Voilà un film qui respire la tolérance avec une bonne dose d'humanité. Comme son nom l'indique, il retrace le périple de deux géorgiens dans la capitale Turque. L'une est professeure à la retraite et l'autre est un jeune débrouillard qui fait la traduction. Ils vont arpenter la communauté trans d'Istanbul à la recherche de la nièce de celle-ci et trouver en la personne d'une avocate un soutien de poids. Passionnant, ce récit ne laisse pas indifférent sur le sort de ces personnes et sans artifices superficiels, Levan Akin signe une oeuvre qui prend son temps pour finir par nous bouleverser. Une réussite humainement parlant.
A la mort de sa sœur une Géorgienne part à Istanbul honorer sa promesse : retrouver sa nièce disparue dans le milieu transgenre de la métropole turque. Une déambulation au rythme d’un scénario joueur dans un univers rarement montré à l’écran celui des trans en Turquie. Une œuvre réussie, originale, tendre et touchante.
Après son très remarqué premier long-métrage, « Et puis nous danserons », Levan Akin a fait une pause de cinq ans, très certainement impacté par les obstacles dû à la période Covid et ses aberrations totalitaires. Il nous revient en grande forme avec un nouveau film très différent sur la forme, la tonalité comme sur le fond mais qui traite tout de même des différences sexuelles en contexte. Ici ce n’est pas des personnages homosexuels qui sont au centre de l’intrigue mais des personnes transgenres qui en sont la toile de fond. Ainsi que le milieu dans lequel elles évoluent dans un Istanbul interlope et très loin de la carte touristique qu’on peut se faire de cette mythique ville turque à mi-chemin entre l’Asie et l’Europe et à l’histoire florissante. Elle est d’ailleurs presque un personnage à part entière puisqu’elle est filmée sous toutes les coutures. Un peu sur son versant touristique lorsqu’on voit la Grande Mosquée et les bords de mer entre la Mer Noire et la Méditerranée mais surtout dans ce qu’elle a de moins connu et de plus authentique et parfois sale. Des quartiers défavorisés aux bordels peuplés de prostitué(e)s en passant par des soirées technos clandestines, Akin nous présente une Istanbul au plus proche de la réalité et de ce qui fait vibrer cette ville si singulière. Rarement son pouls n’avait été aussi bien exploité au cinéma et elle participe au côté envoûtant qui se dégage de ce long-métrage raffiné et précieux.
Ce qui fait aussi le charme et l’émotion de « Crossing, passage à Istanbul », ce sont l’écriture de ses trois beaux personnages en quête de quelque chose. D’un parent pour l’une. D’une stabilité et d’évasion pour le second. Et d’une reconnaissance de genre pour la troisième. D’ailleurs, même si les pérégrinations de cette dernière, une avocate transgenre, sont tout autant captivantes que celles de cette professeure retraitée qui recherche sa nièce, elle aussi transgenre, et du jeune homme qui l’accompagne, son parcours semble artificiellement raccordé aux autres. Elle n’aurait pu être qu’un personnage secondaire de fin de récit mais le cinéaste a voulu insérer des séquences montrant son parcours. Pas inintéressant mais quelque peu chaotique et étrange sur le pan du montage. Ceci mis de côté, le film suit les errances et les recherches de ces trois protagonistes à travers des séquences anodines mais qui télescopent leur personnalité et on est happé par leur passé, leurs blessures et leurs buts. On pourra reprocher peut-être une dernière partie qui se traîne inutilement et un happy-end un peu forcé qui tombe comme un cheveu sur la soupe mais l’ensemble est assez beau, sincère et pertinent pour nous happer presque deux heures durant. Un film dramatique mais pas larmoyant à la fois simple et complexe qui vulgarise et traite la transidentité avec empathie tout en dressant un portrait magnifique de trois âmes en (re)construction avec beaucoup de finesse et de poésie au sein d’une ville filmée comme rarement.
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Très intéressant film de Levan Akin qui réalise là une quête pleine de tendresse et d’Humanité et donne l'occasion d'une plongée dans le monde LGBTQ d'une région du Monde qui cherche à le cacher ! C'est là un film fin, généreux et touchant !
Aimant les road movies, je ne pouvais qu’être intéressé par ce périple qui débute en Géorgie pour se dérouler en Turquie stanbouliote. Le film traite d’une recherche d’une nièce trans partie en Turquie voisine. C’est simple, bien tourné, bien joué et empathique. Et le film pose un regard bienveillant sur la communauté trans de la grande ville qui ne semble pas menacée. En outre, la vie le soir venu dans les quartiers proches du Bosphore est bien rendue car c’est exactement ça. On y est. Le film continue longtemps à nous habiter après sa dernière image.
Lia est à la recherche de sa nièce. Celle ci a quitté sa Géorgie natale pour vivre librement à Istanbul. Aidée dans cette quête par Achi, elle va croiser la route de Evrim, une avocate engagée dans la défense des personnes trans. Le film est plein de sensibilité et de délicatesse.
Crossing Istanbul est un film profondément humain et d une très grande pudeur, il retrace le parcours de cette dame lia, touchante qui s associe avec un jeune homme, ce duo au départ improbable vont tout faire pour retrouver la nièce de lia. L atout principal de cette œuvre la justesse du regard, notamment de la société turc, et surtout la ville d Istanbul que le réalisateur levin akin , la filme de façon brut et non de carte postale. Il l a filmé comme une ville de passage, de croisement et d errance. L atout secondaire est la bienveillance, et surtout le processus d acceptation de lia envers ce qu était devenu sa nièce, aide par une avocate trans magnifique. Un petit bémol c est la trame narrative qui est son point faible, le film choisit délibérément de ne pas aller dans le drame, ni dans quête elle même, j aurais aimé qu il creuse plus sur les sentiments.
Madame Lia est professeur d'histoire en Géorgie dans la région de Batoumi. Suite à la mort de sa sœur, elle se met à la recherche de sa nièce, transgenre. Sujet sensible dans ce pays, un ancien voisin lui indique qu'elle a déménagé à Istanbul. Ce jeune homme lui propose de l'accompagner pour fuir sa famille qui le méprise. Le duo se met en route. En salle le 4 décembre.
spoiler: "Crossing istanbul" est une jolie errance à travers une des villes les plus pittoresques du monde. J'ai aimé la création très diffuse et réaliste du lien entre Madame Lia et Achille, elle descendant progressivement de son piédestal et lui se montrant attentionné et loyal envers elle. La question trans n'est pas réellement traitée dans le film, qui n'est pas militant. Elle est juste là, posée devant notre regard, elle existe comme un élément normal de ce monde et c'est rafraîchissant. J'ai beaucoup aimé la fin du récit, qui nous envoie dans une direction vraiment pas réaliste, avant de changer d'avis. Comme un rêve qui s'écroule. Une belle tranche de vie.
Beau road movie dans une Istanbul peu connue. La ville est un personnage à part entière ou l’on croise toutes sortes de gens . Les héros y sont un peu perdus et nous font profiter de leurs découvertes.