De sang-froid
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AMCHI

6 979 abonnés 5 936 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 5 décembre 2009
Une mise en scène sombre et lourde mais remarquable, l'histoire est passionnante. Ce fait-divers sanglant nous est présenté de manière appropriée ; ça ne tombe jamais dans le sensationnalisme ni le sentimentalisme, que ce soit la réalisation ou l'interprétation De Sang-froid est sobre et juste, très réaliste. On suit avec réel intérêt cette affaire, après avoir vu le film je me suis précipité m'acheter le roman de Truman Capote qui est tout aussi fort et passionnant que le film de Richard Brooks.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 4 mai 2009
Un film noir en noir et blanc et qui n'a pas besoin de rajouter du jus de tomate. Un policier sans suspens: ce n'est pas le coupable qui est important, c'est le mobile, comme dans la grande histoire.
TTNOUGAT

713 abonnés 2 530 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 30 août 2011
Brooks est un réalisateur avec une forte personnalité, du moins dans ses films. Cela saute vite aux yeux, sa mise en scène nous bouscule sans cesse, les plans changent rapidement, ils passent d'un sujet à l'autre d'une façon totalement maîtrisée. C'est comme si notre voisin de fauteuil nous secouait l'épaule en permanence. En plus,''De sang froid'' est particulièrement remarquable, sa construction témoigne de l'intelligence de son auteur qui traite ici un sujet majeur, sans prendre parti ouvertement lui même, quoique les paroles du procureur, sans équivoques, laissent deviner ses inclinaisons. Question réalisation: une séquence est inoubliable; celle ou Teddy raconte sa vie dans sa cellule. Il pleut et par un jeu de reflets, les gouttes de la cour semblent des larmes coulant lentement sur sa joue. Il y a plein de belles choses à voir, beaucoup moins à entendre scènario et milieu social obligent et une leçon de cinéma à retenir. Aucun film à ma connaissance n'a traité ces sujets essentiels avec autant de force et donc aucun n'est plus utile que lui pour nous aider à clarifier nos pensées sur ce qu'il se passe dans nos démocraties. Merci à Brooks qui a eu le courage de le faire, les nombreux autres cinéastes de talent ne se sont intéressés à la peine de mort que pour la condamner...Ford lui même, humaniste parmi les humanistes n'a pas abordé ce sujet. Tout spectateur sortant de ''De sang froid'' remettra en cause ses points de vues sur l'ensemble des évenements, c'est un si grand mèrite que les 5 étoiles me semblent aller d'elles mêmes.
Yves G.

1 894 abonnés 4 142 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 14 juin 2022
En 1959, deux jeunes prisonniers en liberté conditionnelle assassinent de sang-froid un paisible fermier du Kansas, sa femme et ses deux enfants. Le quadruple meurtre défraie la chronique et glace l’Amérique. Six ans plus tard, après une longue procédure, les deux meurtriers sont exécutés.
De ce fait divers, Truman Capote fit dès 1966 un roman qui créa un genre voué à une riche postérité : l’enquête journalistique où s’entrelacent la narration des faits et celle de la façon dont le romancier-journaliste les découvre.
L’année suivante, Richard Brooks en fit un film.

Il est récemment repassé au "Grand Action" à Paris dans le cadre du festival organisé à l’occasion des soixante-dix ans de la revue "Positif". Le débat qui l’a suivi a été l’occasion de replacer ce film dans l’oeuvre foisonnante de Richard Brooks et dans le cinéma de l’époque.

Ce qui frappe quand on regarde "De sang-froid" cinquante ans plus tard, c’est sa modernité. Son premier tiers est construit en plans alternés de l’errance des deux taulards sur les routes du Midwest et de la vie sans histoire de la paisible famille qu’ils vont sauvagement assassiner. Les deux fils du récit se renouent par le son : c’est la même sirène de locomotive qu’on entend derrière la voiture des deux meurtriers tapie dans l’obscurité d’un sous-bois et lorsque Nancy Clutter éteint sa lampe de chevet, sa prière faite.
Il est filmé dans un noir et blanc intemporel à une époque où la Technicolor avait tout envahi.
La musique de Quincy Jones y est omniprésente et d’une étonnante complexité. On pense aux notes de jazz de Miles Davis pour "Ascenseur pour l’échafaud" (filmé près de dix ans plus tôt).

