Une Affaire de principe lorgne du côté du thriller paranoïaque américain, en témoignent son générique d’ouverture que rythme une musique trépidante, son saut de puces incessants entre des espaces que des titres renseignent, ses dialogues grandiloquents écrits de sorte à s’achever sur une pointe censée relancer l’intrigue. Le souci, c’est que ce dispositif de mise en scène se heurte aux enjeux politiques des institutions européennes, les dénature par une grandiloquence malvenue qui écrase l’humain, son ambiguïté, ses contradictions ; les comédiens sont des spoiler: caricatures bouffies que l’on filme tantôt de loin ou de dos, tantôt en très gros plans pour figurer une immersion que l’œuvre ne parvient jamais à susciter. L’impression d’ensemble est celle d’un brouillon désordonné qui simplifie au lieu de faire comprendrespoiler: les ressorts de ce scandale international.
Le belge Bouli Laners se glisse dans la peau de José Bové pour mener une enquête tirée de faits réels sur des actes délictueux commis à Bruxelles en 2012. La pipe au bec, il peut compter sur son assistant parlementaire (Thomas VDB), ainsi que sur la pugnacité d'une jeune stagiaire incarnée par la prometteuse Céleste Brunnquell. Le film est dense et âpre et il faut s'accrocher pour suivre les différents protagonistes ainsi que les acronymes cités sans cesse. C'est cette complexité qui constitue un frein à cette intrigue qui est parfois traitée comme un mauvais roman d'espionnage (la scène de la gare en est le parfait exemple). On apprend des choses sans pour autant se passionner plus que ça pour l'histoire malgré la qualité des acteurs. Moyen.
Thriller bureaucratique basé sur des faits réels au sein de la Communauté Européenne. De ses magouilles et de sa corruption. Le film alors qu’il dénonce un scandale lié au tabac est étonnamment doux, presque ouaté, et provoque plus l’endormissement que la révolte. Le format d’un documentaire était sans doute beaucoup plus adapté.
Le projet de nous montrer le fonctionnement des instances européennes et leur corruption à travers un cas réel était hautement méritoire. Après l’excellent thriller judiciaire (et premier film), « Une intime conviction », Antoine Raimbault fait preuve de beaucoup d’ambition pour son second passage derrière la caméra mais semble s’attaquer à un trop gros morceau. En effet, « Une affaire de principe » souffre de sa complexité si on souhaite creuser et comprendre chaque information du scénario en détail. L’affaire traitée ici est celle des conflits d’intérêts entre les instances de l’Union européenne et les lobbies du tabac dévoilé par l’illustre député européen des Verts José Bové en 2012. Une affaire passionnante mais tentaculaire et aux ramifications immenses. Un véritable enchevêtrement de faits, de documents, de personnages et d’informations difficile à résumer clairement dans une œuvre d’à peine une heure et demie. On suit donc l’intrigue dans les grandes lignes mais peu probable qu’on comprenne le tout en détail si on n’est pas féru de politique et de ce type d’affaires. Ce qui est dommage, peut-être d’ailleurs qu’une série aurait permis de mieux cerner les tenants et les aboutissants de cela. En l’état, voilà un sujet qui se révèle au final très peu cinématographique. Il y a un manque de vulgarisation des termes de ladite affaire comme du fonctionnement de ces instances méconnues du public et il y a beaucoup d’informations en peu de temps, ce qui peut rendre le visionnage du long-métrage parfois un peu complexe et désagréable.
Il n’empêche, « Une affaire de principe » n’est pas mauvais ni dénué de qualités. En premier lieu, le choix de Bouli Lanners dans le rôle du paysan/député à la célèbre moustache est une évidence. À ses côtés, la jeune Céleste Brunnquell et Thomas Vdb sont tout aussi à leur place. On déplore que le tout soit agrémenté de quelques notes de légèreté qui vampirisent une tension qu’on aurait aimé plus établie mais le rythme est là et le film ne souffre d’aucune longueur notable. Comme on le disait plus haut, il est peut-être même trop court, allant trop vite sur certains aspects et certains rebondissements. Ce qui est sûr c’est qu’on est face à une œuvre utile et nécessaire puisqu’elle pointe du doigt et dénonce la corruption des instances européennes. L’Union Européenne est de plus en plus critiquée, de son fonctionnement à son coût en passant par le manque de souveraineté accordée aux États membres. Et lorsqu’on voit le film, on ne peut qu’être d’accord et se méfier encore plus de ce monstre administratif opaque qui siphonne les impôts des citoyens sans leur consentement. Pas forcément le film qu’on regarde pour se détendre mais il demeure pertinent dans ce qu’il ose dénoncer à raison. Un film discrètement contestataire et involontairement pédagogique plus que véritablement divertissant.
