La Femme de Tchaïkovski
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143 critiques spectateurs

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Clem Lepic
Clem Lepic

63 abonnés 364 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 14 février 2023
Excellent film qui fait découvrir une partie (la plus intime!) de la vie de Tchaikovsky. Gay, grave erreur commit-il en acceptant de se marier à une fille très persévérante et lui vouant un véritable culte. Cela les lia à vie, dans une haine et des relations humaines très toxiques et destructrices. Très belle image dans ce film, le ton est froid, pluvieux, sans issue.
velocio

1 538 abonnés 3 500 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 13 février 2023
Le fait qu'un artiste s'oppose à Poutine au point d'être assigné à résidence dans un premier temps et de devoir finalement s'exiler entraine-t-il l'obligation de couvrir de louanges tout ce qu'il produit ? Personnellement, je ne le pense pas. Personnellement, toujours, j'avais beaucoup aimé "Le disciple", sorti en 2016, premier film de Kirill Serebrennikov à sortir dans notre pays. Deux ans plus tard, "Leto", en compétition à Cannes en 2018, m'était sorti par les yeux, ne serait-ce que par son manque d'inventivité et la médiocrité de sa musique. J'avoue humblement avoir fait l'impasse sur "La fièvre de Petrov", 2021, de nouveau en compétition cannoise. Et voici maintenant "La femme de Tchaïkovsky", une fois de plus en compétition lors du dernier Festival de Cannes. Concernant ce film, je serai bref : c'est un film dans lequel l'emphase le dispute à la prétention !
Naughty Doc

1 041 abonnés 530 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 3 janvier 2023
Après les très réussis Leto et La Fièvre de Petrov, Serebrennikov confirme qu'il est un des meilleurs plasticiens actuels du cinéma, proposant là encore des images et des instants de mise en scène assez ahurissants

La Femme de Tchaïkovski est pour ma part son meilleur film : un film historique sur 7 ans (de 1877 à 1894) où on suit Antonina (Alona Mikhailova qui mériterait direct le Prix d'interprétation féminine), jeune musicienne tombée amoureuse du célèbre compositeur Tchaïkovski. Sauf que cet amour va se transformer en idolâtrie toxique et maladive, alors que ce dernier (initialement enclin à l’épouser pour masquer son homosexualité) va la repousser.

Alors que la 1e partie traite habilement de la place de la femme, de ses envies, frustrations et sentiments, le métrage se déploie de manière assez surprenante dans la 2nde, beaucoup plus furieuse et vénéneuse alors qu'elle tente de pourrir la vie de son époux (en refusant de divorcer). L'occasion de nous immerger dans l'état mental pourri et déliquescent d'Antonia, usant de son corps tel un outil dans les strates masculines, et sujette à plusieurs délires onirico-psychotiques (dont une méchamment névrosée où elle voit ses enfants morts et tente de retrouver une certaine idée de la famille).

Le film fait 2h23, est passionnant bien que selon moi se termine de manière relativement abrupte (après un superbe plan-séquence aux accents mélodieux détonnants et anachroniques).
Mais bon, c'est du gros morceau
Soquartz
Soquartz

30 abonnés 82 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 6 décembre 2022
J'y allais très enthousiaste, j'ai été un peu déçue...par le personnage principal (l'actrice est excellente), qui m'a semblé finalement assez terne. Je pensais qu'elle comprenait et soutenait son mari, brûlant de passion, envers et contre tout, mais finalement pas du tout, elle est très loin de lui et ne sait pas l'aimer. Elle s'accroche ...on ne sait pas trop à quoi, et c'est un peu incompréhensible.
Critique Facile
Critique Facile

109 abonnés 116 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 8 août 2022
https://leschroniquesdecliffhanger.com/2022/05/21/la-femme-de-tchaikovski-critique/

Il est ici avant tout question d’une exégèse de la folie dans l’amour, qui est disséqué au scalpel dans cette furieuse obstination d’Antonia au bord de la psychose la plus totale. Elle se confrontera à la perte, aux mutilations, à toutes les humiliations pour demeurer Madame Tchaïkovski. Les épreuves seront terribles, on souffre avec elle. Rien ne lui sera épargné dans le souci du micro détail de Serebrennikov. C’est du cinéma d’ampleur, total, comme un embrasement permanent.

Ensuite, c’est un déroulé de puissance : la reconstitution, la photographie, les dialogues, les histoires dans l’histoire, on en tournerait presque de l’œil, tant il met tout… Ça déborde, mais avec grâce et on ne s’en lasse pas. Les 02h23 passent comme un souffle, même si l’on en sort essoré. Pour une raison simple…. Sur toute la longueur, on vit avec Antonina Miliukova, et elle est épuisante d’amour.