J’ai lu sous la plume de Pierre Murat dans Télérama que "De sang-froid" n’était « rien qu’un plaidoyer extrêmement généreux contre la peine de mort ». La critique est un peu courte. Elle est surtout bien sévère. Certes, la scène de l’exécution des deux assassins est glaçante. Mais elle ne constitue pas le cœur du film. Ce cœur, c’est la scène du quadruple homicide. On le suit minute après minute, en en connaissant par avance le funeste dénouement, en se demandant comment diable ce banal cambriolage a pu déraper dans un si effroyable massacre. C’était la question que s’était posée Truman Capote, sur laquelle il avait buté. Richard Brooks tente de mettre la réponse en image. Je vous la laisse la (re)découvrir.
CH1218
CH1218

286 abonnés 3 327 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 5 octobre 2020
Chef d’œuvre de la littérature américaine, le roman de Truman Capote m’a vraiment marqué (je le recommande vivement). Privilégiant l’authenticité, allant jusqu’à tourner sur le lieu même des meurtres, le film de Richard Brooks lui est fidèle, gardant intacte sa dimension lourde et dramatique. Intelligemment mis en scène, remarquablement monté, magnifiquement photographié par Conrad L. Hall, mis en musique par Quincy Jones et bien interprétés par Robert Blake et Scott Wilson, dont les ressemblances avec Perry Smith et Dick Hickock sont frappantes, « De Sang Froid » est un film glaçant sur un fait divers sordide qui l’est plus encore.
Caine78

7 807 abonnés 7 407 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 8 novembre 2006
Décidément, Richard Brooks ne finira jamais de nous impressionner. Il le montre de la plus belle manière qui soit avec ce film magistral, brillament réalisé, avec un jeu d'ombres impressionnant et une ou deux scènes qui nous laissant pantois. Les acteurs sont tous excellents, bien que relativement peu connus (Paul Stewart et John Forsythe qui ressortent un peu). Cette route que l'on prend durant plus de deux heures avec les deux criminels est impressionnante, terrifiante parfois, douloureuse, mais au combien prenante, avec une photo superbe et des dialogues à couper au couteau, d'un réalisme saisissant. C'est un grand moment de cinéma que nous offre Richard Brooks, incontestablement l'un des metteurs les plus intelligents qu'Hollywood aie jamais connu. Chapeau (très) bas.
EricDebarnot
EricDebarnot

241 abonnés 1 262 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 13 novembre 2006
"De Sang Froid", remis à l'ordre du jour par le succès de "Capote", est un film bien supérieur au biopic tant célébré cette année, même s'il en partage la froideur et la détermination. Supérieur car magnifié par la superbe photographie en Noir et Blanc, au réalisme implacable mais non délué de lyrisme (souligné par la musique stridente et déconstruyite de Quincy Jones). Supérieur surtout par la précision d'une mise en scène qui ne tombe dans aucune des facilités inhérentes à ce type de sujet : Brooks ne fait preuve ni de manichéisme, ni d'angélisme, et ne manifeste de sympathie ni pour les victimes, ni pour les tueurs - ni surtout pour les agents de l'ordre social -, mais livre un constat terrible de ce que les hommes se font les uns aux autres. Sans raison. De sang froid.
teofoot29
teofoot29

110 abonnés 648 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 1 juillet 2009
Un grand film noir salué honnêtement par une nomination au Golden Globe, le meurtre est bien construit, le mobile du crime constitue tout le suspense, les personnages sont à la fois repoussants et attachants, on explore ainsi leur esprits torturés. Prestations epoustouflantes de Robert Blake et Scott Wilson, et scénario parfait, un chef d'oeuvre!
BlindTheseus

349 abonnés 2 566 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 2 mars 2008
Admirable adaptation du livre de Truman Capote sur ce crime "fruit de l'ennui & de l'igorance" tout à fait actuel, et que ne renie que très peu son dernier remake avec Philip Seymour-Hoffman dans le rôle-titre !
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 25 juillet 2009
Si le roman de Truman Capote est brillantissime, il en est de même pour son adaptation cinématographique réalisée par Richard Brooks. L'esprit du roman est bien respecté et le réalisateur ne se contente pas de recopier simplement et bêtement les pages du roman. Le jeux d'acteurs est vraimant somptueux et donne une réelle profondeur aux personnages. Enfin, on ne peut qu'approuver l'initiative du réalisateur de filmer l'action en noir et blanc afin de renforcer l'intensité dramatique du propos. Un film captivant, haletant et effrayant: bref, un chef d'oeuvre.
Marquant.
Ykarpathakis157