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Une histoire vraie , qui méritait d’être mise à l’écran et qui mérite d’être regardée. 2012 le commissaire à la santé au parlement européen à Bruxelles est limogé du jour au lendemain.. Le député européen José Bové et ses assistants vont prendre les choses en main pour faire éclater la vérité. On avait tous entendu parler de cette histoire, sur fond de lobby du tabac, film à voir , mention spéciale pour Bouli Laners qui interprète Mr Bové à merveille.
Après "Révélations" (1999) titre formidable de Michael Mann, sur le poids délétère de l'industrie du tabac au sein de l'appareil démocratique américain, " une affaire de principe" révèle les tentatives de corruption au plus haut niveau de l'administration europeenne de la part de cette même industrie.
" Adults in the room" (2017) de Costa Gavras avait déjà souligné les effets de la perte de souveraineté des Etats membres de l'UE avec l'exemple de la crise survenue en Grèce. " Une affaire de principe" reprend le flambeau de ces deux titres.
Certes, au plan cinématographique, " une affaire de principe" ne présente pas de qualité créative particulière mais son intérêt, indéniable, est dans son sujet.
Le dévoiement de l'idée européenne par certains de ses principaux responsables mérite d'être connue et la contribution salutaire de ce film au débat peut être applaudie.
On pourra néanmoins regretter certaines scènes explicatives qui manquent vraiment de didactisme ( c'est le défaut majeur du titre), laisseront vraisemblablement une partie du public au bord du chemin et réduiront l'impact du titre. Dommage.
On notera la prestation de l'actrice norvégienne L. Kongsli qui dans un second rôle laisse le reste de la distribution loin derrière. Dotée d'une présence et d'un charme formidable, les scènes où elle est présente sont, au plan artistique, les meilleures.
C’est un film réussi : thriller politique au rythme serré ; avec une mise en scène intéressante (contraste entre la géométrie du bâtiment et des intérieurs de la commission à Bruxelles et le bureau-bazar de nos trois protagonistes…) ; une musique qui soutient la tension de l’affaire ; des acteurs excellents, en particulier Bouli Lanners investi à 100% dans le personnage entier et ironique de José Bové, sans parler de plusieurs rôles secondaires convaincants. Revers de la médaille, la grosse quantité d’informations à ingurgiter peut être gênante. Voilà pour le côté « cinéma ».
Mais le côté thriller n’est que le prétexte pour un sujet intrinsèquement passionnant, déconcertant, affligeant… L’union européenne a ses règles, compromis entre ce qui se fait dans les différents pays qui la composent, et qui peuvent surprendre voire scandaliser un esprit français. Des choses que nous n’avions jamais vues aussi clairement à l’écran : réaliser le poids des lobbies – nous en avons tous entendu parler bien sûr, mais là on les ressent... Savoir l’existence d’une commission d’éthique qui peut être sous influence, d’accords financiers suspects entre la commission et des entreprises privées. Constater que la corruption menace comme partout ailleurs. Réaliser l’importance des combats au quotidien, ici pour la santé, pour le respect des principes… combats de tous ceux qui font vivre la démocratie, d’un José Bové comme de tant d’autres.
On pourra questionner le choix d’une fiction, qui ne permet pas complètement de connaître la part de vérité dans ce film (exemple : jusqu’à quel point les accords entre les entreprises et la commission sont-t-il secrets ?).
