Théorème
Note moyenne
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97 critiques spectateurs

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QuelquesFilms.fr

354 abonnés 1 759 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 31 décembre 2025
Un film intrigant, déroutant. Et largement ouvert à interprétations. Le personnage incarné par Terence Stamp est-il une figure christique, qui révèle la vérité aux hommes, lesquels ont du mal à l'affronter ou à l'accepter ? Est-ce un ange ? Est-ce un démon ? Un révélateur, en tout cas. Positif ou négatif ? Sur un plan social et politique, il met en évidence la vacuité de la vie bourgeoise et pousse un patron à donner son usine à ses ouvriers et à se dépouiller de tout. Sur un plan spirituel, il participe à la transformation d'une servante en mystique thaumaturge. Sur un plan sexuel, il pointe les frustrations de toute une maisonnée, avive les désirs hétérosexuels comme homosexuels, les assouvit, et fait basculer une mère dans la débauche, et sa fille dans la catatonie. Sur le plan artistique, il donne la possibilité au fils de libérer ses élans créatifs, de manière débridée. Quel est le fil conducteur de tout cela ? Quelle cohérence y a-t-il entre la parabole religieuse et la fable sociopolitique ? Difficile à dire. Ce film est une illustration des grands écarts de perspective qui ont toujours nourri l'imaginaire de Pier Paolo Pasolini, notamment entre christianisme et marxisme. Un imaginaire paradoxal qui a donné des œuvres ancrées et engagées dans la réalité, mais aussi ouvertes à la spiritualité comme aux fantasmes les plus fous, sensibles au sacré et volontairement profanes... Preuve du caractère assez insaisissable de ce film (au titre tout aussi insaisissable) : il a été à la fois soutenu et blâmé par le monde catholique ; il a été à la fois soutenu et blâmé par le monde communiste. Selon Marc Gervais, exégète de l'œuvre du poète italien, le projet pasolinien est "déchiré, contradictoire, marqué par une sorte d'hystérie apocalyptique mais qui, par le moyen de l'art, cherche sans cesse le lieu et l'instant de la réconciliation". Une quête qui passe par des transgressions tous azimuts. Un art qui devient un exutoire à cette tentative de réconciliation improbable. Voilà qui peut choquer (et qui a beaucoup choqué – Théorème a notamment été attaqué en justice pour obscénité). Voilà qui peut fasciner. Et voilà qui peut éveiller une singulière perplexité.
EricDebarnot
EricDebarnot

239 abonnés 1 262 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 12 novembre 2016
En 2016, il n'est pas facile de regarder, et encore moins d'aimer "Théorème", un célèbre film de Pasolini qui paraît plus aujourd'hui un marqueur de sa turbulente époque qu'une véritable pierre blanche dans l'histoire du Cinéma (majuscule, forcément quand on parle "d'auteurs" comme Pasolini, même si dans son cas, c'est souvent pour la mauvaise raison du scandale qu'on parle de lui...). Non pas qu'on ne puisse prendre un peu de plaisir devant cet objet bâtard qui hésite entre le pamphlet politique et l'écriture libre de la poésie avant gardiste : il y a ici un bon nombre de scènes - baignées dans l'éblouissante lumière de l'été italien - qui font merveille, que cela soit par la grâce de cadrages saisissants ou bien par la liberté folle de mouvement, typique de ce cinéma qu'on qualifia de "moderne" et qui passa pourtant très vite (trop vite ?) à la trappe de l'Histoire... Mais la brève fascination que l'on peut ressentir devant la beauté de Terence Stamp, ou même devant le parcours halluciné de ceux qu'il a "libérés" et qui peuvent alors "s'accomplir" ou s'auto-détruire, laisse vite place à l'irritation devant la démonstration idéologique (le théorème...) et surtout l'étonnant amalgame pasolinien entre sexe et religion (qui fit grand bruit en 1968 au sein de la communauté catholique divisée !). On admet bien sûr le discours de Pasolini (disons trivialement : "je te baise, je te possède, je te remplis de l'essence divine"), mais je doute qu'on le trouve encore pertinent, ou même simplement intéressant, près d'un demi siècle plus tard.
Peter Franckson
Peter Franckson

