Lucas Diomar, cousin de Maxime et de Audrey Jean-Baptiste, a profondément marqué la Guyane, dont une partie importante de la population ne supporte plus la violence trop souvent présente dans ce département. Depuis ce mois de mars 2012, de nombreuses marches blanches à la mémoire de Lucas se sont déroulées et des associations se sont crées. A lui tout seul, Kouté vwa ne peut pas arriver à être exhaustif sur ce qu’est la vie dans ce département français qui a pour nom la Guyane, mais il a l’énorme mérite de présenter, avec de très belles images, des personnages très attachants de ce territoire et de proposer deux scènes particulièrement fortes et émouvantes qui restent gravées dans la mémoire bien longtemps après la fin du film : ce que dit la sœur de Lucas face à un micro pour stigmatiser la violence en revendiquant que, dans les cités, on arrête de vouloir à tout prix marquer son territoire ; le discours tenu par Nicole, où, tout en conduisant sa voiture, elle explique à Melrick comment elle est passée d’un désir de vengeance à la philosophie du pardon. A lui tout seul, "Kouté vwa" ne peut pas arriver à être exhaustif sur ce qu’est la vie dans ce département français qui a pour nom la Guyane, mais il a l’énorme mérite de présenter, avec de très belles images, des personnages très attachants de ce territoire et de proposer deux scènes particulièrement fortes et émouvantes qui restent gravées dans la mémoire bien longtemps après la fin du film : ce que dit la sœur de Lucas face à un micro pour stigmatiser la violence en revendiquant que, dans les cités, on arrête de vouloir à tout prix marquer son territoire ; le discours tenu par Nicole, où, tout en conduisant sa voiture, elle explique à Melrick comment elle est passée d’un désir de vengeance à la philosophie du pardon.