Adapté du roman éponyme (1968) de Pasolini, le film (présenté à la 25e Mostra de Venise) fit scandale à sa sortie et fut même interdit, temporairement (de septembre à novembre 1968), pour obscénités. Diantre ! Les temps ont bien changé depuis ! On y retrouve les obsessions du réalisateur : la religion et le capitalisme, ou plutôt la bourgeoisie, à travers les bouleversements d’une famille bourgeoise milanaise [
père propriétaire d’une usine, épouse insatisfaite (Silvana Mangano, 38 ans), fils homosexuel désirant peindre et fille un peu coincée, au regard de biche apeurée (Anne Wiazemsky, 21 ans) par un jeune homme lisant Arthur Rimbaud (Terence Stamp, 30 ans)
]. Cela reflète bien l’année 1968, année de révoltes, notamment étudiantes, en Europe. Malheureusement, même si le film se veut être un conte philosophique avec démonstration (d’où probablement le titre mathématique), il demeure lourd, confus, grotesque et sa provocation, potache, lui fait perdre de l’intensité et de l’efficacité. Il devient une caricature de film intello [début en noir & blanc façon documentaire, insertion de paysages de volcans, scènes se voulant grandiloquentes voire didactiques, illustrées musicalement par la « Messe de Requiem en ré mineur, KV 626 » (1791) de Wolfgang Amadeus Mozart, mais en fait prétentieuses], qui plus est, avec une interprétation minimaliste, façon Robert Bresson et peu convaincante (surtout la grande actrice Silvana Mangano, 38 ans, qui joue mal). Etonnement, c’est Laura Betti (41 ans) qui joue Emilia, la servante de la famille qui a obtenu le prix d’interprétation féminine (coupe Volpi) à la Mostra de Venise.
Peut-être en raison de son statut de Sainte en lévitation, se nourrissant de soupe d’orties, et accomplissant des miracles !