Première au classement
Comédienne largement saluée par le Festival de Cannes qui lui a décerné le Prix d'interprétation féminine, rien que ça, et en devenir même si son avenir semble déjà tout tracé, Nadia Melliti prend son rôle à bras-le-corps. Dans La petite dernière, à 17 ans, Fatima découvre des sensations nouvelles, dont celle de s'émanciper d'un schéma classique avec lequel elle sent bien qu'elle n'est plus en phase. Presque surprise elle-même d'être attirée par d'autres femmes, à un âge où la sortie du mal-être de l'adolescence est encore très récente, il faut composer avec les codes d'une société qui, certes, accepte la plupart du temps ces mœurs, mais aussi un entourage et surtout une religion pour qui, il n'y a pas le moindre doute sur la question, il s'agit tout bonnement d'un comportement déviant, autrement dit d'un pêché, point barre. Comment l'innocence peut-elle assumer son choix ? Comment la fragilité peut-elle prendre le dessus sur la règle, surtout quand elle émane d'une institution ? Comment la pudeur peut-elle exhiber des actes incompris de certains ?
L'actrice incarne tout cela à la fois, dans sa foi, avec précision et perfection. En effet innocente, fragile, pudique, elle va mettre dans son personnage une sensibilité profonde, qui va se réveiller au fil du temps pour en faire quelqu'un qui apprend à se connaître, à s'aimer et à prendre sa place. L'histoire est relativement commune, l'écriture et l'interprétation ne le sont pas.
Et cette petite dernière, entrée par hasard en 2024 dans le monde du cinéma sans même en avoir la formation, pourrait bien y demeurer et se hisser dans les premières élues à être appelées pour de futurs beaux projets .