Comment ne pas voir dans ce que nous conte Serebrennikov dans La femme de Tchaïkovski  une terrible métaphore de l’asservissement, celle de la dévotion mortifère d’un peuple à son pouvoir, aussi maléfique et barbare soit-il… C’est du cinéma intelligent et vibrant, on en redemande.
Pierre Mrdj
Pierre Mrdj

8 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 14 juin 2022
Il ne s’agit sans doute pas du film de plus réussi de Kirill Serebrennikov : l’exigence de reconstitution historique assagit son propos, affaiblit ses effets formels. Mais il y gagne une certaine clarté narrative. Madame Tchaïkovski brûle d’un amour dévot, mais non réciproque, pour son mari, le célèbre compositeur. Tout le film est là : dans ce portrait âpre et illuminé d’une femme qui perd peu à peu l’amour rêvé. C’est elle qui cauchemarde, c’est elle qui se promène à travers les tableaux d’une époque miséreuse, dans les brumes de la ville. Monsieur Tchaïkovski, du même coup, disparaît. Sa présence se dissout dans les airs de piano, d’opéras, de ballets, qui rythment tout le film. Comme s’il hantait l’oreille du spectateur. C’est là le grand intérêt du drame : l’interpénétration du son et de l’image, du rêve et de la réalité ; la fluidité avec laquelle s’écoulent de longues périodes temporelles ; tout cela rêvé par la conscience malheureuse de l’épouse. On n’y retrouve pas toujours l’émotion attendue, mais quelques scènes magnifiques crèvent l’écran, au milieu des parfums irrespirables de la démence, de l’amour fou.
norman06

425 abonnés 1 823 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 4 juin 2022
Ce biopic plus ou moins féministe est une réussite de Serebrennikov qui parvient à recréer une époque tout en trouvant un ton distancié. Le romanesque est joint à l'esthétique et l'interprète féminine principale est remarquable.
Cinememories

584 abonnés 1 664 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 3 juin 2022
Comme toute histoire de célébrité, nous avons celle qui illumine les cieux et au-delà, puis celle qui ne réclame qu’un peu de dignité. De retour sur la Croisette, Kirill Serebrennikov démarre la compétition avec une expérience fort et une position politique pertinente, à l’heure où la culture connaît un remous, si elle n’est pas suffisamment censurée pour qu’on ne s’y intéresse pas davantage. Le cinéaste foule d’ailleurs pour la première fois ces marches, où nous l’attendions au sommet. Après « Le Disciple », « Leto » et « La fièvre de Petrov », il est venu donner un sens à la vie privée du célèbre compositeur russe, mais dont il ne sera pas le sujet principal. Toutefois, c’est au crochet de ce dernier, en tant que personne, qu’on dévoilera le revers de la médaille et de l’ombre du saint patriarcat.

La femme ne sera plus que jamais au centre des débats, dont l’une d’elle semble avoir accepté d’être le martyr d’un homme ne fait que repousser le sexe opposé. Le mariage est la promesse d’une passion et l’idéaliste Antonina Miliukova (Alyona Mikhaylova) scrute son alliance avec autant d’appétit que cette foi, qui l’anime et la désintègre de l’intérieur. La première rencontre avec Piotr Tchaïkovski (Odin Biron) rassemble déjà tous les maux d’une société loin d’être paritaire et met en évidence la position inconfortable des femmes, dont la plupart ne cherchent que la sécurité dans une union formelle. Ce point de vue est adopté par le compositeur, qui ne souhaite qu’enterrer ses pulsions homosexuelles sur la scène publique, mais concernant son épouse, ce sera une histoire de mouche qui tourne autour de sa proie, comme si c’était son dernier repas sur Terre.

Elle se nourrit ainsi de ses désirs, à sens unique, car une incompréhension mutuelle les sépare de plus en plus, jusqu’à ce que la fourberie de chacun les étouffe. Tandis qu’elle cherche furtivement un regard complice de son bien-aimé, lui fuit, hésite et se cache dans la lâcheté. Nombreux de ses ambassadeurs établiront le portrait de l’homme derrière le génie. Serebrennikov profite alors de l’élan morbide de la vérité historique pour soigner la somptueuse photographie, d’une froideur implacable. Il flirte sans cesse sur la fine couche qui sépare la rêverie du cauchemar. Il n’y a donc plus que du gras à brûler après en avoir autant emmagasiné. L’héroïne ne lâche pourtant pas prise, même dans ses contradictions et se heurte à une tragédie qui la dépasse. À l’instar du « Lac des cygnes », Antonina est cette muse noire, une veuve de l’éternité, qui souffre de ne pas connaître l’amour réciproque de son prince.

Ainsi, « La Femme de Tchaïkovski » (Zhena Chaikovskogo) est piégée dans son propre fantasme, dans un contre-jour sublime et un cynisme bienvenu. Le metteur en scène évoque habilement les orientations sexuelles d’un pilier soviétique, mais également la chute d’une nation, qui se fourvoie dans ses secrets et par extension, son manque de sincérité. Il hurle à rétablir la vérité derrière un mythe que l’on croyait longtemps intouchable, mais ce qui l’est encore plus, c’est une hystérie silencieuse, où les femmes se laissent consumer par l’illusion du mariage. La rébellion n’est que plus évidente et grâce à l’appui d’une interprète de qualité, le film restera suffisamment magnétique pour rester dans un coin de notre tête.
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