79 abonnés 1 343 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 23 octobre 2025
Adapté du roman éponyme (1968) de Pasolini, le film (présenté à la 25e Mostra de Venise) fit scandale à sa sortie et fut même interdit, temporairement (de septembre à novembre 1968), pour obscénités. Diantre ! Les temps ont bien changé depuis ! On y retrouve les obsessions du réalisateur : la religion et le capitalisme, ou plutôt la bourgeoisie, à travers les bouleversements d’une famille bourgeoise milanaise [ spoiler: père propriétaire d’une usine, épouse insatisfaite (Silvana Mangano, 38 ans), fils homosexuel désirant peindre et fille un peu coincée, au regard de biche apeurée (Anne Wiazemsky, 21 ans) par un jeune homme lisant Arthur Rimbaud (Terence Stamp, 30 ans)
]. Cela reflète bien l’année 1968, année de révoltes, notamment étudiantes, en Europe. Malheureusement, même si le film se veut être un conte philosophique avec démonstration (d’où probablement le titre mathématique), il demeure lourd, confus, grotesque et sa provocation, potache, lui fait perdre de l’intensité et de l’efficacité. Il devient une caricature de film intello [début en noir & blanc façon documentaire, insertion de paysages de volcans, scènes se voulant grandiloquentes voire didactiques, illustrées musicalement par la « Messe de Requiem en ré mineur, KV 626 » (1791) de Wolfgang Amadeus Mozart, mais en fait prétentieuses], qui plus est, avec une interprétation minimaliste, façon Robert Bresson et peu convaincante (surtout la grande actrice Silvana Mangano, 38 ans, qui joue mal). Etonnement, c’est Laura Betti (41 ans) qui joue Emilia, la servante de la famille qui a obtenu le prix d’interprétation féminine (coupe Volpi) à la Mostra de Venise. spoiler: Peut-être en raison de son statut de Sainte en lévitation, se nourrissant de soupe d’orties, et accomplissant des miracles !
petitlapinnoir
petitlapinnoir

73 abonnés 335 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 9 juillet 2019
Théorème est un film étrange, dont il faut imaginer la sortie sulfureuse à l'époque. Car soyons honnête, il fallait oser le faire en 1968. L'œuvre a probablement participé à une certaine ouverture de l'esprit, c'était dans l'air du temps. Etait-ce nécessaire de briser le moule d'une société bien pensante ? Etait-ce nécessaire de laisser place au plaisir charnel, au risque de perturber la santé mentale de certains ? Car c'est bien ce qui passe dans ce film… Alors pourquoi ? Après un demi-siècle, tout a changé, et la foutaise est de rigueur. Mais ce qui est certain, c'est que ce théorème ne s'assimile pas de la même façon à 15 ans, 25 ans ou 55 ans. Pour preuve, il suffit de se remémorer le regard de cet homme nu, perdu dans le désert et hurlant sa détresse… Pasolini avait tout compris depuis longtemps...
Nicolas S
Nicolas S

54 abonnés 667 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 18 février 2019
Dans ce chef d'oeuvre en forme de relecture marxiste et matérialiste du mystère de l'incarnation divine, Pasolini attaque violemment la bourgeoisie - désert stérile où, confronté au sacré, on essaie de le détourner, le souiller. C'est passionnant, et superbement mis en images.
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 7 octobre 2012
Fable remplie de métaphore et de mysticisme. Film difficile d'accès comme cela est souvent le cas avec les oeuvres de Pasolini. Terence Stamp est magnifié (d'ailleurs quand son personnage disparaît, l'intérêt du film baisse). La tension sexuelle est palpable grâce à la caméra mais l'ennui pointe son nez à plusieurs reprises.
Bertie Quincampoix
Bertie Quincampoix

