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Christian Muller
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4,5
Publiée le 26 février 2023
La Femme de Tchaïkovski
J’ai trouvé ce film très intéressant pour plusieurs raisons qui dépassent largement les personnages principaux. J’avais d’ailleurs hésité à aller le voir, étant peu attiré par les biopics, et n’étant pas spécialement amateur de l’œuvre musicale de Tchaïkovski auquel je préfère Moussorgski par exemple. Il m’a semblé que ce film est avant tout révélateur de ce qu’a pu être un ressort très délétère de l’histoire peuple russe et qui pèse encore malheureusement sur lui aujourd’hui. Je suis en effet persuadé qu’il y a eu en Russie un immense sentiment de culpabilité, origine d’un masochisme moral qui a toujours plombé cette société dont on devine combien elle allait mal au XIX° siècle en lisant Dostoïevski ou Tchékhov. Cette épouse du compositeur russe qui fait elle-même son malheur en épousant un homme qui ne l’aime pas et ne l’aimera jamais en est une parfaite illustration. Il y a en elle de la folie (la véritable Madame Tchaïkovski a en effet fini ses jours dans un asile…), mais une folie qui la dépasse, une folie ambiante qui transparaît dans ces scènes de rue, violentes, inquiétantes. L’héroïne est écrasée par toutes ces forces dominatrices, notamment l’église orthodoxe qui lui ont appris la soumission, et qui écrase le peuple, comme ces mendiants misérables, pieds nus dans la boue. Si la première tentative d’établissement du communisme a malheureusement échoué, grevant les tentatives ultérieures, c’est aussi en raison de ce masochisme moral qui traverse la société russe mais qui, au-delà de la Russie, se rencontre également ailleurs, un peu partout dans le monde. Serebrennikov filme cette aliénation avec inventivité : les cadrages plongeants dévoilent l’écrasement et la soumission du personnage, les quelques scènes oniriques offrent un décalage révélateur avec celles qui nous montrent la triste réalité. Il a eu aussi l’intelligence de ne pas trop charger le célèbre compositeur russe, lui-même victime des préjugés et des règles absurdes de son temps. Le psychanalyste Jacques Lacan disait que l’amour, c’est toujours réciproque, quel dommage que Madame Tchaïkovski ait vécu trop tôt pour le lire…
Démonstratif à l'excès et d'une lourdeur sans pareil.. les dix dernières minutes sont quasi insupportables avec des ballets écrasants grotesques. Vraiment à fuir
Je recommande chaudement ce merveilleux film. J'ai entendu le réalisateur dire qu'il allait faire d'autres films à propos de Tchaikovsky, ce fabuleux réalisateur homosexuel. Hâte de les voir.
Kirill Serebrennikvov signe le délicat portrait d’une femme d’artiste. Et montre, avec ce couple déchiré, le visage de la Russie du XIXème siècle. Une Russie religieuse et implacable, où une pauvreté extrême côtoie le luxe et où les femmes sont sous la tutelle des hommes.
L’histoire, vraie, qui nous est racontée est absolument dramatique : celle d’un amour non partagé. Et cet amour absolu, grandissant d’Antonina Milioukova va de pair avec la haine et le mépris que lui voue son mari Piotr Tchaïkovski. Cette union sonne le glas d’une descente aux enfers et on sombre dans la folie de l’héroïne grâce à une mise en scène prodigieuse.
A chaque fois que les deux époux sont en présence, elle se fraie difficilement une place pour apparaître dans le cadre, sous le regard moqueur et lascif des admirateurs de Tchaikovski. Le film est gorgé d’images obsédantes, à la fois terribles et splendides. C’est une symphonie macabre, rythmée et fascinante. Une partition dans laquelle la comédienne Alyona Mikhailova livre une interprétation époustouflante. On subit avec elle, on se désagrège avec elle. La caméra s’enfonce jusqu’au tréfonds de son âme meurtrie et en dissèque chaque émotion jusqu’à la folie.
