Le Meilleur — quand le mythe rencontre la nostalgie
Barry Levinson signe avec Le Meilleur un film de baseball qui dépasse largement le simple cadre sportif. Porté par un Robert Redford au sommet de son charisme, le film s’élève au rang de fable intemporelle où se mêlent mythe, destin et rédemption.
Ce qui séduit avant tout, c’est la dimension lyrique du récit. La mise en scène confère au baseball une aura quasi sacrée, et chaque plan semble baigné de nostalgie et de lumière. La musique de Randy Newman, ample et émouvante, contribue à transformer chaque frappe de batte en moment d’éternité. Redford incarne Roy Hobbs avec une élégance naturelle : son regard, à la fois marqué par la désillusion et habité par l’espérance, donne une profondeur bouleversante au personnage.
Le film déploie aussi une galerie de seconds rôles remarquables (Glenn Close, Robert Duvall, Kim Basinger), qui apportent chacun une nuance particulière : l’amour pur, la tentation, la manipulation médiatique. Levinson tisse ainsi une parabole sur la gloire, la chute et la rédemption, qui parle autant à l’âme qu’au spectateur amateur de sport.
Mais il faut aussi reconnaître que Le Meilleur s’inscrit dans une esthétique très marquée années 80, parfois jugée un peu trop appuyée. Certains reprochent au film une idéalisation presque excessive : la lumière dorée, les ralentis héroïques, la musique grandiloquente peuvent sembler souligner avec trop d’insistance le caractère mythologique de l’histoire. De plus, le scénario reste classique, et ceux qui attendent une plongée réaliste dans le monde du baseball pourraient trouver l’approche trop romancée.
Malgré ces réserves, le film garde une puissance intacte. Le Meilleur n’est pas seulement un film de sport : c’est une fresque sur la seconde chance, sur la possibilité de racheter ses erreurs et de toucher à une forme de grâce. La séquence finale, apothéose visuelle et sonore, résume parfaitement ce mélange de naïveté assumée et d’émotion brute qui en fait un classique.
Le Meilleur est de ces films qu’on n’oublie pas, parce qu’il parle moins au cerveau qu’au cœur. Et dans ce registre, Robert Redford y signe sans doute l’une de ses plus belles partitions.