142 abonnés 2 053 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 14 août 2016
Œuvre culte de Pier Paolo Pasolini, Théorème – tiré de son propre livre éponyme – est l'histoire fascinante d'un jeune homme qui débarque pour une raison mystérieuse dans une riche famille italienne, et qui va exercer une fascination absolue, tant physique que morale, sur l'ensemble de ses membres, depuis la bonne jusqu'au père de famille modèle. Cette rencontre modifiera profondément et radicalement la vie de chacun d'entre eux, qui rejetteront leurs logiques antérieures. Ce film-poème qui traite du thème de la figure christique, et qui questionne l'essence de l'existence elle-même, est surtout un formidable exercice de destruction des codes d'une classe sociale – ici la bourgeoisie – en exposant la fragilité et la subjectivité de la construction personnelle, et du poids des conventions dans celle-ci. Les interprètes – Terence Stamp, Silvana Mangano, Massimo Girotti, Laura Betti en tête – sont superbes et l'extrait du Requiem de Mozart obsédant. Mystique et magnétique.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 29 août 2011
Film a regarder plusieurs fois car il est bourré de symboles et que de nombreux détails sont pertinents. De nombreuses choses sont intéressantes. Par exemple, on peut parler d'une absence de mise en scène : très peu de dialogues, cadrages rigoureux, rythme monodique, atmosphère rare. Comme si Pasolini voulait cacher la présence de la caméra. "Théorème" a pourtant été accusée de mysticisme, de perversité et de morbide. A l'époque personne n'avait compris le sens de ce film et c'est vrai qu'il n'est pas facile a comprendre. Mais si on se réfléchis bien cette réalisation est entièrement cohérente. Toute l'histoire se déroule dans un milieu bourgeois. Le réalisateur voulait ici montrer l'opposition entre passé et présent, nature et progrès. Comme bien souvent la polémique pour Pasolini est en porte à faux, Cet invité est symboliquement représenté par Jésus. Le sexe est ici l'unique moyen pour l'invité de remettre en question la société-famille. Bref, ce film est intéressant dans tous les points. Il mélange le sexe avec la religion, il y a une dénonciation de la domination bourgeoise. Tout est caractérisé par des symboles.
Lapin-54
Lapin-54

15 abonnés 151 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 11 avril 2020
Fascinant, dérangeant, poétique et pleinement artistique ! Pasolini réussit un film extraordinaire qui semble s’inscrire dans son temps, la société de 68, mais qui nous plonge en fait dans une méditation intemporelle et mystique. Certes, en dépeignant son siècle, il y apporte toute sa lucidité. Son regard sur les arts modernes, le mysticisme ou la libération sexuelle en sont quelques exemples.
Mais plus avant, comment ne pas être marqué par la rencontre du personnage joué par Terence Stamp avec chaque membre de la famille. A chaque fois l’union se réalise dans le plus grand calme, l’amour est immédiat, réciproque, sans aucune place pour la jalousie. L’Amour Total nous est révélé ! Ce serait donc Dieu ? (Pasolini le disait lui-même de son personnage principal à la sortie du film). Toutes ces rencontres se font sous une forme sexuelle qui peut surprendre. Est-ce à considérer comme une obsession de Pasolini ? Ou plus vraisemblablement comme une forme symbolique du Grand Amour, d’autant qu’on ne peut pas confondre ces scènes avec les ébats beaucoup moins éthérés de la mère (Silvana Mangano) dans la deuxième partie du film.
La première partie est en fait la révélation, elle se termine par le départ de « l’ange ». Toute la famille vit alors la rupture avec l’Amour Total, et - comme tout homme dès sa naissance - le recherche de toutes ses forces et s’égare car elle n’a pas conscience de sa quête véritable. Chaque membre de la famille devient un exemple d’égarements que Pasolini choisit dans son siècle pour bien marquer leur temporalité.
Dans cette deuxième partie, le génial Pasolini, complètement inspiré nous offre un tableau allégorique du péché originel dans son sens profond et universel c'est-à-dire le manque d’Amour Total propre à notre condition d’Homme mortel ( condition rappelée par l’ensevelissement et par le cri d’agonie de l’homme dépouillé et nu qui symbolisent clairement la mort ).
L’Office Catholique avait donc bien des raisons de primer ce film, n’en déplaise aux puritains de l’époque.
Attigus R. Rosh
Attigus R. Rosh