Il faut s’accrocher pour voir ce film qui ne laisse pas indemne et qui nous emporte dans une folie destructrice. (On y retournera pas une deuxième fois). Certaines scènes sont particulièrement éprouvantes à regarder mais l’ensemble est maîtrisé, subtil, éclatant, envoûtant. Un cinéma rare.
Troisième trip de Kirill Serebrennikov après Leto et La fièvre de Petrov, La femme de Tchaïkovski est un film lugubre, presque sépulcral, en forme de cauchemar qui bascule peu à peu dans l’hallucination et la folie. Amour délirant d’une femme qui s’éprend d‘un artiste homosexuel et qui se détruit à travers un mariage de pure convenance sociale. Dans la réalité Antonina Milioukova était psychotique et souffrait d’érotomanie (elle avait déjà tenté de séduire d’autres artistes ou personnalités en vue). Elle est morte dans un asile psychiatrique à Saint Petersbourg. La mise en scène est impressionnante, parfois un peu trop démonstrative mais avec des moments de bravoure très puissants. Si on passe à côté de la folie d’Antonina on risque de trouver le film un peu artificiel, caricatural et peu crédible (le cercle grimaçant des amis homosexuels de Tchaïkovski, les fantasmes érotiques…). Mais c’est à mon avis un portrait très réussi de sa folie avec toutes ces déformations qui rendent compte de son univers mental. A noter que la bande son ne fait pas entendre directement de morceaux de Tchaïkovski mais des variations étranges, parfois dissonantes et presque contemporaines sur certains thèmes.
Il y a deux ans Serebrennikov m'avait subjugué par l'énergie qu'il mettait à appréhender l'âme russe dans son brûlant "La Fièvre de Petrov", son film était bouillant, celui-ci est glaciale. Froid dans ce qu'il dépeint et dans sa forme : une image sans lumière, grise, avec une mise en scène baroque et morne simultanément. Tchaikovski, homosexuel, qui pour faire diversion épouse une femme qu'il haït et qui adore être haï. Ce qui crée une ambiguïté malaisante qui empêche un transfert du spectateur vers la victime. Et le tout est particulièrement long et funèbre.
Je trouve qu'il y a des bonnes idées. Le passage des enfants est cool, le début est pas mal, les scènes de soirées avec le groupe select de Tchaïkovski sont cools, les acteurs jouent bien. Niveau mise en scène on a par moment vraiment le sentiment de sombrer dans la folie de Antonina avec notamment les plans séquences qui marquent une transition temporelle. La bande sonore est très bien et prend aux tripes. Mais le film est trop lent et beaucoup trop répétitif. On aurait envie de voir plus de création musicale, plus de Tchaïkovski. C'est un peu frustrant de rester du point de vue de la femme qui est enfermée dans sa situation. On a comme elle cette sensation d'enfermement et de non-évolution. La scène des gens à poils ? La scène finale ? Le chien eclopé ? La famille de Antonina ? L'incendie ? Ça fait too much et m'a fait rire. Il manque de puissance ce film et je pense que c'est dû a la lenteur de sa narration. Je pense que le film sort un peu tard. Si il avait été réalisé au début des années 2000 why not...
J avais apprécié la folie de petrov et surtout la première heure et demie sur un film de 3 heures. C etait un film baroque, truculent, plein d imagination et plein de couleur. La femme de tchaikovski est son opposé. Règne le noir et blanc avec une atmosphère austère surtout pendant 01h45. Il y a de beau plans de caméra certe. mais on s ennuie un peu pendant 01h45. En outre, nous sommes abreuvés de musique en fond à la limite de l indigestion. Puis Tout d un coup le film devient géniale pendant les 45 dernières minutes. L actrice est bluffante.. Je suis captivé par son jeu. Si le film était â la hauteur des 45 dernières minutes, ce serait un chef d œuvre. Mais il faut supporter la longue première partie pour accéder ensuite au sublime.
La Femme de Tchaïkovski rentre dans la catégorie des films poussifs, volontairement lents - parfois longs mais possédant un petit quelque chose accrocheur qui retiendra votre attention jusqu’à la fin. Et la prestation d’Aliona Mikhaïlova y est pour beaucoup. Elle est très touchante, en plus d’être talentueuse. Les 2h23 de film peuvent effrayer et faire quitter la salle à certains. Je ne recommande pas forcément. Sauf pour les plus mélomanes d’entre nous.
