Chantilly. Son château, ses chevaux... et ses cadavres. Une jeune écuyère retrouve la mort au pied d'une légende poussiéreuse, et avec elle, c’est toute la petite noblesse locale qui se met à trembler dans ses bottes en cuir. Il paraît qu’un anneau maudit circule depuis le XIXe siècle. Franchement, il manque juste la malédiction égyptienne pour que le bingo soit complet.
Dans ce chaos feutré, deux gendarmes – qui ont visiblement autant de points communs qu’un sushi et une choucroute – se retrouvent obligés de travailler ensemble. Antoine Mercier, regard sombre et mâchoire crispée (Bruno Todeschini, impeccable de tension rentrée), et Juliette Delambre, sarcastique et vive comme une épine de rose (Élodie Frenck, carrément habitée). Leur mission ? Démêler le vrai du toc, le meurtre du mythe, et si possible, éviter de s’étrangler mutuellement en cours de route.
La réalisatrice Marjolaine de Lecluse met les petits plats dans les grands, côté ambiance. Chaque plan est un tableau de maître, et si l’histoire ne vous tient pas en haleine, le cadre, lui, pourrait bien vous hypnotiser. On sent le respect du patrimoine, jusqu’au col de chemise amidonné. Reste que le scénario de Matthieu Savignac ronronne un brin : des fausses pistes à la pelle, un soupçon de surnaturel en toc, et un twist final que même ma tante Josette aurait deviné au bout de 20 minutes (et elle confond encore Netflix et France 3).
Mais attention, ce n’est pas raté. Non. C’est juste… propre. Trop propre. Comme une chambre d'hôtel où rien n’a été déplacé depuis 2003. On aurait aimé plus de chaos, de griffures dans le vernis. Pourtant, certains moments claquent. Une confrontation dans la forêt, le regard glacé de Girardot, des silences plus éloquents que dix monologues en voix off. On y croit. Par instants.
Alors oui, si vous êtes amateur de téléfilms du samedi soir avec un petit twist régional et une ambiance de carte postale – mais version polar –, foncez. Sinon ? Lisez un polar de Fred Vargas, ça ira plus vite et ça sentira moins la naphtaline.