253 abonnés 2 690 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 4 juillet 2017
Bon, j'ai du passer à côté de ce film, qui, bien qu'étant indéniablement atypique, m'a laissé de marbre.
J'ai du avoir une lecture trop premier degré du film, et du coup, sa signification m'a passé à côté et je n'ai compris ce film (que cherchait-il à dire, où voulait-il en venir). Et au final, j'ai juste eu l'impression de voir un film bizarre, certes bien fait, mais avant tout bizarre.
Je ne doute pas que le film devait choquer à sa sortie de par son érotisme voulu, par contre, aujourd'hui il ne se démarquerait pas vraiment d'autres productions ayant des scènes d'actes sexuels.
De belles images néanmoins.
Mais bon, ce film m'inspire plus de l'incompréhension que de l'admiration.
anonyme
Un visiteur
3,0
Publiée le 28 mars 2010
Le cinéma de Pasolini est de toute évidence spécial. A analyser pour en cerner le sens.
anonyme
Un visiteur
3,0
Publiée le 8 février 2016
Difficile de juger cette oeuvre, il faut dire que comme toutes les oeuvres à essence mystique, elles peuvent susciter des réactions d'adoration comme de rejet. Je balance entre les deux. En effet, ce film est très marqué historiquement, essentiellement une critique ouverte de la bourgeoisie d'après-guerre qui se consolide (un matérialisme et un vide spirituel grandissant) et que l'on retrouve dans la famille bourgeoise, qui ensuite se fait punir de son état par la visite d'un individu représentant allégoriquement le Christ et leur fait ouvrir les yeux suite à son départ sur leur décrépitude. Mais quitte à faire dans la provocation et la satire politique et sociale comme Pasolini l'a si souvent fait, je préfère nettement la plus aboutie d'entre toutes, Salo, bien que tout ne soit pas à jeter et que cet objet reste intéressant à étudier
Extremagic
Extremagic

80 abonnés 484 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 16 avril 2015
C'est pas que c'est mauvais, loin de là, c'est même le plus souvent génial mais c'est juste que j'ai pas pu rentrer dans le film, trop hermétique, trop complexe, trop perché, je sais pas mais c'est de trop haute volée. Mais il y cette scène incroyable lorsque la fille serre le poing pendant des jours et des jours, et c'est magnifique et la mise en scène sait rendre ça incroyablement poignant (et le jeu de mot n'est pas là par hasard), c'est finalement la chose qui m'a le plus marqué puisque je suis passé à côté du reste, je vois bien toute la critique qu'il y a de la religion et de la bourgeoisie, m'enfin c'est un peu les thèmes de prédilection de Pasolini, il me manque trop de choses pour comprendre ce film même si j'ai bien vu ces qualités formelles.
stans007
stans007

36 abonnés 1 462 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 5 avril 2021
Ils sont cinq, père, mère, enfants, servante à fantasmer sur sa beauté, sa bouche, ses slips… Comment se remettre de son départ ? Film ésotérique éminemment esthétique, également croisade soixante-huitarde classique contre l’ordre établi. Musique de Ennio Morricone et… Mozart !
anonyme
Un visiteur
0,5
Publiée le 29 septembre 2006
Un film d'intellectuels au sens le plus detestable qui soit. Une horreur cinématographique, aussi emmerdante que pompeuse.
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