6 259 abonnés 18 103 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 8 juin 2021
Dans ce film sur l'histoire vraie du meurtre d'une famille du Kansas deux rejetés de la société gâchent le crime et leur vie. Dans un véritable triomphe de l'erreur de casting John Forsythe joue le détective du Kansas chargé de l'enquête sur ce crime odieux. Forsythe semble lire ses répliques sur des cartons d'invitation et le vétéran Paul Stewart joue une sorte d'écrivain qui suit l'affaire. Il est sans doute censé être Truman Capote mais il joue la carte de l'honnêteté et non celle d'un homosexuel flamboyant. La réalisation en noir et blanc d'une noirceur oppressante et granuleuse est implacablement déprimante ce qui est probablement l'objectif du réalisateur Richard Brooks. L'arrière-plan des tueurs est également dépeint comme sombre et granuleux. L'ensemble de la production a l'aspect et la sensation d'un film de série B ou d'un film de second plan. Ce film a une bonne réputation c'est pourquoi je l'ai regardé. Il n'est pas à la hauteur du battage médiatique et de sa réputation en fait il déçoit à tous les niveaux...
weihnachtsmann

1 639 abonnés 5 816 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 23 novembre 2014
D'abord le récit d'une fuite. Puis celui d'une chasse à l'homme. Une sorte de Bonnie and Clyde construit de façon étonnante. Le fait de nous expliquer le meurtre à la fin du film (pour une fois on peut raconter la fin puisque c'est son sujet) nous permet de connaître les personnages. Et c'est sa force; c'est vraiment très bien filmé mais on en sort quand même assez mal à l'aise. C'est très dur mais très très fort
soniadidierkmurgia

1 462 abonnés 4 371 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 18 septembre 2026
S’il fut plutôt éclectique, se confrontant à différents genre cinématographiques (westerns, films de guerre, films d’aventures) tout au long des 24 longs métrages qu’il réalisa de 1950 à 1985, Richard Brooks qui se distinguera par ses adaptations de romans du patrimoine littéraire (F. Scott Fitzgerald, Dostoïeski, Tennessee Williams, Joseph Conrad) pourtant quelques fois pesantes, fut ce qu’on appelle un réalisateur engagé, salué à ce titre par les Cahiers du Cinéma aux côtés de Robert Aldrich, Samuel Fuller et Nicholas Ray comme faisant partie de leur carré d’as des réalisateurs rebelles d’Hollywood.
Mais là où un Sydney Lumet interrogeait sans parti-pris revendiqué le bon fonctionnement des institutions régaliennes de son pays, Brooks s’attaquait frontalement à certains sujets sociétaux qui lui tenaient à cœur, recourant parfois à un certain manichéisme pour convaincre le spectateur de son point de vue. Le très surestimé « Graine de violence » (1955) en est sans doute le plus bel exemple. La maturité venue, Richard Brooks toujours préoccupé par les sujets sociétaux se rapprochera de la démarche de Sydney Lumet qui misait avant tout sur l’intelligence du spectateur pour se construire sa propre opinion. Ainsi « Elmer Gantry » en 1960, « Lord Jim » en 1965, « Les Professionnels » en 1966 et « De sang-froid » en 1967 voient Brooks réaliser avec « Bas les masques » (1952) ses meilleurs films.
Pour « De sang-froid », il n’hésite pas à puiser son inspiration dans la réalité concrète à partir d’un fait divers sordide survenu le 15 novembre 1959 dans 1’Etat du Kansas qui vit spoiler: deux ex-détenus récemment libérés tuer sauvagement toute une famille (le père, la mère, le fils et la fille) pour leur voler un coffre-fort imaginaire
. Le journaliste vedette Truman Capote qui avait patiemment enquêté sur place durant cinq années ainsi que dans la prison où étaient enfermés les deux assassins, publiait en 1965 « De sang-froid », un roman non-fictionnel qui scrutant au plus profond la personnalité de Perry Edward Smith et de Richard Hickok cherchait à établir le lien entre leur passé respectif et leur horrible passage à l’acte.
C’est Truman Capote lui-même qui choisit Richard Brooks pour adapter son roman à l’écran. Une réelle motivation pour Brooks qui alors âgé de 55 ans entrait dans le dernier tiers de sa carrière. La Columbia qui produit le film pense à deux vedettes comme Paul Newman et Steve McQueen pour tenir les deux rôles principaux. Choix de casting bien sûr impensable pour Capote et Brooks qui veulent absolument garder l’aspect documentaire contenu dans le roman. Idem pour le choix du noir et blanc qui selon Brooks renforcera encore la radicalité du propos. Ce sont donc Robert Blake ex-enfant star devenu un second rôle anonyme et Scott Wilson quasi débutant qui tiennent respectivement les rôles de Perry Smith et de Dick Hickock.
Quoique très fidèle à l’esprit du roman de Capote, Richard Brooks rédige lui-même son scénario afin de mettre en relief le cheminement mental de ces spoiler: deux paumés qui après être sortis de prison se donnent rendez-vous dans une gare pour mettre à exécution un plan échafaudé puis largement ressassé en prison. Se rendre dans la ferme d’un riche propriétaire (John McLiam) chez lequel Hickock a travaillé avant son séjour en prison. Si l’appât du gain est évoqué dans la voiture les conduisant sur le lieu de leur méfait, la décision irrévocable de ne laisser aucun témoin derrière eux semble être au cœur de leur projet.
Richard Brooks orchestre habilement son récit de manière à tenter de percer le mystère de cette macabre entreprise. C’est à travers le dialogue souvent tendu entre les deux hommes roulant vers leur destination funeste que nait dans l’esprit du spectateur la confusion tant leurs caractères comme leurs trajectoires opposés semble incompatibles avec la possibilité d’avoir pu imaginer et concevoir un tel plan. A dessein, la concrétisation du massacre sera montrée assez tardivement par Brooks, laissant le spectateur tout aussi horrifié que perplexe. On ne peut jamais vraiment expliquer le mal absolu. L’épure de la mise en scène renforcée par le judicieux découpage évoqué plus haut et la photographie de Conrad L. Hall contribuent à faire de « In cold blood » un film glaçant et parfaitement abouti que Truman Capote a salué comme rendant parfaitement compte de son minutieux travail. Il ne faut pas oublier de saluer la performance des deux acteurs saisissants de vérité notamment un Scott Wilson qui n’aura pas la carrière qu’on pouvait lui prévoir après ce deuxième film de sa carrière naissante.
Benjamin A