Moins crédible que les autres intervenants, Clémence la stagiaire – personnage de pure fiction – est un peu le regard du réalisateur dans cet univers stupéfiant. Mais sa naïveté incarne notre besoin de justice et de vérité, l’envie de combattre qui sommeille en chacun de nous. Le réalisateur retrouve en elle les questionnements qu’il avait abordés dans Une intime conviction, son premier long métrage : le besoin de justice, le difficile combat pour la vérité.
L’histoire d’un lobby un peu trop puissant et trop installée à la commission européenne à Bruxelles… Jose Bové, député européen va alors s’intéresser à la corruption et chercher à démêler le vrai du faux. C’est un thriller efficace et passionnant !
A vu «Une affaire de principe » d’Antoine Raimbault. Pour son premier film en 2017 « Une intime conviction » le metteur en scène-scénariste relatait l’affaire Viguier défendu par l’avocat Dupont-Moretti. Cette fois ci, Raimbault se penche sur un autre évènement tout aussi véridique, celui du lobbying du tabac qui ourdit un véritable complot et une menace sur le Parlement Européen. En 2012 José Bové le député européen (sublime Bouli Lanners) son attaché parlementaire (Thomas VdB) et sa stagiaire (pétillante Céleste Bruniquell) vont tout faire pour dénoncer ce scandal qui contribuera à l’adoption du paquet de cigarettes neutre. La mise en scène est palpitante et fascinante. Antoine Raimbault sait exactement où poser sa caméra pour mettre en valeur l’architecture des bâtiments modernes (principalement le Parlement Européen de Bruxelles et de Strasbourg). Raimbault sait aussi renouveler la grammaire cinématographique en évitant au maximum le champ contre-champ tout en maniant le montage avec art et efficacité. Seul un Costa-Gavras en Europe où quelques américains savent filmer comme cela. « Une affaire de principe » est un film politique totalement accessible et palpitant car didactique (même si parfois un peu trop). A la veille des élections Européennes ce film est la meilleure promotion pour motiver la population à aller voter. Les trois acteurs sont formidables de rythme tout en passant prestement du français à l’anglais (avec accent so french). Suspens, retournement dramatique, quelques traits d’humour, la tension du film ne baisse jamais. La musique de Grégoire Auger participe grandement à la qualité de cette « affaire de principe » qui est à la fois un thriller, un film de complot et d’espionnage. Efficace, excellent et indispensable !
Belle surprise cela nous permet de découvrir plus sur la commission européenne, les lobbies ici surtout c'est le lobbie du tabac qui est pointé du doigt cela donne plus envie de voter quand on voit des députés comme José Bové qui se battent pour faire respecter la loi comme il dit c'est une question de principe je conseille ce film.
Tiré d'une histoire vraie, "une affaire de principe" est un thriller politique qui nous montre tous les engrenages, tous les influences, tout le travail des lobbys, toutes les magouilles au sein de la commission européenne. Ici, cela tourne autour de l'industrie du tabac. On a le droit à un Bouli Lanners convaincant en José Bové.
Grace à un scénario astucieux qui déroule un thriller financier et politique, ce film à la distribution internationale parvient à ne jamais être ennuyeux tout en expliquant l'air de rien, au spectateur comme à la novice Clémence, les rouages des hautes instances internationales.
Eclairant sur les doubles jeux, les infiltrations, la corruption, les arrangements voire les trahisons, cette oeuvre rappelle - au regard du timing - l'importance des enjeux des élections européennes ainsi que la nécessaire veille des citoyens vis à vis de leurs élus. Tout en rendant foi dans des institutions et des politiques qui sont, aussi, au service du public.
Intéressante analyse de l’Europe et des lourdeurs. Bouli Lanners nous fait un Bové que nous ne connaissions pas, et le rend très sympathiques. ses acolytes font bien le job. Ce film pourrait s’ apparenter à un documentaire.
Excellent film mené comme un thriller politique. On évolue dans les arcanes de ce siège européen en proie aux luttes d'influence et autres lobbies. Une vision de cette institution à l'aube du prochain vote. Édifiant et déconcertant. Mentions spéciales aux interprétations et aux charisme de Bouli Lanners et Céleste Brunnquell. Un film qui fait réfléchir.