Passant sans transition d'un lieu et d'une époque à l'autre, Jusqu'au Bout du Monde, deuxième film réalisé, scénarisé, composé (et, forcément, interprété) par Viggo Mortensen après un touchant Falling (2020), peint en couleurs vives, jeux d'ombres et de lumières, et un incroyable sens du relief une Amérique déchirée entre la violence des uns et l'humanité des autres.
S'il faut impérativement souligner la prestation impressionnante de Vicky Krieps faisant plus que donner la réplique à un Viggo Mortensen sobre voire parfois mutique, le scénario en mal de linéarité passe de la lumière aux climats plus oppressants, par le fait des hommes.
Là où l'esthétique réaliste des images évite de creuser l'horreur de certaines scènes, elle appesantit encore un peu plus l'ambiance violente. On reprochera ainsi au film une narration qui ne laisse pas la place aux émotions et qui ne choisit jamais qui du personnage d'Olsen ou de Vivienne est le héros passive ou l'héroïne courageuse de cette histoire.
Une jolie jeune femme, un homme un peu bourru dans de magnifiques décors du Nevada de 1860, c'est fabuleux ! Vivienne, l'héroïne est mise en avant pour son indépendance (elle va le payer de sa vie)... dans une forme audacieuse ! Cette histoire très forte et extrêmement prenante nous emmène sans nous perdre une seule minute... et nous laisse échapper un "déjà" quand arrive le générique de fin (après 2h09) ! Reste un joli message comme fin de ce film intense.
L’acteur Viggo Mortensen passe pour la deuxième fois derrière la caméra et livre un western classieux voir traditionnel. La capacité du réalisateur à faire naître de l’émotion derrière la rugosité de son récit grâce à des personnages fouillés et une mise en scène méticuleuse impressionne. Egalement devant l’écran, il est irréprochable mais c’est bien l’actrice Vicky Krieps qui accapare l’écran. Du beau cinéma à l’ancienne.
Une histoire destructurée qui bénéficie de très beaux paysages, d’une belle photographie et d’un bel accompagnement musical. Appliquant le diction "on est jamais mieux servi que par soi-même", Viggo Mortensen cumule, pour ce film, les postes de réalisateur, scénariste, compositeur, producteur et acteur. Reste que devant sa caméra c’est bel et bien Vicky Krieps qui tient fermement les rênes de ce western romanesque. Un rôle féminin central fort, assez rare dans un genre à prédominance masculine et solidement interprété par l’actrice germano-luxembourgeoise.
Un film sobre, sincère, tout en pudeur qui nous offre de beaux portraits de personnages sans oublier quelques vrais moments de western âpre. Le style est assez classique mais le traitement de la ligne du temps est intéressant. Le film n'est toutefois pas exempt de quelques longueurs.
The Dead Don’t Hurt déconcerte par les conventions qu’il adopte avec une subordination telle qu’on a l’impression de l’avoir déjà vu cent fois, que chacune de ses étapes narratives appartient à d’autres films constitutifs d’un corpus devenu schéma d’un genre certes classique mais ici figé, le western. L’éclatement de la chronologie constitue un artifice dommageable en ce qu’il empêche les absents et leur absence de s’installer dans un temps long : qu’il s’agisse du mari parti à la guerre ou de l’épouse partie spoiler: suite à la contraction d’une maladie , tous deux demeurent réunis à l’écran, associés par le montage alors même que seule leur séparation aurait restitué la puissance du lien qui les unit. L’évincement de la figure féminine au profit de l’homme vengeur restreint également la portée féministe d’un long métrage atone, complaisant dans sa vision crépusculaire d’un genre qu’un horizon maritime ne saurait, à terme, racheter. Une déception.
Beau film, très lent, contemplatif, la photo est sublime, la musique l'est également. Il manque quelque chose pour être un grand film, peut-être un peu de rythme, mais cela reste très bon et d'une grande sensibilité, où chaque regard en dit long.
Viggo Mortensen aime les paysages grandioses et désolés de l’Ouest. Viggo Mortensen aime les personnages lisibles même quand ils sont taciturnes. Viggo Mortensen aime que justice soit faite. En fait, Viggo Mortensen aime le western classique et son second film en est un spécimen du pédigree le plus noble. La seule particularité est que le “héros” (du moins, celui qu’on considère comme tel, c’est à dire lui-même) est absent durant une bonne moitié de l’histoire - c’est la guerre de sécession - laissant le champ libre à Vicky Krieps pour illustrer la difficulté de s’imposer ou plus simplement de survivre en tant que femme seule en un lieu et un temps foncièrement hostiles à leur sexe. Peu prodigue en scènes d’action, avant tout contemplatif et introspectif, adepte des allégories pas toujours lisibles mais pouvant compter sur une caractérisation fine des personnages, ‘Jusqu’au bout du monde’ est bien davantage un portrait de femme dans le cadre historique de la Conquête de l’ouest qu’un western féministe.