819 abonnés 1 930 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 22 octobre 2025
Tout va vite : le crime en 1959, le livre de Truman Capote en 1966, et, un an plus tard, In Cold Blood de Richard Brooks. Une fulgurance presque ironique quand on pense à la lenteur, au silence et à la froideur que dégage le film.


Brooks adapte ici un fait divers devenu mythique, mais sans chercher le sensationnalisme. Il s’intéresse avant tout à ce qui pousse deux hommes à commettre l’irréparable, à la part d’humanité, aussi infime soit-elle, qui subsiste au cœur du mal. Son film est d’une noirceur extrême, mais jamais complaisante. Il ne juge pas : il observe. Et c’est cette distance glaciale, presque clinique, qui rend In Cold Blood aussi fascinant que dérangeant.


Dès les premières images, on comprend qu’on n’est pas dans un simple polar. Brooks reconstitue le crime avec une rigueur quasi documentaire, jusqu’à tourner dans les lieux réels de l’affaire. Mais cette précision naturaliste se double d’un regard de metteur en scène inventif. Le montage, les flashbacks imbriqués, les transitions visuelles d’une audace rare, comme cette pluie qui se fond sur le visage d’un meurtrier , créent une tension permanente. Chaque plan transpire la maîtrise. La photographie noir et blanc accentue la froideur du propos et fige ces destins dans une lumière sans chaleur, presque carcérale.


Loin d’un film de procès ou de morale, In Cold Blood devient une méditation sur la violence, la fatalité et la peine de mort. Brooks ne filme pas des monstres, mais des êtres vides, prisonniers de leurs pulsions, condamnés dès l’origine. Et pourtant, dans sa rigueur, le film laisse filtrer une émotion sourde, notamment dans son dernier acte : cette lente attente de la mort, filmée sans emphase, glace autant qu’elle bouleverse.


Robert Blake et Scott Wilson livrent des performances d’une intensité rare, presque trop humaines pour le cadre où elles se déploient. Brooks les filme sans chercher à les racheter, mais en essayant de comprendre ce qu’il reste de l’homme dans l’assassin.


In Cold Blood est un film à la fois glacial et vibrant, une œuvre d’une maîtrise formelle impressionnante, qui scrute le mal avec lucidité mais sans cruauté. Brooks signe un thriller à part, d’une beauté sèche et obsédante, où l’âme humaine se reflète dans le noir et blanc d’une Amérique hantée.
Hotinhere

809 abonnés 5 551 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 30 juin 2020
La genèse du roman de Truman Capote. Un film d'une grande précision, aussi glaçant que dérangeant, qui montre la banalisation du mal, porté par une réal brillante sublimée par un NB stylé.
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