Impatient de découvrir le 3ème long métrage d’ Hafsia Herzi, je sors de la projection quelque peu « interdit ». Cette adaptation du roman « La petite dernière » de Fatima Daas, nous plonge dans une thématique qu’ on ose de nos jours faire jaillir, sans doute étouffée dans le passé, a vu la récompense Cannoise 2025 pour l’ interprétation de Nadia Melliti ( Fatima ) une très jeune femme musulmane pratiquante, découvrant son orientation et son attirance pour le même sexe. On est très loin du luxe de la côte d’ Azur ou des quartiers bourgeois ; ici les décors sont ceux de banlieues sensibles, sans aménagement particulier, qui donnent la priorité aux comportements, aux attitudes, mais aussi aux silences pour livrer au plus près, des sentiments intérieurs contrariés que Fatima lève le voile. La photographie est superbe, dans une semi-obscurité dans toutes les scènes où l’ intime est approché, avec pudeur et réalité. Excellente mise en scène, du milieu familial typique, un peu caricatural, mais complet avec une maman si douce et disponible, la présence de « traditions » avec l’ ami « des couloirs » et les échanges tendus, au niveau verbal, entre filles et garçons. Plus sidérante, la parole déstabilisatrice de l’ imam local gommant toute aspérité possible évoquée dans un discours aveugle. On suit avec plaisir cette jeune femme, sportive, pratiquante, aspirée dans son émancipation naissante. Sans voyeurisme, et sans jugement, la caméra d’ Hafsia Herzi poursuit son parcours méritoire après son « OVNI » : « La graine et le mulet », récompensée à juste titre de« Meilleure actrice » dans « Borgo », avec beaucoup de générosité et de réalisme dans un sujet douloureux et tellement actuel. Le personnage de Nadia Melliti nous laisse un goût d’ inachevé, laissant place à certaines lenteurs, quelques scènes inutiles et un bilan approximatif. On en veut plus….. !!**