Viggo Mortensen est très impliqué dans ce projet, réalisateur, scénariste et acteur, entre autres. Ce western prend son temps pour développer sa dramaturgie : si vous adorez les plans qui durent qu'une seconde et un montage hystérique à partir de cinq caméras, passez votre chemin. Viggo Mortensen caresse ses décors et ses acteurs. Ce sont eux le sujet, avec bien sûr l'histoire du personnage de Vicky Krieps et qui est le cœur de cette histoire. Viggo Mortensen a créé un western où une histoire d'amour est interrompue par la guerre de Sécession. Mais l'histoire est racontée du point de vue de la femme, de sa condition, de la manière dont elle est traitée. Le réalisateur en profite pour filmer ses scènes avec des arrière-plans magnifiques, des décors réels de toute beauté au sein desquels s'inscrit cette histoire. L'histoire est une agrégation de plusieurs flashbacks, où les personnages sont vus à différents moments de leur vie : ces différents flashbacks rendent le film dynamique, et c'est bien vu, car les choix de Viggo Mortensen sont à l'opposé : quasiment aucune musique, de longs plans avec peu de dialogues, une certaine langueur dans les mouvements au sein des scènes. Et chemin faisant, le film contient beaucoup d'ellipses. Un magnifique western, moderne.
Le 2d film du très doué et (très beau) Viggo Mortensen, très différent du 1er qui était un drame familial autobiographique. Là un western classique,trop classique, rien que de très convenu, plein de bons sentiments, et de féminisme. C'est lent, la caméra s'attarde sur les beaux paysage s, les nombreux allé retour entre présent passé nuisent à l'émotion. Impossible de s'attacher, pour moi qui suis pourtant une femme ,au personnage féminin "la" femme libre caricaturale. Le personnage de Viggo est trop mutique pour éveiller aussi le moindre intérêt. Ça se regarde sans déplaisir et ça s'oublie
J’ai adoré comme j’ai aimé le 1er film de Viggo Morthensen: Il a tous les talents : Acteur, Auteur, Réalisateur, Musicien compositeur Chanteur et Peintre aussi je crois !!! Son film avec la Merveilleuse comédienne qu’il a choisi et Superbe autant dans le Choix des Images que dans son Sens Profond : Nature, Respect et Humanité…
Très belle réalisation de Viggo Mortensen qui se contente par moment d’une simple contemplation, d’un soupir, d’une respiration, et nullement ennuyeux, inutile d’y ajouter de longues lignes de dialogues quand ce qui est montré et entendu nous donne déjà une idée précise de ce qui se déroule. Certains diront qu’il ne se passe pas grand-chose, et pourtant, c’est une histoire poignante et déchirante, à tel point que j’en suis même venu à détester le personnage d’Holger (Viggo) jusqu’à quasiment la toute fin tant il est la cause de tout ce drame, et sa vengeance ne lui aura rien apporté de plus, tout était déjà trop tard. Vicky Krieps est poignante de vérité dans le rôle de Vivienne, elle montre remarquablement toute la force de cette femme qui bien qu’elle a failli quitter sa maison afin de fuir l’horreur, est tout de même restée sur place afin de montrer à la face du monde qu’elle ne sera jamais brisée par un fils à papa qui sème la terreur impunément car sous le couvert d’un père qui contrôle les représentants de la loi grâce à son argent et son pouvoir.
Le découpage particulier du film (allers-retours présent-passé) est assez déconcertant pendant les 30 premières minutes car il mélange 3 époques (+ une partie imaginaire) sans aucun warning, mais on finit par s’y faire et ça devient même un plaisir car les cuts sont parfaitement choisis afin que le spectateur ait le temps de remette le puzzle en place morceau par morceau et n’ait pas le temps de s’ennuyer. Seul reproche personnel : la partie enfance de Vivienne ainsi que la partie imaginaire du chevalier Holger sont à mon humble avis très dispensables.
C’est une très belle œuvre sans être un chef-d’œuvre, un très beau western comme on en fait que trop rarement, même si ce genre cinématographique revient de plus en plus ces 20 dernières années et même encore plus ces 10 dernières, avec justement très souvent des drames contemplatifs qui suivent le destin d’un couple, d’une famille, ou même d’un(e) solitaire, avec à chaque fois des pics de tension qui arrivent à point nommé. Sauf que dans The Dead Don’t Hurt (je n’utilise pas le titre français tellement il est ridicule), les pics de tension sont parsemés ça et là, séparés par des moments de calme ou même de joie.
Merci Mr Mortensen pour ce beau moment de cinéma qui renferme discrètement (ou pas) son lot de messages politiques et sociétales transposables à notre époque.