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Curieux film pour le réalisateur de "Léto" et "La fièvre de Petrov".
Kirill Serebrennikov est le réalisateur russe qui a la côte depuis 5 ans dans tous les festivals à commencer pare Cannes.
Il est vrai que l’animal a du talent pour insérer dans des récits classiques des scènes surréalistes qui illustrent le trauma d'un personnage ou ce qu'il ressent. Le procédé n'est pas nouveau de Fellini à Kusturica mais il n'est pas si fréquent et dans cette "Femme de Tchiaikovski", suite ici https://www.lecinedublanclapin.com/post/la-femme-de-tchaïkovski
Kirill Serebrennikov propose un biopic réussi centré sur la femme méconnu du célèbre compositeur russe. Une bonne précision historique et surtout une mise en scène d'abord sobre et assez classique puis de plus en plus originale (et folle pour coller au récit), appuyé d'une photo d'inspiration Barry Lyndon très sombre. Je découvre le travail de se réalisateur pour la première fois, cela me motive à creuser. Pour ce qui est du récit, il est lent et on est pas loin de l'ennuie dans son creux, au moment où l'histoire se répète un peu trop. Mais il est sauvé par les images, la musique de Tchaikovsky évidemment et la prestation parfaite de Alyona Mikhailova, aussi belle que touchante dans sa relation unilatérale avec cet homme qui la repousse depuis le début, rappelant certaines de nos relations actuelles...
La Femme de Tchaïkovski est une plongée dans la psychée d'une épouse d'un compositeur déjà considéré comme un génie en son temps au 19e siècle en Russie. Le film se concentre sur la vie d'Antonina Miliukova : ses désirs, sa dévotion, sa non-compromission, sa folie ? Forts de quelques scènes soufflantes, d'une très belle reconstitution historique et d'une actrice investie, l'œuvre ne souffre que de sa longueur et aurait pu faire l'économie de 20-25min.
Le réalisateur signe un drame qui pourrait être une variation autour de "Ludwig, le Crépuscule des Dieux" (1973). Du romanesque perdu et embrumé dans une mélancolie funeste auquel Serebrennikov ajoute une bonne dose de thriller psychologique et un lyrisme macabre. On s'immerge parfaitement dans l'austérité de l'environnement, qui s'avère aussi froid et sec que les relations entre époux. Si le réalisateur-scénariste prend des libertés c'est aussi pour accentuer la souffrance de cette femme aussi vite épousée que rejetée avec une violence morale assez inouïe, mais le cinéaste est aussi un peu complaisant en n'osant jamais émettre autre chose que l'amour sincère de cette femme et l'ignominie du génie musical. Au final, il s'agit surtout d'une expérience sensorielle et tragique, sur la dégénérescence émotionnelle d'une femme matérialisée par des songes où les failles prennent vie jusqu'à ce dernier quart d'heure absolument magnifique et onirique comme une oraison funèbre. Sans doute un peu long, mais ça reste un poème tragique d'une beauté formelle envoûtante. Site : Seleine.fr
Nous nous sommes profondément ennuyés lors de cette séance. Nous pensions entendre un peu de musique, RIEN mais en revanche beaucoup d'hommes à poil... très décevant. En revanche nous avons adoré Babylon, heureusement. EV
Le début est un peu difficile. Bien mais pas suffisamment passionnant. Ensuite c’est que du bonheur.
La femme de Tchaïkovski est un excellent film pour les libertés qu’il prend vis à vis des genres, de la narration, de la mise en scène et du montage. Évidemment, avec Kirill Serebrennikov aux manettes.
L’actrice principale est exceptionnelle. Elle joue tout en 2h20. Les autres comédiens excellent aussi mais c’est elle qu’on retiendra.
La photographie est sublime et fonctionne parfaitement avec la mise en scène, les décors et les costumes. Chaque image est un tableau.